Le coin des traîtres

Pièges, surprises, vertiges, plaisirs et mystères de la traduction…

On les voudrait fidèles, on les juge parfois trop belles pour l’être, on les accuse de trahison, on les compare, on les critique, on les encense, on les analyse, on en tire des théories, parfois on les oublie… Les traductions permettent de rendre lisible le monde de l’autre, celui qui nous est étranger ou sans elles inaccessible. 

Imaginée par Christilla Vasserot, cette chronique à plusieurs mains est une invitation à mieux cerner ce que traduire veut dire. 

Saint Jérôme dans son étude par Antonello de Messine (ca 1475) National Gallery, London

Question de choix

7 novembre 2017

Traduire, c'est aussi se coltiner un certain nombre de contraintes au sein desquelles la traduction se réserve des choix, se ménage des espaces de liberté ou de jeu. À l'heure où les débats autour de l'écriture inclusive font l'actualité, quand certain⋅e⋅s évoquent (voire invoquent) les règles – grammaticales, syntaxiques, orthographiques– à respecter, les questions de traduction sont plus que jamais à l'ordre du jour. Nouveaux défis en perspective. (Lire l'article)

Christilla Vasserot

Ce titre était vraiment trop long, il a fallu cou

31 octobre 2017

Traduire les mathématiques : l'exercice est-il, si ce n'est passionnant, du moins pertinent ? Le théorème de Fermat ne peut-il être compris par n’importe quel mathématicien sur cette planète ? La mathématique serait-elle donc la langue d’avant Babel ? Mais, dans ce cas, de quoi nous parle-t-elle si ce n’est d’elle-même ? Les mathématiques sont-elles, comme certains le pensent de la musique, un langage qui est son propre signifié ? Et cette réflexivité est-elle liée à l’universalité perçue de l’une comme de l’autre ? (Lire l'article)

Yannick Cras

Traduire le malentendu

31 octobre 2017

Depuis sa création en 1836 dans une Grèce fraîchement indépendante, la pièce La Tour de Babel (Vavylonìa) de Dimitris Vyzantios n’a pratiquement pas cessé d’être jouée, lue, adaptée sous diverses formes sur le territoire actuel de la Grèce et dans toutes les régions habitées par des communautés de langue grecque. On a même soutenu qu’il s’agissait là de « la plus grecque de toutes les pièces grecques ». S’y frotter pour tenter d’en donner une version française, c’était dès lors se colleter avec un mythe. Sa traductrice entend ici donner une idée du voyage qu’a constitué ce travail, au jour le jour. (Lire l'article)

Myrto Gondicas

Numérologie

24 octobre 2017

Même si les mathématiques semblent au profane qui n'y entend goutte un langage universel, l'expression quotidienne regorge de chiffres dont la traduction est loin d'être évidente. Traduire les mots, d'accord. Mais traduire les nombres, c'est parfois une autre paire de manches. Car la traduction des chiffres en général et des dates en particulier, contre toute attente, ne s'impose pas. Surtout que la traduction est parfois une question d'interprétation... (Lire l'article)

Christilla Vasserot

Barouf pour nibe !

10 octobre 2017

Je ne sais plus pourquoi je m’étais mis en tête de traduire la pièce de Shakespeare Much Ado About Nothing, mais je me suis plongé dans ce travail avec le plus grand bonheur. Je m’étais souvent demandé comment le fils de Victor Hugo, François-Victor, avait pu avoir le courage et l’énergie de traduire toutes les pièces de Shakespeare, il y en a tout de même environ trente-cinq. Mais en fait, au-delà du travail lui-même et des heures passées à son bureau, j’ai touché du doigt l’endroit exact où il avait puisé son énergie pour accomplir cette immense tâche. (Lire l'article)

Serge Valletti

So fraîche

3 octobre 2017

“Allez, on y va mon pote, ça va te plaire, tu verras, les filles elles sont fraîches !” lance-t-il à son interlocuteur, sur son téléphone portable. “Fraîches” ? Il fut une époque – celle où “fraîche” s'écrivait systématiquement avec un accent circonflexe – où les filles attiraient les hommes parce qu'elles étaient “chaudes”. Autres temps, autres mœurs ? Ou autres temps, autres mots ? La traduction se loge partout. (Lire l'article)

Françoise Martinez

Le choix de la langue

26 septembre 2017

Les essais spirituels et les romans picaresques où le zen tient la place de choix sont rares. C'est à Paris que se situent les romans de M.C. Dalley, pseudonyme de Philippe Rei Ryu Coupey, maître zen américain, vivant et enseignant le zen à Paris. Car c'est à Paris que s'est déroulée la rencontre qui a déterminé sa vie, celle avec son maître japonais Taisen Deshimaru. Dans ses livres comme dans son enseignement, la traduction et la transmission sont au cœur d'une vision singulière du monde. Il s'en entretient ici avec Agnès Villette. (Lire l'entretien)

Philippe Coupey

Cannibalisme et traduction : Dmitri Nabokov traducteur de Vladimir Nabokov

19 septembre 2017

Dmitri Nabokov fut l’un des traducteurs les plus assidus de l’œuvre de Vladimir Nabokov. Et cela non seulement du vivant de l’auteur : Dmitri sera un exécuteur testamentaire inspiré. Inspiré par son père lui-même qui, à ses dires, l’accompagna toujours, en lui soufflant les bonnes décisions à prendre. L'occasion d'aborder sous l'angle des rapports père-fils la question de la traduction ou, plus précisément, du cannibalisme en traduction. (Lire l'article)

Chiara Montini

Zorro

28 juin 2017

Un cavalier, qui surgit hors de la nuit
Court vers l'aventure au galop
Son nom, il le signe à la pointe de l'épée
D'un Z qui veut dire Zorro...
À un détail près : ça veut dire quoi, Zorro ?

Zorro, Zorro... Renard rusé qui fait sa loi... Ah, merci. Il faut dire que Zorro, ça a de la gueule. Imaginez un peu : Son nom, il le signe, à la pointe de l'épée d'un R qui veut dire Renard... Mais qui a eu la bonne idée de ne pas traduire ? Et y a-t-il une règle (à enfreindre, forcément) en matière de traduction des noms propres ? (Lire l'article)

Christilla Vasserot
Faute d'impression, de Laurence Sendrowicz, éditions Caractères, Collection Théâtre, 2017

Faute d’impression

13 juin 2017

Cette semaine, la parole est à Laurence Sendrowicz, ou plutôt à Fanny Barkowicz qui, comme à son habitude, est en train de traduire un roman. Quand soudain, un coup de fil de son éditeur vient tout bouleverser... L'éditeur a l'air content, il termine même la conversation par un “c'est plus que parfait” survolté. Était-il possible qu’il n’ait rien vu ? Rien compris ? Mais monsieur, dans le texte que je vous ai envoyé, il n’y a pas un mot du roman dont vous m’avez confié la traduction... (Lire l'article)

Laurence Sendrowicz
Le CITL (Collège international des traducteurs littéraires) installé dans l'Espace Van Gogh à Arles. Photo © CITL

Triangulation

7 juin 2017

À Arles, la Fabrique des Traducteurs a pour objectif de donner à de jeunes traducteurs en début de carrière l’occasion de travailler avec des traducteurs expérimentés et de mieux connaître le paysage de la traduction et de l’édition. Exemple de problème auquel fut confronté un traducteur mexicain lorsqu'un éditeur lui demanda de traduire The Lost City of the Monkey God, de Douglas Preston, en espagnol “neutre”. (Lire l'article)

Hugo López Araiza Bravo
Antonio Sarabia, La femme de tes rêves, traduit de l'espagnol par René Solis, ed. Anne-Marie-Métailié, 2017

Antonio Sarabia au-dessus du volcan

7 juin 2017

L'écrivain mexicain Antonio Sarabia est mort samedi 3 juin à Lisbonne. Du roman historique au roman noir, en passant par le fantastique, Sarabia aura traversé plusieurs genres sans s’y enfermer. Avec, en toile de fond de plusieurs de ses livres, un volcan. René Solis, qui a traduit en français La Femme de tes rêves, revient sur cette intimité singulière qui lie un traducteur à un écrivain et sur son immersion dans ce qui aura été le dernier livre d'Antonio Sarabia. (Lire l'article)

René Solis
Casper ou la (N.d.T.) Une chronique de Christilla Vasserot.

(N.d.T.)

31 mai 2017

Dans un texte consacré à la la traduction vue comme “un autre livre”, selon les mots de Thomas Bernhard, Olivier Mannoni brossait il y a quelques semaines un tableau du “traducteur en spectre et en auteur”, en “écrivain de l'ombre”. Mais dans quel recoin obscur, cave ou placard ce fantôme est-il tapi ? Il existe un espace réservé au traducteur, un territoire où il règne en maître : la note du traducteur, dite (N.d.T.). Un espace investi voire réinventé de façon parfois surprenante par certains. Exemples avec André Markowicz et Brice Matthieussent. (Lire l'article)

Christilla Vasserot

Chambre d’écho

17 mai 2017

Au cinéma, rien n’est plus ardu que de faire rire en version originale sous-titrée. Parce qu’il est difficile, déjà, de faire rire en traduction. Dans le cas du sous-titrage de film, aux problèmes communs à toute traduction s’ajoutent des contraintes techniques (rythme et concision) et une particularité propre : la confrontation de la traduction (à lire), de la version originale (à entendre) et de l’image (à voir). 
(Lire l'article)

Christilla Vasserot
Traduire Karl Ove Knausgaard, par Marie-Pierre Fiquet (entretien avec Agnès Villette)

Traduire Karl Ove Knausgaard

10 mai 2017

Le Proust norvégien, comme certains le désignent, écrit au plus près de l'émotion et de la vie disséquée dans ses aspects les plus simples, les plus banals. Questionnée par Agnès Villette sur sa co-habitation avec un auteur de l'intimité et de la banalité, sa traductrice française évoque la transposition d'un style bref, dépouillé, volontairement pauvre, qui doit trouver son rythme et sa respiration en français. (Lire l'entretien)

Marie-Pierre Fiquet
Leon Bakst, Elysium (1906) - Tretyakov Gallery, Moscow

Élysée

3 mai 2017

“La première étape qui doit conduire les Français à l’Élysée est franchie.” Que veut donc dire cette phrase prononcée par Marine Le Pen au soir du premier tour de l'élection présidentielle française ? Pour essayer de la comprendre, cherchons à savoir comment elle a été traduite. Mais dans la traduction anglaise qui circule sur les site d'information en ligne, elle a été omise. En espagnol, la traduction mot à mot ne nous rassure guère... (Lire l'article)

Christilla Vasserot
"Voilà": le traducteur d'Emmanuel Macron en langue des signes

Voilà

26 avril 2017

Le soir du premier tour, arrivé en tête, il a dit : « Voilà. » Deux fois. Qu'a-t-il voulu dire par là ? Pour mieux comprendre, essayons de traduire. Oui mais comment traduire « voilà », ce « verbe défectif réduit à la forme unipersonnelle du présent de l'indicatif de l'aspect inaccompli », qui semble vouloir dire pas mal de choses et leur contraire ? (Lire l'article)

Christilla Vasserot
Traducteur tentant de décoller du texte d'origine. Strasbourg, 2012 © Olivier Mannoni

“La traduction est un autre livre”

19 avril 2017

Le moins que l’on puisse dire, c’est que lorsqu’il porte des jugements sur la traduction et les traducteurs, Thomas Bernhard n’y va pas avec le dos de la cuiller. “Une traduction est un autre livre", affirme-t-il. Et celui-ci n’a plus rien à voir avec l’original. C’est un livre de celui qui l’a traduit.” L'occasion de revenir sur le personnage du traducteur en spectre et en auteur. (Lire l'article)

Olivier Mannoni
Hervé Vilard canta en español

Paroles et musique

12 avril 2017

Mémoires d'un traducteur de chansons (ou d'un homme à tout faire) : au début des années 1980, en pleine Movida, l’Espagne était à la mode et beaucoup s’imaginaient, en France, qu’il serait intéressant – et juteux – de conquérir ce marché. C’était à qui sortirait son disque en espagnol avec la french touch, de toute urgence. L'occasion de parler ici de musique, de métrique, de sémantique et de phonétique. (Lire l'article)

Serge Salaün

Faux et usage de faux

29 mars 2017

Cette semaine, au diable la théorie, place à la pratique : un bel exemple de traduction par Les Luthiers. L'interprétation consécutive anglais–espagnol est assurée par Daniel Rabinovich et par Marcos Mundstock. Le tout sous-titré en français par nos soins. La fidélité à l'original n'est pas garantie...
(Entendre et voir la traduction)

Christilla Vasserot
Primer encuentro de Malinalli con Hernán Cortés. Códice de Diego Durán. Siglo XVI. Biblioteca Nacional, Madrid.

Changer de camp

22 mars 2017

Traduttore traditore... Quels que soient l’effort, la fidélité, le talent qu’il y met, une traduction est donc toujours une “trahison” du texte original, dont il serait impossible de rendre toute la richesse… Une fois ce constat dressé, tout semble dit ou presque. Sauf si l’on entend l’expression différemment. Un traître trahit sa famille, ses amis, son amour, ses idées, son parti, sa patrie ; il change de camp. Si le traducteur est un traître, n’est-ce pas d’abord à sa propre langue ? (Lire l'article)

René Solis
Babar, "un mot pour un autre" (une chronique de Christilla Vasserot)

Un mot pour un autre

15 mars 2017

On a coutume de considérer la traduction comme le transfert d’un message d’une langue à une autre. Mais elle peut aussi être manipulation du message et s'exercer, parfois, au sein d'une même langue. La campagne présidentielle, entre autres, nous en fournit chaque jour bien des exemples. Il arrive même que le message initial ne soit plus repérable dans la traduction qui en est fournie. Certains se sont pris à ce jeu. La preuve par Borges, George Clooney, Jean Dujardin, Babar, La Sorbonne Nouvelle et Barak Obama. (Lire l'article)

Christilla Vasserot
Lola Arias: Minefield / Campo de minas / Champ de mines © Manuel Abramovich

La guerre des mots

8 mars 2017

Dans Champ de mines, l'Argentine Lola Arias continue à œuvrer à la (re)construction d'une mémoire collective, avançant le long d'une ligne ténue entre réalité et fiction. Elle y met en scène six hommes ayant appartenu à deux camps ennemis : l'armée argentine et l'armée britannique, en 1982, au moment de la guerre des Malouines. En revenant sur cet épisode de l'histoire des deux pays, Champ de mines place les questions de traduction au cœur de ses préoccupations. (Lire l'article)

Christilla Vasserot
Los Beatles: Por favor, yo / Please please me

Mot à mot

1 mars 2017

Traduction mot à mot, littérale, ou libre, transposition, adaptation, recréation... Autant de variantes sur lesquelles la traductologie s'est longuement penchée et qui en disent long sur ce qu'est un choix de traduction. La traduction dite “mot à mot” peut parfois prêter à rire, mais l'affaire est plus sérieuse qu'il n'y paraît. (Lire l'article)

Christilla Vasserot
Le Divan © Freud Museum London

Je suis une serial

22 février 2017

Ah mais, parce que moi, vous comprenez, on me dit : vous le trahissez, ou tu le trahis, c’est de la trahison, c’est vrai, on peut dire que je le trahis, mais au fond, moi, je ne veux pas, je ne veux pas le trahir, ce n’est pas mon intention, parce que trahir, c’est déjà trop, c’est en faire trop, je reste à ma place, moi, si je le trahis, ce n’est pas volontaire, rien à voir avec la bonne vraie trahison, la vieille grande trahison. Pas de génie qui ne trahisse, alors, trahison, hein, trahison ! (Lire l'article)

Denise Laroutis
Michel Houellebecq, Unreconciled / Non réconcilié, traduit par Gavin Bowd

Houellebecq dans les brumes écossaises

15 février 2017

Gavin Bowd, écrivain, professeur de littérature française à l’université de St Andrews en Écosse, est le traducteur en langue anglaise de plusieurs ouvrages de Michel Houellebecq. Dans un entretien avec Agnès Villette, il se confie sur les difficultés que pose la traduction de cet auteur, ainsi que sur les relations chaotiques qu’il entretient avec lui, dont il était devenu l'ami avant que les deux hommes ne se brouillent. (Lire l'entretien)

Gavin Bowd

Traduire le vivant

7 février 2017

Traduire un auteur vivant offre la possibilité de l'interroger, de lever des doutes, de confirmer ou infirmer des hypothèses, etc. Possibilité que le traducteur n'est pas tenu d'exploiter puisque c'est l'œuvre qui est soumise à traduction, et non les intentions de son auteur. Il est un cas où la parole de l'auteur s'impose au traducteur : lorsqu'il s'agit de traduire une pièce de théâtre mise en scène par l'auteur, voire jouée par l'auteur. En d'autres termes, lorsque l'auteur reprend les droits sur son texte, pour l'extraire des pages du livre et lui donner une nouvelle vie sur la scène d'un théâtre. (Lire l'article)

Christilla Vasserot
Las putas insistimos en que los políticos no son nuestros hijos

Hijo de puta

31 janvier 2017

Il y a quelques années, des pancartes ont fait leur apparition dans des manifestations organisées en Espagne, demandant à ce que l’on cesse d’attribuer à des prostituées la maternité des pires salauds de la terre, plus particulièrement celle des hommes politiques. La traduction de l'argot, des insultes, des grossièretés nous invite aussi à réfléchir au sens des mots, à leur emploi, aux sous-entendus véhiculés, à ce qu'ils disent de la société qui les galvaude ou les bannit. Alors comment traduire "hijo de puta" ?  (Lire l'article)

Christilla Vasserot

La toile des traîtres

ATAA – Association des traducteurs et adaptateurs de l’audiovisuel
ATLAS / CITL – Association pour la promotion de la traduction littéraire
ATLF – Association des traducteurs littéraires de France
Centre européen de traduction littéraire (Bruxelles)
ESIT – École supérieur d’interprètes et de traducteurs, Sorbonne Nouvelle
Maison Antoine Vitez – Centre international de la traduction théâtrale
MEET – Maison des écrivains étrangers et des traducteurs, Saint-Nazaire
Portail de la recherche en traductologie (Association Française des Formations Universitaires aux Métiers de la Traduction)
Société française de traductologie
Translittérature (revue semestrielle de l’ATLF)
 

Événements à venir

Infidélités : 34e Assises de la traduction littéraire, ATLAS, Arles, 10, 11, 12 novembre 2017

Bases de données

Guide la traduction littéraire (ATLF / Syndicat national de l’édition)
Guide du sur-titrage (Maison Antoine Vitez)

Dossiers, articles

MOOC « Parcours de traductologie » (Congrès mondial de traductologie 2017 / Institut du Tout-Monde / Société française de traductologie)
Dossier traductionEn attendant Nadeau
Archives du festival VO-VF

Carnets de traduction

Le clavier cannibale (Claro)
Olivier Mannoni
Michel Volkovitch