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Le temps et l’espace

Si la musique a besoin du temps et des temps, elle se déploie également dans l’espace, les espaces même comme ceux, souvent inédits ou inattendus, que choisit le Festival Intervalles pour faire découvrir des musiques rarement jouées et inventer de nouvelles manières de les interpréter, de les écouter.

Serge Maggiani repousse le temps

Serge Maggiani dans Je poussais donc le temps avec l'épaule, mise en scène de Charles Tordjman

Allure princière, voix aux accents populaires, Serge Maggiani est à l'aise dans les salons et en cuisine, comme s'il était à la fois Swann et Françoise. La version 2019 de Je poussais donc le temps avec l'épaule, spectacle mis en scène par Charles Tordjman, n'est pas une re-création à l'identique de celle de 2001, mais son prolongement, une célébration du temps retrouvé. (Lire le guide)

Les mots face au désastre

"… ici on trompe la mort, on la sait inévitable, on parle depuis elle, on parle déjà mort, mais depuis trois-quatre mille ans qu’on sait l’extinction inévitable, on sait aussi la tromper, on sait lui faire face, on sait la déjouer, c’est presque devenu instinctif : on reforme des liens perdus ou imaginaires, on se met à plusieurs, comme alors et comme aujourd’hui, et on se raconte des histoires." Trompe-la-Mort de Lionel Ruffel, est paru chez Verdier. (Lire le guide)

Marronnages

Marronnages, lignes de fuite. Photo Bernard Gomez

Bernard Gomez photographie la Guadeloupe depuis une décennie. Sylvaine Dampierre, cinéaste, en collaboration avec Frédéric Régent, historien, président du comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage, se sont chargés du texte, du contexte, et d’un indispensable glossaire, à lui seul une mine. Marronnages, lignes de fuite, un de ces livres aimés par ceux qui l’ont fait. (Lire le guide)

Au bonheur des passages

Patrice de Moncan, Les Passages couverts de Paris, éditions du Mécène, 2018.

De la galerie Véro-Dodat aux Arcades des Champs-Élysées, combien y a-t-il eu de passages à Paris ? 305. Il y en avait encore plus d'une cinquantaine au XIXe siècle, il y en survit 18 aujourd'hui, raconte Patrice de Moncan, dans son ouvrage Les passages couverts de Paris : un livre d'histoire illustré publié aux éditions du Mécène,  pour redécouvrir les passages couverts de Paris. (Lire le guide)

De quoi L’Amie prodigieuse est-elle le nom ?

L'Amie prodigieuse (épisode 1): Ludovica Nasti (Lila), Elisa Del Genio (Elena)

Ça ressemble à un film néoréaliste, mais ça n’en est pas un (même lorsqu’une scène sort tout droit de Rome ville ouverte). Ça à l’allure d’une vaste fresque sociale, mais n’en est pas tout à fait une (trop lissée). Tout comme les livres d’Elena Ferrante ont un air de chef d’œuvre mais n’en sont pas vraiment. Co-produite par HBO et la RAI, l’adaptation en série du premier tome de la tétralogie à succès, L’Amie prodigieuse, est arrivée sur Canal+ à la mi-décembre. (Lire le guide)

Il Miracolo, une histoire du trouble

Dieu, ces derniers temps, visite souvent Arte et c’est tant mieux. Après Au nom du père, co-production avec le Danemark, et son ravageur pasteur, voici Il Miracolo, co-production avec l’Italie, avec sa vierge en plastoc qui pleure des litres de sang. Serait-ce un rien passéiste ? Parce que l’Italie, là, semble moins habitée par les miracles de la madone que par de bons vieux démons. Erreur. (Lire le guide)

Le pacte d’Adriana

Le Pacte d'Adriana, premier film réalisé par Lissette Orozco, intime, bousculé, avec vidéos familiales bancales, où certains parents ont fait flouter leurs visages, avec longues conversations par Skype, portables... est une investigation erratique et cruelle au sein d’une famille portée sur le silence, et d’un pays qui oublie. Adriana-Chany est-elle coupable, ou innocente comme elle le clame ?

Au nom du père

Au nom du père. Photo © Tine Harden

Ce pourrait être une saga nordique en dix épisodes, avec pasteurs, cols tuyautés, culte dépouillé ; la vibration intense des désirs humains confrontée à l’austérité luthérienne, sur fond de boiseries pastel et haute bibliothèque, tablée familiale, près de ces fenêtres lumineuses comme on les aime là-haut. Au nom du père est tout cela, entre autres.

Épopée

En juillet dernier, au festival cinématographique de La Rochelle, le jeune réalisateur Emmanuel Gras recevait le prix du cinéma Art et essai pour son film documentaire Makala, sorti en 2017 et ainsi assuré d’une seconde sortie, largement méritée.

Inscriptions et immersion

Dans Enfants de Paris, 1939-1945, le graphiste Philippe Apeloig met en page les photographies de 1200 plaques commémoratives de l'Occupation qu'il traque depuis longtemps. Dans Demain, le vaisseau chimère, les deux designers Gaëlle Gabillet et Stéphane Villard mènent une recherche sur l’illusion et l’écologie à travers le medium des fresques, questionnant le monde à venir. 

Les échos de Simone

La Passion de Simone – Weil –, de Kajia Saariaho, sur un livret français d’Amin Maalouf, compagnie La Chambre aux échos

Découvrir qu’il s’écrit des oratorios au XXIe siècle, qu’ils parlent toujours de passion, non plus selon Jean ou Matthieu, mais de la passion de Simone (Weil), adorer ou ne pas connaître encore la musique de la compositrice finlandaise Kajia Saariaho, retrouver ou rencontrer le travail de la compagnie de théâtre musical La Chambre aux échos... autant de raisons d’aller à Nantes.

Deux à l’infini

Deux adultes, retrouvant le livre de leur enfance, « jouent à l’Iliade » dans un grenier, avec les moyens du bord. Une Iliade jouée par deux comédiens qui incarnent tour à tour héros et héroïnes, dieux et déesses, armées entières et mouvement de foule, on pourrait vanter le plaisir qu’elle donne, le rire qu’elle fait naître, l’émotion qu’elle suscite. Une Iliade d'après Homère, traduction de Jean-Louis Backès, mise en scène de Damien Roussineau et Alexis Perret, au Lucernaire, à Paris.

En attendant la fin

Poussière, de Lars Norèn, à la Comédie-Française. Photo © Brigitte Enguerand

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Poussière, de Lars Norèn, à la Comédie-Française. Photo © Brigitte EnguerandNe manquez pas Poussière de Lars Norén qui se joue actuellement à la Comédie-Française. Dans un décor de ruines, Lars Norèn campe une dizaine de vieillards cacochymes qui attendent la fin, comme dans une pièce de Beckett. Pour tuer le temps, chacun d’eux se lance à tour de rôle dans un monologue drôle ou désespéré mais toujours très réjouissant. Le texte de Lars Norèen possède une force comique redoutable et on ressort de ce spectacle un peu éberlué. 

Gilles Pétel
Guide

Poussière, écrit et mis en scène par Lars Norén, à la Comédie-Française, salle Richelieu, du 10 février au 16 juin 2018.