Only The People
Si demain l’intelligence artificielle voulait prendre le contrôle de la planète, nous lui conseillerions de commencer par les zones commerciales, ces no man’s land qui croissent comme des champignons à la périphérie des villes françaises. Ces lieux — aberrations à la fois sociale, écologique et esthétique — sont ceux où l’humanité est le plus vulnérable. L’individu n’y est plus qu’un porteur de carte bancaire ; il achète, consomme, use, élimine, éventuellement recycle, puis revient. Du point de vue des machines, le plus rationnel serait qu’il y reste ad vitam… Aux derniers réfractaires, nous conseillons le maquis où, autour de feux de camps, ils pourront reprendre en chœur le Only People de John Lennon… (Lire l’article)
J19 – David, Goliath et les Philistins
Symboliquement, comme pour marquer la fin d’une anomalie, la dernière journée de la phase aller a vu la défaite des deux dauphins du Paris Saint-Germain, le SCO d’Angers (1-0 à Saint-Etienne) et le Stade Malherbe Caen (0-3 à domicile contre le leader), et l’AS Monaco leur passer devant au classement, rétablissant ainsi une forme de logique dans le championnat : la logique économique. Désormais, les deux premiers budgets de Ligue 1 occupent les deux premières places et le troisième, l’Olympique Lyonnais, n’est qu’à quatre points du podium. Une ligue 1 que les présidents des clubs professionnels aimeraient transformer en un club privé… (Lire l’article)
Cyrano de Bergerac pour nos responsables politiques au verbe bas
L’insulte en politique est une arme banale mais redoutable. La manier avec habileté et brio permet dans bien des cas de prendre l’avantage, de pousser l’adversaire à la faute, de porter l’estocade. Chères et chers compatriotes, n’allons pas jusqu’à exiger l’usage de l’alexandrin dans le débat politique, mais demandons au moins à nos candidats un peu d’agilité verbale. Un peu d’esprit (cyranesque), aussi. (Lire l’article)
Versus, vice-versa
Christophe Béranger et Jonathan Pranlas-Descours viennent de présenter à Marseille et Avignon, un solo à deux ou un duo de soli avec le plasticien Étienne Rey. Un spectacle musical et lumineux. (Lire l’article)
Banksy vs Marcel : un siècle de retard sur l’art en morceaux (1)
L’artiste et performer Banksy a récemment machiné la destruction publique de l’un de ses tableaux mis aux enchères. Diriger un tel acte vers un ramassis de milliardaires et d’experts incultes pour jouir d’un beau chahut mondain, c’est abandonner en chemin la vraie question qui gît dans un acte de destruction de l’art. Un siècle plus tôt, la destruction des œuvres fut l’objet, au sens matériel et philosophique, d’un hasard expérimental moins tapageur mais ô combien plus intéressant puisque aucunement prémédité et sans complicité médiatique. Les protagonistes de cette histoire s’appellent Marcel Duchamp et Man Ray. (Lire l’article)
Bettye LaVette change Dylan
Avec Things have changed, Bettye LaVette vient de frapper un bon coup en caressant douze titres de Bob Dylan de la plus belle des façons.
La voix de Philippe Chevalier, ténor
La voix de Philippe Chevalier, ténor… Un portrait de voix par Sophie Rabau (Lire le portrait)
Faire la vie
Dans Faire la vie, carnet de notes et livre de photos, Arno Bertina revient sur ses séjours au Congo et la gestation de L’Âge de la première passe, son ouvrage paru en début d’année. Des images sans artifices, au cœur de son questionnement d’écrivain.
La sémiophysique pour les nuls
À force de regarder de près, on remarque dans les cartoons d’Avery l’omniprésence d’une structure particulière, qui revient inchangée sous des aspects toujours différents : un personnage ou un objet émet un “influx” (un son, une onde, une parole, une pulsion) qui est capté par un autre personnage, ou objet, dont le comportement ou la forme est soudain modifié(e).
J35 – La foi du footballeur
Le Toulouse Football Club ne finit pas bien ses matchs. Trente-trois points perdus après avoir mené au score cette saison : aucune équipe n’a fait pire. Problème d’endurance, problème de confiance ? Le TFC ne tient pas la distance et pourtant, le club s’est fixé un défi : bien finir la saison pour se maintenir, contre toute logique. Le TFC y croit. Pourquoi ? Pour le supporteur, le football est une religion, le club est un dieu et le stade son église. Et si le club est un dieu, ne pas croire qu’il va se sauver, c’est jouer les Saint-Thomas. Honte aux apostats ! Le miracle se produira, aucun doute n’est permis. Il faut avoir la foi ! (Lire l’article)
Angélica Liddel, lumières dans la nuit
Les trois actes du dernier spectacle de l’Espagnole Angélica Liddell vont et viennent entre Paris et Tokyo et entre deux événements sanglants : le meurtre, en 1981 à Paris, d’une étudiante hollandaise, dépecée et mangée par Issei Sagawa, le “Japonais cannibale”, et la tuerie du Bataclan, le 13 novembre 2015. L’horreur et la douleur du monde, c’est ce qui nourrit l’écriture de Liddell et son engagement physique sur le plateau. Ce qu’elle y fait de son corps tient de la performance – et de l’offrande, dans un rituel où la beauté est le contrepoint de la souffrance. (Lire l’article)
Aurillac, en corps, en corps
Le maire d’Aurillac, avait à peine terminé son discours par une invitation à “faire beaucoup l’amour” que dans la foule massée sur la place de l’hôtel de ville des petits groupes commençaient à se déshabiller. C’était mercredi 23 août, pour le lancement du Festival international de théâtre de rue, et le vertige a duré quelques secondes, avant que le théâtre reprenne ses droits. Durant quatre jours, Aurillac a fait la fête et célébré les corps en liberté. (Lire l’article)
No(rma) means No
Adalgisa (une prêtresse, une Gauloise) dit non à Pollione (un Romain, un ennemi, un salaud ou à peu près). Non, elle ne le suivra pas à Rome. Sauf que Pollione insiste, tellement qu’elle finit par dire oui, ou peut-être. Et de ce oui arraché naît tout un opéra.
Electroménager blanc, idées noires
Elle achète un congélateur et trouve un cadavre dedans.” Une Américaine de Caroline du nord rachète un congélateur à sa voisine qui s’apprête à déménager. Quelques jours plus tard, l’acheteuse ouvre l’appareil et découvre qu’il contient un cadavre, celui de la mère de la voisine. Ce sont des choses qui arrivent… En lisant le titre de cette dépêche de l’AFP, je me suis pris à rêver qu’il s’agissait d’un congélateur neuf, tout juste livré par un grand magasin d’électroménager. Il aurait été possible de tracer un parallèle avec le magnifique plan séquence qu’Alfred Hitchcock souhaitait glisser dans la Mort aux trousses. (Lire l’article)
J3 – La fin de l’ère “glacière”
Le football n’est pas qu’un spectacle, il est aussi un discours, ou plutôt une superposition de discours qui investissent leur objet de significations multiples. Effet de la surmédiatisation, ces discours prolifèrent et tendent à se reproduire les uns les autres, à se citer, se copier, et cette spécularité favorise la production de mythes : des plateaux télé au café du commerce, tout le monde parle de la même chose, laquelle chose devient un référent collectif dont la signification évolue. Un exemple à l’Olympique de Marseille, avec la glacière de Marcelo Bielsa. (Lire l’article)
Projections
POINT BARRE : c’est le titre choisi par Lucie Le Bouder pour sa troisième exposition personnelle à la galerie 22,48m2. Un titre qui sonne comme une fin de non recevoir. Pourtant, quand on pensait avoir tout vu, voilà qu’un détail nous surprend. L’exposition n’a pas dit son dernier mot et elle exige qu’on y revienne. Alors on regarde à nouveau les lignes, les plans, le sol, les murs et on comprend qu’un principe unit les œuvres rassemblées ici : toutes ont partie liée à un dispositif de projection – qu’elles en résultent ou qu’elles l’instituent. (Lire l’article)
Albanie-Suisse : diasporama
On attendait beaucoup de cette affiche mineure de l’Euro 2016 qui opposait l’Albanie, nouvelle venue dans la compétition, à la Suisse, équipe à tendance bi (binationale, avec dans ses rangs six joueurs helvético-albanais). Autant le dire tout de suite, dans ce mini-derby chargé d’affects politiques migratoires, que d’aucuns ont malicieusement nommé Albanie B vs Albanie A, on était quand même davantage supporteur de l’équipe officielle d’Albanie. (Lire l’article)
Doggerland, beau comme la météo marine
Doggerland dure soixante siècles, vingt-deux ans et quarante-huit heures. Temps géologique et temps des amours humaines. Écriture de haute précision avec souffle poétique, aventure prométhéenne, rêverie insulaire : on embarque. (Lire l’article)


















