Les choix de délibéré – 2 août 2017

Les GRAPUS reconnus à Thiers

En 1968, les graphistes Pierre Bernard (décédé en 2015), Gérard Paris-Clavel et François Miehe s’engagent tous jeunes dans l’Atelier populaire de l’École des arts décoratifs. Ils sont alors surnommés « crapules staliniennes ». Avec sarcasme, ces lutteurs en tirent leur nom de GRAPUS. Alex Jordan et Jean-Paul Bachollet rejoignent le groupe en 1976 qui se dissout en 1990. À Thiers (Puy-de-Dôme), une exposition fait revivre ce groupe mordant, avec beaucoup d’affiches politiques et culturelles très picturales. La main ailée qui identifie le Secours populaire, c’est eux ! Des « auteurs » qui ne voulaient pas « bourrer le crâne » mais « poser des questions sur l’état du monde ». AMF

« GRAPUS ? Connais pas ? Mais si, rappelle-toi… », exposition à l’Usine de May, Thiers, 63000. Jusqu’au 17 septembre

 

Un Arsenal d’expositions

Il y a de quoi réfléchir au Pavillon de l’Arsenal consacré à l’architecture francilienne. On y découvre des réalisations japonaises élevées à Paris depuis 1867. Dans la foulée est dévoilée la maquette de la Bourse de Commerce qui sera transformée par Tadao Ando en musée d’art contemporain. On peut préférer longer le fleuve avec « Réinventer la Seine », exposition des résultats d’un appel à projets urbains. Les enfants grimpeurs s’accrocheront à un mur d’escalade, ambassadeur des JO dans la capitale. Des présentations pour étayer les débats toujours très vifs à Paris, du futur musée Pinault, aux berges de Seine et aux Jeux olympiques. AMF

Pavillon de l’Arsenal, 21, boulevard Morland, 75004, jusqu’aux 3 septembre (« Réinventer la Seine ») et 24 septembre (« Architectures japonaises à Paris, 1867- 2017 »)

 

Éric Baudelaire à Saint-Sébastien

Entrelacer fictions autour de la peur et médias, pouvoir des mots et des images, tel est le dessein de l’artiste visuel et cinéaste français Éric Baudelaire, né en 1973. La Tabakalera, centre de culture contemporain de Saint-Sébastien (Espagne) lui consacre une monographie : « Ramón Raquello et son orchestre ». Dans cet ensemble d’installations, gravures, photographies et vidéos, le film Also Known As Jihadi (2017) surgit comme un thriller, un road movie qui se débat, et nous fait nous débattre, avec l’incompréhensible. On suit un jeune Français, Aziz, qui a choisi de se rendre en Syrie, à travers les lieux qu’il a traversés, et des extraits d’interrogatoires de police. Film l’on pourra aussi voir au Centre Pompidou Paris, en septembre. AMF

Tabakalera, Andre zigarrogileak plaza, 1, Saint-Sébastien (Espagne). Jusqu’au 15 octobre.
Centre Pompidou, « Après », d’Éric Baudelaire, du 6 au 18 septembre, galerie 3. 

  

Cabotage à Paris

Cet été, laissons-nous dériver au pied de la Tour Eiffel. Au Palais de Tokyo, l’exposition « Le Rêve des formes » est comme un jardin monstrueux où artistes et chercheurs, face aux découvertes scientifiques et techniques récentes, bouleversent notre façon de voir et de montrer. On plongera avec délice dans les « Dioramas », déjà défendus ici. À la Cité de l’architecture, on passera vite devant les Portraits (trop convenus) d’architectes (jusqu’au 4 septembre), mais on ne ratera pas « Habiter le temporaire » (jusqu’au 16 juillet), riche de petites constructions d’urgence. Pour déboucher sur le face-à-face entre deux collectifs de concepteurs, Raumlabor (Berlin) et les Colocco (Paris). Ces derniers nous mèneront tout droit à la Place de la Nation, qu’ils réinventent et réaniment avec les habitants. AMF

Expositions à la Cité de l’architecture et du patrimoine et « Le rêve des formes » au Palais de Tokyo jusqu’au 10 septembre

  

Gilles Clément en mouvement

Pour la manifestation Lieux Mouvants, à Saint-Antoine (Côtes d’Armor), Gilles Clément, paysagiste-écrivain, se fait photographe. Il en a observé des paysages au cours de ses voyages ! Ses images seront enrichies par celles du photographe Yann Monel, dans son jardin de La Vallée (Creuse). Un documentaire japonais retrace la rencontre de ce jardinier planétaire avec le Japon. De week-end en week-end, des créateurs amis – l’artiste Johann Le Guillerm, le chorégraphe David Drouard et le paysagiste Christophe Ponceau – prendront la parole. AMF

Lieux Mouvants, Saint-Antoine (22). Du 29 juillet au 20 août 2017.