Portraits de voix lyriques
La voix de Jean Goyetche, ténor

par Sophie Rabau
Un chanteur ou une chanteuse lyrique ne dit pas ma voix mais la voix. D'un chanteur ou d'une chanteuse lyrique on ne dit pas que sa voix est belle, mais que la voix est belle. La voix qu'ils travaillent et laissent venir est toujours unique, d'un corps à l'autre, d'un jour à l'autre. Mais elle n'est jamais possédée. À la voix qui se prête à leurs corps, ils prêtent leurs noms. Ni critiques et techniques encore moins, ces portraits cherchent les mondes, les figures et les couleurs qu'apporte avec elle chaque voix, ils proposent les mots pour répondre à la voix. Cette semaine, la voix de Jean Goyetche, ténor. (Lire le portrait)

Le coin des traîtres
Numérologie

par Christilla Vasserot
"Dites 33", "22, voilà les flics", "Ne pas casser trois pattes à un canard", "Chercher midi à 14 heures"… L'expression quotidienne regorge de chiffres dont la traduction est loin d'être évidente, et ce même si les mathématiques semblent au profane qui n'y entend goutte un langage universel. Traduire les mots, d'accord. Mais traduire les chiffres, c'est parfois une autre paire de manches. Car la traduction des chiffres en général et des dates en particulier, contre toute attente, ne s'impose pas. La traduction du "bal du 14 juillet" ne peut faire l'économie d'une réflexion qu'un dictionnaire ne saurait mener à votre place. Et encore moins un service de traduction en ligne dont je ne veux pas me rappeler le nom. Surtout que la traduction est parfois une question d'interprétation… (Lire l'article)

Architecture
Orléans, désir d'architecture

par Anne-Marie Fèvre

La première biennale d'architecture animée par Abdelkader Damani, nouveau directeur du Frac Centre-Val de Loire, propose de "Marcher dans le rêve d'un autre". En s'appuyant sur les visions de trois architectes, Guy Rottier, Demas Nwoko et surtout Patrick Bouchain. En invitant 70 concepteurs dans la ville et la région. Pour réinventer une manifestation, déjà riche d'une collection de projets expérimentaux, vers plus de proximité, et avec flamme. (Lire l'article)

Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique
Frédéric Dard et le chibre du siècle

par Édouard Launet
Le père fécond des San-Antonio vient d'avoir l'honneur d'une nouvelle thèse de doctorat, dans laquelle Aymar Brackmill y dissèque les multiples façons dont Dard expose et met en scène les corps de ses personnages. Aussi triviale que soit la série des San-Antonio, elle présente l'intérêt d'une combinatoire presque infinie dans la manière de décrire l'anatomie humaine, ainsi que les rapports sexuels sous toutes leurs formes possibles. Ayant eu accès à des archives inédites, Brackmill s'est aussi intéressé au processus de réécriture chez Frédéric Dard. Car cet écrivain à la plume infiniment déliée retravaillait beaucoup plus ses textes qu'on ne le pensait jusqu'à présent, et si les San-Antonio donnent souvent l'impression d'un premier jet, ils s'avèrent en fait être le fruit de multiples rewritings. (Lire l'article) 

Le monde est devenu fou, chronique littéraire
Une dose de douleur nécessaire

par Nathalie Peyrebonne
Le monde est devenu fou. Chaque soir, chez moi, j'entends ma voisine pleurer. Ses sanglots n'ont aucun mal à passer à travers la fine cloison qui sépare nos deux appartements. Chaque matin, je la croise en partant, et elle est fraîche et souriante et blonde et énergique. Mais chaque soir, elle pleure. Hier soir, je lisais. Je tournais les pages, et ma voisine pleurait. Je devrais avoir honte de le dire voire de le penser, mais les pleurs de ma voisine s'accordaient magnifiquement avec ma lecture, Une dose de douleur nécessaire de Victoire de Changy. (Lire l'article)

Expos
New York City

par Gregg Ellis

Gregg Ellis est né aux États-Unis et vit depuis longtemps à Toulouse. Une fois par mois, délibéré expose une série de ses photographies. Ce mois-ci, New York City. Rares clichés peuplés de personnages "car je n'ai pas ce don d'aborder les gens et de faire en sorte qu'ils se sentent à l'aise pour être photographiés. Mais la quantité d'humanité à New York m'a allégé la tâche." (Voir l'expo)

© Gregg Ellis