Étiquette : Zinedine Zidane

J’ai rêvé qu’Emmanuel Macron arrivait à l’Élysée armé d’un balai radioactif

Rodrigo García: Zidane vs Marine Le Pen (J’ai rêvé qu’Emmanuel Macron arrivait à l’Élysée armé d’un balai radioactif)

Jorge Luis Borges aimait à commencer ses discours en citant un philosophe ou un poète. "Mesdames, Messieurs, Démocrite d’Abdère a écrit que…" C’est une fort jolie façon de commencer, que je vais faire mienne. Mesdames, Messieurs, Zinedine Zidane a déclaré, avant le match Real Madrid-Las Palmas, qu’il invitait les Français à voter contre le Front national. Ces paroles, qui parvinrent tel un faisceau lumineux aux médias français, auront un écho ; nombreux sont les citoyens abusés par les idées de l’extrême droite qui changeront d’opinion et suivront l’avis de leur idole. Vous pouvez vous moquer, c'est pourtant ce qui va arriver, et je me réjouis que la célébrité puisse servir à ça. Aux antipodes, il y a nous, les artistes, ignorés des partisans de Marine Le Pen et de tant d’autres. (Lire l'article)

Hijo de puta

Las putas insistimos en que los políticos no son nuestros hijos

Il y a quelques années, des pancartes ont fait leur apparition dans des manifestations organisées en Espagne, demandant à ce que l’on cesse d’attribuer à des prostituées la maternité des pires salauds de la terre, plus particulièrement celle des hommes politiques. La traduction de l'argot, des insultes, des grossièretés nous invite aussi à réfléchir au sens des mots, à leur emploi, aux sous-entendus véhiculés, à ce qu'ils disent de la société qui les galvaude ou les bannit. Alors comment traduire "hijo de puta" ?  (Lire l'article)

J21 – Le secret des dieux

Le football est partout. Matchs en direct, en différé, comptes-rendus : les images du ballon rond saturent la vidéosphère, sans parler des discours infinis qu’elles suscitent. L’imagerie du football imprègne notre imaginaire collectif : les footballeurs sont des icônes, ils deviennent acteurs de publicités, mannequins pour de grandes marques, ils nous envahissent. Conséquence : le supporteur n’ignore rien d’eux. Le football, c’est le triomphe de la société du spectacle, du tout-à-voir. Et pourtant, au cœur de cette exhibition constante survit l’étrange concept de “secret du vestiaire”. (Lire l'article)

J8 – L’école de la réussite

Comme jadis la boxe, le football s’appuie sur un storytelling de l’ascension sociale. Les exemples ne manquent pas de ces gamins des bidonvilles d’Afrique, des favelas brésiliennes ou de nos quartiers de banlieue à qui il a permis de s’extraire de leur condition. À l’heure où le mythe de l’égalité des chances a fait long feu, celui de la promotion sociale par le football fait figure de mythe de substitution. Mais si  le football dit l’espoir possible, il le tempère de contre-exemples. Ils sont quelques-uns cette année en Ligue 1 à vivre le destin tragique de l’opportunité perdue. (Lire l'article)

J2 – “Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change”

Le football est pure nostalgie. Pour le supporteur, il est lié à l’enfance. Le football, c’est la part du père, l’héritage le plus précieux qu’on conserve par devers soi à travers les aléas de la vie, un souvenir heureux que ne démentent ni les malheurs ni les échecs ni la vieillesse. C’est la raison pour laquelle le temps s’y écoule différemment qu’ailleurs : de la même façon qu’on se sent toujours plus jeune que son âge, qu’on a toujours l’impression d’avoir vingt ans, le football du passé reste toujours présent. L’homme ne se voit pas décrépir ni le supporteur se faner ses souvenirs. (Lire l'article)

Angleterre-Islande : stratégie de sortie

délib'euro – l'Euro 2016 des écrivains, vu par Clo'e dans délibéré

L'Angleterre attaque. L'Islande contre-attaque et, à la 18ème minute, elle marque. Un beau but, élaboré. Au pub, personne ne fait la fête. D'Islandais, pas l'ombre d'un. Statistiquement, ç'aurait été improbable. En tout, ils sont 320 000, autant que les habitants de Leicester. Un homme de moins de 30 ans sur 1300 joue dans l'équipe nationale. Quiconque en Islande regarde ce match doit compter un ami, un ex-fiancé, un cousin sur le terrain. Un collègue, peut-être, étant donné qu'ils n'ont pas de championnat professionnel. Le championnat anglais, en revanche, est le plus riche du monde. (Lire l'article)

Roumanie-Suisse : des femmes qui jouent

délib'euro – l'Euro 2016 des écrivains, vu par Clo'e dans délibéré

Je pense alors au superbe documentaire de la réalisatrice Carmen Butta. Des femmes qui jouent au foot à 4000 mètres d’altitude. Dans les Andes péruviennes, des femmes quechuas du village Churubamba allaitent leur bébé à la mi-temps puis retournent courir après le ballon sandalettes aux pieds. Elles dribblent avec une habileté réjouissante pendant que des lamas grappillent quelques rares pousses vertes dans la terre brune. Gagner le match c'est la possibilité de rapporter au village des cochons d'Inde ou des sacs de semence de pomme de terre que les maris espèrent avec fébrilité. (Lire l'article)

J34 – Être unis (la démission de Frédéric Thiriez)

Le football, c’est l’universel, la quête commune du même but. Le gosse qui passe des heures au téléphone pour réunir au moins six copains le dimanche sur le terrain en béton du quartier ; l’adolescent qui invite ses potes pour une soirée FIFA à la console ; le cadre qui sort plus tôt du travail pour ne pas manquer le match de Champion’s League au pub d’en bas ; le papa qui emmène ses mômes au stade ; tous ceux-là le savent très bien : le football, c’est la communion. Le seul qui l’ignore, le seul qui n’a rien compris à cette philosophie-là, c’est le président de la Ligue Professionnelle de Football (LFP), Frédéric Thiriez, qui vient de démissionner. (Lire l'article)

J21 – La ligne Maginot au pouvoir

J21 - La ligne Maginot au pouvoir

Cette saison, la Ligue 1 peut s’enorgueillir du meilleur dribbleur d’Europe, loin devant les Barcelonais Neymar et Lionel Messi : Hatem Ben Arfa. Seulement voilà, c’est un astre solitaire, une étoile filante sur un ciel immobile, et sa réaction après la difficile victoire de Nice face à Angers pourrait s’appliquer à l’ensemble du championnat : comment peut-on prendre du plaisir à jouer aussi défensif ? À l’heure où la Ligue prône le spectacle, on peut s’étonner de cette tendance défensive du football français, et y chercher des explications complexes. Pourtant, une seule suffit : les chiens ne font pas des chats. (Lire l'article)