La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
Foot, Footbologies, Footbologies 2015-2016

J5 – Porter sa croix

Il faut s’être comporté bien mal dans une vie antérieure pour se réincarner en supporteur de certains petits clubs destinés à ne jamais rien gagner. Une malédiction qui se transmet d’une vie à l’autre et à travers les générations, car on hérite de la passion de son père, comme de sa fortune ou ses dettes, comme d’une maladie congénitale. On vient au monde avec, on n’y peut rien. Le supporteur de petit club, c’est Sisyphe qui pousse chaque semaine son rocher vers le sommet de la colline, et le voit dévaler chaque samedi dans l’avalanche de ses espoirs. C’est Tantale, plongé dans un fleuve de gloire où il ne peut boire, sous un arbre chargé des fruits de la victoire qu’il ne peut atteindre. (Lire l’article)

Gustave Doré - La Génisse, la chèvre et la brebis en société avec le lion - "Zoologie", une chronique de l'année 2017 par Edouard Launet dans délibéré
2017 Année terrible

Zoologie

“Même une chèvre gagnerait contre Hollande. S’il se soumet à la primaire, ce sera le Salon de l’agriculture tous les jours !” C’est avec ce propos de Gérard Filoche, recueilli par Le Point il y a quelques semaines, que la campagne des présidentielles a vraiment débuté. Car enfin quelqu’un traçait une authentique perspective d’avenir. Soudain 2017 résonne de mille cris joyeux, braiements et barrissements, glougloutements et bêlements. Ce n’est plus l’année d’apocalypse que nous redoutions tant, c’est la ferme des animaux. C’est une mêlée joyeuse que Victor Hugo lui-même avait pressentie. (Lire l’article)

Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Fais dodo, Colas mon p’tit frère

Qui nous pleurera ? Qui se souviendra de nous ? Ne faudrait-il pas d’ores et déjà empailler quelques spécimens de la race humaine au cas où des visiteurs d’une autre galaxie viendraient, quelque temps après la catastrophe, à passer par là et chercheraient à satisfaire une curiosité bien naturelle ? Derrière une vitrine ultrarésistante, nous pourrions présenter un échantillon aussi complet que possible de l’humanité, façon muséum d’histoire naturelle : un pygmée, un trader de Wall Street, un conchyliculteur, un éditorialiste de la presse nationale, un chauffeur de VTC, un bouilleur de cru… (Lire l’article)

Marcel jouant une sonate à une petite fille que cela fait bien rigoler.
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Chauffe Marcel

L’unique mention de Scarlatti dans La Recherche se trouve dans le récit d’une partie de musique (Sodome et Gomorrhe), où le pianiste joue quelques morceaux à la demande des invités : Mme de Cambremer “venait de découvrir un cahier de Scarlatti et elle s’était jetée dessus avec une impulsion d’hystérique. […] Et pourtant de cet auteur longtemps dédaigné, promu depuis peu aux plus grands honneurs, ce qu’elle élisait, dans son impatience fébrile, c’était un de ces morceaux qui vous ont si souvent empêché de dormir et qu’une élève sans pitié recommence indéfiniment à l’étage contigu au vôtre.” Proust serait-il passé à côté de Scarlatti ? Au fond, ce n’est pas lorsque Proust évoque Scarlatti qu’il est le plus scarlattien. (Lire l’article)

Le nombre imaginaire, Sciences

Le trou dans le zéro

Tout comme la nature, les mathématiciens ont horreur du vide, du trou, de la pièce manquante. L’esthétique, la morale presque, commandent une théorie complète, sans surprise, sans hiatus. Si un formalisme mathématique permet de poser une question, elle devrait avoir une réponse ; toute opération devrait fournir un résultat. Sinon il manque quelque chose, et ce manque vous gratte jusqu’au sang ; il faut absolument compléter la théorie pour le combler. Il ne s’agit pas ici d’un principe ni d’une vérité : simplement d’un réflexe, d’un tropisme, d’une compulsion. (Lire l’article)

Le coin des traîtres, Le nombre imaginaire, Sciences, Traduction

Ce titre était vraiment trop long, il a fallu cou

Traduire les mathématiques : l’exercice est-il, si ce n’est passionnant, du moins pertinent ? Le théorème de Fermat ne peut-il être compris par n’importe quel mathématicien sur cette planète ? La mathématique serait-elle donc la langue d’avant Babel ? Mais, dans ce cas, de quoi nous parle-t-elle si ce n’est d’elle-même ? Les mathématiques sont-elles, comme certains le pensent de la musique, un langage qui est son propre signifié ? Et cette réflexivité est-elle liée à l’universalité perçue de l’une comme de l’autre ? (Lire l’article)