Marie Cosnay, histoires d’îles et d’exils, suite
Texte indispensable, ce deuxième volume de la série «Des îles» que Marie Cosnay consacre à ceux et celles qu’illégalisent la politique migratoire européenne, est un livre de mémoire mais, avant tout, de combat.
Montaigne et La Boétie
Dans un manuscrit longtemps inédit, Montaigne se risque à quelques confidences sur l’amitié d’homme à homme. On y voit un esprit audacieux évoquer librement les amours interdites, mais aussi un homme prudent.
Brest 1982 : la ville, les pauvres, le port (1)
À dix ans d’intervalle, en 1982 et 1992, je me suis rendu à Brest pour honorer deux commandes à l’initiative du ministère de l’Équipement. Deux travaux documentaires, l’un dans le cadre d’une campagne de réhabilitation de logements insalubres, l’autre autour du thème « Le port et la ville ».
Champagne sur le tarmac !
Des salles de théâtre, de cinéma, de concert fermées… Pendant ce temps, des avions volent. Pas tous. Certains sont cloués au sol et le sont même volontairement. Entretien avec le PDG de FrenchAir.
Pablo de Ségovie
On l’aurait presqu’oublié, mais Daniel Vierge est espagnol. Il n’a d’ailleurs jamais cessé...
Didier Eribon, comptes de Noël et de la nouvelle année
Après l’apnée des fêtes, les gilets jaunes descendent lentement en Une des journaux. Bon moment pour ouvrir ou rouvrir un livre paru il y a dix ans pile, Retour à Reims, de Didier Eribon. Ou aller au théâtre : la pièce adaptée du texte par Thomas Ostermeier va être jouée pour la première fois en France. (Lire l’article)
Poisson d’avril
À force de jouer des sonates de Scarlatti, on finit par être capable d’en écrire. Trois grands interprètes ont ainsi laissé de “vraies fausses” sonates : un Caprice à la Scarlatti du pianiste polonais (et Premier ministre en 1919) Ignace Paderewski, une superbe sonate por el señor Escarlate du claveciniste colombien Rafael Puyana… Scott Ross s’est quant à lui offert, lors de la diffusion de son intégrale Scarlatti sur France Musique, le 1er avril 1985, il y a 31 ans exactement, un poisson d’avril scarlattien : une magnifique sonate que l’auteur de ces lignes est allé pêcher dans les archives de l’INA, et qui dévoile un Scott Ross plus scarlattien que Scarlatti… (Lire l’article)
Spirituel, fantasque et rabelaisien
Heinrich Kley est à présent reconnu. Quelques mois seulement après la publication de ses premiers...
Prendas corpus
Dans Prendas Corpus du Cubain Jeosviel Abstengo, petit chef d’œuvre de violence froide, plusieurs personnes cachent des morceaux de viande sous leurs vêtements. Violence clinique, documentaire, dont l’efficacité est inversement proportionnelle à la brièveté du film.
Le muntjac variable
La seule espèce de cervidé à feuilles persistantes vit dans les forêts d’Hokkaido. Son feuillage change de couleur suivant les saisons… malgré le changement climatique. La meilleure saison pour l’observer est l’automne, quand sa parure est la plus flamboyante.
Ex Machina #41: Le libre-arbitre siffle la fin du match
Encore une fois, c’est très simple: je sais pertinemment que je n’ai aucun libre-arbitre, mais je suis bien sûr intimement persuadé que j’en ai un.
Mallarmé pour Emmanuel M.
Monsieur Emmanuel M., âgé de 45 ans, marié, ministre des Finances, se présente à la consultation du service de chronobibliopathologie, adressé par son médecin traitant suite à une histoire d’insomnie, retards, pertes de montres et agenda. À l’anamnèse, on retrouve des événements déclencheurs idiopathiques : désintérêt pour la lecture dès la puberté, tentative, au début de l’âge adulte, de faire entrer “26 heures dans une journée” selon l’expression du patient. Après réunion du staff, on propose un traitement allopathique à raison d’un voyage en bus sur le trajet Paris-Marseille avec lecture d’un sonnet tiré de la pharmacopée classique. (Lire l’article)
Tout est bien qui finit bien
Impossible de déterminer dans quel ordre Abbey a réalisé les illustrations des quatre comédies...
Ricardo Piglia : le souffle de la fiction
Y a-t-il une histoire ? » C’est ainsi que s’ouvre Respiration artificielle, œuvre indispensable de l’Argentin Ricardo Piglia, qui vient de nous quitter. L’histoire familiale du jeune écrivain Emilio Renzi, alter ego aussi évident que mensonger de l’écrivain, s’entrelace avec l’histoire agitée de son pays. Dès les premières pages, il met en garde le lecteur : « Tout est apocryphe ». (Lire l’article)
Luc Bondy, mort d’un maître amoureux
De tous les amours de Luc Bondy, celui des acteurs était le plus remarquable. Séducteur, il avait dans la vie une attention en mouvement perpétuel, prompt à passer d’un sujet ou d’un interlocuteur à l’autre. Dans la salle de répétition, il était l’inverse, soudain capable d’extrême concentration, joignant le geste à la parole pour monter sur le plateau, saisir un bras, entourer une épaule, et donner au comédien la sensation d’être à cette seconde la personne la plus importante au monde, objet exclusif du désir de son metteur en scène. Luc Bondy est mort hier. Pour Paris et pour le théâtre européen, la perte est rude. (Lire la suite)
Aux Hivernales, une mécanique bien huilée
En ouverture du Festival Les Hivernales d’Avignon, 39e édition, le spectacle La Mécanique des ombres de NaïF Production s’est imposé par sa troublante beauté et son étrangeté. Dans une autre tonalité, les Fragments mobiles d’Yvan Alexandre, d’abord dispersés, se rassemblent dans une fresque étirée. Et dans De(s)genération, du danseur et chorégraphe hip hop Amala Dianor, la new school rivalise joyeusement avec la old school. (Lire l’article)
Les habits d’ombre
Une jeune femme sans passé et sans famille, après avoir braqué un homme à la sortie d’un bar, retourne son arme contre elle et se tire une balle entre les deux seins. Sa cible lui a tourné le dos sans se retourner, ni même accélérer au bruit de la détonation. Personne ne sait. Personne ne parlera. L’Argentine Eugenia Almeida pose son récit à l’heure de la convalescence crépusculaire d’un pays martyrisé. Cela pourrait être partout où, de l’histoire des dictatures et des coups tordus, remontent des créatures à la gueule grand ouverte. (Lire l’article)
Mises à l’épreuve, Martin Monchicourt – Les Voyageurs, épisode 2
Béton, dalle en bois aggloméré, bâche d’ensilage, MDF (pour médium density fiberboard, dit “médium”)… voici quelques-uns des matériaux qui composent Escalier et Scanner, les deux œuvres que Martin Monchicourt présente dans le cadre de l’exposition Les Voyageurs, réunissant les diplômés félicités des Beaux-arts de Paris. Du matériau à sa destination, aucune sublimation ni métaphorisation n’est mise en scène. Le geste de Martin Monchicourt relève de l’artisanat, du savoir-faire et du protocole technique. (Lire la suite)


















