J.K. Rowling et un balai vraiment magique

Chefs-d’œuvre retrouvés de la littérature érotique : chaque semaine, Edouard Launet révèle et analyse un inédit grivois ou licencieux, voire obscène, surgi de la plume d’un grand écrivain.

En 2012, le premier tome du sado-maso Cinquante nuances de Grey, de l’Américaine E.L. James, faisait un décollage vertical en librairie, s’écoulant rapidement à plusieurs millions d’exemplaires et gagnant le titre de « livre le plus rapidement vendu de l’histoire ». Une qui en fut fort marrie, et un peu jalouse aussi, c’est J.K. Rowling, l’auteur de la saga Harry Potter, qui détenait le record précédent. La mère du petit sorcier alla jusqu’à faire cette déclaration à la télévision : « Imaginez combien d’exemplaires j’aurais pu vendre si Harry avait utilisé son balai avec un peu plus de créativité… ».

L’éditeur de Rowling s’amusa d’abord de cette boutade, puis il eut l’idée de prendre son auteur au mot : pourquoi ne pas rédiger, pour un public adulte, une version érotique des aventures d’Harry Potter ? Rowling hésita longuement mais, devant le succès croissant de Cinquante nuances, elle accepta de relever le défi. En six mois, elle torcha un Harry Potter et le balai magique dans lequel l’ustensile trouvait des usages inédits. Néanmoins, de crainte que ce livre ne vienne ternir l’image de la gentille saga qui, alors, comptait déjà sept volumes, l’éditeur et l’auteur décidèrent ne pas le publier. Du moins pas tout de suite.

Le manuscrit dort donc dans un tiroir en attendant d’éventuellement en sortir et de répandre sur le monde une sorcellerie très cochonne. Selon diverses indiscrétions, il raconterait un épisode singulier de la vie de l’école Poudlard : le méchant Voldemort a jeté aux élèves un sort qui les a transformés en véritables bêtes de sexe. Si bien que, rapidement, Harry Potter et ses condisciples se mettent à user de leurs pouvoirs magiques pour assouvir leurs désirs les plus fous. Les parties de quidditch, en particulier, prennent une drôle de tournure.

C’est à peu près tout ce que l’on sait de cet Harry Potter version X. Toutefois, quelques extraits ont fini par fuiter (on soupçonne Rowling d’être elle-même à l’origine de ces indiscrétions) qui donnent une assez bonne idée de l’ambiance dans l’école en folie. Voici un passage qui se situerait vers le début de l’ouvrage :

Un peu inquiet, Harry suivit Ginny dans sa chambre. Il n’y était encore jamais entré. Elle était petite mais lumineuse. Une grande affiche des Bizarr’ Sisters ornait l’un des murs et une image de Gwenog Jones, capitaine de l’équipe exclusivement féminine des Harpies de Holyhead, était accrochée au mur d’en face. Il y avait un bureau devant la fenêtre ouverte qui donnait sur le verger où, l’année précédente, Ginny et lui avaient joué au Quidditch en double, avec Ron et Hermione.
Ginny regarda Harry dans les yeux, prit une profonde inspiration et dit :
– Joyeux anniversaire.
– Ouais… merci.
Elle le fixait sans ciller. Lui, en revanche, avait du mal à soutenir son regard. C’était comme s’il avait une lueur éclatante devant les yeux.
– Jolie vue, dit-il d’une voix faible en montrant la fenêtre.
Elle ne prêta aucune attention à sa remarque et il ne pouvait lui en vouloir.
– Je ne savais pas quoi t’offrir, dit-elle.
– Tu n’es pas obligée de me faire de cadeau.
Une fois encore, elle ignora sa réponse.
– Je ne savais pas ce qui te serait utile. Rien de trop grand parce que tu ne pourrais pas l’emporter avec toi.
Elle s’avança d’un pas vers lui.
– J’ai donc eu l’idée de t’offrir quelque chose pour que tu te souviennes de moi, au cas, par exemple, où tu rencontrerais une Vélane pendant que tu seras parti faire je ne sais quoi.
Elle l’embrassa alors comme jamais elle ne l’avait embrassé auparavant, et Harry lui rendit son baiser, se laissant envahir par une délicieuse sensation d’oubli que jamais le whisky Pur Feu n’aurait pu lui procurer. La seule réalité qui comptait au monde, c’était elle. Ginny. Il la sentait frémissante contre lui, une main au creux de son dos, l’autre caressant ses longs cheveux au parfum suave.
Harry murmura alors à Ginny :
– Moi aussi, j’ai un cadeau pour toi.
– Oh, fit Ginny toute surprise. Ce n’est pourtant pas mon anniversaire.
– Non, mais disons que ça pourrait être ta fête.
– Qu’est-ce que c’est ?
– Un balai.
– Un balai ?
– Un balai, oui, mais un balai vraiment magique.
Baissant les yeux, Ginny comprit immédiatement de quoi parlait son ami.
– Je n’en ai jamais vu de si gros. On peut voler avec ça ? demanda-t-elle, surprise.
– Monte dessus, tu verras bien, balbutia Harry, écarlate.
Ginny enfourcha le balai et commença à gémir de plaisir.
– Oh Harry, c’est merveilleux ! Ah… Ah…
C’est alors qu’Hermione surgit dans la pièce comme une tornade.
– Ca ne serait pas mieux à trois, les amis ? lança-t-elle en dégrafant sa robe.

Il faudra probablement patienter quelques années avant de connaître la suite, quoique l’on en ait déjà une assez bonne idée.

Édouard Launet
Chefs-d’œuvre retrouvés de la littérature érotique

EnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer