Bill Vuzay prend de la hauteur

Faits divers, carnets mondains, nécrologies, publicités, potins et autres bruits du monde…

 

Prenant le contre-pied des autres médias, c’est le jour où Thomas Pesquet doit rejoindre la station spatiale internationale grâce à la fusée Falcon, que nous avons choisi de rencontrer à nouveau Bill Vuzay, le grand rival du patron de SpaceX.

Nous suivons toujours avec beaucoup d’intérêt vos projets. Qu’il s’agisse de votre concept révolutionnaire d’autostabile, vos automobiles autonomes sans conducteurs ni passagers et, last but not least, votre grandiose idée destinée à régler définitivement la montée attendue et redoutée des océans, nous ne sommes jamais déçus ! Mais tout d’abord, suivez-vous les dernières expériences d’Elon Musk ?

Oui, bien sûr, même si je suis moins excité que beaucoup par ses aventures spatiales, qui, après tout, ne sont pas très différentes de celles que nous avons connues il y a plus de 50 ans. Tout ça n’est pas très neuf. Je dirai – c’est un euphémisme – que celui que tout le monde appelle mon rival est un peu, dirions-nous « petite joueur* »

Que voulez-vous dire ?

Vous connaissez mon engagement contre le dérèglement climatique. Pour mener à bien les chantiers gigantesques absolument nécessaires, je dois trouver des fonds. Multimilliardaire moi-même, j’investis une grande partie de ma fortune dans mes projets, mais ce n’est hélas pas suffisant. Je dois dire que mes « pairs », que j’ai souvent l’occasion de croiser, ne sont pas des misanthropes. Ils n’ont pas la cœur sur le main!

Et comment comptez-vous vous y prendre pour obtenir leur soutien ?

En flattant leur ego !

De quelle manière ?

Pour les faire spitter dans la bassinette, (rires) rien de tel que de leur proposer quelque chose qu’ils seront les seuls à pouvoir s’offrir.

À quoi avez-vous pensé ?

Un voyage sur la Lune.

Pardonnez-moi, mais il me semble que votre « rival » a déjà pensé à cela.

Je vous disais il y a un instant que je le trouvais « petite joueuse ».

 Joueur !

Excuse ma française. Mais reprenons. Avec mon équipe nous travaillons sur un projet extraordinairement ambitieux : Le Titanic II. Une fusée gigantesque – seul.e.s les milliardaires y auront accès ! – qui devrait emmener 1500 personnes  (le nombre des passagers embarqués en 1912 à bord de son homonyme)  sur la Lune en 2030.

Incroyable ! Mais en le baptisant ainsi, vous ne craignez pas de défier le destin ?

Je ne suis pas superstitieux et la destine c’est moi ! En outre, je n’ai jamais entendu dire que des icebergs croisaient dans l’espace entre la Terre et la Lune. (rires)

Mais tout de même, il y a parfois des astéroïdes.

Trop petits et trop rares pour donner vraiment des frissons à mes passagers. C’est d’ailleurs pourquoi j’ai prévu quelques divertissements.

Vous m’inquiétez.

Je ne veux pas dévoiler ici toutes les distractions imaginées pour surprendre un public snob et blasé. Je ne vous en dévoilerai qu’une. Après le lancement du Titanic II, nous enverrons depuis la Terre des astéroïdes artificiels en direction du vaisseau. Afin d’entretenir le suspense, nous ne révélerons pas, en annonçant – sur un ton anxiogène ! – la catastrophe imminente,  que nous sommes équipés pour les détruire en vol. Nous ne les atomiserons qu’à quelques secondes de la collision, quand tout le monde sera en train de chanter : « Plus près de toi mon Dieu !»
Ils veulent du spectacle, ça leur rabattra leur caquette ! Je ne vous parlerai pas de toutes les autres idées amusantes prévues (comme l’annonce, qu’en cas d’accident ou d’avarie, il n’y aura pas assez de fusées de sauvetage pour tous les passagers) pour égayer ce voyage, mais je peux vous dire qu’ils en auront pour leur argent.
J’ai d’ailleurs oublié de préciser que le prix du billet sera exorbitant, ce qui est la moindre des chose pour un voyage dans l’espace. (rires)

La rédaction

*Tous les extraits en italiques sont en français dans le texte.           

Choses revues