Étiquette : Paris

J’aime rouler sur les Grands Boulevards…

Aimer le tram, le prendre pour le plaisir, sans l’obligation d’être transporté d’un lieu à un autre. Voyager dans le T3a parisien pour faire une autre boucle autour de la capitale, de la Porte de Vincennes au Pont du Garigliano. Des entrées dans Paris bien connues, Italie et Orléans, des petits arrêts mal identifiés, Montempoivre ou Poterne… et Balard, un non-lieu contemporain. Une autre vision de Paris, à l'orée de considérables transformations urbaines. (Lire l'article)

Paris, porte à porte

Porte de la Chapelle vue du Tram

Aimer le tram, le prendre pour le plaisir, sans but, sans l'obligation d'être transporté d'un lieu à un autre. Monter dans le T3 parisien pour faire une première boucle autour de la capitale. Se laisser flotter dans la rame, au ras du sol. Voir se dérouler le ruban vert, surgir places, rues et boulevards, monter des grappes de passagers... Une autre vision de Paris, fugace, aux limites des transformations urbaines, de la porte de la Chapelle à la porte de Vincennes. (Lire l'article)

XIV. Une affiche sur les Grands Boulevards

Cyrk © Jerzy Czerniawski

Comme elle est loin l’enfance douloureuse de Tigrovich, tigre, prince et artiste, arraché dès l’âge tendre à sa Taïga orientale native. Il a presque oublié le grand humain à la grosse moustache et son épouse, ces ostréiculteurs qui l’adoptèrent. Il se souvient à peine d’Emma, la belle écuyère qui fut son premier amour. C’est qu’il est monté à Paris où il a rencontré le plus merveilleux de dompteurs et même des Dompteurs, Ali Ibn-El-Fahed et autres noms, a signé un contrat, et maintenant commence pour lui sa grande période. (Lire l'épisode)

Rue Ordener

Perçu par certains comme un réduit islamiste, la Goutte d'Or a été et est encore un quartier juif. Elle est aussi un quartier juif, voudrait-on dire. Car, au-delà des stéréotypes et des préjugés, la Goutte d’Or n’appartient ni aux uns ni aux autres : depuis ces premières vagues de réfugiés qui fuyaient les pogroms jusqu'aux migrants d'aujourd'hui, elle reste un quartier cosmopolite où les solidarités prennent le pas sur les différences. (Lire l'article)

Siffler en travaillant

Bas de la rue de Chartres et immeuble de Pottier © Sébastien Rutés (2018)

S’il lui est étroitement associé, le quartier n’a pas attendu le hip-hop pour jouer un rôle dans l’histoire de la musique. Sans surprise, plutôt du côté des besogneux que des virtuoses. Pour la musique, il en va de même : la Goutte d’Or fut longtemps un quartier de facteurs d’instruments, sans doute à cause de la proximité des fonderies. Ainsi l’histoire de la musique à la Goutte d’Or épouse-t-elle l’histoire ouvrière. (Lire l'article)

Cultures, culture : 1-8, quartier hip hop

Depuis vingt ans que j’habite à Marcadet-Poissonniers, il est un work in progress dont je ne me lasse pas de contempler les mues : les 300 mètres du mur graffé de la rue Ordener, le plus grand peint à la bombe en Europe paraît-il. Fresque-palimpseste, vivante trace de la longue aventure commune entre ce XVIIIe Est et la culture hip hop, l’un des plus riches, populaires et complexes mouvements de notre pays depuis 30 ans, qui trouve dans un tel quartier un royaume de prédilection. Balade parmi les repères & repaires du rap made in 1-8... (Lire l'article)

VIII. C’est à Paris qu’il faut aller (méditation d’un tigre)

Tigre et Arc de Triomphe (Christopher Wood 1930)

Enlevé à sa vie d’art et de débauche dans la ville de B. par un faux impresario, en fait un vrai détective, notre héros a été enfermé, pour son bien, dans une baraque à huîtres par le grand humain moustachu, son père adoptif et ostréiculteur. Mais il en a été libéré par sa belle amante Emma Volkovitch et ses frères, surtout un. Il se retrouve donc à faire la sieste sur un trapèze au-dessus de la piste du cirque Romanès-Volkovitch. (Lire l'épisode)

Culture, cultures

La Goutte d’Or n’est pas très présente en littérature, mais une seule œuvre a suffi. La Goutte d’Or, c’est L’Assommoir. Aujourd'hui, une placette mal fichue est ainsi baptisée. Pour le reste, Boris Vian donne son nom à un escalier décrépit et Carco à un coude insalubre où vécut l'ogresse Jeanne Weber qui étrangla une dizaine d'enfants du quartier à la fin du XIXe siècle... Et c'est à peu près tout pour la littérature. En apparence car, à la Goutte d'Or, quartier en tension entre le visible et le clandestin, même la culture se cache. (Lire l'article)

Yeehaw !

No doubt, la Goutte d'Or, c’est la no-go-zone, les chiffres sont là, no trespassing, les statistiques, go away ! Mais, revers de la médaille, la zone de non-droit a justement cet avantage qu’on ne s’y embarrasse guère des lois. Goutte d’Or aux deux facettes : la liberté pour contrepartie de l’insécurité. Les Américains n’y sont pas sensibles ? Il est loin le temps de la conquête de l’Ouest… (Lire l'article)

Cité autonome

Si la Goutte d’Or est une enclave dont on glose l’extraterritorialité, le square Léon fait office d’enclave dans l’enclave, de cercle dans le cercle. Indéniablement, un territoire à part, avec ses règles et sa sociologie propres. Dans le passé, des vignes poussaient là, ces fameuses vignes à l’origine du nom du quartier, autour d'un moulin connu comme le moulin Fauvet, du nom du propriétaire d'une guinguette. Aujourd'hui, on y deale... (Lire l'article)

En trop

Trottoir plein de déchets comme une liste à la Prévert, bazar des étals où se vend tout et n'importe quoi, polyphonie des langues du monde et cacophonie des sirènes de secours... Ainsi la caverne d’Ali Barbès s’ouvre-t-elle trésor au visiteur : tout ici est excès, surenchère, saturation. (Lire l'article)

En manque

La Goutte d’Or est un quartier en manque de commerces. Presque aucune librairie, la plupart des commerces de bouche absents, aucune banque. La pénurie s’inscrit dans le bâti même. Quartier de terrains vagues qui affichent à chaque coin de rue ce qu'il a été et n’est plus, souvenirs d'époques plus fastes envahis d’herbes folles. (Lire l'article)

Land of the dead

Du pavé de Château-Rouge au quai de Marcadet-Poissonniers, je suis de ceux qui tous les jours, croisent les regards de la Méduse. Il n’y a guère de spectacle humain plus douloureux que le reflet morbide qu’offre au passant le grand toxicomane. En sus de sa peine des Enfers, il est à fuir comme une peste, porteur de la mauvaise nouvelle de notre sort – misère, vieillesse, maladie, accident, tous nos cavaliers de l’Apocalypse enchaînés dans une seule chair. Mais si c'est sur un pont de mon quartier que je peux rencontrer tel zombie de cauchemar, ici plutôt que dans le XVIe arrondissement, c'est que tout ce chaos est un ordre. (Lire l'article)

King Kong à la Goutte d’Or

Certaines nuits, on entend des hurlements place de l’église Saint-Bernard. Des cris qui font penser à la forêt et se blottir sous les couvertures en frissonnant. Ce sont les bandes d’enfants du square Alain-Bashung. Pendant quelques jours, la presse n’a parlé que d’eux, avant de les oublier. Ils sont venus de Tanger, où ils vivaient de faire les poches aux touristes à la sortie des bateaux. On voudrait les rêver en Peter Pan et les Enfants Perdus mais ceux-là n’ont pas refusé de grandir. Au contraire, ils ont grandi trop vite. (Lire l'article)

Du mauvais côté

Il y a comme deux arrondissements dans le XVIIIe, et il n’est qu’à longer le boulevard Barbès une nuit d’été pour voir se tracer une frontière sur la carte de la ville. Une frontière qui reconstitue en miniature la géopolitique de la capitale et de l’Île-de-France : les plus riches à l'ouest, les vrais pauvres à l'est. Une partition héritée du XIXe siècle et de sa révolution industrielle, quand l’urbanisme et la sociologie de la métropole se sont fixés… en suivant le sens du vent. (Lire l'article)

Franciade

À l’angle des rues Saint-Bruno et Saint-Luc, juste en face de l’école maternelle où s’alignent les trois mots de la République, on a tagué à l’encre noire : “La France est annulée jusqu’à nouvel ordre”. Je vais prendre ma photo, un monsieur fait de même avec son téléphone portable. En me montrant une voiture de la mairie stationnée le long de l’église, il confesse : “Moi, c’est pour le faire effacer”. Il a l’air un peu gêné. “Moi, c’est pour m’en souvenir.” Il sourit, l’air complice. Si ça ne tenait qu’à lui… (Lire l'article)

Le centre du monde

Je suis une ordure. Un salaud de gentrificateur, de la vermine d’envahisseur bobo, une saleté de mec cool et content de lui. Moi qui me crois avant-garde des arts et lettres, je ne suis qu’avant-poste de l’embourgeoisement de mon quartier. De la Brasserie Barbès à la rue Myrha, la lèpre s'est répandue partout. Alors quoi, vaut-il mieux que chacun reste cantonné dans son ghetto respectif, et tout ira bien ? (Lire l'article)

Corée du Nord

La Goutte d’Or, c’est un peu comme la Corée du Nord. En général, on n’y pense pas. Mais, de temps en temps, un missile en part, qui va s’abîmer au milieu de l’océan. Alors, le monde se sent menacé et regarde vers la Corée du Nord. Et puis les choses se calment, le monde se lasse et les Coréens retournent à leur isolement. De la même façon, on redécouvre périodiquement la Goutte d’Or… (Lire l'article)

Haussmann, la preuve par les pleins et les vides 

Pavillon de l'Arsenal, Paris Haussmann, modèle de ville

Paris intramuros garde encore la structure urbaine conçue par le baron, de 1853 à 1870. Une ville au réseau de voirie très compact, aux îlots répétitifs génériques. Au pavillon de l'Arsenal, en analysant systématiquement le tissu urbain haussmannien, les architectes Umberto Napolitano, Benoit Jallon et Franck Boutté démontrent que c'est un modèle efficace pour le piéton, que la densité y est acceptable et que« l’immeuble haussmannien révèle une capacité extraordinaire de résilience : spatiale, climatique, structurelle et technique ». Bref ce système, où sont bien articulés les pleins et les vides, peut se mesurer aux constructions durables contemporaines... (Lire l'article)

Le chant des sirènes

Est-ce l’arrogance politique décomplexée, le réflexe garçon “Je-fais-du-bruit” au sein de la gente policière, la cote d’alerte anti-terroriste à son maximum, ou encore la démultiplication des présidents étrangers en visite, toujours est-il que les convois sirène hurlante qui traversent certains quartiers de la capitale ne m’ont jamais paru aussi nombreux. Va-t-on vers une “new-yorkisation” de Paris ? La ville vit dans un état de tension proche de la paranoïa et chacun est sidéré, médusé par sa propre acceptation passive de tant de martialité. La sirène dit un État qui se rêve de plus en plus ouvertement policier.
(Lire l'article)

Maisons de Noël

Elles ont fait leur apparition en bas des Champs-Élysées, de jolies maisonnettes blanches en bois, avec des toits gris du plus bel effet, sagement alignées sur plusieurs dizaines de mètres au pied de la plus célèbre avenue du monde. C’est une bonne idée du gouvernement pour loger les sans-abris alors que les premières déferlantes du froid s’annoncent… Confort rustique, mais les pieds au chaud, enfin un beau geste social ? Marcheur badaud, j’ai été brutalement sorti de ma rêverie sociale et utopique, quasi fouriériste, par les coups de marteau qui, devant moi, révélèrent par pancarte interposée la véritable destination de ces maisonnettes : “Marché de Noël”. (Lire l'article)

Voltaire gentil, Voltaire muet

Si, par malheur, vous avez traversé par temps de pluie une place récemment réaménagée par les travaux publics parisiens, vous me comprendrez : tenir debout sur ces revêtements étrangers à toute humidification automnale est digne d’exploit. Passant récemment de la pyramide du Louvre à sa place Carrée, il m’arriva ce qui devait m’arriver : un choc attendu mais sévère. C’est alors que j’eus une vision que je pris pour un effet de mon imagination contrariée par la chute : devant moi, tandis que je me relevais péniblement, se tenait Voltaire en personne, souriant gentiment. Quelque commisération devant mon triste sort ? (Lire l'article)

Dans la ville ravalée

Depuis quelques jours, dans ma rue, se donne un étrange théâtre. Il se tient sur un échafaudage et se joue à tous les étages. Mais c’est le contraire d’à la Comédie française : relâche le soir quand les rideaux (de plastique) sont ouverts ; par contre, dans la journée, derrière les rideaux tirés, on devine et on entend la comédie du travail. Ça bosse et ça parle ; ça rigole et ça perce ; ça joue de la poulie et du marteau ; ça met la radio et parfois même, ça danse ; ça serre les dents dans les bourrasques. Toutes les langues se font entendre, et même sous la pluie glaciale qui trempe les âmes jusqu’à l’os, l’ambiance reste joyeuse. On ravale ma façade. (Lire l'article)