(No-)go zone

par Thomas Gayrard et Sébastien Rutés

Goutte d’Or–Barbès, quartier-monde, oxymore urbaine, marge au cœur de Paris. Capitale du Maghreb et d’Afrique Noire, ouverte à tous les flux, aux trafics de tout et de partout, mais aussi « cité interdite » où nombre de Parisiens n’entrent pas. Escale pour les migrants en route vers l’ailleurs et terminus pour naufragés de la vie. Quartier d’Histoire, patrimoine au bulldozer, images du vieux Paris à l’opposé du cliché d’une population jeune et dépourvue de racines. Enclave en mutation, phobie du « grand remplacement » et fantasme de boboïsation, exclusion et gentrification sur le même trottoir. Jamais aussi attractif que depuis qu’il a été déclaré « no-go zone ». Des paradoxes pour identité, le métissage, la constante et nécessaire réinvention de soi comme culture. Un quartier où s’expérimente ce que nous sommes destinés à devenir, à l’échelle d’une ville et d’un pays. Vu au quotidien par deux de ses habitants.

Corée du Nord

16 janvier 2018

La Goutte d’Or, c’est un peu comme la Corée du Nord. En général, on n’y pense pas. Mais, de temps en temps, un missile en part, qui va s’abîmer au milieu de l’océan. Alors, le monde se sent menacé et regarde vers la Corée du Nord. Et puis les choses se calment, le monde se lasse et les Coréens retournent à leur isolement. De la même façon, on redécouvre périodiquement la Goutte d’Or… (Lire l'article)

Sébastien Rutés