La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Archives
Scott Ross avec son chat, mais sans son poisson
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Poisson d’avril

À force de jouer des sonates de Scarlatti, on finit par être capable d’en écrire. Trois grands interprètes ont ainsi laissé de “vraies fausses” sonates : un Caprice à la Scarlatti du pianiste polonais (et Premier ministre en 1919) Ignace Paderewski, une superbe sonate por el señor Escarlate du claveciniste colombien Rafael Puyana… Scott Ross s’est quant à lui offert, lors de la diffusion de son intégrale Scarlatti sur France Musique, le 1er avril 1985, il y a 31 ans exactement, un poisson d’avril scarlattien : une magnifique sonate que l’auteur de ces lignes est allé pêcher dans les archives de l’INA, et qui dévoile un Scott Ross plus scarlattien que Scarlatti… (Lire l’article)

Écrans, Machines à voir

Prendas corpus

Dans Prendas Corpus  du Cubain Jeosviel Abstengo, petit chef d’œuvre de violence froide, plusieurs personnes cachent des morceaux de viande sous leurs vêtements. Violence clinique, documentaire, dont l’efficacité est inversement proportionnelle à la brièveté du film.
Coloriage - Le muntjac variable © Philippe Mignon
Coloriage, Zoologie

Le muntjac variable

La seule espèce de cervidé à feuilles persistantes vit dans les forêts d’Hokkaido. Son feuillage change de couleur suivant les saisons… malgré le changement climatique. La meilleure saison pour l’observer est l’automne, quand sa parure est la plus flamboyante. 
Stéphane Mallarmé, Poésies, édition de Bertrand Marchal, préface d'Yves Bonnefoy, coll. Poésie/Gallimard, 1992. Une ordonnance littéraire de Sophie Rabau dans délibéré
Livres, Ordonnances littéraires

Mallarmé pour Emmanuel M.

Monsieur Emmanuel M., âgé de 45 ans, marié, ministre des Finances, se présente à la consultation du service de chronobibliopathologie, adressé par son médecin traitant suite à une histoire d’insomnie, retards, pertes de montres et agenda. À l’anamnèse, on retrouve des événements déclencheurs idiopathiques : désintérêt pour la lecture dès la puberté, tentative, au début de l’âge adulte, de faire entrer “26 heures dans une journée” selon l’expression du patient. Après réunion du staff, on propose un traitement allopathique à raison d’un voyage en bus sur le trajet Paris-Marseille avec lecture d’un sonnet tiré de la pharmacopée classique. (Lire l’article)

Respiration artificielle, de Ricardo Piglia, traduit de l'espagnol (Argentine) par Antoine et Isabelle Berman, André Dimanche, 2000
Livres

Ricardo Piglia : le souffle de la fiction

Y a-t-il une histoire ? » C’est ainsi que s’ouvre Respiration artificielle, œuvre indispensable de l’Argentin Ricardo Piglia, qui vient de nous quitter. L’histoire familiale du jeune écrivain Emilio Renzi, alter ego aussi évident que mensonger de l’écrivain, s’entrelace avec l’histoire agitée de son pays. Dès les premières pages, il met en garde le lecteur : « Tout est apocryphe ». (Lire l’article)

Théâtre

Luc Bondy, mort d’un maître amoureux

De tous les amours de Luc Bondy, celui des acteurs était le plus remarquable. Séducteur, il avait dans la vie une attention en mouvement perpétuel, prompt à passer d’un sujet ou d’un interlocuteur à l’autre. Dans la salle de répétition, il était l’inverse, soudain capable d’extrême concentration, joignant le geste à la parole pour monter sur le plateau, saisir un bras, entourer une épaule, et donner au comédien la sensation d’être à cette seconde la personne la plus importante au monde, objet exclusif du désir de son metteur en scène. Luc Bondy est mort hier. Pour Paris et pour le théâtre européen, la perte est rude. (Lire la suite)

Danse

Aux Hivernales, une mécanique bien huilée

En ouverture du Festival Les Hivernales d’Avignon, 39e édition, le spectacle La Mécanique des ombres de NaïF Production s’est imposé par sa troublante beauté et son étrangeté. Dans une autre tonalité, les Fragments mobiles d’Yvan Alexandre, d’abord dispersés, se rassemblent dans une fresque étirée. Et dans De(s)genération, du danseur et chorégraphe hip hop Amala Dianor, la new school rivalise joyeusement avec la old school. (Lire l’article)

Eugenia Almeida, L'Échange, traduit de l'espagnol par François Gaudry, éd. Métailié, 2016
Le genre idéal, Livres

Les habits d’ombre

Une jeune femme sans passé et sans famille, après avoir braqué un homme à la sortie d’un bar, retourne son arme contre elle et se tire une balle entre les deux seins. Sa cible lui a tourné le dos sans se retourner, ni même accélérer au bruit de la détonation. Personne ne sait. Personne ne parlera. L’Argentine Eugenia Almeida pose son récit à l’heure de la convalescence crépusculaire d’un pays martyrisé. Cela pourrait être partout où, de l’histoire des dictatures et des coups tordus, remontent des créatures à la gueule grand ouverte. (Lire l’article)

Martin Monchicourt, Escalier, 2015 Sapin, MDF peinture glycero, 267 x 267 x 128 cm, © Martin Monchicourt
Arts plastiques, Expo

Mises à l’épreuve, Martin Monchicourt – Les Voyageurs, épisode 2

Béton, dalle en bois aggloméré, bâche d’ensilage, MDF (pour médium density fiberboard, dit “médium”)… voici quelques-uns des matériaux qui composent Escalier et Scanner, les deux œuvres que Martin Monchicourt présente dans le cadre de l’exposition Les Voyageurs, réunissant les diplômés félicités des Beaux-arts de Paris. Du matériau à sa destination, aucune sublimation ni métaphorisation n’est mise en scène. Le geste de Martin Monchicourt relève de l’artisanat, du savoir-faire et du protocole technique. (Lire la suite)