Alternatives logiques
Un bon nombre de règles semblent évidentes au-delà de tout doute raisonnable. Par exemple le fait qu’une affirmation ne peut pas être vraie et fausse en même temps. Certaines formes de logique regardent pourtant avec suspicion la fameuse preuve par l’absurde : pour prouver une propriété, je suppose sa négation, et j’en déduis une contradiction. Ma propriété, qui doit être vraie ou fausse, ne peut ainsi pas être fausse et elle est donc nécessairement vraie. Raisonnement inattaquable ? Oui, pour la majorité des mathématiciens ; mais il existe une forme de logique, dite intuitionniste, qui se refuse à un tel raisonnement. (Lire l'article)
Bordeaux, les couleurs se font la belle
Dans l'annexe du musée des Arts décoratifs et du design, une ancienne prison, l'exposition « Oh couleurs ! » donne forme aux objets de design, dans une succession d'effets, réels ou subjectifs. Des grands applats verts, rouges, jaunes, bleus, francs et jouissifs, du designer scénographe Pierre Charpin, aux objets irisés dont les teintes s'échappent, telles des bulles de savon. Une joyeuse palette de d'observations et de sensations. (Lire l'article)
Bienvenue au festival In Extremis
Organisé par le Théâtre Garonne de Toulouse du 17 mai au 11 juin, le festival In Extremis a cette année pour fil conducteur. Et invite des artistes du monde entier qui mêlent les genres et bousculent les frontières.
Mystère à Crécy-la-Chapelle
Blandine Pochet vit seule et retirée du monde depuis la mort de son mari. La retraitée était-elle une “nourrice” ?
Tous les campements du monde
Parallèlement à une exposition consacrée aux architectes universalistes portugais, la Cité de l'architecture parisienne présente Habiter le campement. Pour effectuer cet état des lieux du “monde global des camps”, une savante collecte de 14 000 photographies de photojournalistes a été menée. Ont été identifiées six manières d'habiter : les nomades, les voyageurs, les infortunés, les exilés, les conquérants et les contestataires. Un panorama mondial des habitats éphémères, des yourtes nomades aux cahutes d'urgence, des bivouacs de voyageurs aux logistiques militaires, des centres de rétentions aux tentes des contestataires. Cette exposition n'est pas seulement un listing complet, esthétique ou tragique, des campements, elle nous incite à observer. (Lire l'article)
Emmanuel Adely pour ceux qui perdent le fil (financier)
Si certains sont affligés d’une phobie administrative, d’autres peuvent bien avoir à se coltiner une phobie pécuniaire. Nous leur recommandons donc, en cette période où les jours rallongent et où donc des ouvrages plus longs peuvent être plus facilement prescrits, le livre imposant d'Emmanuel Adely, Je paie, publié aux éditions Inculte. (Lire l'article)
Un crime, mais lequel ?
En 1935 Georges Bernanos, auteur de Sous le soleil de Satan et Prix Femina en 1929, publie un polar. Et fait d’un travail alimentaire un monument qu’il camoufle discrètement, comme un délit, sous les aspects d’une histoire ordinaire. La construction est imparable, d’une grande modernité. Le contenu annonce les grandes thématiques du genre de la deuxième moitié du vingtième siècle : sexe, amour interdit, mensonge social, usurpation d’identité, schizophrénie peut-être… Bernanos, avec ce bijou, s’affirme en précurseur essentiel au même titre que Poe, Gaboriau ou Collins. Trop catholique pour être lu par les lecteurs rebelles, égaré dans la sous-littérature de gare pour les autres, Bernanos a vu son roman caviardé par les préjugés. Quel dommage. (Lire l'article)
Un idiot utile
Les programmes de traduction automatique ne cessent de s'améliorer. Mais traiter la langue comme un objet statistique, sujet aux calculs de probabilité, ne permet toujours pas de dégager le sens des énoncés.
Alexandre Vialatte et un marronnier en fleurs
Alexandre Vialatte est cet homme qui écrivit un jour : “L’homme n’est que poussière, c’est dire l’importance du plumeau”. Le talentueux chroniqueur de La Montagne écrivit aussi : “Les arbres sont pleins de sève, jusques et y compris le grand marronnier en bas de chez moi. C’est le printemps sans doute”, mais cela personne ne le savait car la phrase figure dans un texte que le quotidien de Clermont-Ferrand a jugé préférable de ne pas publier, et que nous reproduisons ici en exclusivité. (Lire l'article)
Le pectindon
Ce phasianidé dodu au plumage chatoyant ressemble beaucoup à notre dindon domestique. Il s'en distingue toutefois par sa large queue rigide, toujours déployée, et par son cou vrillé qui prend un tour supplémentaire chaque année.
Panique chez les hipsters
Le milieu branché de l'est parisien est en émoi depuis la révélation de plusieurs cas de naissances de bébés barbus.
Les temps qui courent (3)
Il est rapporté que l’impact de l’ambiance Covid-19 sur les rêves est notable chez beaucoup, bien sûr selon les modalités propres aux histoires de chacun. De quoi avertissent ces rêves ? Qu’il n’y aura pas d’“après” ?
Fais dodo, Colas mon p’tit frère
Qui nous pleurera ? Qui se souviendra de nous ? Ne faudrait-il pas d’ores et déjà empailler quelques spécimens de la race humaine au cas où des visiteurs d’une autre galaxie viendraient, quelque temps après la catastrophe, à passer par là et chercheraient à satisfaire une curiosité bien naturelle ? Derrière une vitrine ultrarésistante, nous pourrions présenter un échantillon aussi complet que possible de l’humanité, façon muséum d’histoire naturelle : un pygmée, un trader de Wall Street, un conchyliculteur, un éditorialiste de la presse nationale, un chauffeur de VTC, un bouilleur de cru... (Lire l'article)
Le sponk des mers
Jadis très présent dans la mer de Chine méridionale, le sponk des mers doit son surnom aux cornes et la queue qui évoquent celles du castor cornutus terrestre.
Obscur Oracle
L’intelligence artificielle est partout ces temps-ci. Selon qui vous en parle, elle va révolutionner notre vie, nous piquer nos jobs, gouverner le monde à notre place, nous rendre surhumains ou obsolètes, assurer la sécurité de nos routes, mettre fin à nos libertés, nous faire rois ou esclaves, inventer son propre successeur (et le nôtre) dans une singularité récursive infinie… la boîte de Pandore est ouverte – mais que contient-elle de fantasmes, de mythes anciens modernisés, de réalité exaltante ou effrayante ?
Vers l’apaisement ?
L’idée belle et généreuse proposée par Joe Biden à l’intention de son malheureux prédécesseur devrait satisfaire les deux parties et apaiser la tension toujours très vive outre-Atlantique. Idée doublée d’une prouesse technique extraordinaire qu'il convient de saluer.
La femme aux masques de Phèdre
À l'Odéon, Isabelle Huppert incarne tour à tour une déesse antique, une star à la dérive dans un palace, une ménagère anglaise enfermée dans une banlieue glauque, une conférencière désabusée et l'héroïne de Racine. Autant de masques de Phèdre à la démesure d'une actrice qui excelle à souffler le chaud et le glacé et à livrer son corps à la contradiction. Sa performance exceptionnelle occulte en partie les failles du spectacle de Krzysztof Warlikowski, où les choix littéraires du metteur en scène (textes signés Wajdi Mouawad, Sarah Kane, J.M Coetzee) ne sont pas toujours à la hauteur de ses intuitions dramaturgiques. (Lire l'article)
















