La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Gilles Pétel
Auteur de plusieurs romans publiés chez Fayard et chez Stock, et professeur de philosophie dans le secondaire. Après avoir enseigné de nombreuses années à l’étranger, il exerce depuis cinq ans en banlieue parisienne.
45 – Vendredi 14 juillet, 13h.

45 – Vendredi 14 juillet, 13h.

L’événement s’est produit ce matin. Je ne pensais pas intervenir sur votre antenne mais les circonstances exceptionnelles exigent que je prenne la parole. Le président de la République vient d’échapper à un attentat....

44 – Jeudi 13 juillet, 20 heures

44 – Jeudi 13 juillet, 20 heures

Elle a parlé. Isabelle s’est confié longuement hier après-midi au cours d’un entretien avec l’officier de police Belahcene. Trente ans, du métier, Mehdi Belahcene sait mener un interrogatoire. L’officier a écouté mes...

43 – Mercredi 12 juillet, 20 heures

43 – Mercredi 12 juillet, 20 heures

La police allemande commence à réagir, bien que timidement à mon goût. Billot est à Hambourg où le gosse a été aperçu. Mon homologue allemand, Heinrich von Eppendorf, ne me croyait pas quand je lui avais fait part des...

42 – Mardi 11 juillet, 20 heures

42 – Mardi 11 juillet, 20 heures

Isabelle a décidé de parler. J’ai reçu hier soir un appel du directeur de la prison, Étienne Laval. Il sortait de la cellule de mon ancienne épouse. En un mois elle a retrouvé des couleurs. Ma visite semble avoir eu un...

41 – Lundi 10 juillet, 20 heures

41 – Lundi 10 juillet, 20 heures

Je sors du bureau du procureur. Nous avons fait le point. Émile Poisson m’a félicité sur les derniers résultats de l’enquête. Mon séjour à Nassau, malgré ses frais exorbitants, a été apprécié en haut lieu. Le loup est...

40 – Dimanche 9 juillet, 23 heures

40 – Dimanche 9 juillet, 23 heures

Tu aimes cette position? La vue est belle de ton appartement. Cambre-toi davantage. Baisse un peu la tête. Penser qu’il y a cinq jours à peine j’affrontais un cyclone. Recule. Admirer la tour Eiffel aujourd’hui....

39 – Dimanche 9 juillet, 13 heures

39 – Dimanche 9 juillet, 13 heures

Kurz s’est échappé. Il a filé entre les doigts des gendarmes qui le reconduisaient à Paris. La faute à Billot. Je lui avais demandé d’attendre mon retour de Nassau avant de transférer Kurz de Strasbourg à Fresnes. Mais...

38 – Samedi 8 juillet, 15 heures

38 – Samedi 8 juillet, 15 heures

Bonjour Anne, merci de m’accorder ce temps d’antenne. Une émission spéciale s’imposait. L’actualité est dense. En une semaine l’enquête a progressé à pas de géants. Nous marchons sur des sommets. L’affaire prend un...

37 – Mardi 27 juin, 20 heures

37 – Mardi 27 juin, 20 heures

Billot m’a remis ce matin son rapport sur Joseph Baldaturian. Le producteur n’a pas toujours eu le nez long. Sa carrière ne démarre véritablement qu’avec l’artiste. Il avait auparavant essuyé de nombreux échecs. Né à...

36 – Lundi 26 juin, 23 heures

36 – Lundi 26 juin, 23 heures

Tu ne m’avais pas dit que tu avais quitté ton époux. J’avais remarqué ton alliance. Une femme mariée. C’est ce que j’avais pensé. À 35 ans quoi d’étonnant. C’était un homme violent, dis-tu. Lorsqu’on te voit sur le...

35 – Lundi 26 juin, 20 heures

35 – Lundi 26 juin, 20 heures

Quelle époque. J’ai été agressé dimanche matin à mon domicile. Autrefois la police était respectée. L’ordre régnait dans la société. Les températures ne battaient pas régulièrement des records. Les arbres ne perdaient...

34 – Vendredi 23 juin, 20 heures

34 – Vendredi 23 juin, 20 heures

Je ne crois pas être un original. Les problèmes que je rencontre au cours de mon enquête sont ceux de tout le monde. Apprendre qu’une jeune fille cherche du réconfort dans les bras d’un jardinier n’a rien...

33 – Jeudi 22 juin, 20 heures

33 – Jeudi 22 juin, 20 heures

J’étais trop occupé hier pour passer à l’antenne. Ce sont les vicissitudes de mon métier. Je n’avais pas encore pris mon café quand j’ai reçu un appel du directeur de Fresnes. Isabelle avait tenté de se suicider...

32 – Mardi 20 juin, 20 heures

32 – Mardi 20 juin, 20 heures

L’arrestation de Kurz ne doit pas être du goût de tout le monde. Bartier a été agressé samedi soir. Il était aux environs de trois heures du matin. Chaque week-end, le bijoutier sort prendre un verre dans un bar du...

31 – Vendredi 16 juin, 20 heures

31 – Vendredi 16 juin, 20 heures

Quand je vous disais que Billot était nerveux ces derniers temps. Le gamin a été arrêté hier matin à la frontière allemande. Kurz avait subitement disparu il y a une huitaine de jours. Il n’avait laissé aucun mot. Son...

30 – Jeudi 15 juin, 20 heures

30 – Jeudi 15 juin, 20 heures

Pour une nouvelle, c’est une nouvelle. L’artiste suivait une thérapie depuis novembre dernier. Je ne sais rien encore sur le genre de névrose qu’il tentait de surmonter. Le nom, en revanche, de son analyste m’est bien...

29 – Mercredi 14 juin, 20 heures

29 – Mercredi 14 juin, 20 heures

Le profil de l’assassin se précise. Bartier est revenu me voir de sa propre initiative. Il désirait me parler seul à seul. Billot l’indispose. Mon adjoint y était allé un peu fort lors de l’interrogatoire. Lui et moi...

28 – Dimanche 11 juin, 14 heures

28 – Dimanche 11 juin, 14 heures

Je comprends que le public ait inondé la chaîne de questions et de commentaires à la suite de mes révélations sur la relation qu’entretenait mon épouse avec le chanteur. Quand la petite histoire se mêle à la grande,...

27 – Vendredi 9 juin, 20 heures

27 – Vendredi 9 juin, 20 heures

Bartier a été interpelé mardi alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol pour Jersey. Je pistais le bijoutier depuis son premier voyage à Berlin. Ses allées et venues entre la France et l’Allemagne me paraissaient...

26 – Jeudi 8 juin, 20 heures

26 – Jeudi 8 juin, 20 heures

Une enquête prend parfois un tour inattendu. J’ai beaucoup hésité avant de me décider à venir sur le plateau. Billot me l’avait déconseillé. Mais vous connaissez Billot. Sa pudeur, sa réserve. Il n’est pas très...

25 – Dimanche 4 juin, 13 heures

25 – Dimanche 4 juin, 13 heures

Mohamed s’est suicidé. Nous ne connaissons pas encore les raisons qui l’ont poussé à un tel geste. Il a été retrouvé pendu dans la serre de la propriété. C’est la bonne qui a découvert le corps samedi matin. Mohamed...

24 – Vendredi 2 juin, 20 heures

24 – Vendredi 2 juin, 20 heures

Les nouvelles s’accumulent. Je ne sais pas si nous pouvons parler de bonnes nouvelles. Au moins ne s’agit-il aujourd’hui de rien de tragique. Ce serait même plutôt amusant n’était le contexte de l’affaire qui impose...

23 – Jeudi 1er juin, 20 heures

23 – Jeudi 1er juin, 20 heures

Vous savez bien que l’ordre de nos idées n’est pas toujours celui du monde. Nous aimerions une existence qui s’accorde à nos désirs. Nous voudrions un peu plus d’harmonie dans l’univers. Un peu plus de grâce, de...

22 – Mercredi 31 mai, 20 heures

22 – Mercredi 31 mai, 20 heures

J’ai reçu le résultat du relevé des empreintes effectué au domicile de Jo Baldaturian lundi après-midi. La police scientifique a eu quelques difficultés à les analyser en raison de la présence de sept chats. Leurs...

21 – Mardi 30 mai, 13 heures

21 – Mardi 30 mai, 13 heures

J’ai hésité à rejoindre le plateau. Avec une telle canicule. Comment voulez-vous. Dimanche déjà le thermomètre flirtait avec les 28 degrés. Au mois de mai. Où allons-nous? Aujourd’hui nous avons dépassé les 30. Et ce...

20 – Lundi 29 mai, 20 heures

20 – Lundi 29 mai, 20 heures

J’ai reçu ce matin un coup de fil de Simone. Elle ne reconnaît plus son mari. Il s’est mis à jouer au foot avec Kurz. Elle l’a à peine entrevu durant le week-end. Simone voulait savoir qui était ce garçon. Billot le...

19 – Jeudi 25 mai, 20 heures

19 – Jeudi 25 mai, 20 heures

Quel monde. Le procureur m’a appris ce matin qu’une plainte avait été déposée à mon encontre par Maître Hélène Baillencourt, avocate de l’artiste. Elle m’accuse d’avoir révélé au public des détails inadmissibles sur la...

18 – Mercredi 24 mai, 20 heures

18 – Mercredi 24 mai, 20 heures

Kurz s’est manifesté de façon inattendue. Il a appelé Billot hier soir pour lui offrir de boire un verre. Le gosse semblait pressé de le rencontrer. Il était environ vingt-deux heures, Billot sortait de table. Nous...

17 – Mardi 23 mai, 20 heures

17 – Mardi 23 mai, 20 heures

Non. Vous ne pouvez pas me reprocher de broder. Les faits sont là. Kevin a joué un rôle important. Il nous a permis de gagner un temps précieux. D’après les analyses médico-légales, Jo a été abattu aux alentours de 5...

16 – Lundi 22 mai, 20 heures

16 – Lundi 22 mai, 20 heures

Un drame. Mais pouvait-il en allait autrement? Le producteur devait partir dans la tourmente. Pour moi, ce n’est pas un scoop. J’attendais cette issue fatale. À partir du moment où Jo n’a plus donné de nouvelles, j’ai...

15 – Vendredi 19 mai, 20 heures

15 – Vendredi 19 mai, 20 heures

Chaque concert du chanteur est un événement. On ne vient pas seulement écouter de la musique, on va voir un show. L’artiste a le sens du spectacle: danseurs afro-américains gesticulant à l’arrière de la scène jusqu’à...

14 – Jeudi 18 mai, 20 heures

14 – Jeudi 18 mai, 20 heures

Vous vous demandez probablement quelle surprise vous réserve aujourd’hui mon enquête. Elle avance, soyez-en certaine. Mais avant de vous faire part des derniers éléments, j’aimerais prendre un peu de temps pour causer...

13 – Mercredi 17 mai, 20 heures

13 – Mercredi 17 mai, 20 heures

Le colonel Fritz Reinhardt vient d’être identifié. Né à Hambourg en 1906, il a 27 ans lorsque Hitler devient chancelier. Enrôlé très jeune dans le parti national socialiste, il connaît une carrière rapide. Il intègre...

12 – Mardi 16 mai, 20 heures

12 – Mardi 16 mai, 20 heures

L’enquête a pris du retard. Nous n’avons pu interroger les Brésiliens que ce matin. Leur audition n’a rien donné de probant. Ce sont deux imbéciles, des escrocs à la petite semaine qui n’avaient aucunement conscience...

11 – Lundi 15 mai, 20 heures

11 – Lundi 15 mai, 20 heures

Croyez-moi si vous voulez. Cette affaire pourrait bien devenir une affaire d’État. Parfaitement. Genève nous a renvoyé les Brésiliens mais ils sont arrivés sans le tableau. La Suisse refuse de nous le livrer. La toile...

10 – Mardi 9 mai, 20 heures

10 – Mardi 9 mai, 20 heures

Quand je vous disais que la disparition de l’artiste allait nous mettre sur une piste. Un talent de cette envergure laisse forcément des traces de son passage. Le génie ne passe pas inaperçu. Pas plus tard qu’hier nous...

9 – Dimanche 7 mai, 13 heures

9 – Dimanche 7 mai, 13 heures

Les Brésiliens nous ont donné du fil à retordre le mois dernier. Vous allez comprendre pourquoi il m’a fallu attendre avant de vous communiquer cette information. Il s’agit en quelque sorte d’une affaire dans...

8 – Vendredi 5 mai, 20 heures

8 – Vendredi 5 mai, 20 heures

Sachez que j’apprécie nos rendez-vous réguliers. La prise de parole, surtout lorsqu’elle s’adresse à un large public, contraint l’esprit à développer ses hypothèses, ordonner ses idées, à clarifier la situation en...

7 – Mercredi 3 mai, 20 heures

7 – Mercredi 3 mai, 20 heures

Je ne suis pas certain, Anne Balfour, de pouvoir répondre à votre question. L’enquête doit conserver ses prérogatives. La police ne saurait être l’antichambre d’un journal télé. Sachez seulement que l’artiste n’est pas...

6 – Mardi 2 mai, 20 heures

6 – Mardi 2 mai, 20 heures

L’artiste a disparu. A-t-il été enlevé, a-t-il fui, s’est-il suicidé? Aucune piste n’est écartée. Oui. C’est un rebondissement dans l’affaire. Notez que j’appréhendais un coup semblable. L’enquête filait son train...

5 – Lundi 25 avril, 20 heures

5 – Lundi 25 avril, 20 heures

Parfaitement. Une révélation. Un scoop? Je n’irais pas jusque-là. Enfin puisqu’il faut le dire. Lizz, la maîtresse de l’artiste, entretenait une autre liaison. Je ne voulais pas dévoiler le pot aux roses avant d’être...

4 – Vendredi 22 avril, 20 heures

4 – Vendredi 22 avril, 20 heures

Non, je ne pense pas qu’on puisse nous accuser de négligence. Nous progressons malgré les difficultés. Une enquête n’est pas une émission de télévision. Ce serait un peu facile. N’importe qui serait capable d’élucider...

3 – Lundi 18 avril, 20 heures

3 – Lundi 18 avril, 20 heures

Je comprends l’impatience du public. Sachez qu’une piste se dessine, ténue, fragile. Il s’agit de la bonne. Cette employée n’est pas très claire. Voilà l’inconvénient avec les gens de maison. Pensez qu’ils ont chaque...

2 – Mercredi 13 avril, 20 heures

2 – Mercredi 13 avril, 20 heures

L’enquête piétine. Nous manquons d’éléments. Il n’y a pas de traces d’effraction. Aucune empreinte n’a été relevée. L’artiste n’a rien entendu. Il dormait à poings fermés, il rêvait peut-être. Il n’y a aucun témoin. Il...

1 – Lundi 11 avril, 20 heures

1 – Lundi 11 avril, 20 heures

La bague a été dérobée hier matin, probablement vers les 11 heures. Le soleil brillait, presque trop. La température est anormalement élevée pour la saison. Nous avons chaque jour dans les 23, 24 degrés avec une pointe à 26 ce samedi. Il y a de quoi s’inquiéter.

Catherine Peillon, révélations

Catherine Peillon, révélations

Catherine Peillon s’amuse à prêter une signification aux choses les plus insignifiantes. Une vingtaine de ses photos est exposée à la galerie Ici-Même.

L’Ukraine entre crainte et tremblement

L’Ukraine entre crainte et tremblement

Paru en 2019, L’Ukraine, une histoire entre deux destins de Pierre Lorrain permet de mieux comprendre le passé complexe d’un pays pour lequel le droit à exister n’est jamais allé de soi.
Sur la plage

Sur la plage

Avec l’été est venu le temps des grandes vacances que les gens attendent souvent depuis l’hiver. Mais est-il raisonnable d’attendre si longtemps ? Qu’attendons-nous au juste ? Le savons-nous seulement ? Aujourd’hui l’attente désigne le plus souvent un temps vide ou inoccupé pris entre deux moments dont l’un est passé et connu, l’autre à venir et souvent indéterminé. Ce qu’on attend alors est à la fois vague et impératif…
« Je est un autre »

« Je est un autre »

Depuis plusieurs années, les citoyens sont de plus en plus considérés comme pleinement responsables de leurs actes. Alors qu’auparavant la justice prenait souvent en compte les circonstances atténuantes comme la force des passions ou le poids du milieu social, nous avons aujourd’hui tendance à considérer que les coupables le sont entièrement. C’est ainsi par exemple que Nicolas Sarkozy a permis d’incarcérer les mineurs à partir de 13 ans. Mais que signifie au juste être responsable ? (Lire l’article)

The Dead Don’t Die

The Dead Don’t Die

La question des morts-vivants est rarement abordée par les philosophes, qui préfèrent à tort des sujets plus sérieux comme celui des preuves de l’existence de Dieu ou du progrès de l’humanité. Les morts-vivants nous offrent pourtant un miroir à peine déformant de notre humanité. Nous nous reconnaissons en eux : leur avidité, leur férocité, leur absence de scrupules, leur ignorance de tous principes moraux, leur agitation permanente nous sont familiers. Et s’ils ne connaissent aucune limite, c’est parce qu’ils ignorent l’angoisse de mourir. (Lire l’article)

La traduction impossible

La traduction impossible

Shakespeare pensait que nous étions faits de« l’étoffe des songes », mais nos rêves sont eux-mêmes tissés dans la trame du langage. Nous ne pouvons nous rappeler nos songes qu’en les exprimant. Rien de ce qui existe ou plus exactement rien de ce que nous percevons de façon consciente n’échappe à la langue. Mais n’existe-t-il pas une réalité extérieure au langage, un quelque chose, interne ou externe, qui ne serait pas verbal ? Qu’y a-t-il avant les mots ? Peut-être une sorte de sauvagerie antérieure à la mise en forme du réel par les mots. Une réalité précisément innommable à laquelle pourrait faire écho le titre de la très belle nouvelle de Conrad : Heart of Darkness. (Lire la chronique)

La fonte des glaces

La fonte des glaces

La fonte des glaciers s’accélère à un rythme qui dépasse toutes les prévisions. Elle vient nous rappeler que notre monde est à la fois hasardeux et fini. Cet événement plus que regrettable, et dont il semble que nous soyons responsables, annonce des bouleversements climatiques : tempêtes herculéennes, tornades gigantesques, raz de marée titanesques, pluies diluviennes, sécheresses bibliques, fournaises dantesques. La catastrophe en somme. Il n’est pas sûr qu’à terme notre espèce comme tant d’autres y survivent. Dans ces temps de crise économique et politique, la nature vient ainsi nous rappeler notre fragilité et notre insignifiance. (Lire l’article)

Doit-on réécrire le passé ?

En mars dernier, à la Sorbonne, le CRAN (Conseil représentatif des associations noires) et l’UNEF s’opposaient par la force à la représentation des Suppliantes d’Eschyle au motif que certains acteurs blancs portaient un masque noir : le délit de « blackface » leur semblait établi. Or, il s’agit d’une pièce sur la tolérance et l’accueil de l’étranger et le masque noir vient seulement ici rendre visible la différence de l’autre. Sans compter que le port du masque est une constante de la tragédie grecque où les rôles féminins étaient joués par des hommes travestis. S’élever contre une mise en scène « racialiste » est donc absurde. La censure exercée par le CRAN et l’UNEF est caractéristique d’une tendance lourde de notre époque : le désir de réécrire le passé afin de le rendre conforme à notre sensibilité ou à nos mentalités. (Lire l’article)

La folie ordinaire

La folie ordinaire

Il est aujourd’hui à la mode d’être contre. Il y a quelque temps, une chanteuse en vogue déclarait qu’elle était contre le Sida. Une autre fois, une écrivaine de renom se disait contre la guerre. Les Gilets jaunes sont contre le gouvernement, contre Macron, contre le capitalisme et accessoirement contre les banques qu’ils brûlent et contre le Fouquet’s qu’ils saccagent. Les Anglais sont contre l’Europe. D’autres sont contre le réchauffement climatique. D’autres encore contre la souffrance animale. Mais si beaucoup savent vaguement ce qu’ils ne veulent pas, peu connaissent ce qu’ils désirent. (Lire l’article)

Le carnaval d’Alger

Le carnaval d’Alger

Avec le Mardi gras, la saison du carnaval touche à sa fin. Le lendemain a lieu le mercredi des Cendres, jour où débute le Carême : viande contre poisson, gras contre maigre, excès contre privation. Le carnaval, d’abord fête païenne dont l’origine semble remonter à l’antique Babylone, a plus tard été récupéré et encadré par l’Église catholique. Mais quel est le sens du carnaval ? Peut-on encore parler de carnaval dans nos sociétés démocratiques ? De fait, aujourd’hui, bon nombre de carnavals se réduisent à des défilés de chars et de masques sans danger ni véritable transgression. (Lire l’article)

Must see

Must see

Le dernier film de Denys Arcand, La Chute de l’empire américain, est sorti en salle ce mercredi et il faut aller le voir sans tarder. (Lire le guide)

Ritournelle

Ritournelle

À écouter les actualités, nous éprouvons en ce moment l’impression que le monde bégaie.« Ce qui a été, c’est ce qui sera ; ce qui est arrivé arrivera encore. Rien de nouveau sous le soleil.«  affirme l’Ecclésiaste (traduction d’Ernest Renan). L’histoire de l’humanité ne serait ainsi qu’une longue et douloureuse répétition des mêmes souffrances, des mêmes rêves déçus, des mêmes folies. Le pessimisme de ce texte célèbre a régulièrement trouvé un écho aussi bien auprès des philosophes (tel Schopenhauer) qu’auprès du grand public qui se laisse volontiers aller à la fatalité quand le monde est en crise. Mais la fatalité est-elle vraiment une fatalité? (Lire l’article)

Le sexe tarifé est-il indigne ?

Le sexe tarifé est-il indigne ?

La sexualité peut-elle être indigne ? Comment définir la dignité ? Ce sont des questions que la loi de 2016 sur la prostitution invite à se poser alors que le Conseil constitutionnel vient d’examiner une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) lancée par des associations et des travailleuses du sexe le 22 janvier dernier. Un bref rappel tout d’abord de la loi de 2016. Celle-ci punit en effet l’achat d’actes sexuels par une contravention allant jusqu’à 3500 euros d’amende en cas de récidive ou par un stage lui aussi facturé. La loi cependant n’interdit pas l’exercice de la prostitution. Considérons d’abord l’aspect pratique de cette loi et convenons de son caractère contradictoire. Comment autoriser une activité tout en la rendant impossible à pratiquer ? (Lire l’article)

Absurdités

Absurdités

Parfois ce que les gens appellent absurde n’est que simple stupidité. Affirmer par exemple que les revendications en faveur du mariage pour tous sont absurdes est stupide, voire contradictoire si on veut bien rappeler que le droit est par essence universel. D’une toute autre façon, il est idiot de croire que les progrès sociaux rendront la vie moins absurde. Ainsi, quand nous entendons aujourd’hui des commentateurs télé dépêchés sur les ronds-points dire que les Gilets jaunes ont redonné un sens à leur vie, on se moque du monde. (Lire l’article)

Saint Janvier

Saint Janvier

Nietzsche publie en 1882 le Gai savoir dont le livre IV s’intitule Saint Janvier. Ce livre compte un grand nombre de textes célèbres qui ont pour dénominateur commun d’affirmer la joie de vivre en toutes circonstances et malgré tout ce qui s’y oppose. Dans le premier texte du livre IV, « Pour le nouvel an », Nietzsche fait un rapide bilan des résolutions qu’il a prises pour la nouvelle année. Non pas ces résolutions badines dont nous abreuvent nos chaînes de télévision : arrêter de fumer, perdre du poids, aller à la gym, à la messe, à la mosquée, au temple ou à la synagogue de façon régulière… Non, Nietzsche y déclare simplement qu’il « ne veut plus, de ce jour, être jamais qu’un affirmateur ». (Lire l’article)

« Una cosa mentale »

« Una cosa mentale »

La joie n’est pas un refus du monde tel qu’il est, c’est-à-dire bien souvent pénible et quelquefois effroyable. Elle n’est pas le produit d’une illusion qui verrait, comme le dit la chanson, « la vie en rose ». Elle n’est pas enfin un aveuglement. La joie au contraire s’éprouve en connaissance de cause. C’est en ce sens que Rosset peut écrire que la joie de vivre se laisse le mieux appréhender en « l’absence de tout motif raisonnable ». Il n’y a en somme guère de motifs de se réjouir et nous sommes pourtant bien heureux de vivre. (Lire l’article)

Troubles dans la démocratie

Troubles dans la démocratie

Nos démocraties sont ce qu’on appelle des démocraties libérales. Cette définition possède deux versants, l’un politique, l’autre économique. D’un point de vue politique, la pensée libérale renvoie au principe du droit, c’est-à-dire de la liberté. D’un point de vue économique, la démocratie libérale renvoie à l’économie de marché. On voit comment ces deux courants du libéralisme entrent en opposition. On ne peut à la fois attendre de l’État qu’il nous protège et lui demander qu’il s’efface. La révolte des Gilets jaunes semble être l’expression de cette contradiction. Car que réclame le peuple ? (Lire l’article)

Le retour du refoulé

Le retour du refoulé

Dans les conversations de cafés, les manifestations, les révoltes des « bonnets rouges » hier, des « gilets jaunes » aujourd’hui, nous assistons à ce que Freud avait génialement appelé « retour du refoulé ». Nos démocraties sont malades : nous n’y croyons plus, nous nous interrogeons, nous n’en finissons pas de nous poser des questions sur notre santé, notre avenir… Nous ruminons nos pensées « politiques » à la façon d’une névrose obsessionnelle. Nous nourrissons de nombreux doutes. Mais qu’avons-nous refoulé ? (Lire l’article)

Fragments d’un discours politique

Fragments d’un discours politique

Dans les Fragments d’un discours amoureux, Barthes constate que “le discours amoureux est aujourd’hui d’une extrême solitude. Ce discours est peut-être parlé par des milliers de sujets (qui le sait ?) mais il n’est soutenu par personne; il est […] ignoré, ou déprécié, ou moqué…” Un peu plus loin, Barthes note que le discours amoureux est devenu inactuel. Le livre paraît en 1977. Les choses n’ont cependant guère changé. Peut-être en va-t-il de même du discours politique. Nos hommes d’État et leurs ministres donnent souvent l’impression de parler dans le vide, non qu’il n’y ait personne en face d’eux pour les applaudir mais parce que personne ne les prend plus vraiment au sérieux. Le discours politique est pourtant un des nerfs de la démocratie. Doit-on alors conclure qu’avec le déclin de la parole politique s’amorce celui de nos régimes ? (Lire l’article)

Écrasez l’infâme !

Écrasez l’infâme !

« Écrasez l’infâme ! » Philosopher à l’âge des Lumières, livre de Bertrand Binoche publié aux éditions La Fabrique

Gone with the Wind

Gone with the Wind

Banksy donc est depuis quelque temps déjà un artiste célèbre. Son street art peut être aperçu dans différentes capitales du monde, dont Londres bien sûr mais aussi Paris : après la tragédie du Bataclan, Banksy avait laissé un dessin au pochoir sur une des portes de cette salle de spectacle. Les Parisiens ainsi que la presse étaient venus en nombre admirer l’œuvre éphémère. Mais, vendredi 5 octobre, Banksy a franchi un nouveau cap dans la notoriété en faisant le buzz chez Sotheby’s. Un de ses dessins s’est autodétruit à peine adjugé, vendu à 860 000 livres sterling à un acheteur dont l’identité n’a bien sûr pas été révélée. Mais quelle est la valeur esthétique de cette Jeune fille au ballon ? Et comment une œuvre d’art s’apprécie-t-elle ? (Lire l’article)

Oxygène

Oxygène

France 2 a diffusé mardi 25 septembre la première partie d’un long documentaire consacré à l’histoire de l’immigration en France, intitulé Histoires d’une nation. Ce documentaire est une véritable bouffée d’oxygène dans l’atmosphère délétère que certains esprits obtus s’acharnent à faire régner dans l’hexagone, en agitant sans cesse le fantasme d’une identité française menacée par les vagues successives d’immigrations. Le film montre au contraire comment la France s’est construite et développée grâce à l’apport des différentes générations d’immigrés. L’occasion d’interroger la notion d’identité, qu’elle soit personnelle ou collective. Un individu possède-t-il réellement un moi bien défini, une nation a-t-elle une identité claire ? Qu’est-ce que l’identité ? (Lire l’article)

Des hommes sans qualités

Des hommes sans qualités

La démocratie, répète inlassablement Tocqueville, c’est d’abord et surtout “l’égalité des conditions”. Il ne s’agit pas d’une égalité de richesse, à laquelle Tocqueville ne croit pas, mais d’une égalité en droits, telle qu’elle se trouve proclamée dans l’article 1 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : ”Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits.” Il n’y a désormais, en théorie tout au moins, plus de privilèges, plus de classes ou de castes sociales détentrices de prérogatives qui seraient, en droit, refusées aux plus humbles. Chacun peut désormais aspirer aux fonctions les plus élevées. Il n’y a plus d’abîme entre le paysan et l’aristocrate. Il n’y a plus d’aristocratie. Une des conséquences de cette nouveauté inouïe est le développement des ambitions personnelles. (Lire l’article)

Mon semblable

Mon semblable

BlaKkKlansman, le dernier film de Spike Lee, sorti en salles le 22 août, traite sur le mode de la comédie du racisme purulent aux États-Unis. Adapté d’une histoire vraie, le film raconte comment un policier noir réussit à infiltrer le Ku Klux Klan à l’aide d’une ruse qui vaut bien celles d’Ulysse. L’action se situe dans les années 1970, époque du Black Power, époque aussi où le Ku Klux Klan, bien qu’il n’ait plus d’existence légale, continue de mener des actions d’intimidation à l’égard des Noirs. Pourtant au-delà du portrait féroce et burlesque des hommes de cette organisation raciste, suprémaciste et identitaire, c’est l’Amérique de Trump qui est directement visée par Spike Lee comme en témoignent les quelques “great America” que se lancent régulièrement les adeptes du Klan. L’occasion de s’interroger sur ce que nous appelons “mon semblable”. (Lire l’article)

En vacances

En vacances

La peur que notre société éprouve à l’égard du chômeur, du migrant, du sans domicile fixe, du vagabond et du romanichel vient sans doute de ce que ces catégories échappent, au moins en partie, au contrôle de l’État. La grande question qui revient sans cesse à propos des chômeurs est de savoir ce qu’ils font tout au long de la journée. À quoi s’ajoute la question de savoir où ils vont. Se promènent-ils ? Les vacances devraient nous délivrer au moins une fois l’an des chaînes du travail. Elles devraient être un temps de liberté et de désordre. Éloigné des centres de contrôle (usine, entreprise, atelier, administration), l’homme devrait pouvoir souffler un peu et faire ce qui lui plaît, aller où ça lui chante, avec qui il l’entend ou bien seul s’il le préfère. Un rapide coup d’œil sur l’organisation des congés payés montre que nous sommes loin d’une pareille liberté. (Lire l’article)

L’actualité

L’actualité

Les nouvelles sont étourdissantes par leur rapidité, leur nombre, leur éclat. Elles sont au sens propre du mot divertissantes. Divertir vient du latin « divertere » qui signifie détourner le regard de quelqu’un. Il y a comme de la magie dans le divertissement. Le prestidigitateur détourne le regard du public vers sa main gauche pendant que de la droite il arrange la supercherie. Un clin d’œil suffit et le lapin est là, tout droit sorti d’un chapeau. Dans Les Pensées, Pascal soutient que les hommes ne peuvent supporter leur existence sans se divertir. Les nouvelles détournent notre regard de l’essentiel, elles nous étourdissent, nous aveuglent et nous finissons par ne plus avoir aucune idée claire sur la marche du monde comme sur celle de nos vies. Il semble ainsi qu’un nouvel animal soit né, un animal qui a désormais besoin chaque jour de sa ration d’actualités. (Lire l’article)

L’horreur, l’horreur

L’horreur, l’horreur

« L’horreur, l’horreur » : c’est par ces mots que s’achève la fameuse nouvelle de Conrad Le Coeur des ténèbres. C’est par ces mêmes mots qu’on pourrait introduire la très belle exposition que consacre la Maison européenne de la photographie à l’œuvre de James Nachtwey.

Sur l’avenir de nos établissements scolaires

Sur l’avenir de nos établissements scolaires

En 1872, à Bâle, Nietzsche donnait un cycle de cinq conférences sur “l’avenir de nos établissements d’enseignement”. Dans ce texte le jeune philosophe dresse un constat accablant des établissements scolaires qui ne sont plus capables de promouvoir une culture digne de ce nom. Ses critiques sont nombreuses mais l’une d’entre elles est récurrente : les lycées n’enseignent plus la maîtrise de la langue. Il semble que nos établissements scolaires en soient aujourd’hui au même point, du moins dans l’esprit qui les anime… (Lire l’article)

En attendant la fin

En attendant la fin

#guide   Ne manquez pas Poussière de Lars Norén qui se joue actuellement à la Comédie-Française. Dans un décor de ruines, Lars Norèn campe une dizaine de vieillards cacochymes qui attendent la fin, comme dans une...

Relais 4×400 m messieurs

Relais 4×400 m messieurs

Plaire, aimer et courir vite, le film de Christophe Honoré montre le relais que se passent trois hommes de générations différentes. Leur course est pleine d’obstacles : nous sommes dans les années 1990 et le SIDA fait des ravages.
Sens dessus dessous

Sens dessus dessous

Le tableau d’un déclin du pouvoir politique en matière économique et financière s’accompagne d’un second tableau tout aussi inquiétant : le regain du rôle de l’État cette fois-ci en matière de vie privée et de libertés individuelles. Nous voyons que nos démocraties nous donnent le spectacle d’États faibles face aux grands groupes financiers ou face aux entreprises géantes comme Google mais puissants face à des individus de plus en plus démunis : on ne saurait rien imaginer de pire, écrit à quelques mots près Tocqueville à propos du nouveau despotisme qu’il voit surgir à l’horizon des démocraties modernes. (Lire l’article)

 

Vis-à-vis

Vis-à-vis

Le Musée de l’Orangerie a eu la très bonne idée de donner pour vis-à-vis aux dernières toiles de Monet quelques œuvres remarquables de la peinture abstraite américaine des années cinquante. Pour mieux comprendre toute la modernité de Monet.
La guerre sans nom

La guerre sans nom

Une “intervention militaire”, “une frappe ciblée”, “une opération de protection des populations civiles” : ce sont autant d’expressions, d’euphémismes au fond employés par les gouvernements d’ici et d’ailleurs pour requalifier ce qu’on appelait autrefois la guerre. Mais pourquoi aucun État ne déclare-t-il plus officiellement la guerre ? La question peut surprendre à une époque où les conflits armés se multiplient aux quatre coins de la planète. (Lire l’article)

Le sens de la vie

Le sens de la vie

Quand le président de la République, en s’adressant à une assemblée d’évêques, déclare que « la laïcité n’a pas pour fonction de déraciner de nos sociétés la spiritualité qui nourrit tant de nos concitoyens », il remet sur le devant de la scène une vieille idée dénoncée par Nietzsche. La spiritualité, dans le contexte particulier du discours du président, ne peut en effet que renvoyer à la recherche d’une présence divine, garante d’un sens et de valeurs supérieures.Mais n’existe-t-il pas d’autre spiritualité que religieuse ? Le simple fait de penser n’est-il pas en lui-même déjà quelque chose de très spirituel ? (Lire l’article)

In memoriam Clément Rosset

In memoriam Clément Rosset

Clément Rosset est mort à Paris le 27 mars 2018. Il avait 78 ans. Il est impossible de résumer une pensée qui s’est développée sur des dizaines d’années à travers de nombreux livres. On peut pourtant, comme Bergson nous y invite, soutenir qu’une pensée tourne toujours autour d’une intuition fondamentale. Pour Clément Rosset, cette intuition tenace était qu’il n’existait rien d’autre que ce que nous avons sous les yeux. C’est ce qui l’a conduit à s’opposer à toute forme de religion, qu’elle soit révélée ou politique. (Lire l’article)

Une ombre qui passe

Une ombre qui passe

Quel rapport entre Macbeth et l’affaire libyenne où Nicolas Sarkozy est mis en cause ? Aucun ? Voire… Tous les ingrédients d’une tragédie shakespearienne sont en tout cas présents : des personnalités hautes en couleur, des morts, le tout situé sur des scènes nombreuses et variées – Paris, Tripoli, Londres, l’île Moustique. Enfin cette affaire est une histoire de pouvoir : comment l’acquérir et comment le conserver. En faisant rentrer l’histoire qui se déroule sous nos yeux dans la trame du drame élisabéthain, on retrouve la folie qui accompagne souvent la possession du pouvoir. (Lire l’article)

Où allons-nous ?

Où allons-nous ?

Peut-on donc encore croire au progrès à une époque où beaucoup ont le sentiment d’une régression générale ? S’il nous est difficile de nous représenter ce que serait “le meilleur des mondes possibles”, il est aisé de connaître quel est le pire pour la simple raison qu’il s’est déjà produit et qu’il continue de se produire sous nos yeux avec par exemple les massacres de la Ghouta en Syrie. Comment résister ? C’est sans doute la question essentielle qui se pose aujourd’hui. (Lire l’article)

L’état de l’opinion

L’état de l’opinion

Pour justifier son projet de loi « pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif », le ministre de l’Intérieur invoque entre autres « l’état de l’opinion publique ». Mais qu’est-ce que l’opinion publique ? Que veut-elle ? Et comment le savoir ? Existe-t-elle seulement ? Que l’on suive les analyses de Marx ou de Tocqueville, l’opinion publique n’est pas une opinion libre. Elle n’est pas voulue par ceux qui s’en réclament pourtant. Elle est tantôt l’expression du discours de la classe dominante, tantôt l’expression d’une adhésion contrainte au discours du plus grand nombre. En ce sens l’opinion publique est un leurre. (Lire l’article)

Une sale histoire

Une sale histoire

Vendredi 26 janvier, le parlement polonais a voté une loi qui condamne quiconque mettrait en cause la responsabilité des Polonais dans les crimes commis par l’Allemagne nazie.  Ironie de l’histoire, la chaîne Arte diffusait au même moment le documentaire de Claude Lanzmann Quatre sœurs où le rôle actif joué par certains Polonais dans la politique d’extermination des Juifs menée par les Nazis est souligné à plusieurs reprises. L’histoire est plus sale que la légende que tente de promouvoir le parlement polonais. Mais n’en va-t-il pas de même pour tous les États ? L’histoire officielle n’est-elle pas le spectre qui hante tout État désireux de conforter sa légitimité ? (Lire l’article)

Me too ?

Me too ?

Les mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc nous permettent de découvrir – ou de faire semblant de découvrir – que, malgré les droits conquis grâce à l’action des mouvements féministes, les femmes continuent aujourd’hui d’être exploitées. En effet, l’égalité en droits que reconnaissent nos États n’est pas une égalité matérielle (ou égalité de condition) mais une simple égalité formelle. Mais que mettons-nous en place à travers cette campagne de dénonciation généralisée sinon ce que Foucault appelait “une société de contrôle” ? (Lire l’article)

Nouvel an

Nouvel an

En ce début d’année où la coutume veut que nous nous souhaitions une bonne et heureuse année, il n’est peut-être pas inutile de s’interroger sur la nature du bonheur. Une question qui, de nos jours, apparaît indissociable de celle de l’individualisme. Cette dernière notion est cependant aussi confuse que la précédente. Qu’est-ce qu’un individu ? Qu’est-ce que le bonheur ? Existe-t-il, au moins ? (Lire l’article)

La Chose

La Chose

À quelques jours des fêtes de Noël, il est tentant de parler de la Chose. Certains se demandent si elle existe, d’autres affirment l’avoir vue ou entendue, beaucoup enfin, et ce sont les plus nombreux, ne jurent que par elle. On voit bien que ce qui compte dans la question de Dieu, c’est d’en parler, moins pour le seul plaisir de l’évoquer (nous serions alors dans un discours de type poétique) mais dans le but de réduire au silence “les autres”, ceux qui ne cherchent pas à justifier leurs paroles en les raccrochant à un improbable référent. (Lire l’article)

Les fleurs du mal

Les fleurs du mal

Une pétition circule à New York pour qu’une toile de Balthus soit retirée du Metropolitan. On y voit la culotte d’une petite fille. Cette anecdote nous ramène à la question maintes fois discutée : le beau doit-il être l’ami du bien ? L’art doit-il être moral  ? Le problème n’est pas nouveau. En 1857, à la suite de la parution des Fleurs du mal, Baudelaire et ses éditeurs étaient condamnés pour délit d’outrage à la morale publique. (Lire l’article)

Les meilleures intentions

Les meilleures intentions

Le suicide de Slobodan Praljak en pleine audience du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) pose plusieurs questions, dont la plus importante : le TPIY est-il une juridiction compétente et légitime ? La réponse ne va pas de soi  : L’ONU est censé prévenir les conflits, éventuellement y mettre fin, mais non juger les acteurs individuels de ces conflits… (Lire l’article)

Animaux sans paroles

Animaux sans paroles

À en croire le think thank Terra Nova, il faut manger moins d’animaux. Argument : l’impact désastreux de notre consommation excessive de viandes sur notre santé comme sur notre environnement. À trop manger de chairs carnées, nous creusons notre trou. Un constat qui, malgré les apparences, se situe aux antipodes des croyances véhiculées par le mouvement végan très à la mode aujourd’hui. Une question, pour y voir plus clair : peut-on respecter les animaux ? (Lire l’article)

Gaîté lyrique

Gaîté lyrique

Le 15 novembre 2017, les Australiens ont massivement voté en faveur du mariage pour tous. Le même jour, sous nos latitudes, la présidente par intérim de Sens commun, Madeleine de Jessey, déclarait sur les ondes de RTL que son groupuscule “ne renonce pas à être opposé à la loi” sur le mariage pour tous votée en 2013. Mais pourquoi la loi qui autorise les couples du même sexe à convoler en justes noces serait-elle une infamie ? En quoi les couples hétérosexuels seraient-ils de meilleurs couples et de meilleurs candidats à la procréation ou à l’adoption ? Y aurait-il une bonne et une mauvaise sexualité ? Existe-t-il seulement une sexualité naturelle ? (Lire l’article)

Paradise lost

Paradise lost

Dans une affaire comme celle des Paradise papers, est-il judicieux d’invoquer la morale à tout va comme on le voit faire depuis quelques jours ? Ne devons-nous pas en effet choisir entre la morale et le droit ? Doit-on reprocher aux évadés fiscaux leur manque de moralité ? Ne vaudrait-il pas mieux abandonner les jérémiades moralisantes pour leur préférer le langage du droit ? (Lire l’article)

Heumpty Deumpty

Heumpty Deumpty

– La question, dit Alice, est de savoir si vous avez le pouvoir de faire que les mots signifient autre chose que ce qu’ils veulent dire.
– La question, riposta Heumpty Deumpty, est de savoir qui sera le maître… un point, c’est tout.
Les débats autour de l’écriture inclusive me rappellent cet étrange échange entre Alice et Heumpty Deumpty. La question est en effet de savoir qui est le maître, du langage ou de l’homme. (Lire l’article)

Comédie à Hollywood

Comédie à Hollywood

Après avoir habitué les spectateurs à se délecter de comédies à la fois plates et bien pensantes, voilà qu’Hollywood nous offre aujourd’hui une comédie d’un tout autre genre, plus épicée, plus violente, moins morale que celles qui nous étaient habituellement servies, mais qui connaît d’ores et déjà un vif succès. L’affaire Harvey Weinstein a en effet tout d’une comédie si l’on veut bien admettre que la répétition est un des ressorts principaux du comique comme le remarque Bergson dans Le Rire. (Lire l’article)

L’imbroglio catalan

L’imbroglio catalan

Ce qui se passe en Catalogne paraît sans doute surréaliste aux yeux de nombreux Européens habitués à vivre en paix au sein de leurs frontières. Or voici que de l’autre côté des Pyrénées (“Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà”, notait Pascal) se produit l’inimaginable : un peuple ou une région ou encore une communauté réclame le droit à l’autodétermination et menace de faire bientôt sécession. La violence a déjà commencé, le spectre de la guerre civile est invoqué par certains. Mais ce que revendiquent les Catalans est- il légitime ? (Lire l’article)

Épilogue

Épilogue

La rentrée des classes est passée depuis quinze jours mais je n’ai pas reçu d’affectation. Le lycée où je travaillais l’an dernier attend pourtant un professeur de philosophie. Trois classes ont besoin de cours tandis que je reste chez moi. Je tente plusieurs fois de joindre mon rectorat afin de leur expliquer la situation. Parfois quelqu’un me répond mais ce n’est pas la bonne personne. (Lire l’article)

Fini les belles phrases. Il faut agir !

Fini les belles phrases. Il faut agir !

Le bac approchait à grands pas. La première épreuve, celle de philosophie, était programmée pour le lundi en huit. Mon programme était pourtant loin d’être bouclé. Après notre installation au Cinéclair, les incidents s’étaient multipliés. Au total, je n’avais pu donner qu’un seul cours, et encore ! Le rideau de scène s’était décroché pour me tomber sur la tête au moment où je m’apprêtais à parler de Hegel. (Lire l’article)

Sans sommation

Sans sommation

Nous ne croyons plus en l’égalité des chances. Trop d’élèves quittent l’école sans diplôme, trop d’enfants des milieux populaires n’accèdent pas aux études supérieures. Nos examens eux-mêmes ont perdu de leur valeur. Ce qui importe aujourd’hui est moins la réussite au bac que la mention qui l’accompagne. (Lire l’article)

Manif à l’Élysée

Manif à l’Élysée

Aidé par un vent mauvais, l’incendie avait ravagé les trois quarts du lycée. Les élèves ainsi que leurs professeurs furent contraints à nouveau de prendre des vacances. Les contractuels étaient discrètement licenciés, les personnels techniques affectés dans d’autres établissements. Quatre semaines plus tard, nous emménagions dans des containers installés en hâte au milieu de nulle part. (Lire l’article)

Déclin

Déclin

Le déclin de l’Éducation nationale s’exprime à travers différents signes. L’un d’eux, et qui ne trompe pas, est la multiplication des établissements privés. Un autre signe qui ne trompe pas non plus est la multiplication sidérante des cours particuliers. (Lire l’article)

Effondrement

Effondrement

Le lycée menaçait ruine depuis quelque temps déjà. Rien n’avait été entrepris pour empêcher l’eau des pluies, abondantes dans cette partie de la France, de s’infiltrer à l’intérieur des bâtiments. Le 10 janvier le plafond de ma classe s’effondra sous la pression de l’eau. (Lire l’article)

Des speakerines et des points

Des speakerines et des points

Faire carrière dans l’Éducation nationale est une expression presque dépourvue de sens lorsque vous êtes enseignant. Le seul véritable moyen de progresser est en fait de quitter ce ministère A.M.E.R. (Lire l’article)

Ce dont on ne peut parler…

Ce dont on ne peut parler…

Je retrouvai mes élèves presque deux semaines après le conseil de classe. Le cours précédent avait été supprimé en raison des intempéries : la neige rendait les routes impraticables. Nous étions à la veille de Noël. Ce cours était le dernier avant les vacances d’hiver. (Lire l’article)

Évaluation

Évaluation

Ce jour-là, j’arrivai en cours avec cinq bonnes minutes de retard. Les élèves m’attendaient dans le couloir, agités et bruyants. En classe il me fallut encore cinq minutes pour rétablir le calme. Les élèves ne paraissaient guère disponibles, la faute à mon retard sans doute, à leur jeunesse peut-être, à la philosophie aussi. C’est ce que j’imaginais quand je me rappelai soudain que je leur avais demandé de me rendre un devoir. (Lire l’article)

Assaut

Assaut

La semaine dernière, dans un lycée du 93, je donnais un cours sur le bonheur à des élèves d’une terminale technique. La matinée touchait à sa fin, les élèves commençaient à réagir après un début de séance un peu poussif. Quand soudain : « Il y a des casseurs dans la cour, monsieur. » (Lire l’article)

Euphémismes

Euphémismes

La manie des néologismes n’est pas nouvelle en France. Elle n’est pas non plus cantonnée au seul domaine de l’éducation. Ces néologismes sont souvent des euphémismes. Un mort est un défunt, un aveugle un non-voyant. Que signifie alors la métamorphose du professeur en enseignant ? (Lire l’article)

Ubu Trump, acte II

Ubu Trump, acte II

À la Maison blanche, la veille de la cérémonie d’investiture, puis dans le bureau ovale, une semaine plus tard.

Père Trump.– J’ai faim ! Michael n’est toujours pas arrivé ?

Sarah.– Mister Président a signé son premier décret d’expulsion. Huit millions de Mexicains ont été arrêtés ce matin.

Mère Trump.– Mais mon gros chéri, tu n’es pas encore tout à fait Président ! La cérémonie d’investiture n’a pas encore eu lieu !

Père Trump.– Merdre !

Michael Pinn, les bras chargés de hamburgers, de cornets de frites et de sodas.– Et voilà, Père Trump ! Les burgers sont arrivés ! Comme vous êtes Président, le vendeur vous a mis une quadruple épaisseur de steaks hachés. Vous avez le burger impérial !

Père Trump, à Michael.– Le Super Méga Big Burger ?! Oh ! Dans mes bras, mon fidèle lieutenant ! Bougre de merdre ! Ça a l’air rudement bon ! (À Mère Trump.) Tu vois bien, vieille haridelle, que je suis LE Président ! Même le vendeur du bouffre Donald le sait ! Espèce de vieille chipie ! Je vais te répudier, je vais te faire jeter au cachot… je vais, je vais t’envoyer en Irak ! (Lire l’acte II)

Canons

Canons

Mes élèves avaient l’esprit ailleurs et le corps excité. Ils sortaient presque de trois semaines de vacances. Bien sûr, personne n’avait eu le temps de faire la dissertation sur l’art. Le sujet lui-même avait été oublié. J’eus un moment de découragement, quand Louis lança une plaisanterie qui remit malgré lui la machine en marche. (Lire l’article)

Quelque chose de Beckett

Quelque chose de Beckett

Enseigner est une drôle d’expérience. Quelle que soit votre état de fatigue ou de santé, votre envie ou non de travailler, vos problèmes personnels, vos amours, quelle que soit votre condition, il faut faire cours. Cette contrainte qui pourrait être insupportable est en réalité ce qui transporte un professeur. (Lire l’article)

Le voyage à Londres

Le voyage à Londres

Après un épisode pluvieux, le temps s’était remis au beau. Une douceur inattendue accompagnait la rentrée de novembre. C’est l’esprit détendu que je me dirigeais vers mon lycée, content à l’idée de retrouver mes terminales scientifiques, que j’avais pris en amitié. (Lire l’article)

Respect

Respect

Le respect est un mot à la mode et notre époque reproche souvent aux jeunes d’en manquer. Mais à l’égard de qui ou de quoi ? J’ai entendu dire que de jeunes banlieusards avaient manqué de respect à un Abribus en le détruisant. Ce sont sans doute les mêmes qui manquent de respect à l’égard de leurs professeurs. C’est du moins ce que racontent la plupart des gens. (Lire l’article)

Beauté

Beauté

J’avais un peu de mal à retenir l’attention des élèves dont les regards partaient vers le déluge qui noyait la campagne alentour. Pourtant, quand je leur annonçai qu’ils auraient à la fois un sujet de dissertation à traiter pendant les vacances et un devoir sur table la semaine de la rentrée, les têtes se retournèrent mécaniquement vers moi. (Lire l’article)

Vocation

Vocation

Un ministre de l’Éducation nationale parlait il y a quelque temps de vocation pour caractériser le métier de professeur. Chacun sait pourtant que la vocation n’est qu’un simple cache-misère. Personne n’est appelé à devenir professeur ou quoi que ce soit d’autre d’ailleurs. Aujourd’hui, personne ou presque n’entend plus de voix. (Lire l’article)

L’art et la question

L’art et la question

Au lycée de Z, ce jour-là, j’espérais pouvoir conclure mon cours sur le mystère de l’art. Dans la classe, l’ambiance se tendait peu à peu. La question  passionnait maintenant les élèves. Louis défendait une position qui allait susciter une polémique. Selon lui, il n’existait aucun mystère. « On peut tout expliquer, Monsieur. Les mystères, quelle blague ! » (Lire l’article)

Sourate n°2, verset 80

Sourate n°2, verset 80

Une jeune fille d’une terminale scientifique vint un jour me trouver afin de m’apprendre certaines vérités que je semblais ignorer. Nous sortions d’un cours sur la connaissance et plus précisément sur la démarche scientifique. J’avais tenté d’expliquer à quelles conditions il était légitime de parler de « vérités scientifiques ». J’avais cependant, me dit cette élève, oublié un élément essentiel dans ma présentation. (Lire l’article)

Le Radeau de la Méduse

Le Radeau de la Méduse

Suite du cours sur la dissertation : « Peut-on expliquer une œuvre d’art ? » Aux yeux des élèves, la littérature n’était pas un art mais une discipline scolaire – il y a là de quoi s’interroger sur sur notre système scolaire qui semble désormais dévaloriser tout ce qu’il touche à la façon d’une mauvaise fée –, je décidai de prendre l’exemple du Radeau de la Méduse(Lire l’article)

Couloirs

Couloirs

L’anecdote remonte à une douzaine d’années. La salle où j’enseignais se trouvait à l’entresol d’un lycée construit sur une pente. On avait installé dans cet endroit sinistre la plupart des salles réservées aux classes techniques. Un jour, alors que mon cours était déjà bien avancé, je fus surpris par une odeur de brûlé. (Lire l’article)

Formulaire

Formulaire

Dans mon lycée de Z, le cours sur la dissertation se poursuivait sans anicroche. Qu’est-ce qu’une oeuvre d’art ? Beau sujet, les questions fusaient. La classe semblait mordre à l’appât. Quand soudain quelqu’un frappa à la porte… (Lire l’article)

Lettre anonyme

Lettre anonyme

Il y a une règle d’or dans le métier de professeur qui est la règle de “non-confidentialité”. Il ne faut jamais garder pour soi les problèmes rencontrés avec une classe ou un élève en particulier, les difficultés en tous genres, les lettres anonymes a fortiori. Le silence est ici désastreux. Et pourtant… 
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Art

Art

Peut-on apprendre à vivre ? Désirer, est-ce nécessairement souffrir ? Y a-t-il une vie avant la mort ? L’expérience instruit-elle ? Travailler, est-ce perdre son temps ? Peut-on expliquer une œuvre d’art ? Passé le premier moment de stupéfaction, les élèves regardaient la dissertation d’un nouvel œil. Les questions leur plaisaient, certaines mêmes leur parlaient un peu. Je choisis de traiter la dernière malgré plusieurs protestations. (Lire l’article)

Contact

Contact

Après avoir examiné les visages fermés des élèves de ma terminale scientifique, je compris qu’il me faudrait d’abord regagner leur confiance. Cela signifiait affronter une forme de suspicion que je n’avais jamais rencontrée au cours de ma carrière : les élèves me prenaient pour un professeur au rabais. Je tombais du ciel avec trois semaines de retard et ils s’imaginaient à l’évidence que je ne possédais aucune qualification. (Lire l’article)

Coran

Coran

Chaque année je demande à mes élèves de m’indiquer sur une fiche leurs lectures, quelles qu’elles soient, littéraires, philosophiques ou illustrées. Dans cette classe la plupart reconnaissent n’avoir rien lu en dehors des quelques extraits d’œuvres imposés en classe de première. Une élève pourtant me tend sa fiche avec fierté. Elle a lu le Coran, affirme-t-elle. (Lire l’article)

Métier

Métier

J’enseigne la philosophie en classe de terminale depuis un peu plus de trente ans. La philosophie est une discipline que l’on peut enseigner en s’amusant beaucoup tout en travaillant avec le plus grand sérieux. C’est sans doute pourquoi je continue d’aimer mon métier, du moins lorsque mon ministère me permet de l’exercer. C’est pourtant un métier que j’ai cessé de conseiller à mes élèves.
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Affectation

Affectation

C’était il y a trois ans. J’avais reçu mon arrêté d’affectation avec vingt jours de retard sur la rentrée des classes. Nous étions déjà le 21 septembre quand un coup de fil autoritaire et comminatoire du rectorat m’apprit que je devais sur le champ me rendre à Z, où on avait oublié de nommer un professeur de philosophie, devant quatre classes de terminale. (Lire l’article)

Invasion

Invasion

L’exercice du métier de professeur est plus varié, plus amusant, plus pénible aussi quelquefois que ne l’imagine la plupart des gens. Une anecdote me revient à l’esprit. La rentrée scolaire avait eu lieu depuis une huitaine de jours quand les élèves d’une terminale technique me demandèrent de déplacer mon cours de philosophie du vendredi au mardi. (Lire l’article)