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Un moment de suspension
Voilà cinq bonnes minutes qu’ils sont coincés dans cet ascenseur et ils commencent à trouver le temps long. « Ils », ce sont deux femmes et deux hommes qui ne se connaissaient pas avant d’entrer dans la cabine.
Au cœur de l’estivant
j’allais à vide l’âme le sol rincé le ventre plein de chien mordant l’œil aiguisé d’appétit...
Sous le ciel toujours bleu
dormir rêver peut-être de prendre rendez-vous chez le coiffeur fermé consulter un catalogue de...
XXVII. À bord du Circus
Sortit de la cabine de pilotage un petit homme à la chevelure bouclée dont les mains graisseuses qu’il venait, selon toute apparence, de plonger dans un moteur, n’enlevaient rien à l’élégance naturelle. C’était un petit corse qui savait naviguer. Il se nommait Joseph et se faisait appeler Youssef, ou parfois, selon l’humeur, Pepe. Youssef installa clowns et tigre sur le gaillard d’avant du coursier et, lançant quelques ordres en corse, fit se mouvoir le bâtiment. Le large lança son appel. Le Circus fit entendre le hululement d’une corne de brume. Enfin ils mirent à la voile. (Lire l’épisode)
Raymond Queneau et le 100ème exercice de style
Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi Raymond Queneau avait publié 99 et non 100 Exercices de style? La réponse à cette question a surgi des archives de Gallimard soixante-dix ans après la publication du livre (1947). Elle se résume à ceci : l’éditeur a tout simplement jugé inopportun de publier la centième, laquelle existait bel et bien.
IX. Une chute à Paris (Le sac de l’artiste)
Arraché dès sa tendre enfance à sa Taïga orientale native, Tigrovich se cherche, mais il a trouvé. Après avoir laissé l’huître pour l’art circassien, l’amour, la débauche, le voici qui s’est piqué de partir à Paris pour trouver la gloire et surtout un dompteur. (Lire l’épisode)
1. La Passion de Jeanne d’Arc
Les faits que je vais relater, qui ne doivent pas être considérés comme des faits, se sont produits entre le 4 avril 2011 et le 15 juillet 2018. Impossible d’en donner une chronologie exacte car, entre ces deux dates, je n’ai pas toujours disposé de l’ensemble de mes facultés. La drogue, les cachets, la peur, parfois même la terreur. Il me faut tout d’abord remonter à l’année 1957 pour présenter l’un des principaux protagonistes de ces événements : moi. (Lire la suite)
Fragments de l’oeil
et lorsqu’il rouvrit les yeux, il reconnut son gros Rembrandt, peintre dont il admirait les...
51 – Lundi 4 septembre, 13 heures 20
Vous pardonnerez mon retard mais je n’ai pas réussi à démarrer ma voiture. Les bougies avaient...
Fauteuil croulant
Arrivé au seuil du fauteuil croulant, tout invitait John H.B. Oxymoron à se sentir vraiment...
Vegan
et on supposa qu’ils honoraient leurs morts par des plaques ou des inscriptions commémoratives...
36 – Lundi 26 juin, 23 heures
Tu ne m’avais pas dit que tu avais quitté ton époux. J’avais remarqué ton alliance. Une femme...
Aux demeurants
aucune sépulture ici n’en dépasse une autre, comme si le code de l’art funéraire qui régit...
Érato
par un jeu de mots qu’elle savait qu’on trouverait facile et peut-être même de mauvais goût, indigne en somme d’une poétesse, mais qui exprimait selon elle parfaitement, c’est-à-dire dans une forme imagée, précise et économique comme un proverbe, un dicton, une épitaphe, la manière singulière dont elle s’abandonnait à l’inspiration, elle disait…
À l’horizon
bientôt le sentiment se mit à prévaloir qu’on ratait tout qu’on ne manquait pas seulement à...
La jeune fille et le vieil homme
Je ne sais plus qui au journal m’avait envoyé voir cet homme, pas plus que je ne me souviens de la raison pour laquelle j’avais accepté de faire cet entretien. La curiosité peut-être, ou alors le désœuvrement.
XXVIII. La traversée
Le moteur, dont Youssef et ses trois marins corses alimentaient les pistons de divers carburants (navets, graisse d’oie et de baleine, colza déshydraté, chocolat blanc, café en grain et autres produits laissés à bord par les précédents armateurs), fit jouer ses rouages et propulsa le Circus vers l’avant. Bientôt Marseille disparut. On ne vit plus, tout autour du bâtiment, que des vagues dont le gris rivalisait avec les couleurs de la coque qui les fendait. Le début du périple acheva de guérir Tigrovich de ses récents excès. Les trois premiers jours, il ne quittait guère l’avant du bateau et sous le vent, où une main prudente l’avait placé, vomissait sans discontinuer tripes, boyaux, substances psychotropes et graisse de pâtés de tête, sans oublier son désespoir et sa honte… (Lire l’épisode)
33 – Jeudi 22 juin, 20 heures
J’étais trop occupé hier pour passer à l’antenne. Ce sont les vicissitudes de mon métier. Je...
















