Musées : une révolution

Faits divers, carnets mondains, nécrologies, publicités, potins et autres bruits du monde…

Hier, dans l’indifférence générale, Madame Roselyne Bachelot recevait rue de Valois quelques journalistes égarés afin de présenter le projet de transformation des musées sur lequel elle travaille depuis des mois.
La première surprise passée – Mme Bachelot travaille ! – force est de constater* que son projet est radical. Comme beaucoup d’observateurs, Mme la ministre de la Culture a eu le loisir – elle en a – de constater que de plus en plus des visiteurs (et euses. NDLR) de nos musées ne regardent plus les œuvres, mais les écrans de leurs smartphones avec lesquels ils (ou elles) viennent de flasher les QR codes figurants sur les cartels.
Pourquoi alors ne pas remiser les peintures et autres sculptures dans des lieux sûrs où ils ne craindront ni la lumière, ni les gestes malveillants, inondations, incendies (et nous en passons, nous avons d’autres articles sur le feu, NDLR). Il suffira ensuite de les remplacer dans les cadres ou sur leurs socles par les fameux codes et de les regarder sur nos écrans.
« Mais dans ce cas, quel sera l’intérêt de continuer à se rendre dans les musées alors que l’on pourrait aussi bien en faire autant chez soi? » a judicieusement fait remarquer un journaliste sorti de sa léthargie. « La visite du Louvre et de nos musées doit rester une expérience unique » lui a répondu Mme Bachelot. « Vous serez sûrement d’accord avec moi que des qr codes grands formats dans les dorures de nos palais de la culture ont une autre gueule (sic) que chez soi ! Nous envisageons d’ailleurs, après retour d’expérience – quand nous aurons un peu plus de recul (quelques rires) – d’étendre le dispositif aux cinémas, aux théâtres et aux salles de concert.»
Edmonde Daprais

Notre journaliste s’étant endormie, il n’y a pas de suite page 12. Nous prions nos lectrices de bien vouloir l’ (et nous) excuser.

*Placer ce genre de formule rabâchée est le résultat d’un pari idiot. (Tenu et donc gagné ! E.D.)  

Choses revues