Étiquette : réseaux sociaux

Comment flinguer sa marque de luxe en trois jours et cinq icônes

Comment flinguer une marque d’envergure internationale en trois jours et cinq icônes ? C’est le défi brillamment relevé par Stefano Gabbana, cofondateur de la marque de fringues de luxe Dolce & Gabbana, entre le 18 et le 21 novembre 2018. L’histoire d’une chute brutale qui souligne une fois de plus que sur les réseaux sociaux aussi il peut être utile d’apprendre à se taire. (Lire l'article)

Hashtag Juste mariés

Voici que sur mon WhatsApp, je reçois ceci... Ils sont contents, ils viennent de se fiancer, ou plutôt de se marier si on en croit des restes de traditions joaillières et cette pierre montée sur or sablé plutôt qu'en solitaire. C'était la semaine dernière – "une semaine, déjà..." Ils ont bu un coup pour fêter ça, elle glousse : "J'ai trop envie de le dire à la terre entière." Il va pisser, elle prend la photo. Elle ne sait pas trop quoi écrire... (Lire l'article)

Dick pics et ça fait mal

Au début, il y a une bite. Ou plutôt, une photo de bite. Anonyme. Envoyée à une de mes connaissances sur les réseaux. La chose s’appelle une dick pic. Des hommes en envoient généralement à des femmes, sans que celles-ci aient demandé quoi que ce soit – un comportement étrange, directement en lien avec les applis et les réseaux sociaux. Les filles en parlent entre elles sur le registre "ah oui, toi aussi ?"... il y en a même qui en ont fait la base de leur activité professionnelle. (Lire l'article)

L’obsession du bout des doigts

Il y a longtemps, quand le soir tombait, on s'installait devant "le petit écran". Pour les digital natives et quelques autres, on parle ici de la télévision, qui fut durant quatre décennies, envisagée comme une fenêtre ouverte sur le monde avec ses une à six chaînes. On y découvrait La Vie des animaux dans les années 1950, les images en couleurs dans les années 1970, le soft du dimanche soir dans les eighties. Aujourd'hui on est tous 2.0, une tablette sur les genoux, un téléphone dans la main, CandyCrush à tous les étages. L'écran est devenu plus éternel que n'importe quel diamant, plus envoûtant aussi. (Lire l'article)

Jet Li vieillit, Twitter pleure

Internet adore les cris, les réseaux s’en nourrissent. Une bête boulimique bâfrant du pathos et de la surenchère. On y perd gentiment son temps comme jadis avec les magazines dans les salles d’attente. Mais c’est autre chose quand le sujet nous concerne. Ou quand, du moins, il fait partie de ces gens et thématiques qu’on revendique comme élément de son bagage culturel – ou éthique, politique. C’est ainsi que j’apprenais la nouvelle suivante : le comédien Jet Li, atteint d’un trouble thyroïdien, ne serait plus, à 55 ans, le héros qu’on reconnaissait. (Lire l'article)

James Franco, salaud, le peuple aura ta peau

Il n’est pas question ici de défendre James Franco des accusations de harcèlement dont il fait l'objet. Je n’y étais pas, et il me semble que de ce fait, je n’ai aucune légitimité à m’exprimer sur le sujet. Que l'acteur-réalisateur soit jeté aux lions si la justice le juge coupable ! Mais peut-on éviter les « je condamne donc je suis », voire « je fais plus de bruit que vous donc je vous enterre tous » ? On pourrait par exemple faire un truc fou comme réfléchir, discuter de certains sujets en privé et choisir de ne pas les aborder sur les réseaux. (Lire l'article)

Le poulet, cet incompris

poulet vine renoi

Il suffit de taper “poulet” dans Vine ou “#poulet” et c'est la cataracte. Une jeune fille chante “j'ai pas mangé de poulet alors j'ai l'impression que je vais crever”. Des garçons se mettent à danser quand ils apprennent que leur “daronne” a fait du poulet. D'autres pleurent parce que le prix du poulet a augmenté. Une variante est possible avec le KFC, ce qui complique singulièrement la mise. En effet, on croyait avoir compris que ce délire gallinacé était le renversement d'un cliché raciste repris à leur compte par ceux qui en sont victimes. Bref, que les “renois”, en faisant toutes les variations possibles sur le poulet, se moquaient de ceux qui leur attribuent un goût particulier pour le poulet. Mais le poulet du KFC n'est plus exactement du poulet. C'est du poulet symbolique. (Lire la suite)

De l’instagrammatologie

Instagram

Réussir son compte Instagram, ce n'est pas si facile. Parce que comme avec tous les instruments de création 2.0, le risque du “trop” n'est jamais loin. Vous avez dix mille filtres à dispo, des outils de recadrage, de réglage, etc. pour rendre une photo ratée acceptable. En général, une petite retouche suffit. Mais le syndrome “open bar” frappe régulièrement : on sature les couleurs, on ajoute un cadre vintage, et puis aussi un effet “vignette” qui fait trop mystérieux, tel un trait de kohl sous les yeux. Résultat : c'est plus un cliché, c'est un camion volé. À part ça, que montrer sur Instagram ? C'est en principe l'endroit où s'exprime votre créativité, votre voyeurisme s'exerçant quant à lui sur Facebook et votre sens du café du commerce sur Twitter. Comment accumuler les likes ou, au contraire, rater sa vie sur Instagram ? (Lire la suite)

Le #LogeurduDaesh vivait à saint Déni

De quoi pouvait-on bien rire encore après le 13 novembre ? Non pas rire sans rapport avec les attentats mais rire à leur propos, autour d'eux : comment les apprivoiser, les circonscrire psychiquement ? L'homme providentiel s'appelle Jawad Bendaoud. Les internautes l'ont hashtagué #logeurdudaesh, la faute de syntaxe valant comme signe de la parodie et de la duplicité. Il est devenu un mème en trois secondes et demie grâce à sa déclaration sur BFMTV : “On m'a demandé de rendre service, j'ai rendu service, monsieur. On m'a dit d'héberger deux personnes pendant trois jours et j'ai rendu service. Je sais pas d'où ils viennent, on n'est au courant de rien. Si je savais, vous croyez que je les aurais hébergés ?” Perçue comme un mensonge par de nombreuses personnes, la déclaration a donné lieu à des centaines de détournements. (Lire la suite)

Montre ta b… et tu verras la tour Eiffel

Un homme, culturellement, a-t-il autre chose de caché que son pénis ? Chez la femme, chaque partie du corps étant investie par le désir et la pulsion scopique masculine, il y a tout à découvrir. Chez les mecs, à peine un slip. Tel usager de site porno a donc philosophiquement raison de dire“mon petit sexe” : le tout de l'homme est par définition réduit. L'homme pourra toujours demander à la femme de tout montrer sans être jamais satisfait, et la femme, devant l'homme qui “montre tout” n'aura jamais rien d'autre à dire que : “c'est tout ?” De fait, jemontremabite.com est d'un ennui mortel. Courtes, longues, trapues, pointues, rondes, bronzées, livides ou écarlates, on s'en fout. C'est, d'une certaine façon, toujours la même bite. Une explication de ce phénomène d'annihilation de l'intérêt a été tentée par les antimodernes de la fin du XIXe siècle. (Lire la suite)

Periscope ou les enfants au pouvoir

periscope

D'abord, le nom est bien trouvé. Le périscope est ce qui permet littéralement d'embrasser tout l'horizon, de le circonscrire d'un coup d'oeil rotatif. Totalitaire, il possède en outre de super pouvoirs : avec lui, nous dit le dictionnaire, on observe “par-dessus un obstacle des objets inaccessibles à la vision directe”. Deuxio, l'imaginaire du périscope est un peu celui du sous-marin. Planqué dans une boîte en fer, on peut se livrer aux délices du voyeurisme comme dans les dessins animés de la Warner, sans parler de la forme phallique de l'engin : la pulsion scopique est de sortie. Periscope permet à chacun de diffuser en direct les images que capte la caméra de son smartphone, c'est-à-dire d'être une télé. (Lire la suite)

L’un des plus beaux visages de France

visage villages france airbnb

Autant la location de soi sur Internet demande d'être nature, cheveux gras et yeux pochés, dans le simple appareil d'une beauté qu'on vient d'arracher au sommeil, autant la prostitution de sa propre maison demande d'être un peu apprêté. Sur les sites d'hébergement tels que Airbnb, celui qui loue son foyer est supposé afficher son portrait, afin qu'on sache si l'on va finir chez les bons Samaritains ou chez Gilles de Rais. Le “host” devra donc tenter d'apparaître comme le “bon père de famille” des baux de jadis, habitant “bourgeoisement” son domicile. Exemples. (Lire la suite)

Cul en ligne ? Pour les questions, j’ai Nantes

Un chercheur de l'Université de Nantes a posté un questionnaire en ligne pour “comprendre les usages amoureux et sexuels du web 2.0” dans le cadre de sa thèse. Soit, en gros, comment on se sert des sites de cul, de rencontre, des apps géolocalisées, de son image, de celle des autres, et si on raconte ça à nos amis ou nos parents, etc. Comme le questionnaire propose des réponses pré-établies à cocher, il soulève forcément aussi d'autres questionnements, sur soi, autrui, la vie en général.L'heure de l'introspection du troufignon est venue. (Lire la suite)

Le pourboire et le contrat (Cam4)

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Il n'était plus temps de se cacher derrière son petit doigt, ni son petit stylo. Après plusieurs épisodes sur la vie en conserve (clips vidéos, youtubeurs, vineurs, etc.), il était temps d'affronter la vie en direct sur le web. Des gens qui montrent leur corps en même temps que vous les regardez, à qui vous pouvez même éventuellement demander de faire des trucs. Par exemple sur Cam4, un site où tout un chacun peut chatter, s'exhiber (c'est le principe, mais vous pouvez juste discuter, si vous préférez) ou se prostituer virtuellement. (Lire la suite)

Le pout-pout bien tempéré, vol. 2 (tuto Kylie Jenner)

Mettre sa bouche dans un petit récipient et faire le vide en aspirant l'air. Si l'on persiste assez longtemps, on obtient une belle augmentation du volume des lèvres. Cela marche aussi avec le pénis, mais aspirer l'air par le méat est un peu plus compliqué. Quoi qu'il en soit, l'effet ne dure pas, sauf à y être allé comme un barbare et s'être niqué des vaisseaux sanguins. Mais l'idée de persister au delà du temps réglementaire dans ses jeux d'enfant est riche de possibilités. (Lire la suite)  

Le pout-pout bien tempéré, vol.1 (tuto Lana Del Rey)

Pour fêter la sortie du nouvel album de Lana Del Rey le 18 septembre, on s'est redemandé, comme déjà à chacun de ses singles, si ses lèvres étaient vraies ou fausses. Ce n'est pas curiosité malsaine. Au contraire. La question est scientifique, d'ordre musicologique, voire esthétique. La voix, le corps, tout l'art de Lana Del Rey ressortissent au pouting, à la bouderie. Il est donc hyper-important de savoir si le pout de Lana est naturel ou synthétique. Si c'est l'organe qui crée la fonction ou si la fonction a poussé l'artiste à réviser les volumes de son organe à coups d'acide hyaluronique. (Lire la suite)

Daron, ceinturon, téléportation

Il y a un gag récurrent sur Vine (ou Instagram), chez les jeunes garçons dont les parents sont originaires d'Afrique de l'Ouest : le fils se retrouve face à son père armé d'une ceinture qui le frappe, en général sans motif probant, sinon que, puisque la ceinture existe, il faut s'en servir. Et à quoi d'autre, logique de l'absurde, si ce n'est à sévir ? Nous adultes, nous savons pourquoi le père veut toujours taper le fils : parce qu'un ordre social plus grand que le fils demande que celui-ci y soit intégré, ordre dont le fils n'a pas la moindre idée. Le running gag du père frappeur participe d'un ensemble de saynètes qui racontent avec humour un prolétariat classiquement désireux d'élévation sociale. (Lire la suite)

Tyler devient hardeur

Il fera à son corps tout ce qu'on lui demande. C'est le paysan perverti par lui-même, et qui se présente comme tel sur sa page : “Je suis d'Alabama, j'ai donc ce charme particulier dont vous avez tous entendu parler et j'aime m'exhiber comme vous pouvez le voir ici !” Celui qui se présente sur XTube comme Tyler Camp (pseudo 1bamaboy19) a un tel accent sudiste qu'on ne comprend à peu près rien à ce qu'il raconte. Et il parle beaucoup, tout en se masturbant, la plupart du temps, et en éjaculant à la fin : le garçon n'est pas avare. Il pratique le plan-séquence, ses films durent 20 ou 40 minutes, montage interdit, Bazin se serait joui dessus de bonheur esthétique. (Lire la suite)

Miss Serbia, à miroir de rire

Si elle s'amuse, comme la plupart de ses consœurs, à dévoiler ce que la société demande aux femmes d'occulter (elles pètent, rotent, font des commentaires sur le “boule” des mecs), Miss Serbia est une des rares sur Vine qui s'amuse à imiter les garçons. Un article d'Eric Loret dans délibéré

Si elle s'amuse, comme la plupart de ses consœurs, à dévoiler ce que la société demande aux femmes d'occulter (elles pètent, rotent, font des commentaires sur le “boule” des mecs), Miss Serbia est une des rares sur Vine qui s'amuse à imiter les garçons. Et le fait de pouvoir tout imiter, de modifier son regard, sa moue, etc. à volonté, semble lui prouver la plasticité de l'identité humaine. Le rire vient toujours ici d'un décollement critique : quand on s'aperçoit que ce qu'on croyait naturel, inévitable, est en réalité partiellement fabriqué. Miss Serbia adore du coup analyser le désir, la jalousie, le dégoût, et leurs contradictions. (Lire la suite)