CONCERT

   

 Deux garçons dans le vent

No Money Kids, Hear the silenceVoici un drôle du duo capable de lécher les notes et de leur donner un goût assez sucré qui va puiser dans les sons des guitares de Keith Richards ou de George Harrison tout en les faisant sonner comme s’ils jouaient dans un garage. No Money Kids, ou plus exactemment le blues électro-rock de Félix Matschulat à la guitare et au chant, flanqué de JM Pelatan à la basse et aux synthés à tordre les sons et les rythmes, vient de sortir un deuxième album Hear the Silence, deux ans après s’être fait remarquer avec un EP Old Man puis un premier album I don’t trust you en 2015. Les deux garçons se sont rencontrés dans un studio de banlieue parisienne en 2013. Depuis, ils multiplient les concerts et les contributions dans les séries américaines (Banshee, The Returned ou Night Shift), jusque dans la bande son de Misconduct et Baby, baby, baby. Une production très bien ficelée. DDM

No Money Kidsen concert le 30 mars à La Boule Noire, à Paris, le 6 avril à l’Instant T (Nîmes), le 28 avril à La Fourmi (Limoges), le 29 avril au Festival Ferme d’Hiver (Hauterive), le 13 mai à Callac, le 3 juin à Mervans, le 10 juin à Lusignan (voir ici le détail des concerts)

  

SUBSISTANCES

  

En vrille, ça vibre

“Aglaé”, de Jean-Michel Rabeux, avec Claude Degliame, au festival Avril en Vrille (Les Subsistances). Photo Alain RichardAlors que les Subsistances publient leur manifeste pour rappeler ce qui guide leur action depuis 3 ans, elles accueillent tout le mois d’avril de jeunes créateurs, circassiens, chorégraphes, compositeurs et auteurs. Ça manifeste mais on brunch tout autant. Ça démarre par un cours de danse géant suivi d’un pique-nique et ça se termine par une collaboration avec le festival Les Nuits Sonores et par les assises internationales du roman. De nombreux rendez-vous sont gratuits, dont des visites guidées. « Avril en vrille », on y vibre en solitaire ou en famille. MCV

Du 1er au 20 avril, Les Subsistances, Lyon 1er, 04 78 39 10 02

  

THÉÂTRE

   

Jean-Quentin Châtelain, retour d’enfer

"Une saison en enfer" d'Arthur Rimbaud, mise en scène de Ulysse Di Gregorio, avec Jean-Quentin Châtelain, au théâtre Le LucernaireSeul en scène, immobile au milieu d’un cratère, Jean-Quentin Châtelain revit toute Une saison en enfer sans se prendre pour Rimbaud. Avec sa diction improbable, qui allonge les premières voyelles, détache les syllabes, pétrit la langue comme une glaise, l’acteur est à la fois l’idiot du village et le fou chantant. Dans la lignée du mémorable marin d‘Ode maritime de Pessoa qu’il interpréta dans une mise en scène de Claude Régy, son monologue tient du corps à corps avec « la réalité rugueuse à étreindre ». RS

Une saison en enfer d’Arthur Rimbaud, mise en scène de Ulysse Di Gregorio, avec Jean-Quentin Châtelain, Le Lucernaire, 53, rue Notre-Dame-des-Champs, 75006 Paris, jusqu’au 6 mai.

   

100% AFRIQUE

 

L’Afrique à la Villette

Génération A - 100% Afrique à La Villette © Alioune DiagnePour la deuxième fois, la Villette ouvre grand ses portes aux artistes africains, toutes disciplines et générations confondues. Des expositions à découvrir avec Simon Njami, des cartes blanches notamment à Serge Aimé Coulibaly avec son concours de soli de danse contemporaine, tremplin pour les nouveaux talents de la scène ouest africaine, du hip hop de Jamaïque ou d’Afrique du Sud, une « génération A » proposée par Fatima N’Doye et Aliaoune Diagne avec une flopée d’invités, la présence de Dieudonné Niangouna : bref de Bamako à Kinshasa, c’est « 100% Afrique », comme le titre du festival, et afropunk. Avec en prime de nombreuses performances et ateliers, dont celui de Diwele Lubi pour faire résonner le Gumboots. MCV

100% Afrique à La Villette, 01 40 03 75 75, du 23 mars au 21 mai.

    

DANSE

  

Ça déménage à la Ménagerie

Festival Etrange Cargo, La ménagerie de verre, 2017Depuis 20 ans, le festival Étrange Cargo proposé par la Ménagerie de Verre n’a jamais coulé. Toute la danse contemporaine des années 80 a déboulé dans ce lieu atypique où l’esprit studio est resté, au cœur de Paris (11e). Puis les disciplines s’y sont croisées pour le bonheur (et parfois le malheur) de sa « tenancière » hors pair, Marie-Thérèse Allier qui a toujours eu un franc parler et le nez. Cette année, le festival regarde du côté du cinéma, reprend des pièces trop peu montrées, tire la danse vers le théâtre et renoue avec l’art performance. Une belle manière de surfer en s’immergeant. MCV

Festival Étrange Cargo, jusqu’au 4 avril, Ménagerie de Verre, 12-14, rue Léchevin- 75011 Paris, 01 43 38 33 44

         

En immersion

"Le grand bain", CDC de Roubaix, Le GymnaseArtiste associé au Gymnase, Centre de développement chorégraphique de Roubaix, Jan Martens prend les rênes du festival Le Grand Bain le temps d’une carte blanche. L’opportunité pour le chorégraphe de braquer les projos sur le travail des artistes associés à sa structure GRIP : Steven Michel, Bára Sigfúsdóttir et Rodrigo Sobarzo de Larraechea. L’occasion aussi de voir ou revoir le toqué The dog days are over, dans lequel huit danseurs se livrent à un geste unique : le saut. Sinon, outre cette carte blanche, que du beau monde dans ce festival où l’on peut s’immerger sans risque de couler. MCV

« Le Grand Bain », 4e édition, CDC de Roubaix, Le Gymnase,5 rue du Général Chanzy. 03 20 20 70 30, du 27 mars au 7 avril

    

Elles (ils) écrivent, elles (ils) dansent

Festival Concordan(s)eLe festival « concordan(s)e » consacré à la liaison entre la littérature et la danse (en général de jeunes auteurs) a depuis le 15 mars, ravi nombre d’auditeurs-spectateurs. Dans la place à la Maison de la poésie, au Carreau du Temple, au Colombier de Bagnolet initiateur de la manifestation et dans de nombreuses bibliothèques (30 lieux au total), ce festival révèle beaucoup de la parole, de la syntaxe, de la ponctuation et de l’échange entre artistes de différentes disciplines. Un mot peut en cacher un autre (geste) au cours de sept duos et quatre créations. MCV

Concordan(s)e, jusqu’au 2 avril

     

Danses exposées

19e biennale du Val-de-MarneMalgré le titre, il ne s’agit pas d’une exposition mais d’une Biennale dans le Val-de-Marne où les danses les plus variées se répandent généreusement (22 théâtres concernés). Ouverte sur l’Europe et l’Afrique, la manifestation, issue du premier festival de danse contemporaine à Vitry-sur-Seine il y a 39 ans, ne propose pas moins de 35 spectacles pour une danse manifeste. Sous la conduite de Daniel Favier, directeur de La Briqueterie-incubateur de projets (Centre de développement chorégraphique), la biennale fait remonter à la surface des projets souvent dans l’ombre. Énorme. MCV

19e biennale du Val-de-Marne, La Briqueterie 01 46 86 70 70, jusqu’au 1er avril.

       

Les kids en scène

Kidanse, L’Échangeur CDC Hauts-de-FranceIl n’y a pas que les petits rats qui dansent. L’Échangeur, Centre de développement chorégraphique dans les Hauts-de-France initie un nouveau festival, Kidanse, à destination du jeune public. Parallèlement à de nombreux spectacles qui ne sont pas uniquement « pour enfants », avec des chorégraphes comme Mickaël Phelippeau, Phia Ménard, Daniel Larrieu…, les loulous pourront participer à de nombreux ateliers et accéder à des outils pédagogiques mis à leur disposition. MCV

Kidanse, L’Échangeur CDC Hauts-de-France, 03 23 82 87 22, jusqu’au 31 mars.   

                 

LIVRES

     

Croquer la pomme

Un jour, le monde sera réparé de Moris Farhi, traduit de l’anglais par Agnès Chevallier, dessins d’Eloi Valat, éditions Bleu autourIls sont des enfants dauphins. Orphelins. Qui se sont connus sur terre et unis dans l’eau pour ensuite réparer le monde. Sofi et le narrateur luttent contre les Sauveurs, de ceux qui détruisent chaque parcelle de vérité pour que triomphe la mort. De ceux qui haïssent le vivant comme le merveilleux. Ce texte court tiré du recueil de récits Une enfance turque, de Moris Farhi, emprunte aux légendes, à la force d’un mythe et exerce la fascination d’une histoire de Shéhérazade que l’on voudrait à tout prix véritable tant elle garde la magie de l’enfance. Moris Farhi, très grand écrivain de l’enfance – il faut également lire Jeunes Turcs paru en Libretto – dit que la vie, la fraternité et l’amour sont éternelles et rien d’autre. LB

Un jour, le monde sera réparé, de Moris Farhi, traduit de l’anglais par Agnès Chevallier, dessins d’Eloi Valat, éditions Bleu autour

   

La fraternité du zinc

Jacques Josse, Chapelle ardente (Le Réalgar)Un bar, les amis, face à l’océan. Et le cercueil qui arrive pour une dernière mousse. Le professeur parlera. Le boucher va passer. Le cascadeur aussi, aux jambes mortes, qui garera sa voiture automatique pour qu’on lui apporte sa bière au volant. Ils sont une soixantaine à fêter le Barbu. La Taupe, Pierrot Le Loup ou le Pitbull. Un comptoir aussi peut valoir une messe. LB

Chapelle ardente de Jacques Josse, éditions le Réalgar

     

EXPOSITIONS

  

AD comme Art Déco

AD collections 2017Si on aime la bonne décoration de haute facture, entre savoir-faire et luxe, il faut aller jeter un œil à l’exposition AD Collections, présentée par le magazine du même nom. C’est au Musée d’Art moderne de Paris, ce monument rappelle qu’il a été édifié pour accueillir l’Exposition Internationale des arts et techniques dans la vie moderne, en 1937. On y verra le Cabinet Arabesque d’Elizabeth Garouste, et un vase de Pierre Charpin pour Sèvres. AMF

AD Collections 2017, 11, avenue du Président-Wilson, 75016, jusqu’au 2 avril. Entrée 10 euros.

     

Roulez jeunesse

AJAP 2016Tous les deux ans, le ministère de la Culture distingue des architectes et paysagistes européens de moins de 35 ans. Ces lauréats des AJAP (Albums des jeunes architectes et paysagistes) sont exposés à Paris, à la Cité de l’architecture. « Il faut saluer le courage, l’inventivité et l’énergie de  cette génération confrontée à la crise de la commande », a insisté le Niçois Marc Barani, membre du jury (Grand Prix national de l’architecture 2013). Dans la promotion 2016 de vingt équipes, il faudra suivre le travail de Martinez-Barat Lafore Architectes, déjà bien repérés sur leurs chemins buissonniers théoriques, mais aussi Les Jardiniers nomades. Et tous les autres. AMF

AJAP 2016, Cité de l’Architecture, jusqu’au 9 avril. 45, avenue du Président Wilson, 75016, Paris. Galerie basse des expositions temporaires. Entrée libre. 

  

Erwin Blumenfeld 

Studio Blumenfeld, New York, 1941-1960Deux cents œuvres, une trentaine de clichés inédits… Une exposition met en en scène le travail du  photographe américain d’origine allemande (1897-1969). Particulièrement sa relation avec la presse de mode, Harper’s Bazaar, Vogue, Look, Life, Cosmopolitan et avec la publicité. Sa photographie du mannequin Lisa Fonssagrives sur la tour Eiffel (Vogue, 1939) est célèbre. Ce chercheur dadaïste, à la vie mouvementée, a révolutionné la couleur – solarisation, combinaison d’images positives et négatives, photomontage – dans les années 40 et 50, et marqué l’Amérique. AMF

Docks, cité de la mode et du design, Studio Blumenfeld New York 1941-1960, du 3 mars au 4 juin 2017. 36, quai d’Austerlitz, 75013 Paris. Conférence de Nadia Blumenfeld Charbit, samedi 29 avril, à 18h30, auditorium de l’IFM.

   

Entrez dans la Game Boy

Espace Fondation EDF, 6, rue Récamier, 75007. Du 1er mars au 27 août 2017Mario, Pac-Man, Lara Croft, Candy Crush Saga ou Pokémon Go…  Le jeu vidéo est devenu un média populaire et artistique, support d’une économie très lucrative. L’Espace Fondation EDF, qui était fermé pour travaux, réouvre ses portes avec l’exposition « Game, le jeu vidéo à travers le temps ». En soixante jeux présentés, dont la moitié jouables, Jean Zeid, journaliste spécialisé, remonte le temps de cette « déjà » histoire. Et propose un dialogue entre générations. Des consoles de salon d’antan à la réalité virtuelle d’aujourd’hui. AMF

Espace Fondation EDF, 6, rue Récamier, 75007. Du 1er mars au 27 août. Entrée libre, du mardi au dimanche, de 12h à 19h. 

   

   

Chaque semaine, les choix de délibéré

Spectacles, livres, films, expos…

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