La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
Johnny Halliday - Tous ensemble
Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Tous ensemble

Chaque jour, par petites touches, la fin du monde s’insinue dans nos têtes comme une évidence, comme une échéance inéluctable. Nous nous y habituons sans vraiment nous en rendre compte. Prenez la fin novembre. Discourant doctement sur la « programmation pluriannuelle de l’énergie », Emmanuel Macron lançait à son auditoire : « Il y a des Français qui disent : “On entend le Président évoquer la fin du monde alors que nous, on parle de la fin du mois”, eh bien nous allons traiter les deux, nous devons traiter les deux ». C’est ainsi que fin de mois et fin du monde ont été mariées pour le pire et pour le pire. (Lire  l’article)

Le nombre imaginaire, Sciences

Le hérisson vous salue bien

Coder de l’information quantique dans des épis de hérisson ? C’est envisageable. Vous vous souvenez peut-être de ce résultat de topologie assez merveilleux, appelé théorème de la boule chevelue, qui démontre (en substance) que si on tente de coiffer une boule à cheveux ou, pour rendre la chose plus concrète, de lisser les piquants d’un hérisson en boule, on laissera nécessairement un épi ? Eh bien, la physique la plus avancée se saisit de ce résultat pour nous inventer des quasi-particules stables susceptibles de stocker de l’information, voire de l’information quantique. (Lire l’article)

Le nombre imaginaire, Sciences

Hommage à un idiot sublime

S’il est un résultat récent de l’Intelligence Artificielle qui a de quoi faire rêver – sans préjudice d’un éventuel cauchemar –, c’est bien le logiciel AlphaGo Zero de Google. Il s’agit du dernier né d’une impressionnante et toute nouvelle dynastie de programmes champions dans un jeu, le Go, que la plupart des spécialistes considéraient encore il y a peu comme inaccessible aux ordinateurs, tant est grande la combinatoire de ses positions possibles : comparés au Go, les échecs font presque mine de morpion. (Lire l’article)

footbologies psg ligue 1
Foot, Footbologies, Footbologies 2015-2016

J15 – Dramaturgie du grand méchant

Pour écrire une bonne histoire, il faut un bon méchant. Attribuée parfois à Alfred Hitchcock, la sentence vaut-elle pour le football ? La dramaturgie de l’actuelle saison de Ligue 1 réunit toutes les conditions pour le savoir, tant le méchant n’a jamais été aussi fort… ni aussi méchant. Au vu des treize points d’avance du Paris Saint-Germain sur son premier poursuivant, de ses treize victoires en quinze matchs pour aucune défaite, de ses trente-sept buts marqués, la première de ces affirmations ne se discute pas ; quant à la seconde, le statut de club le plus détesté de France selon les sondages suffirait à la justifier. Bien avant de régner sans partage sur le championnat de France, il suscitait déjà les animosités. Avec les bons résultats vint la jalousie. Et pour couronner le tout, il y a le Qatar. Bref, le méchant de la Ligue 1 n’a jamais été aussi méchant.  (Lire l’article)

Seyhmus Dagtekin - A l'ouest des ombres - Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne dans Délibéré
Livres, Ordonnances littéraires

Seyhmus Dagtekin pour les faiseurs de chiffres

La pandémie sévit depuis des années. Les journalistes traduisent notre monde en calculs, montants, tableaux, pourcentages, camemberts ou diagrammes. Qu’ils nous disent donc combien de chiffres ils nous obligent à avaler chaque jour, quel pourcentage de lecteurs, téléspectateurs ou d’auditeurs les digèrent vraiment, quelle proportion de ces mêmes chiffres ont un sens, au fond, et quand, mais quand donc cette valse de signes abscons prendra fin, pour qu’enfin ils se mettent à analyser, expliquer, raconter. Les chiffres ont chassé les mots. Chers journalistes, essayez donc de lire de la poésie. Les éditions du Castor Astral viennent justement de publier un très beau recueil de Seyhmus Dagtekin, À l’ouest des ombres. (Lire l’article)

Le nombre imaginaire, Sciences

Un point sur le i

Il n’existe pas de nombre dont le carré soit négatif : la multiplication d’un nombre par lui-même donne toujours un nombre positif. C’est pourquoi on ne peut pas définir la racine carrée d’un nombre négatif, du moins avec les nombres existants. Cela vous embête ? Cela vous donne un sentiment d’inachevé ? Qu’à cela ne tienne : nous n’hésiterons pas, afin de rendre notre théorie des nombres plus esthétique, à postuler l’existence d’une racine carrée de -1. Appelons-la i… (Lire l’article)

Catherine Poulain, Le Grand marin, éditions de l'Olivier, 2016. Une critique de Sylvain Pattieu
Livres, Ordonnances littéraires

Catherine Poulain, pour ceux qui rêvent de départ

L’année va être terrible, une présidentielle qui s’annonce morose, on prend les mêmes et on recommence, des thèmes de débat rances et hors-sujets, les menaces d’attentats, le sort ignoble fait aux réfugiés, les progrès du repli sur soi, les dictateurs triomphants, les invectives de Trump. Des fois on voudrait bien partir loin. Et puis on prend un livre. Il y a la littérature qui rapetisse, regarde par le petit bout de la lorgnette, met la tête sous l’eau, et puis il y a des romans qui ouvrent des horizons. À ceux qui ont envie de prendre le large : Le Grand marin de Catherine Poulain. (Lire l’article)

Campus de l'Université du Texas, à Austin © Hélène Quanquin
L'Amérique de...

Charles Whitman

Le 1er août 1966, un peu après 11 heures 30 du matin, Charles Whitman monte en haut de la tour qui domine le campus de l’Université du Texas à Austin, où il est étudiant-ingénieur. Pendant 96 minutes, cet ancien tireur d’élite dans les Marines tire sur toutes les personnes qui passent dans sa ligne de mire. Quelques heures plus tôt, il a tué sa mère et sa femme. Bilan : 17 morts, 32 personnes blessées. Charles Whitman vient de commettre le premier massacre sur un campus universitaire aux États-Unis, le premier d’une longue série. (Lire l’article)

Donald Trum again
Insultologie appliquée

Casse-couilles

Le populisme se porte de mieux en mieux, le climat se dégrade, les relations sociales se durcissent, la jeunesse désespère ou s’en fout, tandis que les mots se font de plus en plus violents. Pourquoi se priver ?
Foot, Footbologies, Footbologies 2015-2016

J6 – Les beaux infidèles

En football, il n’est pas de crime assez grave que les performances d’un joueur ne puissent racheter, ou presque. Le but est rédempteur, il purifie de tout péché. Incarnation vivante de cette grâce : Evaeverson Lemos da Silva, dit Brandão. Accusé de viol en 2011 (non-lieu), condamné à un mois de prison ferme pour violence avec préméditation en 2014, il traîne aujourd’hui son club devant les prud’hommes pour réclamer les salaires impayés pendant les six mois de sa suspension. Et malgré tout Brandão joue toujours pour le FC Bastia, et ses buts pèsent dans la balance plus que tous ses écarts. On pardonne tout à l’attaquant qui marque : la violence, le dopage, la débauche, l’arrogance et l’appât du gain. Tout, sauf l’infidélité au maillot. (Lire l’article)

Antonio Altarriba et Keko, “Moi, fou” (traduit par Alexandra Carrasco), à paraître fin octobre chez Denoël Graphic
Ordonnances littéraires

Comment ça, tout va bien ? (Antonio Altarriba & Keko : Moi, fou)

“Comment ça, vous allez bien ?” Quand les patients dérapent… À lire alors d’urgence : Moi, fou d’Antonio Altarriba et Keko (traduction Alexandra Carrasco), en noir (et blanc), chez Denoël Graphic. C’est l’histoire d’Angel Molinos, docteur en psychologie et écrivain raté, qui travaille pour un centre de recherches affilié à un labo pharmacologique spécialisé dans les maladies mentales. Le centre de recherche travaille à identifier, ou plutôt à créer, de nouveaux profils “pathologisables”, qui, bien sûr, pourraient être traités avec les médicaments produits par le labo. (Lire l’article)