La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
2017, Année terrible, une chronique d'Edouard Launet dans délibéré. Cette semaine: "Poireaux"
2017 Année terrible

Poireaux

Hugo : Savez-vous quel est mon souhait le plus cher, mon vieux Dumas ? / Alexandre Dumas : Sortir de cette crypte ? / Hugo : Non. Manger des poireaux. / Dumas : Là où nous sommes, c’est par la racine qu’il faudra les manger. Mais je m’étonne que vous me parliez de poireaux quand, dehors, le chaos et le populisme semblent s’installer partout. (Lire l'article)

Le nombre imaginaire, Sciences

Bienvenue à l’hôtel Aleph

Nos rapports avec l’infini sont un peu ceux de saint Augustin avec le temps : nous savons ce que c’est jusqu’à ce qu’on nous le demande. Bienvenue dans l’hôtel Aleph, dirigé de main de maître par l’immense mathématicien David Hilbert. Cet hôtel luxueux possède ℵ0 chambres, et la qualité du service se traduit par un taux d’occupation record : il est toujours plein. L'arrivée d'un nouveau client n’est cependant pas un problème... (Lire la suite)

Berlinische Monatsschift
Diogène en banlieue

Évaluation

Ce jour-là, j’arrivai en cours avec cinq bonnes minutes de retard. Les élèves m’attendaient dans le couloir, agités et bruyants. En classe il me fallut encore cinq minutes pour rétablir le calme. Les élèves ne paraissaient guère disponibles, la faute à mon retard sans doute, à leur jeunesse peut-être, à la philosophie aussi. C’est ce que j’imaginais quand je me rappelai soudain que je leur avais demandé de me rendre un devoir. (Lire l'article)

Simpson & Apocalypse
Insultologie appliquée

Branleur

Les températures battent record sur record, un nouveau virus menace la planète, le populisme trumpien prospère, l’Europe part en morceaux, mais depuis quelques jours tout le monde s’en branle : il n’y en a plus que pour l’affaire Griveaux.
La branloire pérenne

La Chose

À quelques jours des fêtes de Noël, il est tentant de parler de la Chose. Certains se demandent si elle existe, d’autres affirment l’avoir vue ou entendue, beaucoup enfin, et ce sont les plus nombreux, ne jurent que par elle. On voit bien que ce qui compte dans la question de Dieu, c’est d’en parler, moins pour le seul plaisir de l’évoquer (nous serions alors dans un discours de type poétique) mais dans le but de réduire au silence “les autres”, ceux qui ne cherchent pas à justifier leurs paroles en les raccrochant à un improbable référent. (Lire l'article)

Paco Ignacio Taibo II, John Reed, Pancho Villa en Torreón, Para Leer en Libertad
Ordonnances littéraires

Des livres pour ceux qui ne lisent pas…

Je ne crois généralement pas aux miracles, mais si je me pose un moment pour essayer d’écrire un résumé de ce qu’ont signifié les sept années de la Brigada para Leer en Libertad (Brigade pour lire en liberté), j’ai la folle impression qu’il y a dans cette expérience quelque chose de magique. Sept ans de fête continue : 159 marchés aux livres ambulants, 1350 conférences, 467 manifestations artistiques, 3 Foires du Livre alternatives. En tout, plus de six millions de livres vendus à prix réduit ou offerts dans tous les recoins de Mexico, y compris les plus improbables. (Lire l'article)

footbologies être debout
Foot, Footbologies, Footbologies 2015-2016

J14 – Être debout

Des trois vagues d’attentats terroristes qui ont frappé Paris, celle qui visait le stade de France peut être considérée comme un échec. Pourquoi les trois terroristes ont-ils actionné leur ceinture d’explosifs à l’extérieur, dans des zones isolées ? L’argument des contrôles de sécurité ne satisfait pas. L’hypothèse des remords de dernière minute peine à convaincre. Un mystère demeure, où l’on peut trouver un symbole. Un stade de football est une hétérotopie, au sens que Michel Foucault donne à ce néologisme : un lieu qui réalise effectivement l’utopie dans le réel, avec des règles propres et une fonction particulière. Dans cet espace de “contestation mythique” et de liberté supérieure, on brise les codes sociaux, on hurle, on se déchaîne, on se peint le visage, on insulte parfois, mais surtout on prend du plaisir. Espace sous surveillance, dernier carré, village gaulois, le stade de football a tout de la forteresse assiégée. Ne l’appelle-t-on pas une “enceinte” ?  (Lire l'article)