Le coin des traîtres

par Christilla Vasserot et ses invité.e.s

On les voudrait fidèles, on les juge parfois trop belles pour l’être, on les accuse de trahison, on les compare, on les critique, on les encense, on les analyse, on en tire des théories, parfois on les oublie… Les traductions permettent de rendre lisible le monde de l’autre, celui qui nous est étranger ou sans elles inaccessible. 
Pièges, surprises, vertiges, plaisirs et mystères de la traduction… Cette chronique à plusieurs mains est une invitation à mieux cerner ce que traduire veut dire. 

Saint Jérôme dans son étude par Antonello de Messine (ca 1475) National Gallery, London

Le Divan © Freud Museum London

Je suis une serial

22 février 2017

Ah mais, parce que moi, vous comprenez, on me dit : vous le trahissez, ou tu le trahis, c’est de la trahison, c’est vrai, on peut dire que je le trahis, mais au fond, moi, je ne veux pas, je ne veux pas le trahir, ce n’est pas mon intention, parce que trahir, c’est déjà trop, c’est en faire trop, je reste à ma place, moi, si je le trahis, ce n’est pas volontaire, rien à voir avec la bonne vraie trahison, la vieille grande trahison. Pas de génie qui ne trahisse, alors, trahison, hein, trahison ! (Lire l'article)

Denise Laroutis
Michel Houellebecq, Unreconciled / Non réconcilié, traduit par Gavin Bowd

Houellebecq dans les brumes écossaises

15 février 2017

Gavin Bowd, écrivain, professeur de littérature française à l’université de St Andrews en Écosse, est le traducteur en langue anglaise de plusieurs ouvrages de Michel Houellebecq. Dans un entretien avec Agnès Villette, il se confie sur les difficultés que pose la traduction de cet auteur, ainsi que sur les relations chaotiques qu’il entretient avec lui, dont il était devenu l'ami avant que les deux hommes ne se brouillent. (Lire l'entretien)

Gavin Bowd

Traduire le vivant

7 février 2017

Traduire un auteur vivant offre la possibilité de l'interroger, de lever des doutes, de confirmer ou infirmer des hypothèses, etc. Possibilité que le traducteur n'est pas tenu d'exploiter puisque c'est l'œuvre qui est soumise à traduction, et non les intentions de son auteur. Il est un cas où la parole de l'auteur s'impose au traducteur : lorsqu'il s'agit de traduire une pièce de théâtre mise en scène par l'auteur, voire jouée par l'auteur. En d'autres termes, lorsque l'auteur reprend les droits sur son texte, pour l'extraire des pages du livre et lui donner une nouvelle vie sur la scène d'un théâtre. (Lire l'article)

Christilla Vasserot
Las putas insistimos en que los políticos no son nuestros hijos

Hijo de puta

31 janvier 2017

Il y a quelques années, des pancartes ont fait leur apparition dans des manifestations organisées en Espagne, demandant à ce que l’on cesse d’attribuer à des prostituées la maternité des pires salauds de la terre, plus particulièrement celle des hommes politiques. La traduction de l'argot, des insultes, des grossièretés nous invite aussi à réfléchir au sens des mots, à leur emploi, aux sous-entendus véhiculés, à ce qu'ils disent de la société qui les galvaude ou les bannit. Alors comment traduire "hijo de puta" ?  (Lire l'article)

Christilla Vasserot