ARTS DE LA RUE

       

Ilotopie occupe Calais

La compagnie Ilotopie, basée à Port-Saint-Louis du Rhône, met le cap au nord durant tout le week-end de l’ascension. Et met les petits plats dans les grands pour présenter aux habitants de Calais plusieurs de ses productions phares, de La Mousse en cage aux Gens de couleur en passant par La Recette des corps perdus. Avec, en point d’ancrage, la place d’Armes, siège pendant cinq jours de rendez-vous ilotopiques -installations et autres structures ludiques, pour, selon l’expression de Bruno Schnebelin, fondateur de la compagnie, « accompagner les habitants dans le dépaysement, dans le fantasme et l’étonnement ». RS

Un week-end avec Ilotopie, à Calais du 24 au 28 mai.

 

BANDE DESSINÉE

  

Décloisonner les arts

Lyon BD festival, 10 et 11 juin 2017Comme chaque année, la ville de Lyon vit durant tout le mois de juin au rythme de la bande dessinée, à l’occasion du 12e festival Lyon BD, les 10 et 11 juin 2017. Fondé sur l’idée d’un décloisonnement, permettant de lier étroitement le 9art aux autres, ce festival se déploie sur plus de 50 lieux (musées, opéra, cafés, cinémas, etc.), qui accueilleront des rencontres, expositions ou performances. Signalons plus particulièrement les différents spectacles vivants qui auront lieu au Théâtre Comédie Odéon les 10 & 11. DO

Lyon BD 2017, les 10 et 11 juin.

  

Au cœur des cases

Bande dessinée : l’art invisible, Musée de l’Imprimerie et de la Communication graphique, LyonPrésentée sous la forme d’une bande dessinée, l’exposition en explique de manière ludique les différentes étapes de la conception et de l’élaboration. Du scénario à l’impression de l’album en passant par le découpage en séquences, l’utilisation de l’ellipse, de la couleur, des bulles, de l’expression de la temporalité ou même des multiples choix typographiques ou des onomatopées, cette balade est une réussite. Basée sur L’art invisible de Scott McCloud, elle décrypte le « neuvième art », en dévoile les mécanismes et les codes et en montre l’extraordinaire diversité. Le visiteur devient progressivement un acteur de ce qu’il découvre, comme aspiré par les planches. La BD ? Nous n’avons pas fini d’en lire. LB

Bande dessinée : l’art invisible, Musée de l’Imprimerie et de la Communication graphique, 13 rue de la Poulaillerie, Lyon 2e, jusqu’au 20 septembre 2017.

   

LIVRES

 

France, envoyée spéciale

Anne Nivat, Dans quelle France on vitQue savons-nous de la France et des Français ? En cette période électorale, Anne Nivat, prix Albert-Londres en 2000, s’est éloignée de son terrain de prédilection, les régions en guerre, pour partir à la rencontre des Français « oubliés ». Qui sont-ils ? Pour qui votent-t-ils ? Quelles sont leurs préoccupations ? Leurs projets ? Leurs visions de la France et de l’avenir ?… À Évreux, Laon, Laval, Montluçon, Lons-le-Saunier et Ajaccio, la journaliste est partie à la rencontre des locaux, captant des instants de vie, et abordant sans tabou ni préjugés les thèmes de l’immigration, de l’insécurité, du racisme, du déclassement et du chômage. CLD

Dans quelle France on vit d’Anne Nivat, Fayard, 496 pages.

   

Cosaques chiliens

« La littérature raconte ce que l’histoire officielle dissimule » affirme Luis Sepúlveda. Connaître le parcours des cosaques durant la révolution russe, puis durant la deuxième guerre mondiale ne donne pas envie de voir danser les cœurs de l’Armée Rouge. Savoir ce que certains ont ensuite fait au Chili aux côtés de Pinochet, à la Villa Grimaldi, renseigne au moins autant sur cette dictature que sur un vingtième siècle qui n’en finit pas d’étirer son ombre. Trois hommes, dont un membre de la garde rapprochée de Salvatore Allende, vont rencontrer un psychopathe à longues moustaches rêvant, des litres de sang sur les mains, de revenir dans la mère patrie pour reprendre la tête d’une nation cosaque bien blanche. Derrière le folklore, la folie : un nouvel éclairage, par le passé et la fiction, sur le 21e siècle. La fin de l’Histoire ? LB

La fin de l’histoire de Luis Sepúlveda, traduit de l’espagnol (Chili) par David Fauquemberg , Éditions Métailié

 

« Ici, on va danser comme volent les oiseaux »

la danse sorcièreSe mêlent au travail du corps jusqu’à l’obsession pour se libérer par la danse des traumas et de « l’énergie noire », une sensibilité rare, des souvenirs refoulés et des abysses émotionnels prêts à se rouvrir. Les mots pour l’exprimer sont là et comme ce roman est aussi vital à l’auteure que la danse l’est au personnage principal, il impose son énergie. Else, formée à l’Opéra Garnier et par Pina Bausch, étoile de la prestigieuse compagnie des Kachinas, danse pour survivre. Pour exorciser la peur et tenir à distance l’ombre qui depuis plus de trente ans, la regarde. D’aucuns parlent d’une forme de folie. Qu’en est-il vraiment ? Désaxée de sa trajectoire par cette présence sombre et continue comme une insupportable pression, Else est le corps en mouvement, parfois catatonique, exalté ou contraint, mais toujours intensément présent. Elle est une étoile délicate, absolue, capable de renaître, pour une effarante vérité autour d’une famille ravagée par un accident. Un grand roman du corps en mouvement et de la danse. LB

La danse sorcière, de Karine Henry, Actes Sud.

   

EXPOSITIONS

 

Jardin, ambiance Bernard Lassus

Bernard Lassus, Canvas, Centre PompidouLe jardin et les paysages reviennent par les fenêtres des musées. Parallèlement à l’événement « Jardins » au Grand Palais, le Centre Pompidou rend  hommage au plasticien-paysagiste Bernard Lassus (né en 1929). Son œuvre s’intègre dans les collections modernes, tandis que le « Jardin monde », espace artificiel, est suspendu sur la terrasse du niveau 5. On peut s’immerger dans l’univers poétique de ce coloriste formé dans l’atelier de Fernand Léger, se confronter à sa réflexion sur les transformations des territoires urbains. Et à ses concepts d’ « ambiance » et de « paysage démocratique ». AMF

Bernard Lassus, exposition du 24 mai au 26 août, « Jardin monde » jusqu’en octobre, au Centre Pompidou à Paris. Conférence le 24 mai : Le Paysage-Jardin, un art de la transformation.

 

Portraits d’écrivains

Hannah Assouline, Portraits d'écrivains (exposition, mai 2017)À la mairie du 5e arrondissement à Paris, Hannah Assouline expose ses portraits d’écrivains, fruits d’un travail au long cours où elle s’est intéressée non seulement aux visages mais aux mains de ses modèles, comme si les lignes de la peau étaient aussi une œuvre à lire. Le résultat est étonnant qui donne à voir, sans voyeurisme ni faux-semblant, une intimité qui ne triche pas, et rappelle, à l’heure de l’enregistrement frénétique du présent, que la photographie est aussi -d’abord ?- un art de la pose. RS

Portraits d’écrivains, photographies de Hannah Assouline, dans le cadre du Festival Quartier du Livre, à la mairie du Vème arrondissement à Paris, jusqu’au 30 mai.

   

Erwin Blumenfeld 

Studio Blumenfeld, New York, 1941-1960Deux cents œuvres, une trentaine de clichés inédits… Une exposition met en en scène le travail du  photographe américain d’origine allemande (1897-1969). Particulièrement sa relation avec la presse de mode, Harper’s Bazaar, Vogue, Look, Life, Cosmopolitan et avec la publicité. Sa photographie du mannequin Lisa Fonssagrives sur la tour Eiffel (Vogue, 1939) est célèbre. Ce chercheur dadaïste, à la vie mouvementée, a révolutionné la couleur – solarisation, combinaison d’images positives et négatives, photomontage – dans les années 40 et 50, et marqué l’Amérique. AMF

Docks, cité de la mode et du design, Studio Blumenfeld New York 1941-1960, du 3 mars au 4 juin 2017. 36, quai d’Austerlitz, 75013 Paris. Conférence de Nadia Blumenfeld Charbit, samedi 29 avril, à 18h30, auditorium de l’IFM.

   

ARCHITECTURE

  

La représentation de l’architecte

L'architecte. Portraits et clichésDu premier bâtisseur égyptien, le vizir Imhotep (vers 2800 av. J.-C.) à la starisation contemporaine du métier de l’architecte, «clé de voûte de tous les arts », Emmanuel Bréon, conservateur en chef  à la Cité de l’architecture et du patrimoine, entend faire découvrir, par l’image, l’apparition et l’évolution de cette figure, de sa formation à ses méthodes de travail. Jules Hardouin-Mansart (1646-1708), Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806), Le Corbusier (1887-1965), Claude Parent (1923-2016) seront représentés dans cette galerie de semblances. AMF

L’Architecte, portraits et clichés, Cité de l’architecture et du patrimoine,  45, avenue du Président Wilson, 75016. Du 21 avril au 4 septembre.

        

ACROBATIE

    

Solidarité de survie

Il n’est pas encore minuit, Compagnie XY © Christophe Raynaud de LageQuand la compagnie XY fait son tour d’acrobaties à la Roundhouse de Londres, c’est impressionnant et c’est drôle, mais c’est surtout plein d’humanité. On ressent la douceur dans les contacts, l’amour dans les regards, le bonheur d’être ensemble est communicatif et l’on voudrait soi-même être lancé pour qu’on vienne nous rattraper. SR

Il n’est pas encore minuit, Compagnie XY, à la Roundhouse de Londres avant une tournée au mois de mai dans l’est de la France (Epinal, Thionville, Reims, Soissons), puis au Mexique et aux États-Unis en juin-juillet. 

  

DESIGN

   

Le Signe prend son envol

Biennale de design graphique à ChaumontLe Signe, Centre national du graphisme de Chaumont (Haute-Marne) a été inauguré en 2016. Depuis, il a poursuivi sa construction, porté par le créateur Vincent Perrottet et son équipe et il inaugure sa première Biennale de design graphique. Expositions, concours, ateliers participatifs, conférences, concerts, rencontres vont animer la ville, dans la continuité avec l’historique festival d’affiches, mais en s’ouvrant davantage à tous les champs de la discipline. Il durera quatre mois. Le poster de la biennale est réalisé par Formes Vives. AMF

Le Signe, Biennale de design graphique, du 13 mai au 24 septembre. 1, place Emile Goguenheim, 52000 Chaumont. 03 25 35 79 01

 

 Elise Fouin, une franche conteuse

Elise Fouin, exposition « ID entité »Une suspension qui évoque le clocher en tuiles vernissées comtois, des tabourets « Vachers » qui forment aussi des tables, un autre luminaire «Meule» à l’abat-jour en foin… Sans esprit de clocher étriqué, mais sur un sentier contemporain, Elise Fouin interroge les racines rurales de son enfance, de sa région natale, la Franche-Comté. « ID entité », une exposition malicieuse, avec le si fragile foin contenu dans son nom de Fouin. La délicatesse d’une franche conteuse. AMF

Granville Gallery, « ID entité », jusqu’au 30 juin. 23, rue du Départ, 75014, Paris  

 

Chaque semaine, les choix de délibéré

Spectacles, livres, films, expos…

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