Guus Grappenmaker roule toujours

Faits divers, carnets mondains, nécrologies, publicités, potins et autres bruits du monde…

Entretien avec Guus Grappenmaker, inventeur infatigable, dont le dernier projet représente une véritable révolution dans le domaine de la mobilité urbaine.

Guus Grappenmaker roule toujours

 

Guus Grappenmaker, ces derniers mois, vous vous êtes fait plus rare dans les médias.

 En effet.

Depuis vos précédents projets – je pense notamment à votre bicyclette révolutionnaire la crazy-rider – avez-vous décidé, pardonnez-moi l’expression, de lever un peu la pédale ?

Pas du tout, mon équipe et moi-même préparions une nouvelle révolution dans le domaine de la mobilité urbaine.

Nous ferez-vous l’honneur de nous en donner la primeur ?

Bien sûr. Toutefois, je ne pourrai pas vous montrer aujourd’hui les prototypes sur lesquels nous travaillons actuelle-ment. Nous sommes en train d’y apporter les dernières modifications et nous serons fin prêts pour une présentation publique d’ici un ou deux mois.

De quoi s’agit-il au juste ?

Vous savez comme moi que presque tous les constructeurs, se copiant les uns les autres et faisant fi du réchauffement climatique, proposent des véhicules de plus en plus gros et lourds à leur clients. Aussi peu concernés que leurs « dealers » par l’avenir de la planète, ceux-ci les achètent en masse, au point que 4×4 et SUV représentent aujourd’hui presque 40% du marché !

Nous avons fait le même triste constat.

Pire, ces automobilistes utilisent ces véhicules aberrants pour aller à la boulangerie ou au tabac de leur quartier !

Navrant ! Que proposez-vous donc ?

Beaucoup de municipalités ont proposé à leurs administrés des aides – parfois conséquentes – pour l’achat de vélos électriques. C’est bien, même si beaucoup de ceux qui en ont profité étaient en âge et en capacité de pédaler sans batterie. Je ne comprends toujours pas que l’on n’ait pas proposé des aides encore plus importantes à ceux qui choisiraient le vélo classique ou la marche à pied pour se déplacer. Mais bon, passons, le public que je veux toucher est celui qui n’est prêt ni à marcher ni à pédaler pour aller acheter qui sa baguette, qui ses cigarettes.

Avez-vous trouvé la solution ?

LA, je ne sais pas, mais une en tout cas. J’ai toujours pensé et souvent dit que tous ces gens incapables de marcher, même sur de courtes distances, étaient de véritables handicapés. Et le déclic est venu de là. Pourquoi ne pas concevoir un moyen de déplacement électrique pour valides sur le même modèle que celui des vrais handicapés ? Ils seraient assis, n’au-raient aucun effort à faire et pourraient ainsi laisser leurs « monstres » polluants au garage ! La vitesse de ces véhicules étant bridée à 10km/h, la circulation urbaine sera vraiment apaisée.

Ne pensez-vous pas que cette idée puisse être mal reçue par ces vrais handicapés dont vous parlez ?

Mais pas du tout ! Bien au contraire. On ne les regardera plus comme différents, à présent qu’ils seront noyés dans la masse. En outre, si une partie importante de la population utilise quotidiennement ces nouveaux véhicules, les travaux permettant d’accéder à tous les lieux publics, commerces, etc… seront sûrement accélérés. Ils seront gagnants !

Ces nouveaux fauteuils roulants circuleront-ils sur les trottoirs et dans ce cas seront-ils bien acceptés par les piétons ?

Bien sûr que non. Les trottoirs resteront le territoire des piétons. Les fauteuils roulants emprunteront les chaussées ce qui aura d’ailleurs un autre avantage.

Lequel ?

Celui de rapidement décourager les automobilistes irréductibles de circuler en ville avec leurs voitures. Quand ils seront las de se déplacer à 10km/h derrière des fauteuils roulants, ils finiront bien par changer leurs habitudes.

Une question : n’y aura-t-il pas rapi-dement des embouteillages de fauteuils roulants dans les tabacs et les boulangeries ?

Pas du tout. Nous y avons pensé. Le service se fera à l’extérieur. Un autre avantage étant qu’en cas de pandémie – on sait jamais ce qui peut arriver (rires) – les clients à roulettes (nouveaux rires) ne seront pas dans un espace confiné.

Tout de même, il faudra s’habituer à ces flots de fauteuils circulant sur les chaussées de nos villes, les uns derrière les autres…

Vous verrez que tout le monde s’y fera plus rapidement que vous ne l’imaginez et ce sera toujours mieux que les SUV dont nous parlions au début de cet entretien. Mais, pour revenir à votre réflexion, nous avons aussi pensé à tous ces sièges à la queue-leu-leu. Nous avons conçu à l’intention des municipalités un modèle un peu plus puissant, auxquels ils pourront s’accrocher, formant ainsi des véritables petits trains urbains. Cette véritable « locomotive » pourra diffuser de la musique et des informations historiques sur les lieux traversés ou commerciales sur les magasins appro-chés :  « La Maison Caquelin vous signale que votre dernière fournée de baguettes traditions vient de sortir du four ! » (rires)

Propos recueillis par Edmonde Daprais
Choses revues

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Nous avons appris après notre entretien avec le célèbre designer que les véhicules seront baptisés validettes. Deux modèles seront proposés. Le modèle de base (urbain) bridé à 10km/h, autonomie de 100km et le modèle sport (destiné au milieu rural) pouvant atteindre des pointes de 15km/h ! Des remorques pliantes seront également disponibles pour le transport des enfants vers leurs écoles. (À partir de 2000 euros la validette de base. Compter 3500 euros pour la validette sport avec toutes les options. Personnalisation possible en sus.)