La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Archives
Théâtre

Au fond du trou, l’Europe

1993, le spectacle que met en scène Julien Gosselin avec des acteurs tout juste sortis de l’École du Théâtre national de Strasbourg, interroge les racines d’un malaise européen, à partir de deux symboles de la construction européenne dans les années 1990 : le tunnel sous la Manche, l’accélérateur de particules conçu par le CERN à la frontière franco-suisse. Signé Aurélien Bellanger, le texte du spectacle reprend aussi aussi plusieurs extraits de La Fin de l’histoire et le dernier homme, l’essai polémique de Francis Fukuyama. (Lire l’article)

Mayra Santos-Febres, La Maîtresse de Carlos Gardel, traduit de l'espagnol (Porto Rico) par François-Michel Durazzo, Zulma, 2019
Livres, Ordonnances littéraires

Mayra Santos-Febres pour les sorcières

L’époque marque le grand retour des sorcières. Elles sont partout, aux États-Unis comme en France, sur la scène politique, sociale et littéraire. Mais leur récent retour en force ne leur épargne pas certains tourments. Elles souffrent en effet d’un dramatique problème de discontinuité. Pour elles, donc, le Dr P. prescrit cette semaine La Maîtresse de Carlos Gardel de Mayra Santos-Febres, paru chez Zulma, traduit de l’espagnol (Porto Rico) par François-Michel Durazzo. (Lire l’article)

Gérard Palaprat pour la fin du monde
Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Pour la fin du monde

Pour la fin du monde prends ta valise / Et va là-haut sur la montagne on t’attend / Mets dans ta valise une simple chemise / Pour la fin du monde pas de vêtements. Bon, rien de dramatique jusque-là. Derrière l’apocalypse annoncée se cache un retour à la terre, assez dans l’air du temps — on serait plus volontiers parti avec un sac à dos qu’une valise, mais ça n’aurait pas rimé avec chemise. En tout cas, il est déjà clair que le titre Pour la fin du monde n’est pas celui d’un manifeste mais d’une invitation. (Lire l’article)

Théâtre

Nathalie Béasse en forêt habitée

Ils sont quatre qui tirent les ficelles aux quatre coins d’une immense bâche noire, comme s’ils jouaient à y faire rebondir un pantin qui n’existe pas. Cette longue séquence, qui ouvre Le bruit des arbres qui tombent, le spectacle que Nathalie Béasse présente au théâtre de la Bastille, est la première d’une série d’images énigmatiques dont le sens importe moins que la sensation qu’elles provoquent, chez les spectateurs comme chez les acteurs. (Lire l’article)

Guide

ExodeS

Une belle et grande exposition d'art contemporain s'offre encore à Saint-Raphaël jusqu'à la fin...

Ex Machina, Sciences

Ex Machina #38: Ce que pense Delta

Franchement, je ne pense pas avoir de toute ma vie jamais pensé que je pensais à penser à quelque chose. L’idée me donne le tournis. D’ailleurs je ne vois même pas comment penser à la pensée d’un lézard sans penser avant tout au lézard.

Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Giscard, la princesse et la promesse

En 2009 fut publié un curieux roman intitulé La Princesse et le Président, dont l’auteur n’était autre que Valéry Giscard d’Estaing. La chose contait la passion amoureuse d’un président de la République et d’une princesse britannique, personnages derrière lesquels il n’était pas difficile de reconnaître Giscard et Lady Diana. On sait aujourd’hui qu’un passage particulièrement torride a été supprimé de l’ouvrage au moment de sa publication.

Arts plastiques, Expo

Hors d’œuvres – Les Voyageurs, épisode 1

Chaque année, quelques vingt étudiants des Beaux-arts de Paris obtiennent leur diplôme national supérieur d’arts plastiques avec les félicitations du jury. Et chaque année, le travail de ces félicités est exposé au Palais des Beaux-arts. L’exposition 2015 vient d’ouvrir sous le titre Les Voyageurs. Un titre simple. Étrange pourtant. Car plutôt que de qualifier les œuvres, il qualifie les artistes exposants. Parce qu’il s’agit de jeunes artistes, devraient-ils d’abord justifier d’une personnalité pour pouvoir ensuite se prévaloir d’une œuvre et, finalement, être reconnus comme artistes ? (Lire la suite)

Leon Bakst, Elysium (1906) - Tretyakov Gallery, Moscow
Le coin des traîtres, Traduction

Élysée

“La première étape qui doit conduire les Français à l’Élysée est franchie.” Que veut donc dire cette phrase prononcée par Marine Le Pen au soir du premier tour de l’élection présidentielle française ? Pour essayer de la comprendre, cherchons à savoir comment elle a été traduite. Mais dans la traduction anglaise qui circule sur les site d’information en ligne, elle a été omise. En espagnol, la traduction mot à mot ne nous rassure guère… (Lire l’article)

Coloriage - La sole hydrophobe © Philippe Mignon
Coloriage, Zoologie

La sole hydrophobe

La première fois que j’eus l’occasion d’observer une solea hydrophoba, elle se trouvait sur le carrelage de mon jardin d’hiver. Je m’approchai pour la saisir. Quelle surprise de la sentir frissonner sous mes doigts. Elle était vivante… Je venais de découvrir le premier poisson hydrophobe.
Rachel Elliott, Murmures dans un mégaphone, traduit de l'anglais par Mathilde Bach, Rivages, 2016. Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne dans délibéré
Livres, Ordonnances littéraires

Rachel Elliott pour Christine Boutin

Christine Boutin twitte beaucoup. Trop. Madame Boutin, il va falloir penser à lâcher votre téléphone, à réfléchir un peu avant avant de réagir à tout et à n’importe quoi tout le temps. Prenez du recul. Passez donc à la lecture, la lecture de livres. Aérez-vous l’esprit, lisez un roman, comme celui de Rachel Elliott, paru récemment en France, Murmures dans un mégaphone (Rivages, traduit par Mathilde Bach). C’est un roman anglais : les personnages boivent, avec application et constance, du thé, beaucoup de thé, à tout âge et à tout moment de la journée. Et ils passent leur vie les yeux rivés sur leur portable. (Lire l’article)

Le nombre imaginaire, Sciences

La flèche immobile

La clientèle de l’hôtel Aleph est exigeante, et nulle considération absconse quant à la possibilité ou non de faire tenir des clubs dans des chambres ne saurait lui tenir lieu d’excuse valable. Pour résumer l’opinion générale : quand on veut on peut, et au prix où se paye la nuitée la direction ne devrait pas regarder à la dépense, ou bien on ira voir ailleurs. Comme l’un des résidents les plus vindicatifs ne se priva pas de le dire à Hilbert, “vous savez remplir ℵ0 chambres d’un coup, nous pourrions bien vous montrer comment les vider tout aussi rapidement”. Bref, la crise. (Lire la suite)

Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Une Belle Histoire

Au printemps 2017, Stephen Hawking déclarait à la BBC que les humains, s’ils voulaient survivre, devaient quitter la Terre d’ici 100 ans afin de coloniser une autre planète. En cause : une éventuelle guerre nucléaire, le changement climatique, une épidémie virale et/ou les progrès incontrôlables de l’intelligence artificielle. Un an plus tard, le célèbre physicien quittait lui-même la Terre, pas pour la planète Zorglub mais pour une tombe à l’abbaye de Westminster, aux côtés de celles de Newton et de Darwin. Ses cendres reposent désormais sous une pierre engravée de la formule T= hc³/ 8πGMk. C’est l’équation dite de Bekenstein-Hawking qui décrit l’entropie des trous noirs, en d’autres termes (très simplifiés) la quantité d’information qu’ils renferment. Et si cette inscription, choisie par le savant lui-même, était un ultime message ? (Lire la suite)

Foot, Footbologies, Footbologies 2015-2016

J22- Passion et raison

En France, le football n’est pas une question de vie ou de mort. On s’en réjouira. Néanmoins, ce défaut de passion a un effet collatéral inattendu : la faiblesse de l’arbitrage. Un seul arbitre sélectionné au Mondial 2010 et à l’Euro 2012, aucun au Mondial 2014, et un seul pour l’Euro 2016 qui se jouera à domicile : la réputation de l’arbitrage français n’est plus à faire. On aura beau en chercher les causes dans la formation nationale, l’explication est bien plus simple : les arbitres français ne sont pas soumis à la même pression que leurs homologues anglais, turcs, brésiliens ou mexicains, parce qu’ici le football n’est qu’un divertissement. (Lire l’article)

Bagdad, la grande évasion !, de Saad Z. Hossain, traduit de l’anglais (Bangladesh) par Jean-François Le Ruyet, Agullo éditions.
Le genre idéal, Livres

Irak, le monde, hier et demain

En 1258, les Mongols pillent Bagdad, massacrent un million de personnes, détruisent bibliothèques et universités, mettant ainsi fin à l’âge d’or des alchimistes et de la cité qui abritait alors tout le savoir du monde. Les livres, digues de papier trempé dégoulinant d’encre, servent de barrages sur le Tigre et des savants désespérés se jettent dans le fleuve d’une ville transformée en tas de gravats. Bagdad 2004. Les nouveaux Mongols sont américains. Le tas de ruines est le même. (Lire l’article)

Choses revues, Détournements

Réforme des musées (suite)

Réactionnaires, retardataires, amishes, elles ou ils n’ont toujours pas de smartphones ! « Quel est l’intérêt de se rendre dans les musées pour contempler des QR codes, je vous le demande ? » nous a demandé un des protestataires les plus virulents. 
Le nombre imaginaire, Sciences

Médaille d’Electrum

La glorieuse incertitude du sport – voici, en cas de défaite, de quoi rasséréner les aficionados férus d’uchronie réparatrice. Ah, si les poteaux avaient été ronds et non carrés lors de la finale de la coupe d’Europe des clubs champions de 1976 opposant Saint-Etienne au Bayern de Münich ! Ah, si Zizou avait conservé son calme face à Materazzi en finale de Coupe du Monde ! D’accord on a perdu, mais dans ces univers parallèles-là, on a tout de même gagné ! Peut-on un peu mieux quantifier le rôle du hasard dans le sport ? Un champion l’est-il uniquement de par ses capacités propres ? Usain Bolt est indéniablement un phénomène. Pour autant, la chance joue-t-elle un rôle dans ses résultats ? Il n’est pas très difficile de s’en faire une idée… (Lire l’article)