Signes précurseurs de la fin du monde
Être un homme comme vous

par Édouard Launet
Collapsologie : étude de l’effondrement de la civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder. Née grosso modo avec la parution du best-seller Collapse de Jared Diamond en 2006, la discipline se porte fort bien : il ne se passe guère de semaine sans qu’un nouvel essai, un article ou une tribune sur le sujet ne soit publié. Pour beaucoup, le grand effondrement ne fait plus de doute, aussi l’important est-il de se pencher sur ce qui se passera après : guerres, famines, délitement des démocraties, etc. Les plus optimistes diront que c’est un mauvais moment à passer, sans coupes du monde de foot et sans sorties annuelles de nouveaux iPhones, mais qu’après l’écroulement de l’empire industriel viendra un nouveau Moyen-Âge, puis une Renaissance, et ça sera reparti, quoique sur des bases différentes. (Lire l’article)

Arts plastiques
Banksy vs Marcel : un siècle de retard sur l’art en morceaux (2)

par Charles Illouz
En s’en prenant physiquement à l’œuvre elle-même, Duchamp dit à la fois que la destruction du Beau doit avoir une effectivité matérielle et qu’il s’agit néanmoins d’une « figuration du possible », où la destruction est donc elle-même figurée et devient objet de la création. Sous un rapport fondamental, qui se distingue de l’acte destructif délibérément accompli – celui du vandale ou de Banksy, par exemple –, le ready-made interroge l’origine de la destruction. (Lire l’article)

Entomologie photographique
Dorothea

par Gilles Walusinski
Dorothea, je t’ai connue en 1969 quand j’ai déniché sur un rayon perché d’une librairie maintenant disparue, cédée au luxe parisien, An American Exodus, la réédition que ton mari Paul Schuster Taylor et l’Oakland Museum venaient de publier. C’était peu de temps après ton décès en 1965. Cette photographie d’une grand-mère mexicaine ramassant des tomates date de 1938. Tu l’as faite en Californie mais elle ne figure pas dans la très belle exposition que te consacre le Jeu de Paume jusqu’au 27 janvier 2019 sous le titre « Dorothea Lange, politique du visible ». Mon choix de cette photographie aurait été la demande que je t’aurais faite pour compléter mon entomologie murale, si j’avais eu la chance de te rencontrer. J’admire la simplicité qui devait être la tienne et j’y vois le symbole de ton féminisme et de ton engagement, dirait-on aujourd’hui.
(Lire l’article)

Les aventures de Tigrovich
Intimité de Tigrovich et de son dompteur

par Sophie Rabau
La carrière et l’art de Tigrovich touchent désormais des sommets jamais atteints dans l’histoire mondiale du cirque. On va de tournée en tournée et partout c’est le succès, la gloire, le firmament de l’art. Ce qui n’empêchait pas Tigrovich et Ali d’avoir des moments plus intimes. Attention : certaines descriptions de cet épisode sont susceptibles de choquer les jeunes spectateurs du cirque. (Lire l’épisode)

Un tramway renommé Désir
Des femmes au fil des rames

par Anne-Marie Fèvre
Tramway Paris ligne T3ALe voyage en tram autour de Paris est aussi l’occasion de (re)découvrir des figures féminines. Sur 302 stations de métro, une seule porte un nom de femme : celui de la communarde anar Louise Michel. Et sur 6 000 voies de circulation, seulement 225 portent un nom se référant à une femme. Le choix récent de féminiser les rues de Paris, puis les stations du tram, relève d’un rattrapage lancé par Bertrand Delanoë à partir de 2001, au nom de la parité dans l’espace public, choix poursuivi par Anne Hidalgo. Osez le féminisme souhaite même que 100% des nouvelles rues et places portent des noms féminins.
(Lire l’article)

Choses revues
SNCF:  L’ « incident » de trop !

par Philippe Mignon
On est toujours sans nouvelles du TGV Paris-Lyon, parti hier de la gare de Lyon à 7h53, avec 785 passagers à bord et qui était attendu à Lyon-Perrache à 9h56. Les enquêteurs n’excluent aucune hypothèse. La Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT), vent debout, demande des comptes. Le PDG de la SNCF a été convoqué par la ministre des Transports, qui qualifie cette disparition d’ « inacceptable ». Mais le principal intéressé serait injoignable. D’après ses plus proches collaborateurs, après les graves dysfonctionnements en gare Saint-Lazare au mois de juin, suivis par la panne géante fin juillet en gare Montparnasse, il était au bord du « burnout ». Il serait parti à pied sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, sans téléphone mobile. « Si vous le retrouvez – nous a-t-on dit – annoncez-lui ce nouvel incident avec ménagement. » (Lire l’article)

Chroniques scarlattiennes
Les romantiques n’aiment pas les cerises

par Nicolas Witkowski
Il est une éclipse que l’astronome jésuite Carbone ne put étudier : celle de Scarlatti durant la période romantique. Certes, il ne fut pas le seul musicien baroque à en être victime, mais son occultation, parsemée de fugitifs éclats, dura près d’un siècle. Il est vrai que les préoccupations théoriques et distanciées de Scarlatti sont très éloignées de l’exaltation romantique du moi. À cette époque, seul Muzio Clementi, qui fut londonien avant d’être viennois, écrivit quelques sonates dans le goût de Scarlatti. D’autres se permirent de faire subir aux sonates les pires outrages… (Lire la suite)

Guide
Les choix de délibéré

Sous une piste de cirque, c’est l’enfer. Silence, on souffle à la Bastille. Battle verbale au musée Delacroix. Monte-Cristo : un prix littéraire pas comme les autres. À propos de prix, la saga des frères Lehman racontée en vers libres est publiée pile pour l’anniversaire de crise ; on pouvait redouter l’une de ces « bonnes idées » sans suite qu’affectionnent les rentrées littéraires mais le livre de Stefano Massini vaut bien mieux que cela. À Paris, les plaques commémoratives murmurent des noms, Philippe Apeloig les met en pages et en images. Makala est une épopée à voir absolument. 2666, ce n’est ni le nombre de pages du roman, ni la durée de la pièce, mais c’est tout un programme. Suivez le guide !

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