Auteur : Paco Ignacio Taibo 2

Des livres pour ceux qui ne lisent pas…

Paco Ignacio Taibo II, John Reed, Pancho Villa en Torreón, Para Leer en Libertad

Je ne crois généralement pas aux miracles, mais si je me pose un moment pour essayer d’écrire un résumé de ce qu’ont signifié les sept années de la Brigada para Leer en Libertad (Brigade pour lire en liberté), j’ai la folle impression qu’il y a dans cette expérience quelque chose de magique. Sept ans de fête continue : 159 marchés aux livres ambulants, 1350 conférences, 467 manifestations artistiques, 3 Foires du Livre alternatives. En tout, plus de six millions de livres vendus à prix réduit ou offerts dans tous les recoins de Mexico, y compris les plus improbables. (Lire l'article)

7. Eux (c’est-à-dire nous cinquante ans plus tard)

Ils s’étaient fabriqué des tee-shirts où l’on pouvait lire sur le devant : “Nés pour perdre”, et dans le dos : “Mais pas pour négocier”. Ils avaient appris qu’une chose telle que la “victoire finale” n’existe pas, que tout n’est qu’une succession de victoires et d’échecs qui nous obligent à accepter que la guerre contre l’État et ses démons doit se livrer à perpétuité. (Lire la nouvelle)

6. Toute histoire est personnelle

J’entretiens une relation affective forte avec L’Internationale. C’est une des chansons que l’on chante habituellement dans ma famille pour le réveillon du Nouvel An, même si le chœur est plutôt discordant. J’ai songé à laisser un petit papier avec des consignes pour qu’on la joue à mon enterrement, une version que je crois avoir écoutée, la mémoire me joue peut-être des tours, interprétée par Édith Piaf avec les chœurs de l’Armée rouge... (Lire l'article)

4. L’amour, le vrai

C’est devenu un lieu commun de dire qu’on est relié à cette ville comme par un cordon ombilical, attrapé dans un mélange d’amour et de haine. Je relis mes propres mots. Je me sens comme le dernier des Mohicans. Je constate, je confirme. Il n’y a pas de haine. Seulement un énorme, un infini sentiment d’amour pour la ville mutante où j’habite et qui m’habite, dont je rêve et qui me rêve. (Lire la nouvelle)

3. Petit frère

Benito n’était pas petit et poilu comme l’âne Platero, c’était plutôt la version défectueuse d’un mini flashman : sa vitesse ne l’empêchait pas de se cogner contre toutes les portes, de renverser tous les verres, d’envoyer valser toutes les poubelles, de faire exploser toutes les bouteilles de soda. Ses exploits, majeurs et mineurs, avaient fini par devenir légendaires... (Lire la nouvelle)

2. La petite fourmi

En me servant un coca glacé, j’ai découvert une petite fourmi qui flottait dans le verre. Deux options s’offraient à moi : la gastronomique, après tout, c’est des protéines, et hop j’avale ; ou la franciscaine : lui tendre un crayon pour l’aider à sortir. La deuxième option a pris le dessus et j’ai déposé le petit animal ivre sur le rebord de la fenêtre pour qu’il sèche au soleil, même s’il devait rester tout poisseux. J’ai lancé un regard aimable à la petite fourmi, qui était complètement bourrée au coca et j’ai bu une longue gorgée que j’ai savourée.
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1. Eux (c’est-à-dire nous il y a 45 ans)

Eux, bien sûr, se croyaient immortels. Absolument convaincus que le passé, le présent et le futur étaient des éléments interchangeables dans un cycle de 24 heures. Ils avaient l’intuition que rien n’était vraiment impossible. La faute peut-être au climat, à l’atmosphère irréelle régnant à Mexico dans les années 1960, aux pluies pernicieuses de ce mois de septembre. C’étaient des jours où les illusions s’évanouissaient sans laisser l’amertume de la défaite, parce qu’elles avaient été rapidement remplacées par d’autres illusions nouvelles, tout aussi attirantes. (Lire la nouvelle)