Étiquette : Odéon

Soudain la vérité

Soudain l'été dernier. Une mise en scène de Stéphane Braunschweig. Jean-Baptiste Anoumon, Virginie Colemyn et Marie Rémond © Thierry Depagne

Jardin d’Éden ou jungle menaçante ? Sur la scène de l’Odéon, troncs, lianes, plantes carnivores et fleurs vénéneuses se disputent un enclos tropical à l’abandon, projection organique du chaos régnant dans la tête de Sébastien, le poète improductif dont la mort, soudain l’été dernier, obsède les personnages de Tennessee Williams dont Stéphane Braunschweig signe la mise en scène. (Lire l'article)

La femme aux masques de Phèdre

Isabelle Huppert et Norah Krief dans Phèdre(s) © Pascal Victor/ArtComArt

À l'Odéon, Isabelle Huppert incarne tour à tour une déesse antique, une star à la dérive dans un palace, une ménagère anglaise enfermée dans une banlieue glauque, une conférencière désabusée et l'héroïne de Racine. Autant de masques de Phèdre à la démesure d'une actrice qui excelle à souffler le chaud et le glacé et à livrer son corps à la contradiction. Sa performance exceptionnelle occulte en partie les failles du spectacle de Krzysztof Warlikowski, où les choix littéraires du metteur en scène (textes signés Wajdi Mouawad, Sarah Kane, J.M Coetzee) ne sont pas toujours à la hauteur de ses intuitions dramaturgiques. (Lire l'article)

Splendeurs et misères

Quentin Tarantino - Les Huit Salopards

Un début de carrière est plus difficile à vivre face à une critique versatile. Des auteurs affirmés peuvent peut-être se payer le luxe de ne plus prêter attention à ce que l’on écrit sur eux. L'actualité théâtrale, littéraire et cinématographique nous permet de réfléchir à la question. Au menu, Thomas Jolly, Édouard Louis, Quentin Tarantino et Jean Echenoz. (Lire la suite)

Orestea, vingt ans après

Vingt ans après, Romeo Castellucci reprend son Orestie

Avant ou après le 13 novembre, impossible de ressentir de la même façon la représentation de la violence sur une scène de théâtre parisienne. Dans Orestea, l'adaptation par Romeo Castellucci des trois pièces qui forment L'Orestie d'Eschyle, cette violence cueille les spectateurs d'entrée. Elle est autant sonore (grondements d'avions et d'hélicoptères, explosions, rafales d'armes automatiques) que visuelle (corps torturés et mutilés, traînées de sang). Quand on a en tête de vraies images de massacre, ce déchaînement d'horreurs semble par moments dérisoire. Sa radicale étrangeté le sauve du ridicule ou de l'insupportable. Le spectacle présenté à l'Odéon est une reprise de celui créé il y a vingt ans. Comment avait-il été perçu à l'époque ? Pour ses lecteurs, délibéré remonte le temps. (Lire la suite)

Luc Bondy, mort d’un maître amoureux

Luc Bondy en répétitions sur Ivanov, Janvier 2015 © Thierry Depagne

De tous les amours de Luc Bondy, celui des acteurs était le plus remarquable. Séducteur, il avait dans la vie une attention en mouvement perpétuel, prompt à passer d'un sujet ou d'un interlocuteur à l'autre. Dans la salle de répétition, il était l'inverse, soudain capable d'extrême concentration, joignant le geste à la parole pour monter sur le plateau, saisir un bras, entourer une épaule, et donner au comédien la sensation d'être à cette seconde la personne la plus importante au monde, objet exclusif du désir de son metteur en scène. Luc Bondy est mort hier. Pour Paris et pour le théâtre européen, la perte est rude. (Lire la suite)

Tombé du pont

Vu du pont Berling Ivo van Hove Odéon

Vu du pont, la pièce d'Arthur Miller donnée en français aux Ateliers Berthier de l'Odéon est un copié-collé de la version anglaise, créée au Young Vic de Londres le 4 avril 2014. Un mélodrame politico-sociologique, conçu comme une tragédie grecque, dont la version française frise le ridicule, avec des acteurs oscillant sans cesse entre premier et troisième degré, entre sitcom et Duras. (Lire la suite)