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Ray Davies, un Kinks de retour
| 19 Avr 2017

Ray Davies © Alex LakeAmericana était déjà le titre de son livre autobiographique publié en 2014. C’est aujourd’hui aussi le titre du dernier album solo du leader des Kinks, ce groupe britannique légendaire des années 60. À 73 ans, Ray Davies, n’a rien perdu de sa voix qui redevient vite familière dès qu’il entonne Americana, son ode à la mythique Amérique de sa jeunesse, véritable muse des compositions des Kinks. 

Près de dix ans après Working Man’s Café, le guitariste chanteur propose un vrai album printanier, rempli de fraîcheur et de clins d’œil au passé très tumultueux des compositeurs de You really got me et de Sunny afternoon. On reconnaît aisément que la patte du groupe est la sienne. Mêmes sons de guitare, mêmes riffs, mais bien plus calmes, sans doute à cause de l’âge. « L’Amérique, c’est le pays de l’ice cream et de l’apple pie, des pistolets et du Far West, affirme-t-il en présentant son nouvel album. J’ai toujours été inspiré par ce grand ciel que tous les problèmes du monde ne semblent pas altérer. »

Le naissance du groupe The Kinks remonte à 1961. À son origine, il y a deux frangins, Ray Davies et Dave Davies, ainsi qu’un pote d’école, Peter Quaife. Le Ray Davies Quartet se produisait dans les bals au son des Shadows ou de Bo Diddley. Il devient au fil des mois The Ramrods, The Boll-Weevils puis The Ravens et ce n’est qu’en 1964 que Ray Davies lui donnera son nom définitif avec l’arrivée de Mick Avory. Depuis, les Kinks ont inspiré des générations de musiciens, britanniques et américains. Grâce à leur notoriété, ils seront parmi les premiers à conquérir les États-Unis dès 1965.

Mais à l’époque, leur comportement leur joue des tours sur scène. Les concerts sont bâclés et les engueulades monnaie courante. Si bien que le syndicat des musiciens américains intervient et que les Kinks entrent en conflit direct avec les promoteurs de la pop américaine. « Nous avons été bannis pendant quatre ans, rappelle Ray Davies. Cela a créé un gros trou dans notre carrière. On pouvait jouer en Europe, mais pas aux États-Unis comme tous les autres groupes. » Cet épisode fâcheux ne décourage pas le chanteur originaire de Fortis Green, au nord de Londres, d’habiter souvent New York. Des années plus tard, en 2004, il part s’installer à La Nouvelle-Orléans, plus près des roots musicaux d’outre Atlantique. Malheureusement, il se prend une balle dans la jambe alors qu’il court à la poursuivre de voleurs à la tire, évènement qui chamboulera un peu sa vie et qu’il raconte en détail dans son livre Americana. Les Kinks, la route, le riff parfait.

Aujourd’hui, son histoire d’amour-haine avec les États-Unis est loin d’être terminée et l’envie de donner une suite, musicale cette fois, à son autobiographie est arrivée à maturation. Il recrute le groupe américain The Jayhawks, s’enferme dans un studio londonien assisté de Guy Massey et John Jackson à la production et enregistre son obsession. L’album vient de voir le jour et comprend une quinzaine de titres parmi lesquels de courtes histoires qu’il récite en préambule au deuxième volet de son livre à paraître. Le Prince Charles doit être fan puisqu’il l’a reçu, mi-mars, à Buckingham Palace pour lui remettre la décoration de Chevalier de l’Ordre de l’Empire britannique.

Dino Di Meo
Musique

Ray Davies, Americana, Legacy Recrodings, sortie le 21 avril 2017.
Ray Davies, Americana, Les Kinks, la route, le riff parfait, traduit de l’anglais par Ariel et Marjorie Yerushalmi, Le Castor Astral, 2016.

 

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