Des choix délibérés – 24 mars 2019

Un animal bien singulier

Un enfant, un étrange animal, New York. Et puis en bas une cave, et là-bas un zoo. Le nouveau roman de Béatrice Leca (prix Fénéon pour Technique du marbre, Seuil) n’entre dans aucune catégorie connue si ce n’est, à la rigueur, celles du conte et du rêve. Il est franc comme un enfant, et déroutant comme un kaléidoscope. Il réveille en nous non pas des souvenirs mais des sensations premières que l’âge s’est chargé d’emprisonner dans un fatras de rationalité et de fatalité. Il est rare que l’on nous donne l’occasion de les en extirper. La lecture de ce livre en est une, excellente. EL

L’étrange animal, de Béatrice Leca, éditions Corti, 2019, 14 €


Fine fleur

Premier volet d’un film-fleuve atypique, aux chiffres invraisemblables : quatorze heures de projection qui s’effeuillent en quatre parties, tournées pendant un peu plus de dix ans. Quatre actrices qui changent de registre et d’accent avec une versatilité époustouflante ; six histoires qui ne commencent ou qui ne terminent pas tout à fait (à une exception près), chacune rendant hommage à un genre cinématographique différent : en l’occurrence, les films de série B et le mélodrame musical pour ce premier épisode de 3h30, que Mariano Llinás revisite avec intelligence, un brin d’humour et plein de subtilité narrative. Quoi encore ? Une caméra prodigieuse, une bande-son magnifique (qui se permet même de rendre tribut au cultissime duo kitsch « Pimpinela »), et le bon vieux plaisir du cinéma, tout simplement. MDC

Mario Llinás, La Flor (Argentine), 840 minutes, avec Pilar Gamboa, Elisa Carricajo, Laura Paredes, Valeria Correa… Les 1ère et 2e parties du film sont sorties en France, la 3e partie est à voir en salles dès cette semaine, la 4e partie en avril.

Et, en prime, le duo Pimpinela dans une chanson cultissime de son répertoire :