Sauvez Palimpseste !

Encore une librairie en danger. Palimpseste, c’est la librairie de Censier, comme on l’appelle couramment. Ou plus précisément la librairie située dans la rue Santeuil, juste en face de la Sorbonne Nouvelle (université Paris 3). Dans ses rayons, on trouve tout ce qui a trait aux études de lettres et sciences humaines : de la littérature, de la linguistique, du cinéma, beaucoup de théâtre et, cerise sur le gâteau des hispanistes, une librairie espagnole en V.O.. Qu’on se le dise : « Aujourd’hui, Palimpseste reste la seule librairie universitaire indépendante de Paris. Elle ne peut pas crever dans l’indifférence générale ! » Un appel à la solidarité a été lancé. Nous le relayons ici. CV

Appel au financement participatif : Sauvez Palimpseste !
Librairie Palimpseste, 16 rue Santeuil, 75005 Paris

  

Ma mère voulait, de et avec Laurence SendrowiczAh ! Elle cause, elle cause, la mère, elle n’arrête pas, elle a à dire sur tout, sa vie et celle des autres. De sa fille, matière à parlure, instrument à moduler, partition à interpréter, incunable à traduire, exemplaire unique de ses ressentiments et… de son amour. Ah ! l’amour, qu’est-ce qu’il ne fait pas proférer, éructer, murmurer, détourner, pleurer… Et elle est là, assise sur sa chaise, la mère, non pas de profil, comme la femme de Copi, mais de face, bien de face, au milieu, pour capter TOUTE la lumière, elle en veut. Et la fille ? Elle écrit, elle traduit, elle joue, elle rit. Ah ! la fille : une heure de respiration avec Laurence Sendrowicz qui, après avoir inventé avec ce texte le « théâtre en atelier » l’année dernière, interprète Ma mère voulait, dans une mise en scène de Nafi Salah, à La Vieille Grille, le lundi 4 juin à 20h30. DL

Ma mère voulait, de et avec Laurence Sendowicz, mise en scène de Nafi Salah, à La Vieille Grille, 1 rue du Puits de l’Ermite, 75005 Paris, le lundi 4 juin à 20h30.

Et si vous voulez tenter de sauver le théâtre de La Vieille Grille en danger suite à la vente en cours de ses murs, vous pouvez signer la pétition pour essayer de faire revenir la Ville de Paris sur sa décision de ne pas préempter la vente des murs par le propriétaire.

  

Le Madd

Sous l’impulsion de la directrice Constance Rubini, le Madd (Musée des arts décoratifs et de design de Bordeaux), pourrait bien devenir un lieu privilégié très cohérent pour le design. Avant « Construction » de Martin Szekely, on a pu y voir la riche exposition « L’image-livre. Éditeurs et artistes de l’avant-garde tchèque (1920-1930) ». Dans la cour, le mobilier des designers Fien Muller et Hannes Van Severen entraine tranquillement vers le café Madd, pour déguster une carte simple, et lire un savoureux journal : Octopus, précis artistique des mots de bouche. AMF

Musée des arts décoratifs et du design, 39, rue Bouffard. Ouvert 11h-18h (fermé les mardis). Tél. 05 56 10 14 00. 

  

Un livre pour Notre-Dame-des-Landes

Pour que les 30 fermes, salles collectives, logements qui ont été rasés ne disparaissent pas des mémoires, Notre-Dame-des-Landes ou le métier de vivre est un projet de livre consacré à cette ZAD, édité par Loco. Dessins, photographies de Cyril Weiner, témoignages, préface de l’architecte Patrick Bouchain, un texte de Christophe Laurens et les relevés de ses étudiants du master Alternatives urbaines de Vitry-sur-Seine, tireront les leçons architecturales et expérimentales des cabanes auto-construites. Financement participatif pour faire exister cet « utile-beau-livre ». AMF

Soutien au projet Notre-Dame-des-Landes ou le métier de vivre.

    

Relais 4×400 m messieurs

Il faut aller voir le dernier film de Christophe Honoré en compétition à Cannes et sorti en salles mercredi dernier. Empreint d’une joie mélancolique, le film montre le relais que se passent trois hommes de générations différentes. Leur course est pleine d’obstacles : nous sommes dans les années 1990 et le SIDA fait des ravages. Mais, dans le film, l’amour est plus fort que la mort. Les dialogues très écrits, souvent drôles ou profonds, toujours spirituels, jouent un grand rôle dans la réussite de Plaire, aimer et courir vite. On appréciera enfin la remarquable interprétation de Vincent Lacoste qui campe avec grâce et gaieté un jeune provincial déluré aux accents balzaciens. GP

Plaire, aimer et courir vite, de Christophe Honoré, avec Vincent Lacoste, Pierre Deladonchamps, Denis Podalydès… Sortie en salles le 9 mai 2018.

  

Perrault creuse partout

Il vient de livrer l’Hippodrome ParisLongchamp. L’Université féminine Ewha qu’il a entaillée à Séoul fête son dixième anniversaire. Il projette la future gare de Villejuif pour le Grand Paris Express. Et son totem parisien, qui a été si polémique, est recreusé dans l’exposition « Dominique Perrault, la Bibliothèque nationale de France, portrait d’un projet 1988-1998 ». Cet architecte qui sonde « l’épiderme du sol » pour en extraire la « substance urbaine », ne cesse d’approfondir son architecture souterraine. Dans des conférences et son livre : Groundscapes : autres topographies. AMF

Dominique Perrault, BNF François-Mitterrand, jusqu’au 22 juillet 2018.
Livre : Groundscapes : autres topographies, 2016, éditions HYX, 25€.

Jacques Hondelatte traverse les murs

Viaduc de Millau, 1994, Jacques Hondelatte © courtesy the estate of Jacques Hondelatte and Betts ProjectCet architecte bordelais (1942-2002) a conçu l’internat Gustave-Eiffel, un immeuble aux Chartrons et la maison Sécherre dans le Médoc. Mais aussi les dragons de Niort, le terrain de foot de Noisiel, et des projets non réalisés tel le viaduc de Millau et le Mont-Saint Michel. À chaque fois surgit une architecture générant du mythe et de la poésie. « Chacals comme festivals ou chacaux comme chevaux ? », s’amusait cet enchanteur malicieux, pionnier du numérique, qui avait aussi Des Gratte-ciel dans la tête (1). Réponse à l’exposition Jacques Hondelatte, au centre d’architecture Arc-en-Rêve. Ou comment éliminer un problème par l’astuce. AMF

Bordeaux, Centre d’architecture Arc-en-rêve, 7, rue Ferrère. Jusqu’au 27 mai. 
(1) Patrice Goulet, Des Gratte-ciel dans la tête, éditions Norma, 2002.

   

Du Lambeau

Comment trouver l’envie et la force d’écrire lorsque votre corps vous trahit et que l’angoisse vous ronge ? Comment, à l’hôpital, avoir encore l’humour, la poésie, l’élégance et la lucidité que nécessite un travail d’écriture ? Très peu d’auteurs sont parvenus à nous renseigner vraiment sur le monde depuis leur lit de souffrance et d’inquiétude, sous les néons tristes, parmi les infirmières pressées ou empressées. Et bien moins encore ont réussi à faire de cette expérience le catalyseur d’une littérature plus puissante, une littérature des limites. Avec Le Lambeau, Philippe Lançon vient d’entrer dans ce club terrible dont les membres ne se comptent probablement que sur les doigts d’une ou deux mains. EL (Lire l’article)

Philippe Lançon, Le Lambeau, Gallimard, 2018

    

Voir avec Clo’e

Collaboratrice de délibéré, la dessinatrice – et critique d’art – Clo’e Floirat publie son dernier livre Je vois quelqu’un aux éditions Marabout. Elle expose à la librairie Le Gai Rossignol à Paris jusqu’au 4 juin art prints et originaux. Avec toujours les mêmes armes : humour, minimalisme, précision du trait, art du mot juste pour une représentation décalée d’un quotidien familier. RS

Clo’e Floirat, Je vois quelqu’un, exposition à la librairie Le Gai Rossignol, 9 rue Saint-Martin, 75004 Paris. Jusqu’au 4 juin.

      

Le vent du désert

Guerre du Golfe, janvier 1991 : Adel, jeune soldat français, se suicide dans le désert du Koweit. Adel avait grandi dans un quartier populaire de Toulon, comme son ami d’enfance Cesare. Enfant d’immigrés maghrébins, il s’était engagé dans l’armée pour « affirmer son  appartenance française, en plus de l’héritage parental, et surtout, glorifier le sacrifice des pères et mères, en leur offrant la réussite dont ils avaient sans doute rêvé pour eux-mêmes ». Mais, sur place, ses camarades le prennent pour cible : il est arabe, n’est-ce pas, comme ceux qu’ils combattent ? La faute à Saddam de Samira Sedira (Éditions du Rouergue) est un roman sombre, au style dépouillé, qui raconte une vie fauchée trop tôt, car « dans le désert, quand le vent souffle, on peut sangloter misérablement, et mourir sans gloire, derrière un mur de sable ». NP

La faute à Saddam de Samira Sedira (Éditions du Rouergue), 112 pages, 13,50 euros

   

Mai 68, en avant l’architecture !

« Mai 68, fini les Beaux-Arts, on invente ! Quoi, vers où ? On verra bien… » Refus de l’héritage, du nœud papillon, et faire de l’architecture « autrement ». La déplacer vers la qualité alors qu’elle était depuis la Reconstruction dominée par la quantité. Les années 1968 se sont étirées jusqu’au vote, en 1977, d’une loi sur l’architecture qui relaie, en partie, l’agitation pionnière. À la Cité de l’architecture, l’exposition Mai 68 en 300 documents, des conférences et des films invite à revisiter ce champ des possibles ouvert de 1962 à 1984. AMF

« Mai 68. L’architecture aussi ! », Cité de l’architecture, 1, place du Trocadéro et du 11 novembre, 75016 Paris. Du 14 mai au 17 septembre. 

       

Vis-à-vis

Le Musée de l’Orangerie a eu la très bonne idée de donner pour vis-à-vis aux dernières toiles de Monet quelques œuvres remarquables de la peinture abstraite américaine des années cinquante (Jackson Pollock, Mark Rothko, Sam Francis entre autres). Cette présentation permet de mieux comprendre toute la modernité de Monet, qui est bien plus qu’un simple impressionniste. Une exposition à ne pas manquer. GP

Nymphéas. L’abstraction américaine et le dernier Monet, Musée de l’Orangerie, Jardin des Tuileries, Place de la Concorde, Paris 1er. Jusqu’au 20 août 2018.

 

Manifeste pour jours de grève

« La poésie et la création offrent la possibilité d’arrêter cette recherche effrénée de son devenir hors de soi, de couper court à cette soif de puissance. Puissance qui ne peut être que relative, qui est à la merci de la moindre sur-puissance, serait-ce illusoire. Parce qu’à n’importe quel virage, une force plus grande peut surgir devant le puissant et le mettre en doute, en déroute. » En ces temps agités, Le Castor Astral a eu l’excellente idée de publier un manifeste intitulé Sortir de l’abîme. Un texte de Seyhmus Dagtekin. Un manifeste pour la poésie et pour un monde un peu différent. NB (Lire l’ordonnance littéraire)

Seyhmus Dagtekin, Sortir de l’abîme, Le Castor Astral, 4 €

 

L’architecture, ça se marche

D’une centrale téléphonique parisienne (1913, François Le Cœur) à une soufflerie à Bois-Colombes (1937, les frères Haour), de la patinoire de Saint-Ouen (1979, Paul Chemetov) à la Tower Flower dans le XVIIe (2004, Édouard François), Jean-Philippe Hugron a parcouru le territoire du Grand Paris pour nous proposer un guide commenté. Et de plaisantes balades entre bâtiments prestigieux et équipements moins repérés, 250 réalisations de tous styles, de l’Art Nouveau aux récentes livraisons contemporaines. S’y entremêlent les convictions architecturales et les coups de griffes critiques de l’auteur. AMF

Jean-Philippe Hugron, Guide d’architecture, Paris, DOM publishers, 20 euros.

   

Synthèse alertée

Leçons de la Shoah, de Gérard Rabinovitch, Canopé éditionsOn a beaucoup écrit sur la Shoah, mais jamais de cette façon.Leçons de la Shoah, du philosophe et sociologue Gérard Rabinovitch, est un ouvrage à la fois court et dense, factuel et profond, qui revisite les crimes du nazisme à la lumière de l’histoire mais aussi à celles de la psychanalyse et de l’anthropologie. En particulier, il analyse la Shoah comme un épisode de déstructuration qui a marqué et marquera durablement les sociétés contemporaines ; c’est l’autopsie d’un génocide et d’une rupture de civilisation dont l’onde de choc n’a pas fini de courir. C’est aussi, selon les mots de son auteur, une « remise en perspective cognitive » ainsi qu’une « synthèse alertée ». Le tout en 116 pages ! Le livre, à paraître prochainement, est édité par Canopé, le réseau de création et d’accompagnement pédagogiques (anciennement CNDP) du ministère de l’Education nationale. EL

Leçons de la Shoah, de Gérard Rabinovitch, Canopé éditions, 9,90 euros.

    

Sœurs de chaos

Une femme dite folle, ceux qui l’approchent s’accordent à la trouver belle. Elle a une sœur jumelle qui porte le même prénom, celui de la mère, mais qui vit loin, dans l’Autre Ville. La Folle est détenue depuis dix ans à l’asile et, comme le font les fous, se cogne la tête contre la porte de sa chambre d’hôpital au numéro troublant : 2666. Ce choc formidable fait naître sur le front de la folle le troisième œil d’une bosse qui grossit et se fait œuf. Chaos est un roman de l’après catastrophe, celle de la perte irrémédiable du sens. JK (Lire l’article)

Mathieu Brosseau, Chaos, Quidam éditeur, 2018.

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