La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Toulouse, quatre jours au centre de la Terre

Nouvelle édition du 12 au 15 mai, du festival toulousain L’histoire à venir. Sous le titre « Vingt-mille lieux sur la terre », des dizaines de débats sur le passé, le présent et l’avenir de la planète,  
Scarlatti, “Suites de pièces pour le clavecin”, édition Roseingrave. Si l'on en juge par le touchant petit mot laissé sur cette édition Roseingrave de sonates de Scarlatti, Cecilia Arne, célèbre soprano et grande amie de Händel, a dû passer de longues heures dessus : “I have often practiced these” écrit-elle : je les ai beaucoup travaillées...
Chroniques scarlattiennes, Musiques

La secte Scarlatti

Séjournant à Venise comme tant de musiciens du début du XVIIIe siècle, le jeune Irlandais Thomas Roseingrave est invité à montrer ses talents de claveciniste devant un parterre choisi. Il s’en tire plutôt bien mais n’a pas le loisir de se monter du col. Un jeune homme “à l’air grave, vêtu de noir et portant une perruque blanche” lui succède, et joue avec une telle virtuosité que, rapporte-t-il, “mille diables semblaient s’être emparés de l’instrument”. Pour Roseingrave, c’est une révélation. Subjugué par le talent de Domenico, il ne touche plus le moindre clavecin pendant un mois, et suit dévotement son héros à Naples et à Rome. De retour à Londres, “Rosy” fait partager son enthousiasme à plusieurs grands musiciens anglais. (Lire l’article)

“To Young To Wed - Mariées trop jeunes” Expo photo de Stephanie Sinclair à l'Arche du Photojournalisme
Photographie

Très haut, trop jeunes : Stephanie Sinclair sur le toit de l’Arche

L’Arche du Photojournalisme, vaste espace d’exposition juste sous le toit de la Grande Arche de La Défense, accueille le travail fascinant de Stephanie Sinclair. Cette photographe américaine a passé près de quinze ans à documenter une atrocité silencieuse : les mariages forcés de fillettes, une pratique qui sévit de l’Afghanistan aux États-Unis, du Népal à l’Éthiopie, de l’Inde au Yémen (au total une cinquantaine de pays), et qui touche des milliers d’enfants… chaque jour. (Lire l’article)

Aristote à Hollywood. Une chronique avéryenne de Nicolas Witkowski
Chroniques avéryennes, Écrans

Aristote à Hollywood (1)

Les superstitions et les théories loufoques étant un grand ressort du comique avéryen, on a vu Tex Avery faire ses courses au XVIIe siècle (coyotes suspendus et homoncules) et même au Xe (regard télescopique) ; son voyage au supermarché de l’histoire des idées obsolètes ne s’est cependant pas arrêté là, le rayon “philosophes de l’Antiquité” l’ayant particulièrement fasciné. Plus une idée est ancienne, plus grand est son pouvoir comique potentiel. Aristote, avec son étrange (méta)physique dont il n’a pas été facile de démontrer la fausseté, et sa conception très personnelle de la causalité, est spécialement précieux. (Lire l’article)

Foot, Footbologies 2016-2017, présidentielle 2017

J33 – Coup de comm’

Candidat à l’élection présidentielle, Emmanuel Macron a récemment déclaré sa flamme à l’Olympique de Marseille. Dans un football français polarisé par la rivalité Paris-Marseille révélatrice de vieux enjeux socio-culturels, voilà une prise de position étonnamment tranchée pour celui que ses adversaires accusent d’être « d’accord avec tout le monde ». Dans des campagnes électorales où tout est précisément calculé par les conseillers en communication, le supporteur voudrait que le choix du club fût celui du cœur. Il n’en est rien, les clubs ont une image qu’il est plus ou moins recommandable d’associer à celle d’un candidat. Alors, pourquoi ce choix en apparence clivant pour le candidat du consensus ? (Lire l’article)

Entretiens, Le coin des traîtres, Traduction

Le choix de la langue

Les essais spirituels et les romans picaresques où le zen tient la place de choix sont rares. C’est à Paris que se situent les romans de M.C. Dalley, pseudonyme de Philippe Rei Ryu Coupey, maître zen américain, vivant et enseignant le zen à Paris. Car c’est à Paris que s’est déroulée la rencontre qui a déterminé sa vie, celle avec son maître japonais Taisen Deshimaru. Dans ses livres comme dans son enseignement, la traduction et la transmission sont au cœur d’une vision singulière du monde. Il s’en entretient ici avec Agnès Villette. (Lire l’entretien)

Choses revues, Détournements

Réforme des musées (suite)

Réactionnaires, retardataires, amishes, elles ou ils n’ont toujours pas de smartphones ! « Quel est l’intérêt de se rendre dans les musées pour contempler des QR codes, je vous le demande ? » nous a demandé un des protestataires les plus virulents. 
Ex Machina, Sciences

Ex Machina #17: Symétrie m’était contée

[Ex Machina #17] Où l’on retrouve Evariste Galois sur une piste particulièrement prometteuse… « Votre treillis de concepts subjectifs ne contient aucune symétrie et n’a en fait pas besoin d’être explicitement calculé pour exister; pour vous, il est pourtant la seule chose qui existe ».

Scarlatti manuscrit biblioteca marciana
Chroniques scarlattiennes, Musiques

555

Les plus numérologues parmi les superstitieux que nous sommes tous savent que 333 est le nombre de la divinité, 666 celui du diable et 444 le nombre des deux à la fois : il semble qu’avec le code a = 6 ; b = 12, etc., Jésus et Lucifer donnent tous deux 444 ! On n’arrête pas le progrès. Quant à 555, c’est bien sûr le nombre de sonates de Scarlatti. Que Scarlatti se retrouve numériquement quelque part entre Dieu et le diable n’est peut-être pas un hasard : plusieurs critiques l’ont aussi mis dans cette situation. Proust parle du “divin” Scarlatti tandis que d’Annunzio lui trouve quelque chose de maléfique. Cela participe sans aucun doute du charme indéfinissable des sonates. (Lire l’article)

Footbologies, J23 – Superstition et psychologisme, par Sébastien Rutés
Foot, Footbologies, Footbologies 2015-2016

J23 – Superstition et psychologisme

Il n’est pas de sport moins prévisible que le football. La logique y est moins respectée qu’ailleurs, la supériorité physique ou technique n’est jamais le gage de la victoire, et le talent ne suffit pas. Les raisons en sont nombreuses : jeu moins systémique que d’autres, un seul joueur peut y faire la différence, et la part de l’improvisation y est plus grande ; l’influence des erreurs d’arbitrage aussi, car les points marqués étant rares (en comparaison du basket ou du hand-ball, par exemple), une seule mauvaise interprétation décide souvent du sort d’un match ; et cette rareté fait aussi la part belle aux faits de jeux et aux coups du sort. (Lire l’article)

Le coin des traîtres, Traduction

La voix des autres

“Et sinon, à part la traduction, vous écrivez ?… Au moins pour vous, non ? Pas même un peu de poésie quand vous aviez quinze ans ? » Non, je n’aime pas écrire. Le terrain de jeu du langage qui prend pour d’autres l’aspect d’un joyeux champ des possibles est, en ce qui me concerne, un labyrinthe aux proportions infernales. Mais je la connais, la jouissance du langage ; en étant traductrice, justement. Je traduis, je traduis beaucoup, la voix des personnages, la voix du narrateur, la voix de l’auteur, je ventriloque. Jusqu’au jour où… (Lire l’article)