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Doctor Strange, ou le stade du miroir, de Nosferatu à Trump

Que comprendre de l'adaptation de ce comics réputé psychédélique, et de la “dimension-miroir” qu'il met en scène, double mystique de notre monde réel ? Toute-puissance magique du septième art, qui contemple ses propres super pouvoirs ? Ou reflet de notre civilisation, dédoublée elle aussi en un univers parallèle où se jouent la bataille des puissants et le destin des mortels, jusqu'à Trump récemment ? (Lire l'article)

Pocahontas

En 1614, Pocahontas, la fille du chef de la tribu amérindienne de Virginie des Powhatan, se convertit au christianisme et épouse le colon britannique John Rolfe, connu pour avoir introduit la culture du tabac en Amérique du Nord. En 1616, ils traversent l’Atlantique avec leur fils et voyagent en Angleterre pour faire la promotion de la toute nouvelle colonie de Virginie. En mars 1617, Pocahontas meurt d’une maladie inconnue. Elle est enterrée à l’église Saint-George, dans le Kent. En mars 2017, la British Library organisera à Londres une conférence à l’occasion du 400anniversaire de sa mort. (Lire l'article)

À se tordre de rire

Tordre, de Rachid Ouramdane, avec Annie Hanauer et Lora Juodkaite © Patrick Imbert

Tous les matins, ça recommence, à l’heure du petit déjeuner, c’est-à-dire à l’heure où l’on branche la radio, c’est inévitable, on se tord de rire. Que de bonnes blagues, de bonne nouvelles. Dans Ha ! Ha !, un spectacle de 2006, Maguy Marin nous avait prévenus : on ne peut pas rire de tout avec tout le monde. Et quitte à se tordre, autant le faire avec Rachid Ouramdane. Il reprend un duo créé en 2014 : Tordre. (Lire l'article)

Machiavel pour les neutres

Nicolas Machiavel, Le Prince, traduit de l'italien par Jacques Gohory, préface de Paul Veyne, suivi d'extraits des Œuvres politiques et des Lettres familières, Gallimard, coll. Folio classique (n° 1173), nouvelle édition en 2007. Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne dans délibéré

Facebook a récemment fait une annonce surprenante : ses employés vont devoir suivre des cours de “neutralité politique”. Parce qu’aujourd’hui, il est de mauvais ton d’être engagé. La respectabilité implique la neutralité, l’objectivité, réelles ou supposées. Ainsi, le gouvernement n’a plus vraiment d’idées politiques, il est “pragmatique”, il est neutre, comme le Medef, que Pierre Gattaz veut “apolitique”, ou le mouvement lancé par Emmanuel Macron, “pas à droite, pas à gauche”. Ceux qui dirigent, de plus en plus, déclarent être indépendants, impartiaux, sans engagements, ils aiment tout le monde et leur cœur ne penche ni vers les uns, ni vers les autres. Promis, juré. À tous les apôtres de la neutralité politique, et aux dirigeants de Facebook en particulier, je recommande fermement la lecture du Prince de Machiavel...  (Lire l'article)

À ceux que la chienlit offusque

Frédéric Pagès, Botul au bordel, Buchet-Chastel, 2015. Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne dans délibéré

Les hommes et les femmes politiques ne lisent pas beaucoup, on le sait bien, et c’est une des raisons pour lesquelles cette chronique, largement subventionnée, vous vous en doutez, par le ministère de la Culture, a été mise en place. Ils ne lisent que bien peu mais ils causent. Beaucoup. À droite, la mode en ce moment est à la chienlit”, terme qui n’est officiellement plus vulgaire ni même familier depuis le 19 mai 1968. Les responsables politiques ont visiblement très peur de la chienlit, et cette peur est devenue, ces derniers temps, très nettement obsessionnelle. En 2015 est paru un ouvrage de Frédéric Pagès, Botul au bordel, qui semble pouvoir s’intégrer dans le traitement cognitif de ce type de pensée obsessionnelle.  (Lire l'article)

Escaliers d’Escher et pyramides de sable

Le nombre imaginaire, par Yannick Cras © Anne Pionchon Westhoff

L'exponentielle, késaco ? Plus que le logarithme, dont elle est pourtant consubstantielle, l’exponentielle nous est familière au moins par l’expression consacrée croissance exponentielle. Ce terme, appliqué tout aussi bien à la population mondiale, à l’économie du loup ou dragon économique du moment ou à la puissance de calcul informatique qu’aux comptes Facebook ou Twitter, suscite autant l’admiration que l’effroi. On le retrouve ad nauseam, non sans raison parfois, mais bien souvent sans guère plus de réflexion. (Lire l'article)

De l’instagrammatologie

Instagram

Réussir son compte Instagram, ce n'est pas si facile. Parce que comme avec tous les instruments de création 2.0, le risque du “trop” n'est jamais loin. Vous avez dix mille filtres à dispo, des outils de recadrage, de réglage, etc. pour rendre une photo ratée acceptable. En général, une petite retouche suffit. Mais le syndrome “open bar” frappe régulièrement : on sature les couleurs, on ajoute un cadre vintage, et puis aussi un effet “vignette” qui fait trop mystérieux, tel un trait de kohl sous les yeux. Résultat : c'est plus un cliché, c'est un camion volé. À part ça, que montrer sur Instagram ? C'est en principe l'endroit où s'exprime votre créativité, votre voyeurisme s'exerçant quant à lui sur Facebook et votre sens du café du commerce sur Twitter. Comment accumuler les likes ou, au contraire, rater sa vie sur Instagram ? (Lire la suite)

L’un des plus beaux visages de France

visage villages france airbnb

Autant la location de soi sur Internet demande d'être nature, cheveux gras et yeux pochés, dans le simple appareil d'une beauté qu'on vient d'arracher au sommeil, autant la prostitution de sa propre maison demande d'être un peu apprêté. Sur les sites d'hébergement tels que Airbnb, celui qui loue son foyer est supposé afficher son portrait, afin qu'on sache si l'on va finir chez les bons Samaritains ou chez Gilles de Rais. Le “host” devra donc tenter d'apparaître comme le “bon père de famille” des baux de jadis, habitant “bourgeoisement” son domicile. Exemples. (Lire la suite)

Cul en ligne ? Pour les questions, j’ai Nantes

Un chercheur de l'Université de Nantes a posté un questionnaire en ligne pour “comprendre les usages amoureux et sexuels du web 2.0” dans le cadre de sa thèse. Soit, en gros, comment on se sert des sites de cul, de rencontre, des apps géolocalisées, de son image, de celle des autres, et si on raconte ça à nos amis ou nos parents, etc. Comme le questionnaire propose des réponses pré-établies à cocher, il soulève forcément aussi d'autres questionnements, sur soi, autrui, la vie en général.L'heure de l'introspection du troufignon est venue. (Lire la suite)

Miss Serbia, à miroir de rire

Si elle s'amuse, comme la plupart de ses consœurs, à dévoiler ce que la société demande aux femmes d'occulter (elles pètent, rotent, font des commentaires sur le “boule” des mecs), Miss Serbia est une des rares sur Vine qui s'amuse à imiter les garçons. Un article d'Eric Loret dans délibéré

Si elle s'amuse, comme la plupart de ses consœurs, à dévoiler ce que la société demande aux femmes d'occulter (elles pètent, rotent, font des commentaires sur le “boule” des mecs), Miss Serbia est une des rares sur Vine qui s'amuse à imiter les garçons. Et le fait de pouvoir tout imiter, de modifier son regard, sa moue, etc. à volonté, semble lui prouver la plasticité de l'identité humaine. Le rire vient toujours ici d'un décollement critique : quand on s'aperçoit que ce qu'on croyait naturel, inévitable, est en réalité partiellement fabriqué. Miss Serbia adore du coup analyser le désir, la jalousie, le dégoût, et leurs contradictions. (Lire la suite)

Yung Jake, interactif passif

“Yung Jake, jeune rappeur américain dont est donné en lien un clip vidéo étonnant, Embedded. Yung Jake est aussi un artiste digital sorti de CalArts, qui au lieu de glorifier la bimbeloterie technologique la rend pitoyable, la renvoie à son ineptie.” (Eric Loret - délibéré)

C'était au printemps dernier, consultant le site redshoes (“red shoes | SOME SHOES est une structure de production et de diffusion d’oeuvres contemporaines”) : les “news” de l'automne 2014 y étaient encore affichées. Rétrovision. Ne lisant pas plus loin que la première photo, on s'arrête sur celle de Yung Jake, jeune rappeur américain dont est donné en lien un clip vidéo étonnant, Embedded. Yung Jake est aussi un artiste digital sorti de CalArts, qui au lieu de glorifier la bimbeloterie technologique la rend pitoyable, la renvoie à son ineptie. (Lire la suite)