ARTS DE LA RUE

  

Aurillac, le désordre est dans la rue

« Ce n’est en aucun cas une féria ni un carnaval, même si nous sommes cousins, écrit Jean-Marie Songy, directeur du festival d’Aurillac, en prélude de la 32e édition. Ici, poursuit-il, c’est un concentré d’inventions littéraires, théâtrales, chorégraphiques, musicales et graphiques en tout genre. » Pendant quatre jours, le chef-lieu du Cantal est en état d’urgence créative et célèbre l’espace public comme le lieu de toutes les libertés. Une vingtaine de troupes dans la programmation officielle, des centaines de « compagnies de passage » pour un festival joyeux, qui continue de se réinventer. RS

Édition 69. Festival international de théâtre de rue, Aurillac, du 23 au 26 août.

 

ARCHITECTURE

   

Raynaud, sur le toit de Marseille

Jean-Pierre Raynaud invité au MaMoCinquième invité du MAMO (Marseille Modulor), Jean-Pierre Raynaud part à la rencontre de l’architecture de Corbusier. Sur le toit de la Cité Radieuse, dont le gymnase est devenu un lieu de création, l’artiste au pot de fleur et aux carrelages blancs a installé une flèche monumentale de 17 mètres sur la terrasse. « Je pose un signe sur cette architecture pour la confronter à mon échelle personnelle », dit-il. Une rétrospective – Auto-portraits, 100 containers renfermant les débris de la maison Raynaud, 3 Cuves (1968), 3 Sens interdits et le film La Maison de Jean-Pierre Raynaud – font entrer dans son oeuvre. AMF

MaMo, Centre d’Art de la Cité Radieuse, 280 Boulevard Michelet, 13008 Marseille, jusqu’au 1er octobre

 

Cabotage à Paris

Cet été, laissons-nous dériver au pied de la Tour Eiffel. Au Palais de Tokyo, l’exposition « Le Rêve des formes » est comme un jardin monstrueux où artistes et chercheurs, face aux découvertes scientifiques et techniques récentes, bouleversent notre façon de voir et de montrer. On plongera avec délice dans les « Dioramas », déjà défendus ici. À la Cité de l’architecture, on passera vite devant les Portraits (trop convenus) d’architectes (jusqu’au 4 septembre), mais on ne ratera pas « Habiter le temporaire » (jusqu’au 16 juillet), riche de petites constructions d’urgence. Pour déboucher sur le face-à-face entre deux collectifs de concepteurs, Raumlabor (Berlin) et les Colocco (Paris). Ces derniers nous mèneront tout droit à la Place de la Nation, qu’ils réinventent et réaniment avec les habitants. AMF

Expositions à la Cité de l’architecture et du patrimoine et « Le rêve des formes » au Palais de Tokyo jusqu’au 10 septembre   

Un Arsenal d’expositions

Il y a de quoi réfléchir au Pavillon de l’Arsenal consacré à l’architecture francilienne. On y découvre des réalisations japonaises élevées à Paris depuis 1867. Dans la foulée est dévoilée la maquette de la Bourse de Commerce qui sera transformée par Tadao Ando en musée d’art contemporain. On peut préférer longer le fleuve avec « Réinventer la Seine », exposition des résultats d’un appel à projets urbains. Les enfants grimpeurs s’accrocheront à un mur d’escalade, ambassadeur des JO dans la capitale. Des présentations pour étayer les débats toujours très vifs à Paris, du futur musée Pinault, aux berges de Seine et aux Jeux olympiques. AMF

Pavillon de l’Arsenal, 21, boulevard Morland, 75004, jusqu’aux 3 septembre (« Réinventer la Seine ») et 24 septembre (« Architectures japonaises à Paris, 1867- 2017 »)

 

INSTALLATION

   

Cherchez le Passage de Paris à Pantin

Le long du canal de l’Ourcq, une « troisième » rive s’est ouverte. Il suffit de lever la tête sous le tunnel, au pied de l’escalier situé entre le boulevard Sérurier et le quai du canal. Apparaît alors « De Passage», une œuvre artistique lumineuse réalisée par Les Arts Codés et le graphiste Malte Martin (Agrafmobile). Cette constellation de signes clignotants éclaire la vie de ce lieu un peu perdu, la voûte s’’illumine en fonction du passage des piétons, cyclistes, péniches. Cette installation est lauréate du budget participatif 2014 de la Ville de Paris, pour le projet « Reconquête Urbaine ». AMF

 

FESTIVAL  

   

Ensemble en bord de Seine

Tout l’été, les Docks, Cité de la mode et du design, proposent le festival « Ensemble ». C’est une mini-ville à vivre, qui fusionne architecture, alimentation, design et mode. On y testera particulièrement 5 pavillons éphémères (médiathèque, outil de coworking/FabLab, aire pour enfants, lieu de détente pour adultes et salle multi-activités), conçus par l’association d’architecture expérimentale, Bellastock. Une création-performance imaginée avec cinq autres collectifs de concepteurs : ON/OFF, Refunc, Parenthèse, Serge, Force Pure. AMF

Festival Ensemble, Docks, Cité de la mode et du design, 34, quai d’Austerlitz, 75013 Paris. Du 13 juillet au 27 août 2017. Entrée libre.     

 

DESIGN

   

Entrée en gare-jardin à Angers

Depuis le 11 juillet, cinq arbres – trois camphriers et deux ficus – lévitent à cinq mètres de haut dans la gare TGV d’Angers Saint-Laud. Que se passe-t-il ? Cette installation pérenne du designer végétal Alexis Tricoire est la première gare-jardin, une commande de Gares et Connexions, gestionnaire de l’ensemble du réseau SNCF. Qui entend mieux caractériser les stations emblématiques de France. Ici, une porte de verdure vers la douceur angevine d’une ville très verte. Et une pause pour regarder pousser cette forêt suspendue. AMF

 

Sottsass, au bord du Rhin

Ettore Sottsass, rebelle et poète. Vitra Design MuséumDans le bâtiment du Schaudepot conçu par les architectes bâlois Herzog & de Meuron, le Vitra Design Museum présente « Ettore Sottsass, rebelle et poète ». 30 oeuvres – meubles, objets photographies et écrits – remettent en valeur les desseins hedonistes de ce designer austro-italien (1917-2007), qui aurait eu 100 ans cette année. Ce fondateur iconoclaste du groupe Memphis des années 80 n’a cessé d’explorer la nature humaine. AMF

Ettore Sottsass, rebelle et poète, Vitra Design Museum, Charles-Eames-Straße 2, 79576, Weil-am-Rhein, Allemagne. Du 14 juillet au 24 septembre.   

Le design en bord de mer

Design Parade 2017 à la Villa Noailles (Hères et Toulon)Côté Hyères, la designer Inga Sempe envahit la piscine de la Villa Noailles avec son exposition « Tutti Frutti », assortiment très pratique d’objets manufacturés par de petites et moyennes entreprises. Le grand prix du design a été remis à la Hollandaise Caroline Niebling (ECAL de Lausanne) pour « La saucisse du futur », entre humour, nutrition et écologie. Côté Toulon, le 2e festival international d’architecture d’intérieur a primé Alexandre Benjamin Navet et Paul Brissonnet, pour une pièce à vivre qui hybride appartement haussmannien et dunes du désert. Voici les deux versants de la Design Parade menée tout l’été. AMF

Design Parade à la Villa Noailles, Hyères et Toulon (Var). Jusqu’au 24 septembre.        

Le Signe prend son envol

Biennale de design graphique à ChaumontLe Signe, Centre national du graphisme de Chaumont (Haute-Marne) a été inauguré en 2016. Depuis, il a poursuivi sa construction, porté par le créateur Vincent Perrottet et son équipe et il inaugure sa première Biennale de design graphique. Expositions, concours, ateliers participatifs, conférences, concerts, rencontres vont animer la ville, dans la continuité avec l’historique festival d’affiches, mais en s’ouvrant davantage à tous les champs de la discipline. Il durera quatre mois. Le poster de la biennale est réalisé par Formes Vives. AMF

Le Signe, Biennale de design graphique, du 13 mai au 24 septembre. 1, place Emile Goguenheim, 52000 Chaumont. 03 25 35 79 01           

   

EXPOSITIONS

   

Les GRAPUS reconnus à Thiers

En 1968, les graphistes Pierre Bernard (décédé en 2015), Gérard Paris-Clavel et François Miehe s’engagent tous jeunes dans l’Atelier populaire de l’École des arts décoratifs. Ils sont alors surnommés « crapules staliniennes ». Avec sarcasme, ces lutteurs en tirent leur nom de GRAPUS. Alex Jordan et Jean-Paul Bachollet rejoignent le groupe en 1976 qui se dissout en 1990. À Thiers (Puy-de-Dôme), une exposition fait revivre ce groupe mordant, avec beaucoup d’affiches politiques et culturelles très picturales. La main ailée qui identifie le Secours populaire, c’est eux ! Des « auteurs » qui ne voulaient pas « bourrer le crâne » mais « poser des questions sur l’état du monde ». AMF

« GRAPUS ? Connais pas ? Mais si, rappelle-toi… », exposition à l’Usine de May, Thiers, 63000. Jusqu’au 17 septembre  

Gilles Clément en mouvement

Pour la manifestation Lieux Mouvants, à Saint-Antoine (Côtes d’Armor), Gilles Clément, paysagiste-écrivain, se fait photographe. Il en a observé des paysages au cours de ses voyages ! Ses images seront enrichies par celles du photographe Yann Monel, dans son jardin de La Vallée (Creuse). Un documentaire japonais retrace la rencontre de ce jardinier planétaire avec le Japon. De week-end en week-end, des créateurs amis – l’artiste Johann Le Guillerm, le chorégraphe David Drouard et le paysagiste Christophe Ponceau – prendront la parole. AMF

Lieux Mouvants, Saint-Antoine (22). Du 29 juillet au 20 août 2017.    

Éric Baudelaire à Saint-Sébastien

Entrelacer fictions autour de la peur et médias, pouvoir des mots et des images, tel est le dessein de l’artiste visuel et cinéaste français Éric Baudelaire, né en 1973. La Tabakalera, centre de culture contemporain de Saint-Sébastien (Espagne) lui consacre une monographie : « Ramón Raquello et son orchestre ». Dans cet ensemble d’installations, gravures, photographies et vidéos, le film Also Known As Jihadi (2017) surgit comme un thriller, un road movie qui se débat, et nous fait nous débattre, avec l’incompréhensible. On suit un jeune Français, Aziz, qui a choisi de se rendre en Syrie, à travers les lieux qu’il a traversés, et des extraits d’interrogatoires de police. Film l’on pourra aussi voir au Centre Pompidou Paris, en septembre. AMF

Tabakalera, Andre zigarrogileak plaza, 1, Saint-Sébastien (Espagne). Jusqu’au 15 octobre. Centre Pompidou, « Après », d’Éric Baudelaire, du 6 au 18 septembre, galerie 3.    

Couleurs Bordeaux

Paysages de Bordeaux 2017La saison culturelle Paysages  de Bordeaux 2017 a été ouverte le 1er juillet, à la vitesse de la LGV ! Entre l’exposition « Landskating anywhere » à Arc-en-Rêve et « Black Whole for Whales » de Daniel Firman à la Base sous-marine, on fera un beau prélèvement de « Couleurs » au musée du design et des arts décoratifs. La Biennale Agora d’architecture, d’urbanisme et de design sera consacrée aux « Paysages augmentés », mis en scène par le paysagiste belge Bas Smets (du 14 au 24 septembre). AMF

Paysages de Bordeaux, jusqu’au 25 octobre. 

 

Jardins en bord de Loire

Festival international des jardins de Chaumont-sur-LoireDepuis 26 saisons, 700 prototypes de jardins fleuris et végétalisés ont été imaginés au Festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire. Cette année, sur le thème du Pouvoir des fleurs, on passera du « Levant » au « Pouvoir des sorcières », de « Papillonnez » à « L’autre côté du miroir », autant de compositions qui ont été primées. Ce rendez-vous, inventé en 1992, reste un laboratoire de la création paysagère très fécond. Riche de drôles d’idées à cultiver. AMF

Chaumont-sur-Loire (41), jusqu’au 5 novembre. 02 54 20 99 22  

Diorama

Exposition “Dioramas” au Palais de Tokyo, jusqu'au 10 septembre 2017Le diorama, c’est cette manière de représenter une scène sous un jour réaliste grâce à l’éclairage ou à la « 3D » (taxidermie, personnages de cire). Le Palais de Tokyo met ce procédé en scène dans sa nouvelle exposition, « Dioramas ». Source d’inspiration pour des artistes contemporains comme pour d’habiles anonymes du XIXe siècle, ils sont tantôt gigantesques ou bien miniatures, inspirés de Duchamp ou de l’art religieux. Scientifiques ou oniriques. D’une salle à l’autre, on déambule ainsi dans des univers pluriels, propices à l’émerveillement. Avec, en toile de fond, des questionnements sur notre regard ainsi que sur l’acte de représentation. SE

« Dioramas », au Palais de Tokyo, 13, avenue du Président Wilson, 75116 Paris, jusqu’au 10 septembre 2017    

   

Au cœur des cases

Bande dessinée : l’art invisible, Musée de l’Imprimerie et de la Communication graphique, LyonPrésentée sous la forme d’une bande dessinée, l’exposition en explique de manière ludique les différentes étapes de la conception et de l’élaboration. Du scénario à l’impression de l’album en passant par le découpage en séquences, l’utilisation de l’ellipse, de la couleur, des bulles, de l’expression de la temporalité ou même des multiples choix typographiques ou des onomatopées, cette balade est une réussite. Basée sur L’art invisible de Scott McCloud, elle décrypte le « neuvième art », en dévoile les mécanismes et les codes et en montre l’extraordinaire diversité. Le visiteur devient progressivement un acteur de ce qu’il découvre, comme aspiré par les planches. La BD ? Nous n’avons pas fini d’en lire. LB

Bande dessinée : l’art invisible, Musée de l’Imprimerie et de la Communication graphique, 13 rue de la Poulaillerie, Lyon 2e, jusqu’au 20 septembre 2017.

   

Jardin, ambiance Bernard Lassus

Bernard Lassus, Canvas, Centre PompidouLe jardin et les paysages reviennent par les fenêtres des musées. Parallèlement à l’événement « Jardins » au Grand Palais, le Centre Pompidou rend  hommage au plasticien-paysagiste Bernard Lassus (né en 1929). Son œuvre s’intègre dans les collections modernes, tandis que le « Jardin monde », espace artificiel, est suspendu sur la terrasse du niveau 5. On peut s’immerger dans l’univers poétique de ce coloriste formé dans l’atelier de Fernand Léger, se confronter à sa réflexion sur les transformations des territoires urbains. Et à ses concepts d’ « ambiance » et de « paysage démocratique ». AMF

Bernard Lassus, exposition du 24 mai au 26 août, « Jardin monde » jusqu’en octobre, au Centre Pompidou à Paris

                 

Chaque semaine, les choix de délibéré

Spectacles, livres, films, expos…

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