Joan Baez, une voix pour un au revoir

Une voix, un combat, un cœur… Et soixante ans de carrière. En fait, tout le monde connaît Joan Baez. Et si, après Paul Simon et Elton John, elle vient de décider de mettre un terme à ses longues tournées, la diva du folk n’a pas dit son dernier mot. « J’arrête les tournées mais pas la scène », déclarait-elle dans une récente interview. À 77 ans, la chanteuse qui partageait la scène avec le jeune Dylan au début des années soixante présente un nouveau disque studio, Whistle down the wind, album qu’elle va promouvoir dans sa tournée d’adieu. Il s’agit d’un recueil de reprises pour cette militante de la première heure aux côtés de Martin Luther King, toujours engagée dans les luttes pour les droits civiques. Sa dernière campagne en date soutenait les Indiens du Dakota. Tom Waits, Joe Henry, Mary Carpenter sont au programme de cet album, le premier depuis 2008.

Cela fait un moment qu’elle songe à ralentir ses tournées. Sa mère, décédée en 2013 à l’âge de 100 ans, lui avait finalement dit : « Maintenant tu peux. Tu en a fait assez ! ». Sa voix de soprano reconnaissable entre toutes est en train de changer. « Je ne peux plus atteindre certaines notes, expliquait-elle récemment au New York Times. La voix c’est un muscle et je dois travailler de plus en plus dur aujourd’hui. »

Désignée par Amnesty International « Ambassador of Conscience » il y a trois ans, Joan Baez continue ses manifestations de soutien à la cause progressiste. En janvier dernier, Joan, née à Puebla de père mexicain et de mère écossaise, s’est rendue en Californie pour commémorer l’accident d’avion de Los Gatos Canyon qui avait fait 32 victimes en 1948 avec à bord 28 Mexicains dont les noms n’ont jamais été donnés. Elle y avait chanté « Deportee » de Woody Guthrie, chanson qui raconte cette tragédie. « Je n’arrêterai jamais d’aller à ce genre de manifestations. S’il y a un appel contre la guerre, contre les armes ou n’importe quel festival où je n’ai jamais chanté, j’irai. »

Depuis une dizaine d’années, la chanteuse s’est tournée vers la peinture et le portrait. « Je n’ai jamais imaginé faire ça un jour. Mais je vais m’asseoir et me taire un moment. Et c’est la chose la plus difficile à faire. »

Dino Di Meo
Musique

Joan Baez, Whistle down the wind, Bertus France/Proper Records.

En concert du 4 au 17 juin à Paris à l’Olympia. Le 12 août au festival Jazz in Marciac.

 

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