De 1962 à 2018, Michel Urbain et Françoise Urbain-Lambert ont envoyé à leurs proches des cartes de vœux. Moitié chronique familiale, moitié dessin d’actualité, elles offrent un parcours à travers cinquante ans d’histoire politique, sociale et humaine.

 

Les vœux des Z’Urbains

 

1977

Bonne année 1977 - Carte de vœux les Z'Urbains

 

Bonne année 1977 - Carte de vœux les Z'Urbains
Que reste-t-il, comme s’ouvre la troisième année du règne giscardien, de ce slogan qui réclamait en 1968 que le l’imagination soit au pouvoir ? Au moins le pouvoir d’imaginer que « ça va finir, ça va peut-être finir » comme l’écrivait Beckett vingt plus tôt exactement. Et d’inventer pour la nouvelle année quelques slogans où l’on rêve que c’est déjà fini, « terminé », « liquidé », « tué », voire « avorté »… Rappelons au passage qu’Alice Saunier-Séïté, alors secrétaire d’État des Universités, vient d’inaugurer brillamment une casse de l’enseignement supérieur public qui se poursuit toujours en 2019 – ce n’est pas fini— et que l’été 1976 a été marqué par un épisode de sécheresse exceptionnel et un impôt, non moins exceptionnel, pour en payer le prix. Quant à la morosité, la pauvreté et l’austérité, on voit de quoi il s’agit. Décidément ce n’est pas fini du tout et on voudrait relire tous les jours cette carte de vœux où le temps d’une bonne année, en un présent utopique et achronique, tout cela n’existe plus.

 

Les vœux des Z’Urbains

© Famille Urbain
Reproduction des images soumise à autorisation

Texte : Sophie Rabau