La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
Ordonnances littéraires

“Gros” n’est pas un gros mot pour Babar

Il est vert, il est gras, mais ce n’est pas une des plantes que le Dr P. entretient soigneusement dans les couloirs du service de médecine littéraire. C’est Babar l’éléphant dans son costume vert. Babar croit souffrir d’obésité. Il souffre en fait de grossophobie et nous en souffrons tou.te.s. Heureusement, la Dr R., toujours au fait des dernières avancées de la médecine littéraire, lui propose un nouveau protocole mis au point Daria Marx et Eva Perez-Bello et intitulé “Gros” n’est pas un gros mot. Si vous n’êtes pas encore vacciné contre ce mal terrible et invisible, lisez vite cette ordonnance : un remède peut vous sauver de la haine contre soi et contre autrui. (Lire l’article)

Frédéric Pagès, Botul au bordel, Buchet-Chastel, 2015. Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne dans délibéré
Livres, Ordonnances littéraires

À ceux que la chienlit offusque

Les hommes et les femmes politiques ne lisent pas beaucoup, on le sait bien, et c’est une des raisons pour lesquelles cette chronique, largement subventionnée, vous vous en doutez, par le ministère de la Culture, a été mise en place. Ils ne lisent que bien peu mais ils causent. Beaucoup. À droite, la mode en ce moment est à la chienlit”, terme qui n’est officiellement plus vulgaire ni même familier depuis le 19 mai 1968. Les responsables politiques ont visiblement très peur de la chienlit, et cette peur est devenue, ces derniers temps, très nettement obsessionnelle. En 2015 est paru un ouvrage de Frédéric Pagès, Botul au bordel, qui semble pouvoir s’intégrer dans le traitement cognitif de ce type de pensée obsessionnelle.  (Lire l’article)

Thiphaine Rivière - L'invasion des imbéciles (Seuil)
Ordonnances littéraires

L’invasion des imbéciles de Tiphaine Rivière contre les gens qui sont nés quelque part

Telle une armée de zombies, une foule protéiforme a envahi la clinique, désertée suite au mouvement des « blouses roses ». Derrière des symptômes divers, parfois violents, une terrible pandémie frappant les gens nés quelque part se dessine. Potentiellement très contagieuse, il nous faut nous protéger nous-mêmes avant de prendre en charge les patient.e.s. Nous décidons donc de nous injecter le composé prophylactique de Tiphaine Rivière, L’invasion des imbéciles (Seuil, 2019). Mais échapperons-nous pour autant à la contamination ? (Lire l’article)

Courrier du corps

Le #LogeurduDaesh vivait à saint Déni

De quoi pouvait-on bien rire encore après le 13 novembre ? Non pas rire sans rapport avec les attentats mais rire à leur propos, autour d’eux : comment les apprivoiser, les circonscrire psychiquement ? L’homme providentiel s’appelle Jawad Bendaoud. Les internautes l’ont hashtagué #logeurdudaesh, la faute de syntaxe valant comme signe de la parodie et de la duplicité. Il est devenu un mème en trois secondes et demie grâce à sa déclaration sur BFMTV : “On m’a demandé de rendre service, j’ai rendu service, monsieur. On m’a dit d’héberger deux personnes pendant trois jours et j’ai rendu service. Je sais pas d’où ils viennent, on n’est au courant de rien. Si je savais, vous croyez que je les aurais hébergés ?” Perçue comme un mensonge par de nombreuses personnes, la déclaration a donné lieu à des centaines de détournements. (Lire la suite)

Sur la plage
La branloire pérenne

Sur la plage

Avec l’été est venu le temps des grandes vacances que les gens attendent souvent depuis l’hiver. Mais est-il raisonnable d’attendre si longtemps ? Qu’attendons-nous au juste ? Le savons-nous seulement ? Aujourd’hui l’attente désigne le plus souvent un temps vide ou inoccupé pris entre deux moments dont l’un est passé et connu, l’autre à venir et souvent indéterminé. Ce qu’on attend alors est à la fois vague et impératif…
Assaut, de John Carpenter
Diogène en banlieue

Assaut

La semaine dernière, dans un lycée du 93, je donnais un cours sur le bonheur à des élèves d’une terminale technique. La matinée touchait à sa fin, les élèves commençaient à réagir après un début de séance un peu poussif. Quand soudain : « Il y a des casseurs dans la cour, monsieur. » (Lire l’article)