Nous n’avons pas besoin que justice soit faite
Une jeune femme est morte massacrée dans sa chambre. Tout le monde s’en fiche. Fouiller dans le quotidien des gens de peu n’est pas rentable. Face à des vivants morts debout, murés dans le silence, le journaliste enquêteur va se concentrer sur la victime. Son intuition lui hurle de ne pas lâcher le morceau. Se profilent alors les années Mitterrand et les nôtres dans la foulée. Le scandale est énorme et banal. Les Insatiables, le roman de Gila Lustiger est une réussite qui, en 2017, éclaire par le noir la campagne électorale française. (Lire l’article)
Je t’aime, moi non plus
La philosophie et les maths – en premier lieu la logique, mais pas seulement – entretiennent depuis l’antiquité des rapports passionnels aigres-doux, forgés d’amour vache, d’attentes mutuelles souvent excessives et donc insatisfaites, et de communication plus ou moins efficiente. Le temps où le nombre, seule essence réellement immuable et divine, s’érigeait en système du monde est révolu. Un divorce donc ? Peut-être, mais il faut bien garder les enfants, dont il est pléthore. (Lire l’article)
Les piétons dans la ville
N’avez-vous jamais été ulcéré par ces boutons placés sur les poteaux de certains feux rouges, censés arrêter la circulation afin que vous puissiez enfin, au terme d’une attente interminable, traverser la chaussée?
Un opéra, c’est une vie
L’opéra, c’est une vie, mais beaucoup plus vivante que notre banale vie, une vie en relief et en je ne sais combien de dimensions: sonore, visuelle, vocale, pneumatique –ça respire–, olfactive – votre voisin s’est parfumé–, tactile – la peau du chanteur dans sa voix, le mur de ce décor…
Pourquoi je suis devenu écrivain
Rescapé d’un long voyage d’exil depuis son Cameroun natal, Stephen Ngatcheu, 22 ans, auteur de Chez moi ou presque, revient sur son itinéraire et sur le sens de son témoignage.
Du coup
Notre collaborateur*, chasseur de tics de langage et infatigable conculcateur de poncifs, avait...
Roumanie-Albanie : pourquoi aimes-tu le foot, Shpend ?
Shpend, 23 ans, est né à Maqellarë Dibër, un modeste village du Nord-Est de l’Albanie, tout près de la frontière macédonienne. Il vit à Turin depuis quinze ans et est désormais citoyen italien. Son équipe favorite est le Milan qui, depuis quelque temps, ne lui donne guère de satisfactions. Quand jouent les équipes nationales, il supporte aussi bien l’Italie que l’Albanie, mais l’équipe que dirige Gianni De Biasi a réveillé en lui la fierté de ses origines. La qualification à l’Euro “a prouvé au monde entier que l’Albanie se redresse”. (Lire l’article)
Tomber des nu(e)s ou la nudité joyeuse
Le photographe Marc Martin et Mathis Chevalier, son modèle, jouent avec les représentations du nu masculin, de la statuaire antique à la peinture en passant par le cinéma ou la publicité. Des images belles et joyeuses, exposées à la Galerie Obsession à Paris.
Eugène Atget en zones libres
Dans son livre « Eugène Atget. La photographie des hommes libres » (éditions LOCO), Yannick Le Marec éclaire la dimension politique du travail réalisé par le photographe auprès des chiffonniers des « zones » en périphérie de Paris, à la veille de la Première Guerre mondiale.
Machiavel pour les neutres
Facebook a récemment fait une annonce surprenante : ses employés vont devoir suivre des cours de “neutralité politique”. Parce qu’aujourd’hui, il est de mauvais ton d’être engagé. La respectabilité implique la neutralité, l’objectivité, réelles ou supposées. Ainsi, le gouvernement n’a plus vraiment d’idées politiques, il est “pragmatique”, il est neutre, comme le Medef, que Pierre Gattaz veut “apolitique”, ou le mouvement lancé par Emmanuel Macron, “pas à droite, pas à gauche”. Ceux qui dirigent, de plus en plus, déclarent être indépendants, impartiaux, sans engagements, ils aiment tout le monde et leur cœur ne penche ni vers les uns, ni vers les autres. Promis, juré. À tous les apôtres de la neutralité politique, et aux dirigeants de Facebook en particulier, je recommande fermement la lecture du Prince de Machiavel… (Lire l’article)
Vers l’apaisement ?
L’idée belle et généreuse proposée par Joe Biden à l’intention de son malheureux prédécesseur devrait satisfaire les deux parties et apaiser la tension toujours très vive outre-Atlantique. Idée doublée d’une prouesse technique extraordinaire qu’il convient de saluer.
Guanajuato, musiques en tous genres
À Guanajuato, ancienne ville minière du centre du Mexique, le festival Cervantino fête sa 43e édition. Dirigée par le romancier Jorge Volpi, la manifestation, l’une des plus importantes d’Amérique latine (3000 artistes invités en provenance de 27 pays), fait la part belle à la danse et au théâtre, mais aussi à la musique. De la flûte andine au répertoire contemporain en passant par le bel canto et les bandas de villages, l’envoyé spécial de délibéré, qui est aussi musicien dans un orchestre symphonique, livre ici le résultat de ses écoutes. (Lire la suite)
Réchauffer la banquise
Bill Vuzay, homme d’affaires multimilliardaire et philanthrope, a accepté de nous révéler le nouveau projet sur lequel il a travaillé de longs mois en secret avec ses équipes de chercheurs et d’ingénieurs.
Chili, cinéma obstiné
Jusqu’au 18 décembre, la Cinémathèque du documentaire à Paris présente une rétrospective du cinéma documentaire chilien. Une manifestation exceptionnelle par son ampleur et sa qualité.
Autodiffusion : l’imagination, fidèle alliée
Les maisons d’édition indépendantes qui choisissent de s’autodiffuser ont un allié de taille : l’imagination. Comment se rendre visible quand on trace une voie originale à l’écart des normes ?
François Garde, pour ceux qui se lèvent, à Sarcelles ou même ailleurs
La haine, la peur, le rejet. Face à cela, des jeunes de Sarcelles ont décidé, à leur échelle, de réagir, avec courage et générosité. Ils ont vu les images de ces gens jetés sur les trottoirs parisiens, en plein XXIème siècle, affamés, bousculés, ignorés. Ils ont donné un peu de leur poche et ils se sont mis à cuisiner. Cent cinquante repas et sandwiches. Qu’ils sont allés distribués à Stalingrad et à Porte de la Chapelle. Avant de lancer un “défi” aux autres quartiers de banlieue pour qu’ils fassent de même. Ils se sont levés, comme le protagoniste du dernier roman de François Garde, L’Effroi. Et comme ceux qui les imiteront. (Lire l’article)
J5 – Porter sa croix
Il faut s’être comporté bien mal dans une vie antérieure pour se réincarner en supporteur de certains petits clubs destinés à ne jamais rien gagner. Une malédiction qui se transmet d’une vie à l’autre et à travers les générations, car on hérite de la passion de son père, comme de sa fortune ou ses dettes, comme d’une maladie congénitale. On vient au monde avec, on n’y peut rien. Le supporteur de petit club, c’est Sisyphe qui pousse chaque semaine son rocher vers le sommet de la colline, et le voit dévaler chaque samedi dans l’avalanche de ses espoirs. C’est Tantale, plongé dans un fleuve de gloire où il ne peut boire, sous un arbre chargé des fruits de la victoire qu’il ne peut atteindre. (Lire l’article)
Pierre Bayard pour les instituts de sondage
Sondeurs, sondeuses, pythies aux augures sans cesse défaits, devins aux présages incertains, prophètes moqués et stigmatisés, oracles aberrants : vous vous sentez déprimés, rejetés, diminués ? Lisez donc Pierre Bayard. Les romanciers, explique-t-il dans Le Titanic fera naufrage, ont en effet “un accès privilégié à des évènements qui ne se sont pas encore produits”. Contrairement aux dirigeants politiques et aux responsables d’instituts de sondages à travers le monde, qui, eux, se gardent bien de tirer parti “de la capacité annonciatrice de la littérature”. (Lire l’article)


















