Étiquette : Donald Trump

Ubu Trump, acte II

Véritable portrait de Monsieur Ubu, par Alfred Jarry. Bois de 74 x 113 mm publié dans Le Livre d'Art, n°2, 25 avril 1896, dans l'édition originale d'Ubu Roi et la Revue Blanche du 15 août 1896

À la Maison blanche, la veille de la cérémonie d’investiture, puis dans le bureau ovale, une semaine plus tard.

Père Trump.– J’ai faim ! Michael n’est toujours pas arrivé ?

Sarah.– Mister Président a signé son premier décret d’expulsion. Huit millions de Mexicains ont été arrêtés ce matin.

Mère Trump.– Mais mon gros chéri, tu n’es pas encore tout à fait Président ! La cérémonie d’investiture n’a pas encore eu lieu !

Père Trump.– Merdre !

Michael Pinn, les bras chargés de hamburgers, de cornets de frites et de sodas.– Et voilà, Père Trump ! Les burgers sont arrivés ! Comme vous êtes Président, le vendeur vous a mis une quadruple épaisseur de steaks hachés. Vous avez le burger impérial !

Père Trump, à Michael.– Le Super Méga Big Burger ?! Oh ! Dans mes bras, mon fidèle lieutenant ! Bougre de merdre ! Ça a l’air rudement bon ! (À Mère Trump.) Tu vois bien, vieille haridelle, que je suis LE Président ! Même le vendeur du bouffre Donald le sait ! Espèce de vieille chipie ! Je vais te répudier, je vais te faire jeter au cachot… je vais, je vais t’envoyer en Irak ! (Lire l'acte II)

De quel film Trump est-il le nom ? Épisode 2 : un super méchant de blockbuster ?

Trump Darth

Joker baroque et grotesque, Donald Trump est-il le “super vilain” de notre cauchemar collectif ? De Batman à Star Wars en passant par Terminator, passage en revue des grands avatars hollywoodiens du 45ème Président des Etats-Unis d'Amérique, troublant de ressemblance dans le rôle du grand méchant plutôt que du héros positif. (Lire l'article)

De quel film Trump est-il le nom ? Épisode 1 : un clown de cartoon ?

Les coïncidences troublantes prédites par les Simpsons, et qui agitent beaucoup la complosphère friande d'Illuminati et compagnie.

Bigger than Hollywood… On a déjà tout dit de Donald Trump, icône de télé-réalité sortie de l’une dans l’autre pour nous piéger dans son propre show planétaire. Alors s’il paraît déborder le petit écran, c’est que sans doute il croit le grand à sa mesure. Loin du cow boy classique Ronald Reagan, quel (anti-)héros de cinéma est donc le 45Président des États-Unis d’Amérique ? Premier épisode consacré au dessin animé, grand genre du baroque et du grotesque – deux attributs indéniables du phénomène Trump. (Lire l'article)

Farewell, California !

Les indépendantistes californiens soulignent que leur État représente la sixième puissance économique mondiale. Dans la même veine ourquoi ne pas considérer d’autres entités géographiques ? La ville de Tokyo exhibe un PIB (en 2014) de 1,6 trillons de dollars. Si elle ne menace pas le classement de la Californie, cela la place tout de même au dixième rang mondial,  juste avant le Canada. Assez loin derrière, Paris dépasse tout de même la Suisse et talonne la Turquie, ce qui la mettrait en vingtième position des économies mondiales... ( Lire l'article)

Les ors de Monster President

Anne Toulouse, Dans la peau de Donald Trump, Stock, 2016

Chercher des poux dans la moumoute jaune pisseux du narcisse trumpesque sous l'angle des arts appliqués -graphisme, mode, architecture, design et cuisine- peut sembler frivole. Ou faire trop d'honneur à un homme qui manie la langue de manière si prévenante avec les femmes : « Les attraper par la chatte ». Mais son style, désesthétisant voire toxique semble tellement en osmose avec la laideur du monde machiste, nationaliste, raciste de ce magnat de l'immobilier qu'il est tentant de faire l'inventaire rapide de ses « ors » de vivre, exhibés avec jouissance. (Lire l'article)

Office déplace les murs

Passage frontalier - “Everything architecture” par l'agence belge basée a Bruxelles OFFICE, Kersten Geers et David Van Severen

En invitant l'agence belge Office, le centre Arc en Rêve de Bordeaux revient aux fondements de l'architecture. "Everything architecture, affirment ces minimalistes dans leur exposition monographique, en défendant une écriture simple, des formes géométriques, une économie de moyens et de judicieux déplacements de frontières, de limites des containtes. Pour mieux se situer avec rigueur dans le monde bavard et confus, avec leur "presque rien d'architecture" tel un nuage illusionniste. (Lire l'article)

Les Animaux fantastiques : ombre de la jeunesse, retour du refoulé

Les Animaux Fantastiques, film fantastique de David Yates, écrit par J.K. Rowling, avec Eddie Redmayne, Katherine Waterstone, Colin Farell...

Écrit par J.K. Rowling, produit par la Warner et réalisé par David Yates, Les Animaux fantastiques repeuple le monde de Harry Potter, cet univers qui nous a vus / que nous avons vu passer de jeunesse à maturité.... Pour y libérer l'Obscurus, ombre vivante et entité destructrice qui incarne le concept-clef de tout horror movie : le retour du refoulé. Plus encore qu’une anthologie du Merveilleux, avec son bestiaire de griffon, loup-garou, dragon…, ce long récit initiatique fait du surnaturel la meilleure matrice métaphorique pour raconter ombres et lumières de la jeunesse, de l’enfance à l’adolescence. (Lire l'article)

Doctor Strange, ou le stade du miroir, de Nosferatu à Trump

Que comprendre de l'adaptation de ce comics réputé psychédélique, et de la “dimension-miroir” qu'il met en scène, double mystique de notre monde réel ? Toute-puissance magique du septième art, qui contemple ses propres super pouvoirs ? Ou reflet de notre civilisation, dédoublée elle aussi en un univers parallèle où se jouent la bataille des puissants et le destin des mortels, jusqu'à Trump récemment ? (Lire l'article)

Pierre Bayard pour les instituts de sondage

Pierre Bayard, Le Titanic fera naufrage, éditions de Minuit, 2016

Sondeurs, sondeuses, pythies aux augures sans cesse défaits, devins aux présages incertains, prophètes moqués et stigmatisés, oracles aberrants : vous vous sentez déprimés, rejetés, diminués ? Lisez donc Pierre Bayard. Les romanciers, explique-t-il dans Le Titanic fera naufrage, ont en effet un accès privilégié à des évènements qui ne se sont pas encore produits”. Contrairement aux dirigeants politiques et aux responsables d’instituts de sondages à travers le monde, qui, eux, se gardent bien de tirer parti de la capacité annonciatrice de la littérature”. (Lire l'article)

Sully : le 11 Septembre n’aura pas lieu

Sully, un film de Clint Eastwood avec Tom Hanks

Au contraire du film-catastrophe classique qui dramatise les victimes prêtes à s’entre-tuer pour survivre, les secours qui n’arrivent pas, les autorités qui se compromettent ou se disputent au lieu de suivre l’intérêt général, le film d'Eastwood magnifie la fluidité, la discipline, le sang-froid partagé qui a changé une hécatombe annoncée en prouesse improbable. (Lire l'article)

Propositions délicates

Si vous êtes propriétaire d’une chaîne de magasins et que je vous demande combien vous possédez de boutiques à Paris et à Lyon, il y a bien des chances que vous me donniez le nombre global des boutiques que vous avez dans ces deux villes. Le logicien, lui, et dans certains cas la base de données informatique, vous répondra zéro sans la moindre hésitation. En effet un magasin peut être situé à Paris ou à Lyon, mais jamais les deux à la fois ; vous n’en avez donc aucun qui soit dans ces deux villes. Voici une première brèche au sens commun, et ce ne sera pas la seule... (Lire l'article)

Donald Trump (eh oui)

Wendell Phillips © Hélène Quanquin, une chronique de l'Amérique à l'heure des élections présidentielles

Le 23 octobre dernier, le New York Times publiait la liste des “282 personnes, lieux et choses que Donald Trump a insultés sur Twitter”, depuis Barack Obama et Hillary Clinton jusqu’à l’opérateur de télécommunications T-Mobile et le Super Bowl, en passant par le Parti républicain. Le 8 novembre, Donald Trump recueille la majorité des grands électeurs et devient “President-elect” des États-Unis, le titre qu’il portera jusqu’au jour de son investiture. C'est ça, l'Amérique de Donald Trump. (Lire l'article)

Accuser le coup

Combat Muhammad Ali vs George Foreman, Kinshasa, 1974: "Accuser le coup". Une chanson de gestes de Marie-Christine Vernay

Après un déferlement de poings levés lors de la campagne made in USA et de la victoire de Donald Trump, nous sommes franchement tristes pour les boxeurs. Ils se sont fait voler leur job. Déjà que leur carrière était courte (comme celle de la plupart des danseurs), il leur faut accepter d’être dépossédés de leur langage corporel. Le coup bas est galvaudé, quelques États se sont emparés du swing avec peu de panache, l’uppercut est devenu monnaie courante et, apparemment l’art de l’esquive est aux oubliettes. (Lire l'article)

À se tordre de rire

Tous les matins, ça recommence, à l’heure du petit déjeuner, c’est-à-dire à l’heure où l’on branche la radio, c’est inévitable, on se tord de rire. Que de bonnes blagues, de bonne nouvelles. Dans Ha ! Ha !, un spectacle de 2006, Maguy Marin nous avait prévenus : on ne peut pas rire de tout avec tout le monde. Et quitte à se tordre, autant le faire avec Rachid Ouramdane. Il reprend un duo créé en 2014 : Tordre. (Lire l'article)

François Garde, pour ceux qui se lèvent, à Sarcelles ou même ailleurs

François Garde, L'Effroi, Gallimard, 2016

La haine, la peur, le rejet. Face à cela, des jeunes de Sarcelles ont décidé, à leur échelle, de réagir, avec courage et générosité. Ils ont vu les images de ces gens jetés sur les trottoirs parisiens, en plein XXIème siècle, affamés, bousculés, ignorés. Ils ont donné un peu de leur poche et ils se sont mis à cuisiner. Cent cinquante repas et sandwiches. Qu'ils sont allés distribués à Stalingrad et à Porte de la Chapelle. Avant de lancer un “défi” aux autres quartiers de banlieue pour qu'ils fassent de même. Ils se sont levés, comme le protagoniste du dernier roman de François Garde, L'Effroi. Et comme ceux qui les imiteront. (Lire l'article)

Catherine Poulain, pour ceux qui rêvent de départ

Catherine Poulain, Le Grand marin, éditions de l'Olivier, 2016. Une critique de Sylvain Pattieu

L’année va être terrible, une présidentielle qui s’annonce morose, on prend les mêmes et on recommence, des thèmes de débat rances et hors-sujets, les menaces d’attentats, le sort ignoble fait aux réfugiés, les progrès du repli sur soi, les dictateurs triomphants, les invectives de Trump. Des fois on voudrait bien partir loin. Et puis on prend un livre. Il y a la littérature qui rapetisse, regarde par le petit bout de la lorgnette, met la tête sous l’eau, et puis il y a des romans qui ouvrent des horizons. À ceux qui ont envie de prendre le large : Le Grand marin de Catherine Poulain. (Lire l'article)

Ghazala Khan

Cimetière américain de Colleville-sur-Mer © Hélène Quanquin - Une chronique sur les présidentielles américaines

Ghazala Khan, c’est cette présence frêle sur la scène du Wells Fargo Center à Philadelphie, pendant la convention du Parti démocrate en juillet dernier. Elle se tient, la tête voilée, aux côtés de son mari Khizr. Derrière eux, le portrait géant de leur fils Humayun, victime en 2004 d’une attaque-suicide à Bagdad, où il était stationné avec son régiment. Ghazala Khan ne dit pas un mot. C’est son mari qui parle. “Avez–vous jamais lu la Constitution américaine ?”, demande-t-il à Donald Trump en brandissant un exemplaire du texte. (Lire l'article)

Mark Twain pour le cas Donald Trump

Un Yankee du Connecticut à la cour du roi Arthur, le roman de Mark Twain récemment traduit en français par Freddy Michalski et publié en 2013 aux éditions L’Œil d’Or, est le récit d’un brave Yankee du XIXe siècle  qui se trouve brutalement projeté au VIe siècle, à la Cour du roi Arthur. Le choc est rude, car tout, dans sa façon d’être et même dans son accoutrement, détonne en ces lieux anciens, un peu comme la choucroute bien laquée et étrangement teinte du candidat Trump perturbe, sidère ou amuse de par chez nous. Il est différent, donc. Et décide d’exploiter cette différence, de devenir “Le Boss” :“en l’espace de trois ans, je serai le patron de tout le pays.”  Sauf que tout cela, chez Mark Twain, finit bien mal. Et Donald Trump ferait bien de relire ses classiques. On en tire toujours quelque chose. (Lire l'article)