Roland Barthes, le langage comme peau
Le 25 février 1980, vers 15h00, Roland Barthes sort d’un déjeuner avec François Mitterrand, candidat à l’élection présidentielle autour duquel Jack Lang a voulu réunir quelques intellectuels. A 15h45, le philosophe et sémiologue se fait renverser par une camionnette de blanchisserie devant le 44 rue des Écoles, tout près du Collège de France. Les secours le récupèrent inconscient, saignant du nez, et le transportent à la Salpêtrière. Il y meurt le lendemain, à l’âge de 64 ans. Tout a été dit sur cette mort, et même imaginé — voir La septième fonction du langage, de Laurent Binet. Tout sauf ceci : qu’est-il advenu du cartable en cuir noir que Barthes avait avec lui au moment de l’accident ? Et que contenait-il ? (Lire l’article)
(sur quelque chose)
L’empreinte : s’il fallait ne choisir qu’un seul terme pour évoquer le travail de l’artiste brésilienne Maria Laet, ce serait celui-là. Maria Laet travaille par contact – tantôt sollicitant des techniques de gravure ou d’impression traditionnelles, tantôt les détournant (ainsi lorsqu’elle choisit d’exposer directement à la lumière le papier photosensible d’un polaroïd), tantôt inaugurant de nouvelles manières de faire empreinte (en se servant, par exemple, du souffle). Toutes ces techniques sont autant de protocoles destinés à révéler ce que la surface exprime, lorsqu’on y imprime. Le titre de l’exposition qui se tient en ce moment à la MdM Gallery, Com a Pele Fina (Avec la peau fine), condense ce parti pris : la peau entendue comme surface de contact. (Lire l’article)
La der… d’André Walusinski (1915)
Ce 11 novembre 2018 marque un centenaire: cent ans pendant lesquels aucune autre trace que le document officiel de 1920 confirmant le décès d’André Walusinski “à l’ennemi” n’est parvenue, pas même une lettre de poilu qui aurait pu faire de lui quelqu’un d’autre qu’un soldat inconnu.
J11 – Le mythe de Troie
Dans L’or des tigres (1972), Jorge Luis Borges affirmait qu’il n’y a que quatre histoires à raconter, quatre “cycles” que nous ne cessons de réinterpréter depuis la plus haute Antiquité, quatre mythes qui nourrissent la littérature ainsi que –Borges n’en parle pas– le storytelling politique et la chronique sportive. Du plus ancien – l’histoire d’une “ville fortifiée qu’assiègent et défendent des hommes valeureux”–, la Ligue 1 a offert ce week-end une singulière version. La ville de Troie tombe à la fin, le supporteur le sait, comme tout un chacun. (Lire l’article)
J31 – Internationaux et binationaux
Décidément, les binationaux posent problème. Abandonné cette semaine par François Hollande, le projet de loi sur la déchéance de nationalité du gouvernement Valls avait commencé par les cibler, comme s’ils n’étaient que ces “demi-Français” depuis longtemps objets du mépris de Jean-Marie Le Pen. Précurseur comme souvent, le football met en lumière le phénomène binational et participe de son acceptation, dans un climat de stigmatisation. Pacifiste et internationaliste par nature, le football affirme désormais que l’avenir est à la binationalité, à la trinationalité, et plus encore. (Lire l’article)
J21 – Le secret des dieux
Le football est partout. Matchs en direct, en différé, comptes-rendus : les images du ballon rond saturent la vidéosphère, sans parler des discours infinis qu’elles suscitent. L’imagerie du football imprègne notre imaginaire collectif : les footballeurs sont des icônes, ils deviennent acteurs de publicités, mannequins pour de grandes marques, ils nous envahissent. Conséquence : le supporteur n’ignore rien d’eux. Le football, c’est le triomphe de la société du spectacle, du tout-à-voir. Et pourtant, au cœur de cette exhibition constante survit l’étrange concept de “secret du vestiaire”. (Lire l’article)
Angleterre-Russie : no beauty in the beautiful game
Comment penser à un match alors qu’un homme se bat pour sa vie à l’hôpital, victime d’un malaise cardiaque après avoir été roué de coups par des voyous russes ? L’excitation et l’espoir de ce qu’accomplirait cette équipe d’Angleterre, et plus encore la manière – parce qu’il vaut mieux perdre avec style que gagner sans – s’en sont allés. Ce n’est que le deuxième jour de l’Euro 2016 et les autorités ont déjà perdu le contrôle. Elles doivent apprendre de leurs erreurs et réagir rapidement, avant que la situation n’empire. (Lire l’article)
Angélica Liddel, lumières dans la nuit
Les trois actes du dernier spectacle de l’Espagnole Angélica Liddell vont et viennent entre Paris et Tokyo et entre deux événements sanglants : le meurtre, en 1981 à Paris, d’une étudiante hollandaise, dépecée et mangée par Issei Sagawa, le “Japonais cannibale”, et la tuerie du Bataclan, le 13 novembre 2015. L’horreur et la douleur du monde, c’est ce qui nourrit l’écriture de Liddell et son engagement physique sur le plateau. Ce qu’elle y fait de son corps tient de la performance – et de l’offrande, dans un rituel où la beauté est le contrepoint de la souffrance. (Lire l’article)
Bill Vuzay met la clim’
Dans un souci louable de réduire son empreinte carbone, c’est par téléphone que Bill Vuzay nous a entretenu de son nouveau projet ambitieux destiné à faire baisser les températures mondiales: installer des climatiseurs extérieurs.
Shlomo Sand : vous voulez vraiment que je parle de ça ?
Depuis Comment le peuple juif fut inventé, Shlomo Sand, historien, professeur émérite de l’université de Tel Aviv, est honni par les uns, qui voient en lui un ennemi de son pays voire de son peuple et l’ont mal lu ; adulé par les autres, antisionistes, qui l’ont souvent mal lu aussi. Il publie son premier polar, La Mort du Kazhar rouge, que l’on conseillera aux deux. Le roman, policier ou autre, a cet avantage : il échappe aux catégories et ouvre sur la nuance, l’intime. Et l’auteur. (Lire l’entretien)
Carabin·e
À la suite de l’envoi de notre lectrice publié hier, nous avons reçu de nombreux messages...
Ariane 6 (suite)
Nous vous faisions part hier dans nos pages de la satellisation d’un célèbre présentateur. Nous...
Babel-sur-Yvette
Fondé par les libraires Pierre Morize et Hélène Pourquié, le festival Vo-Vf, de Gif-sur-Yvette, dans l’Essonne, qui rend hommage aux traducteurs, a fêté sa 7e édition du 4 au 6 octobre. Retrouvez tous les débats de cette année sur le site du festival.
Entre écriture et traduction : la langue étrangère d’Elena Ferrante
“Les beaux livres sont écrits dans une sorte de langue étrangère”, affirmait Proust. Étrangement, cette phrase pourrait s’appliquer à la littérature d’Elena Ferrante, plus étrangère qu’il n’y paraît : elle brouille les pistes en rendant troubles les confins entre traduction et écriture. Ferrante, en effet, traduit le napolitain dans une langue apparemment incolore, inodore, surveillée, voire étouffée. Mais l’effacement du napolitain le rend plus présent que jamais. (Lire l’article)
Lapi-not dead at all
Après avoir été laissé pour mort dans le dernier album de la série des “Formidables aventures de Lapinot”, le héros éponyme de Lewis Trondheim est à présent ressuscité, pour le plus grand bonheur de ses fans. Ce n’est pas seulement le célèbre lapin que nous avons le plaisir de retrouver mais aussi ses amis, l’immature Richard, Titi ou Pierrot, dans une histoire où le fantastique se mêle à une lecture de notre société contemporaine et de ses dérives, qu’il s’agisse du terrorisme ou des sites de rencontre pour célibataires. C’est surtout l’occasion de découvrir, pour ceux qui ne le connaîtraient pas déjà, un des plus grand auteurs de la BD française contemporaine. (Lire l’article)
Des manchots pour fêter le cinéma
Membre de l’expédition Scott au pôle Sud en 1911, Herbert Ponting en est revenu avec assez d’images pour réaliser deux documentaires à succès…


















