Guide
Les choix de délibéré

La Maison de la danse de Lyon fête les 20 ans de la compagnie Käfig. La Filmothèque du Quartier latin met le Japon à l'honneur et programme deux films de Kenji Mizoguchi. La galerie Univer accueille pour quelques jours encore six photographes dont Catherine Peillon et ses surprenants noirs et blancs. Les jardins sont à l'honneur à Lausanne. Un livre pour éclairer le travail du studio de la designer Constance Guisset. Un western décalé de Mika Biermann. Et Les Nouvelles métropoles du désir d'Éric Chauvier. 
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Footbologies
Retour à la nature

par Sébastien Rutés
Un match décalé d’un jour, un autre reporté à une date ultérieure et deux qui se sont joués dans la purée de pois : le brouillard a sévi ce week-end sur les pelouses de Ligue 1. L’occasion de se souvenir que la nature existe, pour autant qu’on s’ingénie à la bannir des stades. Les origines du football sont rurales. Héritiers du harpastum romain, la soule française et le hurling over country anglais mettaient aux prises des villages entiers rivalisant les jours de fête pour porter une balle dans des camps distants de plusieurs kilomètres. On franchissait des haies, on sautait des fossés, on traversait des rivières, on pataugeait dans la boue. En un mot, on luttait contre l’adversaire autant que contre la nature. Désormais, le football n'est plus que le combat de l’homme contre l’homme. (Lire l'article)

Danse
Silence, on danse

par Marie-Christine Vernay
Hanté, propulsé par le silence, les silences de sa propre danse ou de celle de comédiens qui pourtant interprétaient un texte, comme Gérard Philipe ou Jean-Louis Barrault, le danseur et chorégraphe Dominique Dupuy a initié une année de Silence(s) avec la collaboration du Collège International de Philosophie, projet porté par le Théâtre National de Chaillot et de nombreux partenaires. Prochain rendez-vous en janvier au Théâtre national de la Colline à Paris. (Lire l'article)

Chroniques avéryennes
La sémiophysique pour les nuls

par Nicolas Witkowski
Analysons la structure des cartoons de Tex Avery. À force de les regarder de près, on y remarque l'omniprésence d'une structure particulière, qui revient inchangée sous des aspects toujours différents : un personnage ou un objet émet un “influx” (un son, une onde, une parole, une pulsion) qui est capté par un autre personnage, ou objet, dont le comportement ou la forme est soudain modifié(e). On trouve curieusement une structure analogue chez le mathématicien René Thom, célèbre auteur de la “théorie des catastrophes” et médaille Fields 1958 pour ses travaux de topologie. (Lire l'article)

Le genre idéal
Les habits d'ombre

par Lionel Besnier
Une jeune femme sans passé et sans famille, après avoir braqué un homme à la sortie d’un bar, retourne son arme contre elle et se tire une balle entre les deux seins. Sa cible lui a tourné le dos sans se retourner, ni même accélérer au bruit de la détonation. Personne ne sait. Personne ne parlera. Mieux vaut privilégier la thèse de la violence faite à soi-même en ultime désespoir. La facilité du chagrin d’amour. Le suicide d’une femme. L’Argentine Eugenia Almeida pose son récit à l’heure de la convalescence crépusculaire d’un pays martyrisé. Cela pourrait être partout où, de l’histoire des dictatures et des coups tordus, remontent des créatures à la gueule grand ouverte. L’Échange, d’Eugenia Almeida, traduit de l'espagnol (Argentine) par François Gaudry et publié chez Métailié : magnifique et glaçant. (Lire l'article)

Architecture Design
Épris du Bauhaus

par Anne-Marie Fèvre
Le musée des Arts décoratif de Paris revient sur “L'esprit du Bauhaus”. En mettant en scène l'école du plus grand collectif artistique du début du XXe siècle, qui s'est épanoui à Dessau et s'est dissout en 1933 à Berlin, réprimé par le nazisme. L'œuvre totale y est décortiquée au fil des enseignements de tous les arts, en liaison avec l'artisanat et l'industrie. Jaillissent des centaines de pièces, symboles d'un art de vivre moderne, esthétique, festif et social. (Lire l'article)

Le Nombre imaginaire
On aura ta peau, Socrate !

par Yannick Cras
Socrate est humain. Tous les humains sont mortels. Donc Socrate est mortel. Logique ? Non, bon sens n'est pas logique. L’évidence n’est pas plus une preuve en logique qu’elle n’en est une en droit ; il faut une règle. Voire plusieurs. Dans le cas de Socrate, on pourra faire appel à la règle d'élimination du quantificateur universel et au modus ponens avant de conclure que Socrate est mortel et peut donc en toute légalité prendre sa ciguë comme l’en ont aimablement prié les autorités. Tout ça pour ça, me direz-vous. Certes. Mais ce rigorisme, ce sens du détail, sont tout ce qui sépare les maths d’un vague agrégat de croyances et de raisonnements approximatifs.  (Lire l'article)

Diogène en banlieue
Lettre anonyme

par Gilles Pétel
Diogène en banlieue: une chronique de Gilles Pétel. Chapitre 7: Lettre anonymeIl y a une règle d’or dans le métier de professeur qui est la règle de “non-confidentialité”. Il ne faut jamais garder pour soi les problèmes rencontrés avec une classe ou un élève en particulier, les difficultés en tous genres, les lettres anonymes a fortiori. Le silence est ici désastreux. Et pourtant… (Lire l'article)

Gavroche. 2017, Année terrible: une chronique d'Edouard Launet

2017, Année terrible
Interrogatoire

par Édouard Launet
Le commissaire Morandeux et son adjoint Bourmal poursuivent leur enquête sur la disparition des restes de Victor Hugo, odieusement arrachés à son caveau du Panthéon dans la nuit du 2 au 3 décembre. Leur principal suspect est le dénommé François Fillon qui, quelques jours avant les faits, avait clamé : “La servitude dans l’inaction, c’est fini ! Le gaspillage de nos énergies, c’est fini ! L’abandon de notre destin, c’est fini ! Comme Victor Hugo, ‘je veux que la République ait deux noms : qu’elle s’appelle Liberté et qu’elle s’appelle chose publique !’” Voilà deux heures que l’interrogatoire a commencé. Le suspect s’entête à nier. (Lire l'article)