La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
Jean Tardieu, Monsieur, Monsieur, Gallimard. Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne
Livres, Ordonnances littéraires

Jean Tardieu pour mon banquier

La “gamification”, vous connaissez ? Ce concept à la mode dans les entreprises, les universités ou la communication gouvernementale est une version modernisée du pain et du cirque, avec peu de pain et beaucoup de cirque. Concrètement, on applique au citoyen, au client, au collaborateur – disons au “peuple” – des méthodes qui sont celles que l’on utilise par ailleurs avec les enfants de maternelle : des activités incessantes encadrées par des consignes régulièrement répétées, très simples et très claires, de la pédagogie, le tout sous une forme qui doit toujours être ludique. Illustration à partir des techniques bancaires actuelles, et avec Jean Tardieu. (Lire l’article)

La branloire pérenne

En vacances

La peur que notre société éprouve à l’égard du chômeur, du migrant, du sans domicile fixe, du vagabond et du romanichel vient sans doute de ce que ces catégories échappent, au moins en partie, au contrôle de l’État. La grande question qui revient sans cesse à propos des chômeurs est de savoir ce qu’ils font tout au long de la journée. À quoi s’ajoute la question de savoir où ils vont. Se promènent-ils ? Les vacances devraient nous délivrer au moins une fois l’an des chaînes du travail. Elles devraient être un temps de liberté et de désordre. Éloigné des centres de contrôle (usine, entreprise, atelier, administration), l’homme devrait pouvoir souffler un peu et faire ce qui lui plaît, aller où ça lui chante, avec qui il l’entend ou bien seul s’il le préfère. Un rapide coup d’œil sur l’organisation des congés payés montre que nous sommes loin d’une pareille liberté. (Lire l’article)

Le nombre imaginaire, Sciences

Énigmes d’été

Les vacances d’été sont enfin là, et vous vous prépariez à partir les passer tranquillement au soleil entre plage et terrasse, mais patatras : votre vol low cost est annulé au dernier moment. Bien entendu tous les autres vols sont pleins, votre hôtel réservé six mois à l’avance ne veut rien savoir pour rembourser vos arrhes, vos destinations touristiques favorites sont archi-complètes, vos possibilités de repli sont maigres et votre moral au plus bas. C’est alors que vous découvrez… (Lire l’article)

Insultologie appliquée, Pandémie

Godwin, nom de Dieu !

Le chemin qui va du coronavirus à la Shoah est étroit, tortueux et improbable. Pourtant, la pandémie a vite atteint le point Godwin, ce moment où, dans tout débat, les adversaires finissent par s’injurier en se jetant à la figure des allusions à l’Allemagne nazie.
hargne anoure piscine vernay
Chanson de gestes

La hargne de l’anoure des piscines

Afin de ne pas oublier tout à fait les joies estivales d’un bain de mer, on se rend à la piscine municipale. On plonge tranquillement pour dénouer un corps qui s’est déjà replié pour s’encastrer dans les rames de métro. On allonge les jambes, on bat des pieds pour libérer les chevilles. À peine quelques brasses coulées et voici que l’on croise un anoure des piscines d’un autre genre. (Lire l’article)

Scarlatti manuscrit biblioteca marciana
Chroniques scarlattiennes, Musiques

555

Les plus numérologues parmi les superstitieux que nous sommes tous savent que 333 est le nombre de la divinité, 666 celui du diable et 444 le nombre des deux à la fois : il semble qu’avec le code a = 6 ; b = 12, etc., Jésus et Lucifer donnent tous deux 444 ! On n’arrête pas le progrès. Quant à 555, c’est bien sûr le nombre de sonates de Scarlatti. Que Scarlatti se retrouve numériquement quelque part entre Dieu et le diable n’est peut-être pas un hasard : plusieurs critiques l’ont aussi mis dans cette situation. Proust parle du “divin” Scarlatti tandis que d’Annunzio lui trouve quelque chose de maléfique. Cela participe sans aucun doute du charme indéfinissable des sonates. (Lire l’article)