Le cirque Trottola à l’assaut du ciel

Campana - Cirque TrottolaCampana, le spectacle du cirque  Trottola présenté au dernier festival d’Aurillac et repris au 104 à Paris, est un modèle d’exigence réfléchie. Avec au centre de la piste, un couple qui peut rappeler Zampano et Gelsomina, les protagonistes de La Strada de Fellini. Un duo de contraires, avec un colosse mal léché (Bonaventure Gacon) et une clown acrobate (Titoune), plus deux musiciens comparses (Thomas Barrière et Bastien Pelenc). Impeccables, les numéros d’équilibre et de trapèze baignent dans une atmosphère étrange, doucement inquiétante ; sous les planches qui recouvrent la piste s’ouvre un drôle de trou noir qui pourrait bien être une bouche de l’enfer. Mais c’est haut dans le ciel que le spectacle s’achève, au terme d’une sidérante opération. RS

Campana, par le Cirque Trottola, au CentQuatre, 5, rue Curial, 75019 Paris, du 23 novembre au 22 décembre.

   

Battle

Battle verbale, comme diraient les rappeurs, mais pas absurde. Eugène Delacroix peignait, écrivait aussi. À George Sand entre autres. De 18h30 à 20h, Yannick Haenel et Gaelle Obiégly déambulent dans le musée et font joute avec leurs phrases préférées du peintre. Sous les auspices de la Maison des écrivains et de la littérature, et du musée. Delacroix est mort sept ans avant la Commune, George lui survécut largement (pas pour le mieux, côté correspondance). Restent des textes. Gaelle Obiégly est fort intéressante à lire, sûrement à entendre aussi. DC

Yannick Haenel et Gaelle Obiégly, jeudi 22 novembre de 18h30 à 20h, musée Delacroix, 6 rue de Fürstenberg, Paris 6e. Entrée libre sur réservation : 01 55 74 60 91 – l.bouvier@maison-des-ecrivains.asso.fr

   

Le prix de Monte-Cristo

Les prix se suivent et se succèdent mais, parfois, ils peuvent être différents. C’est le cas du nouveau prix Monte-Cristo, sélection littéraire de Fleury-Mérogis. Le jury est composé de dix détenus du bâtiment D1 et a officiellement ouvert cette première édition en dévoilant sa première sélection d’ouvrages répondant à la thématique « enfermement » : Rupture de Maryline Desbiolles (Flammarion), Scénario de Dan Franck (Grasset), Un dissident de François-Régis de Guenyveau (Albin Michel), Les Hommes de Richard Morgiève (Joëlle Losfeld), Encore heureux d’Yves Pagès (L’Olivier), Point cardinal de Leonor de Recondo (Sabine Wespieser), Il est à toi ce beau pays de Jennifer Richard (Albin Michel), L’Enlèvement des Sabines d’Émilie de Turckheim (Héloïse d’Ormesson). Le prix sera remis le 13 mai 2019 à Fleury-Mérogis. NP

   

La crise en vers libres

Les Frères Lehman, de Stefano Massini, est une désirable alternative pour tous ceux, et toutes celles, qui tentent avec sérieux de suivre les pages économie et finance des quotidiens, en échouant depuis 2008 (ou avant cela). Pourtant, la saga des frères Lehman racontée en vers libres est publiée pile pour l’anniversaire de crise ; on pouvait redouter l’une de ces « bonnes idées » sans suite qu’affectionnent les rentrées littéraires. Le livre vaut bien mieux que cela. Stefano Massini a su trouver un juste rythme, organisant une balade qui retrace, avec drôlerie et minutie, le destin de Henry Lehman né Heyum à Rimpar, Allemagne profonde, suivi après 1844 dans l’immigration par ses deux frères, Emanuel né Mendel, et Mayer promptement surnommé Patate. Tous trois s’établissent en Alabama (oui, avant l’abolition de l’esclavage). Henry l’explorateur et commerçant hors pair y perdra la bénédiction paternelle, une fiancée nommée Bertha, puis la vie, finalement. Arrive un moment où, bien sûr, il n’est de salut que là-haut au nord, et précisément à New York.
Le livre de Stefano Massimi (lequel est chroniqué, c’est amusant, parfois dans les pages littéraires, parfois dans les pages économie) vient de recevoir le prix Médicis essai. Essai ? Vers libre, yiddish et humour ? Pas si bête, pour les raisons énoncées plus haut, mais surtout parce que Les Frères Lehman est une formidable histoire du capitalisme, du passage progressif du commerce à la finance, du métrage de tissu palpé à l’impalpable de la spéculation. DC

Les Frères Lehman, traduit de l’italien par Nathalie Bauer, glossaire des termes hébreux et yiddish établi avec l’aide de Serena Fornari, 848 pages tout de même, éditions Globe.

 

Épopée

En juillet dernier, au festival cinématographique de La Rochelle, le jeune réalisateur Emmanuel Gras recevait le prix des cinéma Art et essai pour son film documentaire Makala, sorti en 2017 et ainsi assuré d’une seconde sortie, largement méritée. Sur scène, on parvint à lui arracher environ une phrase et demie : le monsieur est un taiseux. Ses films le sont aussi. Qui parviennent à vous passionner totalement, sensuellement, pour des sujets improbables. Il y eut d’abord la vie des vaches au pré dans le magnifique Bovines, puis, dans Makala, le labeur de Kabwita, charbonnier en RDC. Par charbonnier, entendez abattre l’arbre, le débiter à la main, construire un gigantesque four de terre où il va se consumer pendant un mois, récupérer le charbon de bois, charger une dizaine de sacs gigantesques sur un vélo, et marcher jusqu’à la ville pour vendre, avec en tête ce projet, acheter des tôles pour, peut-être, construire une maison pour la famille. Ce pourrait être une assignation à contempler la misère, c’est une épopée, qui se clôt en une soirée cathartique dans une église. Ni l’exploitation par des sociétés occidentales des gisements de la région, ni la corruption, ni le régime ne sont directement évoqués. Mais tout est perceptible. DC

Si vous n’habitez pas Mouans-Sartoux, où le film est actuellement projeté, deux chances au rattrapage. Canal+ diffuse le film jusqu’au 1 er décembre (à la demande). Ou bien le voir sur Universciné, excellent site dévolu au cinéma indépendant qui pour 3,99€ loue Makala et Bovines.

 

Silence, on souffle 

Sopro de Tiago Rodrigues © Christophe Raynaud de Lage

Le Théâtre de la Bastille, dans le cadre du Festival d’Automne, reprend Soplo, spectacle de Tiago Rodrigues, présenté au festival d’Avignon 2017. Le metteur en scène invite sur le plateau Cristina Vidal, souffleuse depuis quarante ans au Teatro nacional de Lisbonne. Tout de noir vêtue, un grand cahier dans les bras, la souffleuse articule en silence tous les mots sortant de la bouche des trois autres comédiens, comme si ceux-ci n’existaient que grâce à sa présence génératrice. À travers la souffleuse, ce n’est pas seulement la mémoire du théâtre qui s’éveille, mais l’air qu’on y respire qui semble prendre une autre épaisseur. On y entend des rafales de vent et des chuchotements, il est question de dernier souffle et de respiration suspendue. Des histoires reviennent, telle celle du menuisier au doigt coupé, presque un personnage de conte. Et aussi des souvenirs de pannes, de blancs, de silences intempestifs, jusqu’à ce récit d’une fin de Bérénice, où la souffleuse, bouleversée par l’actrice soudain mutique, se trouve elle aussi incapable de prononcer un mot. RS

Sopro, de Tiago Rodrigues, en portugais surtitré, Théâtre de la Bastille (Festival d’Automne), 76, rue de la Roquette, 75011 Paris, du 12 novembre au 8 décembre.

 

Gosselin dans le labyrinthe DeLillo

Joueurs, Mao II, Les noms. Texte: Don DeLillo, traduit par Marianne Véron et Adelaïde Pralon, adaptation et mise en scène Julien Gosselin. Photo © Christophe Raynaud de Lage / Festival d'AvignonCoutumier des adaptations de romans fleuve, Julien Gosselin, après 2666 de Roberto Bolaño, plonge dans trois livres de l’écrivain américain Don DeLillo : Joueurs, Mao II, Les Noms, publiés entre 1977 et 1991. Fil rouge entre les trois, la question du terrorisme. le rapport à la violence. On retrouve les tics du metteur en scène lillois, notamment une propension à trop monter le son – comme si ses acteurs confondaient véhémence et conviction – et à saturer les basses – comme si le bourdonnement aux oreilles était un marqueur d’émotion. Ses qualités de conteur se heurtent cette fois à un os : l’écriture de DeLillo, riche en ellipses et surtout en silences, résiste à l’élucidation. Moins maîtrisé que les précédents, son spectacle, créé au dernier festival d’Avignon, est pourtant plus intéressant : on peut s’y perdre, y rêver, imaginer les chaînons manquants, entrer dans un labyrinthe littéraire dont les issues ne sont pas balisées. RS

Joueurs, Mao II, Les Noms, d’après Don DeLillo, mise en scène de Julien Gosselin, Odéon-Théâtre de l’Europe, dans le cadre du Festival d’automne, 75006 Paris, du 17 novembre au 22 décembre.

 

Le murmures des plaques commémoratives

Enfants de Paris, 1939-1945, textes de Philippe Apeloig et de Danièle Cohn, Gallimard, 2018C’est un singulier « beau livre » qui paraît, en pleine commémoration de la guerre de 14-18 : Enfants de Paris, 1939-1945. Mettant en page les photographies de 1200 plaques commémoratives de l’Occupation qu’il traque depuis longtemps, le graphiste Philippe Apeloig rend certes hommage aux victimes de guerre, dont celles de sa famille juive. Mais cet affichiste typographe montre aussi le lien entre leur contenu – « un nom, ici est tombé… » – et « la beauté des typographies » de ces innombrables signes discrets éclatés dans tout Paris. Il saisit la relation minérale entre une architecture et l’inscription. – Un tableau sériel, plastique où les murs ouvrent à des rencontres impromptues, historiques ou émotionnelles, avec la vie de ces combattants. « Passant souviens toi », murmurent certaines plaques. – Et réinvente peut-être leur histoire… AMF

Enfants de Paris, 1939-1945, textes de Philippe Apeloig et de la philosophe de l’art Danièle Cohn, Gallimard, octobre 2018, 45 euros.

 

Si le design m’était conté

Demain, le vaisseau chimère, Galerie des Galeries, 1er étage des Galeries Lafayette, 75009, Paris, jusqu'au 13 janvier 2019C’est une fable pour petits et grands : Demain, le vaisseau chimère, imaginée par Laetitia Paviani. Un Vieil Esprit, éminent personnage perdu dans son vieux monde, se fait dépasser par une microscopique Petite Vie. Apparaissent alors des vents fantasques, des pierres qui déplacent des objets, des plantes qui plongent leurs racines dans la peinture… Puis un lieu secret, hybride, chimérique, peuplé de déités, que le studio GGSV (Gaëlle Gabillet & Stéphane Villard) a imaginé comme une grande immersion fabuleuse. Pour y entrer, il faut trouver la bonne porte aux Galeries Lafayette. Les deux designers, résidents de la Villa Médicis de Rome, y mènent une recherche sur l’illusion et l’écologie à travers le medium des fresques, questionnant le monde à venir. AMF

Demain, le vaisseau chimère, Galerie des Galeries, 1er étage des Galeries Lafayette, 75009, Paris, jusqu’au 13 janvier.

 

Pizarnik chez Ypsilon 

YpsilonAlejandra Pizarnik & André Pieyre de Mandiargues, Correspondance (1961-1972), établissement du texte, notes et postface de Mariana Di Ció, Ypsilon éditeur, 2018 est une maison d’édition étonnante née en 2007 d’un projet précis : publier Un coup de dés d’après les épreuves conservées à la Bibliothèque nationale de France et corrigées par Mallarmé, qui en avait prévu chaque détail : le format, les caractères et les illustrations d’Odilon Redon. Depuis, le catalogue s’est étoffé, des collections ont été créées : Littérature, Bibliothèque typographique (les choix typographiques sont l’une des grandes richesses de ces éditions) et Ymagier. Dernière publication en date : la correspondance (1961-1972) d’Alejandra Pizarnik & André Pieyre de Mandiargues (établissement du texte, notes et postface de Mariana Di Ció, collaboratrice de délibéré). L’occasion de (re)découvrir l’œuvre de l’étonnante Pizarnik, dont treize volumes d’écrits ont été publiés par Ypsilon, dans les traductions de Jacques Ancet et d’Étienne Dobenesque. CV

Correspondance Paris – Buenos Aires 1961-1972 d’Alejandra Pizarnik & André Pieyre de Mandiargues, établissement du texte, notes & postface de Mariana Di Ció, Ypsilon éditeur, 2018, 22€. Et tous les volumes de Pizarnik chez Ypsilon

 

Écrasez l’infâme !

Bertrand Binoche, “Ecrasez l’infâme!” Philosopher à l’âge des Lumières, La Fabrique, 2018Les éditions La Fabrique viennent de publier un ouvrage de Bertrand Binoche dont on ne saurait trop recommander la lecture : « Écrasez l’infâme ! » Philosopher à l’âge des Lumières. Ce livre se propose de combler un vide à vrai dire surprenant : depuis le fameux essai de Cassirer (1932), rien ou presque n’a été écrit par les philosophes sur les Lumières, et notamment les représentants français des Lumières (Voltaire, Diderot, d’Alembert, d’Holbach pour ne citer que les plus connus), alors que tout le monde ou presque ne cesse de s’y référer. Cet oubli ne va pas sans quelques raisons, que Binoche analyse dans la conclusion de son ouvrage. Mais que voulaient au juste les Lumières ? Principalement lutter contre les préjugés. Et quel est alors le préjugé majeur ? La superstition. Mais qu’est-ce que la superstition ? La religion (la catholique, la protestante, la juive, la musulmane, l’hindouiste, etc.) est-elle autre chose qu’une forme plus ou moins subtile de superstition ? Binoche montre avec beaucoup de précision les différentes réponses que les philosophes des Lumières apportèrent à cette troublante question qui reste d’actualité. Bref, il nous invite à lire ou relire un grand nombre de textes sans doute célèbres mais pourtant peu étudiés par les philosophes, comme le Neveu de Rameau par exemple. Enfin, et ce n’est pas un de ses moindres mérites, ce livre rappelle ce que doit être la tâche d’un philosophe : « Un philosophe qui ne se demanderait jamais ce qu’est à proprement parler un “préjugé”, ce que sont nos préjugés d’aujourd’hui, s’il faut les combattre, et comment, un tel philosophe prendrait quelques risques. Pour notre part, nous craindrions qu’il ait entendu Voltaire à rebours et que de philosophe, il se soit fait prêtre. » GP

Bertrand Binoche, « Écrasez l’infâme ! » Philosopher à l’âge des Lumières, La Fabrique, 260 pages, 13€.

 

Dans la Nef de Gio Ponti

Couverture de la revue Domus n°448, mars 1967Alors que le MAD parisien a complètement étendu et réinstallé sa collection permanente de design, grâce à une scénographie fluide et habitée de Normal Studio, Gio Ponti (1891-1979) s’élève dans la nef avec 500 pièces. En six décennies, cet « archi-designer » a su monter la symbolique tour Pirelli de Milan à 127 mètres de haut (1956-1960) et asseoir sa familière chaise Superleggera de 1,7 kilos (1957). Chaise « Superleggera », 1957. Fabricant: Cassina © Gio Ponti Archives, MilanLui qui a créé la revue Domus en 1928 a mêlé modernité et tradition, sans totalitarisme, exaltant un esprit italien universel, anticipant une fusion des arts toujours rebondissante aujourd’hui. AMF

« Tutto Ponti, Gio Ponti archi-designer », MAD (Musées des Arts décoratifs de Paris), 107, rue de Rivoli, 75001, jusqu’au 10 février 2019. Catalogue, 55 euros.

   

Mona et George, Ozouf et Eliot

L'autre George : à la découverte de George Eliot, de Mona Ozouf, Gallimard« La première fois que j’ai lu le nom de celle que je prenais alors pour un homme, c’est sur la couverture d’un livre en deux volumes qui figurait dans la bibliothèque de mon père sous un titre curieux, Daniel Deronda. » Décidément, la bibliothèque paternelle (joliment décrite dans Composition française) aura été pour Mona Ozouf un puits d’émerveillement et de découvertes, pour elle puis pour nous. Ozouf n’avait guère plus de dix ans lorsqu’elle s’est hissée sur la pointe des pieds (on le suppose) pour attraper son premier livre de George Eliot. Aujourd’hui, elle nous raconte sa rencontre et son cheminement avec cette romancière dans un livre qui n’est pas une biographie mais « une promenade dans la forêt des romans en compagnie d’une femme supérieurement intelligente, assez brave pour affronter l’ostracisme social que lui vaut sa liberté de mœurs et d’esprit ». Mona Ozouf parvient, à sa façon subtile et personnelle, à nous communiquer son enthousiasme pour cette Anglaise bien moins connue en France que Henry James, écrivain auquel Ozouf a consacré un autre bel ouvrage, La Muse démocratique. EL

L’autre George : à la découverte de George Eliot, de Mona Ozouf, Gallimard, 242 pages, 20 euros.

    

Faloci n’est pas falot

La Ménagerie de verre (le hall, détail)

La Ménagerie de verre, les showrooms parisiens d’Issey Miyake et de Shiro Kuramata… Plus tard, le Centre européen du résistant déporté en Alsace, le musée de la bataille de Valmy, le Learning Center de Dunkerque, le Centre européen d’archéologie du mont Beuvray… Tous ces bâtiments, petits et grands, sont composés par Pierre-Louis Faloci, qui vient de recevoir le Grand Prix national de l’architecture 2018. L’occasion de découvrir cet homme né en 1949, peu repéré. Nourri de cinéma et de Gilles Deleuze, il sait réveiller l’histoire sourde d’un lieu, avec « sa » et « notre » mémoire. AMF

Le Struthof - Centre européen du résistant déporté
Le Struthof – Centre européen du résistant déporté

 

Take the Trane

John Coltrane, l'amour suprême, de Franck Médioni, éditions Castor Astral, 270 pages, 20 euros (parution le 8 novembre).De John Coltrane, il nous reste la musique et l’esprit. Franck Médioni part sur les traces de l’une et de l’autre dans une nouvelle biographie riches de points de vue et d’anecdotes. Elle s’ouvre sur ces mots d’un autre grand saxophoniste ténor, Archie Shepp : « Ce qu’a fait Coltrane, c’est bien plus qu’une simple succession de notes musicales, c’est une quête, une recherche profonde. Pas seulement pour la musique, pour le sens de la vie. » Elle se clôt sur cet avertissement du poète Zéno Bianu : « Il ne faut jamais interrompre le cours de la musique. Jusqu’à tomber comme un arbre foudroyé. » Entre préface et post-face, Franck Médioni se sera employé à faire sentir tout ce que la musique du Trane a de singulier et de nécessaire. EL

John Coltrane, l’amour suprême, de Franck Médioni, éditions Castor Astral, 270 pages, 20 euros (parution le 8 novembre).

 

Ces styles que l’on saurait voir

Le Guide des styles, MAD/Hachette pratique, 2018Qu’est-ce qu’une caquetoire, une ligne en coup de fouet, l’Oeuf, le Plum, la Trans… ? Qui sont Johann Bolt ou Jim qui monte à Paris ? Réponses dans le Guide des Styles, de Jean-Pierre Constant et Marco Mencacci, ouvrage qui ne permet pas seulement d’identifier les caractéristiques d’un meuble. Leurs histoires « nous dessinent » au rythme de nos usages évolutifs, de la chambre à gésir médiévale au canapé vautré sixties. Bonds en avant, retours en arrière… Du gothique au postmodernisme, les « styles », qui ne sont pas si figés, sont aussi affaire de pouvoir et de représentation, de démocratisation ou de morale. AMF

Le Guide des styles, édition MAD/Hachette pratique, oct. 2018, 35 euros.

     

Horoscope littéraire

La revue délibéré et le service de médecine littéraire qu’elle héberge ont donc décidé de fournir aux lecteurs exigeants un horoscope digne de ce nom, un horoscope littéraire pour commencer d’un pied serein et assuré l’année, des livres plein les poches. Douze signes astrologiques, douze livres recommandés, tous choisis au sein de la pléthorique rentrée littéraire 2018. Car il ne s’agit pas de lire n’importe quoi, il s’agit de lire ce qui vous convient : le capricorne n’a pas les mêmes besoins de lecture que le lion, le sagittaire que la balance, cela tombe sous le sens mais cela, trop souvent, on l’oublie. NP

 

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