7. Eux (c’est-à-dire nous cinquante ans plus tard)

Ils avaient publiquement affirmé leur intention de vivre jusqu’à cent ans, et ils recrutaient, avec pas mal de succès, dans des assemblées et des réunions, des volontaires pour pousser plus tard leurs fauteuils roulants dans les manifestations.

Ils s’étaient fabriqué des tee-shirts où l’on pouvait lire sur le devant : “Nés pour perdre”, et dans le dos : “Mais pas pour négocier”. Ils avaient appris qu’une chose telle que la “victoire finale” n’existe pas, que tout n’est qu’une succession de victoires et d’échecs qui nous obligent à accepter que la guerre contre l’État et ses démons doit se livrer à perpétuité. Ils naviguaient au fil des abus de l’éternellement injuste société mexicaine tels des Robin des Bois vieillis refusant de prendre leur retraite, pleinement conscients que si Marx était né à Toluca, il serait mort fusillé aux côtés de Rubén Jaramillo.

Paco Ignacio Taibo II

Traduit de l’espagnol (Mexique) par René Solis
© délibéré 2016

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