Étiquette : Marcel Proust

Cinématographie

Victor Hugo, Les Misérables, Bibliothèque nouvelle illustrée

Deux grosses surprises ont marqué la semaine écoulée. La première : un chercheur pense avoir identifié Marcel Proust sur un film tourné lors d’un mariage à Paris en 1904. La seconde surprise, plus prodigieuse encore : François Fillon a envoyé au Parquet national financier une vidéo sur laquelle on verrait son épouse Penelope travailler pour lui. Victor Hugo, qui, depuis la crypte du Panthéon, suit heure par heure cette campagne présidentielle, se passionne soudain pour le cinématographie, un art qui manquait cruellement à son temps. (Lire l'article)

Fin de saison à Cabourg

Journées musicales Marcel Proust à Cabourg, 2016

Les lieux de pèlerinages proustiens n’offrent que ce qu’on y apporte, principalement des souvenirs de lecture. S’en aller à Cabourg (ou à Illiers-Combray, ou au 102 boulevard Haussmann) afin d’y retrouver les traces de Marcel Proust est une entreprise vouée à l’échec, tout comme serait illusoire d’aller chercher Homère sur les quais encombrés du Pirée contemporain. À Cabourg, seuls subsistent la belle lumière de la Manche, les mouettes, les cris d’enfants sur la plage et les “petits nuages roses au teint d'oeillet ou d'hydrangea”, ce qui n’est pas rien. Tous les deux ans, quelques notes de musique et conférences viennent enrichir cette polychromie : ce sont les Journées musicales Marcel Proust. (Lire l'article)

Mallarmé pour Emmanuel M.

Stéphane Mallarmé, Poésies, édition de Bertrand Marchal, préface d'Yves Bonnefoy, coll. Poésie/Gallimard, 1992. Une ordonnance littéraire de Sophie Rabau dans délibéré

Monsieur Emmanuel M., âgé de 45 ans, marié, ministre des Finances, se présente à la consultation du service de chronobibliopathologie, adressé par son médecin traitant suite à une histoire d’insomnie, retards, pertes de montres et agenda. À l’anamnèse, on retrouve des événements déclencheurs idiopathiques : désintérêt pour la lecture dès la puberté, tentative, au début de l’âge adulte, de faire entrer “26 heures dans une journée” selon l’expression du patient. Après réunion du staff, on propose un traitement allopathique à raison d’un voyage en bus sur le trajet Paris-Marseille avec lecture d’un sonnet tiré de la pharmacopée classique. (Lire l'article)

Chauffe Marcel

Marcel jouant une sonate à une petite fille que cela fait bien rigoler.

L'unique mention de Scarlatti dans La Recherche du temps perdu se trouve dans le récit d'une partie de musique (Sodome et Gomorrhe), où le pianiste joue quelques morceaux à la demande des invités : “Mme de Cambremer (...) venait de découvrir un cahier de Scarlatti et elle s'était jetée dessus avec une impulsion d'hystérique. ‘Oh ! jouez ça, tenez, ça, c'est divin”, criait-elle. Et pourtant de cet auteur longtemps dédaigné, promu depuis peu aux plus grands honneurs, ce qu'elle élisait, dans son impatience fébrile, c'était un de ces morceaux qui vous ont si souvent empêché de dormir et qu'une élève sans pitié recommence indéfiniment à l'étage contigu au vôtre.” Proust serait-il passé à côté de Scarlatti ? Mais au fond, ce n'est pas lorsque Proust évoque Scarlatti qu'il est le plus scarlattien. (Lire l'article)

Ida avec flèches

Ida Rubinstein, 1909

Échoué à Arcachon comme Hugo à Guernesey, le très scarlattien d'Annunzio affronte la dune du Pyla, les lames de l'Atlantique et quelques femmes exigeantes. Parmi elles, Ida Rubinstein, qui lui commande le livret d'un Martyre de saint Sébastien (musique de Debussy) où elle jouera Sébastien ; mais aussi Romaine Brooks, compagne d'Ida, qui l'héberge et fait son portrait, avant de le fuir et de se réfugier auprès de Natalie Barney. En 1912, Ida et Gabriele s'entraînent au tir à l'arc dans la forêt landaise. Les flèches d'Ida ne sauraient tuer personne. En revanche, celles de son “frère” Gabriele ne ratent pas le vrai Sébastien de l'histoire, Romaine Brooks. C'est aussi compliqué qu'une sonate de Scarlatti : faut suivre ! (Lire la suite)

Saison 2, épisode 1: Albertine n’a pas la chatte en feu

“Jaloux, il met le feu au chat de sa compagne et le jette par la fenêtre.” Il était jaloux, donc suspicieux et même franchement inquisiteur. Elle a refusé de lui laisser consulter les appels qu'elle avait passés et reçus sur son téléphone portable. Il s’est énervé... La jalousie et ses développements sont le carburant d’un nombre incalculable de romans. Ah si les portables avaient existé à l’époque de Marcel Proust, que de raffinements supplémentaires il eût pu apporter à son oeuvre ! (Lire la suite)

L’essence de l’œuvre

Warlikowski - "Les Français", à l'affiche à la Comédie de Reims

La fidélité à une œuvre n’est pas une question de respect d’une intégrité fantasmée, mais d’intelligence de lecture, de choix et de sensibilité. La preuve par deux spectacles de théâtre : Les Français, adaptation par Krzysztof Warlikowski de À la recherche du temps perdu, et Je me mets au milieu mais laissez-moi dormir, transcription, signée par Dorian Rossel du scénario de La maman et la putain. Dans les deux cas, la fidélité est totale, alors même que la “trahison” est évidente. (Lire la suite)

555

Scarlatti manuscrit biblioteca marciana

Les plus numérologues parmi les superstitieux que nous sommes tous savent que 333 est le nombre de la divinité, 666 celui du diable et 444 le nombre des deux à la fois : il semble qu'avec le code a = 6 ; b = 12, etc., Jésus et Lucifer donnent tous deux 444 ! On n'arrête pas le progrès. Quant à 555, c'est bien sûr le nombre de sonates de Scarlatti. Que Scarlatti se retrouve numériquement quelque part entre Dieu et le diable n'est peut-être pas un hasard : plusieurs critiques l'ont aussi mis dans cette situation. Proust parle du “divin” Scarlatti tandis que d'Annunzio lui trouve quelque chose de maléfique. Cela participe sans aucun doute du charme indéfinissable des sonates. (Lire l'article)