La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Ni vu, ni connu
| 26 Juil 2022

Nous en savons à présent un peu plus sur les évènements qui avaient conduit cet hiver Mgr Boutantrin à se retirer quelque temps* de la vie publique.

Comme beaucoup d’internautes, le pieux homme reçut un jour un message prétendument de la police judiciaire lui reprochant de s’être régulièrement connecté (Monseigneur est connecté) à des sites peu compatibles avec ses fonctions (même si le récent rapport Sauvé a fait la preuve que d’autres ecclésiastiques étaient en leur temps moins sourcilleux.)

Disons-le d’emblée, Mgr Boutantrin, n’ayant absolument rien à se reprocher, aurait pu se contenter de jeter l’infâme calomnie dans la corbeille de son ordinateur et retourner se consacrer à ses chères ouailles…

N’avait rien à se reprocher? Et si la police se présentait et fouillait dans le disque dur de son ordinateur, si elle recherchait dans l’historique de ses connexions et si elle trouvait… oh, mon Dieu! Mais quoi, se demandent avec angoisse nos lectrices.

Comme beaucoup d’entre nous, Mgr Boutantrin, avant de devenir le saint homme que l’on sait, a commencé par être jeune. Et bien, avec l’arrivée d’internet (avons-nous déjà dit que l’abbé était connecté?) et l’accès si facile a des contenus un peu… disons légers, un jour, la tentation de se remémorer des souvenirs de jeunesse a été la plus forte!

Oubliant un instant qu’Il est partout et qu’Il voit tout, Monseigneur Boutantrin a regardé une fois, deux fois, dix fois (une fois était déjà une de trop, mais qui sommes-nous pour juger? NDLR), nous le donnerons en mille à nos lectrices qui n’en peuvent plus d’attendre: Babette s’en va-t-en guerre! avec Brigitte Bardot, la pécheresse qui en a détourné tant du droit chemin (ne parlons même pas de la foi. NDLR) Quelqu’un qui n’aurait pas prononcé de vœux aurait pu à la rigueur prétendre qu’il ne regardait ce “brûlot“ que pour la prestation de Francis Blanche, mais pensez-vous un homme d’église… Papa Schulz?

Vite! Faire disparaître les preuves sans les détruire (c’aurait été plus simple, hélas Mgr ne pouvait s’y résoudre). Mais où, quelle cachette serait sûre, si la police venait un jour perquisitionner son domicile ou son “lieu de travail“.

Bon Dieu, mais c’est bien sûr !

À la nuit tombée, s’équipant du matériel nécessaire, Mgr Boutantrin démonta le plus silencieusement possible une des lattes du plancher de son confessionnal, ménageant un espace suffisant pour y dissimuler l’encombrant disque dur.

Vite fait, bien fait, ni vu, ni connu, je t’embrouille !

Soulagé d’avoir mené à bien cette petite -mais ô combien nécessaire – opération et pressé de retourner dormir chez lui du sommeil du juste (!), dans sa hâte… et dans l’obscurité, le bricoleur nocturne se prend les pieds dans sa soutane (quelle tenue pour un bricolage nocturne, on peut se le demander ! NDLR) et s’étale de tout son long dans l’escalier de la sacristie.

C’est là-même, qu’il a été retrouvé à l’aube, sans connaissance, au milieu de ses outils éparpillés. Ni les pompiers appelés en urgence, ni le bedeau, n’ont compris ce que pouvait bien faire cet homme d’église – d’un âge avancé qui plus est – la nuit, avec une caisse à outils complète.  Sous le choc, il ne dit mot.

Après un bref passage à l’hôpital, où aucune fracture n’a été diagnostiquée, l’ecclésiastique toujours mutique mais ne souffrant que de quelques contusions a ensuite été raccompagné chez lui et placé au repos.

Son outillage lui a été rapporté un peu plus tard, y compris – détail savoureux, s’il en est (il en est. NDLR) – une grande pince monseigneur.

 

*Bien peu de chose face à l’éternité.

 

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