La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
léonard de vinci leonardo salvator mundi edouard launet camembert
Sciences du fait-divers

Sexualité à pâte molle

“Agressée sexuellement alors qu'elle choisissait un camembert au supermarché.” La jeune femme était au rayon fromages d’une grande surface de Cagnes-sur-Mer, tâtant mollement un camembert pour en estimer la bonne date de consommation lorsque, s’approchant par derrière, “un homme s’est permis un geste déplacé avec son index qu’il a placé dans le fessier de sa victime” a relaté Var Matin, le quotidien reprenant probablement ici les termes du rapport de police. Si la nature exacte du geste reste floue, la qualification d’agression sexuelle peut assurément être retenue. (Lire la suite)

Dominique de Rivaz, “Rose Envy”, éditions Zoé, 2012
Livres, Ordonnances littéraires

Rose Envy de Dominique de Rivaz pour les auto-dévorants : tous cannibales !

Aux obtus qui pensent qu’on peut difficilement faire du beau avec de l’apparent dégueulasse et aux cannibales, présents et à venir ! À ceux qui grignotent les bulbes de leurs cheveux, à ceux qui picorent les peaux mortes de leurs bouches et se régalent de leurs cuticules, à ceux qui se rongent tout ce qu’ils peuvent se ronger, aux meurtriers victimes d’eux-mêmes, pris de troubles obsessionnels compulsifs des plus divers et des plus inavouables et particulièrement “du calvaire de l’auto-dévoration”, aux self-eaters et fiers de l’être, une prescription : Rose Envy, de la cinéaste et auteure suisse Dominique de Rivaz. (Lire l'article)

Le nombre imaginaire, Sciences

Au piquet les mains sur la tête !

Une récente chronique sur les salaires des enseignants et leur évolution a soulevé un tollé, notamment chez les premiers concernés, qui n'ont pas retrouvé ces chiffres sur leur fiche de paye. Revenons sur les chiffres en question et les erreurs de calcul du chroniqueur. 
Le nombre imaginaire, Sciences

Sifr

Ainsi nous voilà, sédentaires et commerçants, avec ces systèmes de numération assez mal fichus qu’on passait des années à maîtriser, et qui donnaient donc un pouvoir exorbitant à la caste de ceux qui en connaissaient les secrets ; ça arrangeait bien les gens qui comptent, somme toute. On aurait donc pu en rester là. Seulement voilà, malgré la vigilance des académies il y a toujours quelque part un petit malin ou un emmerdeur patenté pour poser la question qui gêne. (Lire la suite)

Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Castles Made of Sand

À quel moment l’avenir a-t-il cessé d’être désirable  ? Quand a-t-on perdu foi en de meilleurs lendemains ? À quel instant la catastrophe a-elle commencé à se dessiner ? Certains répondront les années 1970, avec les premières crises pétrolières, les pantalons à pattes d’eph’ et l’invasion du disco. D’autres diront : les années 80 et leurs efforts pathétiques pour nous redonner le goût de la modernité (“nouveau et intéressant” était le motto de la période, qu’il fallait évidemment lire à rebours). D’autres enfin affirmeront : les années 90 et leur cynisme cocaïné. Pour ma part, je situerais plutôt le début de la fin au 31 décembre 1969, à minuit exactement. Ce jour-là, à cette heure-là, Jimi Hendrix débarque sur la scène du Fillmore East... (Lire la suite)

Degré zéro, Un marcheur à Paris

Dans la ville ravalée

Depuis quelques jours, dans ma rue, se donne un étrange théâtre. Il se tient sur un échafaudage et se joue à tous les étages. Mais c’est le contraire d’à la Comédie française : relâche le soir quand les rideaux (de plastique) sont ouverts ; par contre, dans la journée, derrière les rideaux tirés, on devine et on entend la comédie du travail. Ça bosse et ça parle ; ça rigole et ça perce ; ça joue de la poulie et du marteau ; ça met la radio et parfois même, ça danse ; ça serre les dents dans les bourrasques. Toutes les langues se font entendre, et même sous la pluie glaciale qui trempe les âmes jusqu’à l’os, l’ambiance reste joyeuse. On ravale ma façade. (Lire l'article)

2017, Année terrible, une chronique d'Edouard Launet dans délibéré. Cette semaine: "Poireaux"
2017 Année terrible

Poireaux

Hugo : Savez-vous quel est mon souhait le plus cher, mon vieux Dumas ? / Alexandre Dumas : Sortir de cette crypte ? / Hugo : Non. Manger des poireaux. / Dumas : Là où nous sommes, c’est par la racine qu’il faudra les manger. Mais je m’étonne que vous me parliez de poireaux quand, dehors, le chaos et le populisme semblent s’installer partout. (Lire l'article)