Diogène en banlieue
Diogène en banlieue, une chronique de Gilles Pétel

Heurs et malheurs d’un prof de philo aux confins du système scolaire

Une chronique de Gilles Pétel 

Samuel Beckett, Comédie et actes divers, Les éditions de Minuit

Quelque chose de Beckett

22 février 2017

Enseigner est une drôle d’expérience. Quelle que soit votre état de fatigue ou de santé, votre envie ou non de travailler, vos problèmes personnels, vos amours, quelle que soit votre condition, il faut faire cours. Cette contrainte qui pourrait être insupportable est en réalité ce qui transporte un professeur. (Lire l'article)

Diogène en banlieue: heurs et malheurs d'un prof de philo aux confins du système scolaire. Chapitre 16: “Le Voyage à Londres”. Par Gilles Pétel

Le voyage à Londres

15 février 2017

Après un épisode pluvieux, le temps s’était remis au beau. Une douceur inattendue accompagnait la rentrée de novembre. C’est l’esprit détendu que je me dirigeais vers mon lycée, content à l’idée de retrouver mes terminales scientifiques, que j’avais pris en amitié. (Lire l'article)

Gilles Pétel, Le métier dans le sang

Respect

8 février 2017

Le respect est un mot à la mode et notre époque reproche souvent aux jeunes d’en manquer. Mais à l’égard de qui ou de quoi ? J’ai entendu dire que de jeunes banlieusards avaient manqué de respect à un Abribus en le détruisant. Ce sont sans doute les mêmes qui manquent de respect à l’égard de leurs professeurs. C’est du moins ce que racontent la plupart des gens. (Lire l'article)

"Diogène en banlieue" : Heurs et malheurs d'un prof de philo aux confins du système scolaire. Chapitre 14: "Beauté". Par Gilles Pétel

Beauté

31 janvier 2017

Il tombait des hallebardes ce jour-là et j’eus un peu de mal à retenir l’attention des élèves dont les regards partaient malgré eux vers le déluge qui noyait la campagne alentour. Pourtant, quand je leur annonçai qu’ils auraient à la fois un sujet de dissertation à traiter pendant les vacances et un devoir sur table la semaine de la rentrée, les têtes se retournèrent mécaniquement vers moi. (Lire l'article)

"Diogène en banlieue" : Heurs et malheurs d'un prof de philo aux confins du système scolaire. Chapitre 13: "Vocation". Par Gilles Pétel

Vocation

24 janvier 2017

Un ministre de l’Éducation nationale parlait il y a quelque temps de vocation pour caractériser le métier de professeur. Chacun sait pourtant que la vocation n’est qu’un simple cache-misère. Personne n’est appelé à devenir professeur ou quoi que ce soit d’autre d’ailleurs. Aujourd’hui, personne ou presque n’entend plus de voix. (Lire l'article)

"Diogène en banlieue" : Heurs et malheurs d'un prof de philo aux confins du système scolaire. Chapitre 12: "L'art et la question". Par Gilles Pétel

L’art et la question

17 janvier 2017

Au lycée de Z, ce jour-là, j’espérais pouvoir conclure mon cours sur le mystère de l'art. Dans la classe, l’ambiance se tendait peu à peu. La question  passionnait maintenant les élèves. Louis défendait une position qui allait susciter une polémique. Selon lui, il n’existait aucun mystère. "On peut tout expliquer, Monsieur. Les mystères, quelle blague !" (Lire l'article)

"Diogène en banlieue" : Heurs et malheurs d'un prof de philo aux confins du système scolaire. Chapitre 12. Par Gilles Pétel

Sourate n°2, verset 80

10 janvier 2017

Une jeune fille d’une terminale scientifique vint un jour me trouver afin de m’apprendre certaines vérités que je semblais ignorer. Nous sortions d’un cours sur la connaissance et plus précisément sur la démarche scientifique. J’avais tenté d’expliquer à quelles conditions il était légitime de parler de "vérités scientifiques". J’avais cependant, me dit cette élève, oublié un élément essentiel dans ma présentation. (Lire l'article)

Diogène en banlieue, une chronique de Gilles Pétel. Chapitre 10: "Le radeau de la méduse"

Le Radeau de la Méduse

3 janvier 2017

Suite du cours sur la dissertation : "Peut-on expliquer une œuvre d’art ?" Aux yeux des élèves, la littérature n'était pas un art mais une discipline scolaire – il y a là de quoi s’interroger sur sur notre système scolaire qui semble désormais dévaloriser tout ce qu’il touche à la façon d’une mauvaise fée –, je décidai de prendre l’exemple du Radeau de la Méduse(Lire l'article)

Diogène en banlieue: une chronique de Gilles Pétel. Chapitre 9: Couloirs

Couloirs

27 décembre 2016

L’anecdote remonte à une douzaine d’années. La salle où j’enseignais se trouvait à l’entresol d’un lycée construit sur une pente. On avait installé dans cet endroit sinistre la plupart des salles réservées aux classes techniques. Un jour, alors que mon cours était déjà bien avancé, je fus surpris par une odeur de brûlé. (Lire l'article)

Diogène en banlieue: une chronique de Gilles Pétel. Chapitre 8: Formulaire

Formulaire

20 décembre 2016

Dans mon lycée de Z, le cours sur la dissertation se poursuivait sans anicroche. Qu'est-ce qu'une oeuvre d'art ? Beau sujet, les questions fusaient. La classe semblait mordre à l’appât. Quand soudain quelqu'un frappa à la porte... (Lire l'article)

Diogène en banlieue: une chronique de Gilles Pétel. Chapitre 7: Lettre anonyme

Lettre anonyme

12 décembre 2016

Il y a une règle d’or dans le métier de professeur qui est la règle de “non-confidentialité”. Il ne faut jamais garder pour soi les problèmes rencontrés avec une classe ou un élève en particulier, les difficultés en tous genres, les lettres anonymes a fortiori. Le silence est ici désastreux. Et pourtant... 
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Diogène en banlieue: une chronique de Gilles Pétel. Chapitre 6: Art

Art

5 décembre 2016

Peut-on apprendre à vivre ? Désirer, est-ce nécessairement souffrir ? Y a-t-il une vie avant la mort ? L’expérience instruit-elle ? Travailler, est-ce perdre son temps ? Peut-on expliquer une œuvre d’art ? Passé le premier moment de stupéfaction, les élèves regardaient la dissertation d’un nouvel œil. Les questions leur plaisaient, certaines mêmes leur parlaient un peu. Je choisis de traiter la dernière malgré plusieurs protestations. (Lire l'article)

Diogène en banlieue: une chronique de Gilles Pétel. Chapitre 5: Contact

Contact

29 novembre 2016

Après avoir examiné les visages fermés des élèves de ma terminale scientifique, je compris qu’il me faudrait d’abord regagner leur confiance. Cela signifiait affronter une forme de suspicion que je n’avais jamais rencontrée au cours de ma carrière : les élèves me prenaient pour un professeur au rabais. Je tombais du ciel avec trois semaines de retard et ils s’imaginaient à l’évidence que je ne possédais aucune qualification. (Lire l'article)

Diogène en banlieue, une chronique de Gilles Pétel. Chapitre 4: Coran

Coran

22 novembre 2016

Chaque année je demande à mes élèves de m’indiquer sur une fiche leurs lectures, quelles qu’elles soient, littéraires, philosophiques ou illustrées. Dans cette classe la plupart reconnaissent n’avoir rien lu en dehors des quelques extraits d’œuvres imposés en classe de première. Une élève pourtant me tend sa fiche avec fierté. Elle a lu le Coran, affirme-t-elle. (Lire l'article)

Diogène en banlieue, chapitre 3: “Métier”. Une chronique de Gilles Pétel dans délibéré

Métier

15 novembre 2016

J’enseigne la philosophie en classe de terminale depuis un peu plus de trente ans. La philosophie est une discipline que l’on peut enseigner en s’amusant beaucoup tout en travaillant avec le plus grand sérieux. C’est sans doute pourquoi je continue d’aimer mon métier, du moins lorsque mon ministère me permet de l’exercer. C’est pourtant un métier que j’ai cessé de conseiller à mes élèves.
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Diogène en banlieue, chapitre 2: "Affectation". Une chronique de Gilles Pétel dans délibéré

Affectation

8 novembre 2016

C’était il y a trois ans. J’avais reçu mon arrêté d’affectation avec vingt jours de retard sur la rentrée des classes. Nous étions déjà le 21 septembre quand un coup de fil autoritaire et comminatoire du rectorat m’apprit que je devais sur le champ me rendre à Z, où on avait oublié de nommer un professeur de philosophie, devant quatre classes de terminale. (Lire l'article)

“Diogène en banlieue”: 1. Invasion © Gilles Pétel

Invasion

1 novembre 2016

L’exercice du métier de professeur est plus varié, plus amusant, plus pénible aussi quelquefois que ne l’imagine la plupart des gens. Une anecdote me revient à l’esprit. La rentrée scolaire avait eu lieu depuis une huitaine de jours quand les élèves d’une terminale technique me demandèrent de déplacer mon cours de philosophie du vendredi au mardi. (Lire l'article)