Marathon Dylan

bob dylan cutting edge bootlegBon, il faut être sacrément fan pour s’avaler les six CD de Cutting edge (1965-1966)le douzième volume des Bootleg Series de Bob Dylan. Mais comme avec Dylan il n’y a pas de demi mesures, soit on aime soit on déteste. Le marathon studio de ces années cruciales dans la carrière du barde révolutionnaire devenu rocker s’écoute malgré tout en pointant l’oreille. En dehors des différentes versions d’un même titre que Bob n’hésitera pas à reproduire lors de ses tournées, guidé par sa tendance à ne jamais vouloir jouer un morceau deux fois de la même façon, on assiste dans ce recueil – riche en documents et photos – à l’évolution, prises après prises, de compositions qui ont révolutionné le rock des années 60 (à noter un CD entier consacré à 20 versions de “Like a Rolling Stone”…!) jusqu’à atteindre celles choisies pour être gravées dans ses trois albums-phare, Bringing it all back home, Highway 61 revisited et Blonde on blonde, le premier double album de l’histoire du rock avec le premier morceau “Sad-eyed lady of the lowlands” qui s’étale sur toute une face de 33 tours.

De ces sessions studios où de nombreux musiciens se croisent et s’essaient à une interprétation efficace de compositions encore aujourd’hui considérées hallucinogènes, il faut noter que Dylan, à l’époque, était allé puiser directement dans ce qui se faisait de mieux en matière d’accompagnateurs. Ainsi Al Kooper, Mike Bloomfield et Paul Griffin arpentent le studio, tout comme les étonnants The Hawks privés de Ronnie Hawkins et qui formeront plus tard The Band, le groupe qui accompagnera Bob dans sa retraite de Woodstock dans les Basement Tapes. Robbie Robertson, Rick Danko, Garth Hudson, Richard Manuel et Levon Helm deviendront d’ailleurs les piliers des tournées de Dylan, jusqu’à l’étonnant album Planet Waves, une infidélité-tour de force envers CBS.

Ce douzième volume des Bootleg series, toujours orchestré par l’efficace homme de confiance Jeff Rosen, est bien sûr décliné en divers coffrets allant du super luxe – à un prix prohibitif – jusqu’au double CD – compilation qui, sauf fétichisme exagéré, est bien suffisante.

Dino Di Meo

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