De 1962 à 2018, Michel Urbain et Françoise Urbain-Lambert ont envoyé à leurs proches des cartes de vœux. Moitié chronique familiale, moitié dessin d’actualité, elles offrent un parcours à travers cinquante ans d’histoire politique, sociale et humaine.

 

Les vœux des Z’Urbains

 

1981

1981 - Les vœux des Z'Urbains

1981 - Les vœux des Z'Urbains

On se souvient que 1981 fut l’année d’un changement politique non négligeable, avec l’élection d’un président de la République socialiste, au mois de mai. On se souvient moins – on a même souvent oublié – que cinq mois avant ce mémorable événement, en janvier, rien ne le laisse vraiment prévoir et nul n’ose vraiment y croire. D’ailleurs, les Z’Urbains semblent ici clairement délaisser la politique pour une tentative de concert familial : voici, sans doute imitée d’une carte postale ancienne, l’Harmonie de Bénédigues – du nom de la rue où réside la famille. Où l’on pourra méditer sur la difficulté de jouer en mesure dans une famille composée de trois adolescents – les garçons ont grandi – et de cinq fortes personnalités ; se demander si Michel porte un casque sur les oreilles pour écouter sa musique ou pour ne pas entendre celle des autres ; et noter que Françoise marque la mesure avec conviction mais sans que nul ne la regarde. Quant au chat Fifi, il a bien grossi et se rapproche par la taille de son acolyte canin. Pas de politique, donc ? Mais si, tout de même : sur un timbre collé au mur, bien reconnaissable avec ses lunettes et sa salopette à rayures, partisan du rire et de la blague, candidat officiel à l’élection présidentielle depuis octobre 1980, Michel Colucci, dit Coluche, qui entend bien jeter un couac et un peu de swing dans l’harmonie du système politique français. Et en guise de repose-pied pour le guitariste en herbe, un pavé, “souvenir de la rue Gay-Lussac”. 

  

1981 - Les vœux des Z'Urbains © Famille Urbain

 

Les vœux des Z’Urbains

© Famille Urbain
Reproduction des images soumise à autorisation

Texte : Sophie Rabau