La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
Le coin des traîtres, Traduction

Traduire le malentendu

Depuis sa création en 1836 dans une Grèce fraîchement indépendante, la pièce La Tour de Babel (Vavylonìa) de Dimitris Vyzantios n’a pratiquement pas cessé d’être jouée, lue, adaptée sous diverses formes sur le territoire actuel de la Grèce et dans toutes les régions habitées par des communautés de langue grecque. On a même soutenu qu’il s’agissait là de « la plus grecque de toutes les pièces grecques ». S’y frotter pour tenter d’en donner une version française, c’était dès lors se colleter avec un mythe. Sa traductrice entend ici donner une idée du voyage qu’a constitué ce travail, au jour le jour.

délib'euro – l'Euro 2016 des écrivains, vu par Clo'e dans délibéré
délib'euro, Foot

Pays de Galles-Belgique : la barbe des Gallois

Les joueurs montent et s’alignent, et la Brabançonne retentit. Des visages belges fermés. Concentrés. Courtois marmonne les paroles, peut-être un peu Meunier. Les autres fixent un point quelque part et la ferment. 20h58, Hen Wlad fy Nhadau, l’hymne gallois. Tous, Nedley, Ramsey, Williams, Bale, Robson-Kanu, ils chantent sans se retenir. Ça gueule, ça monte, ça rejoint quelques-unes des sources de la pluie très au-dessus des projecteurs du stade, très au-dessus des Hauts de France ! C’est très chaud ! Ce chant-là, il a été écrit par un barde au XIXème siècle, ça parle de la terre des pères. (Lire l’article)

Je me tais et je vais vous dire pourquoi

Fashion Freak Show : #OnEstTousBeaux

Le Fashion Freak Show à l’affiche des Folies Bergères à Paris est le récit de la vie de Jean Paul Gaultier par lui-même. JPG flirte depuis toujours avec la culture populaire. Son spectacle se veut très feel good, clamant que « tout le monde est beau » – ça peut paraître un peu benêt dit comme ça, mais venant d’un artiste à l’origine de créations si audacieuses et belles, ça fait son effet.
Choses revues, Détournements

Pas de sots métiers

Qui n’a eu l’envie au cours d’un voyage de prendre la photo – la milliardième, mais pour vous la seule, l’ultime – d’un site célèbre débarrassé de toute présence importune ? Pour cela, vous vous êtes même levé à l’aube, pour arriver sur les lieux avant les hordes de touristes…
Tex Avery, Cock-a-Doodle-Dog (analyse par Nicolas Witkowski)
Chroniques avéryennes, Écrans

Cock-a-Doodle-Dog

Le secret d’Avery, c’est la construction, l’enchaînement des gags. Beaucoup se trouvent dans la période Warner, mais à l’état d’éléments dispersés. Ce n’est qu’à la MGM, vers 1950, qu’ils s’assemblent. 
Paco Ignacio Taibo II, John Reed, Pancho Villa en Torreón, Para Leer en Libertad
Ordonnances littéraires

Des livres pour ceux qui ne lisent pas…

Je ne crois généralement pas aux miracles, mais si je me pose un moment pour essayer d’écrire un résumé de ce qu’ont signifié les sept années de la Brigada para Leer en Libertad (Brigade pour lire en liberté), j’ai la folle impression qu’il y a dans cette expérience quelque chose de magique. Sept ans de fête continue : 159 marchés aux livres ambulants, 1350 conférences, 467 manifestations artistiques, 3 Foires du Livre alternatives. En tout, plus de six millions de livres vendus à prix réduit ou offerts dans tous les recoins de Mexico, y compris les plus improbables. (Lire l’article)

Degré zéro, Un marcheur à Paris

Dans la ville ravalée

Depuis quelques jours, dans ma rue, se donne un étrange théâtre. Il se tient sur un échafaudage et se joue à tous les étages. Mais c’est le contraire d’à la Comédie française : relâche le soir quand les rideaux (de plastique) sont ouverts ; par contre, dans la journée, derrière les rideaux tirés, on devine et on entend la comédie du travail. Ça bosse et ça parle ; ça rigole et ça perce ; ça joue de la poulie et du marteau ; ça met la radio et parfois même, ça danse ; ça serre les dents dans les bourrasques. Toutes les langues se font entendre, et même sous la pluie glaciale qui trempe les âmes jusqu’à l’os, l’ambiance reste joyeuse. On ravale ma façade. (Lire l’article)

L'Amérique de Bob Dylan, par Hélène Quanquin
L'Amérique de..., Livres, Musiques

Bob Dylan

Enfant, Bob Dylan était toujours en train de courir. Il fugue pour la première fois quand il a 10 ans, part de la maison définitivement à l’âge de 18 ans pour s’installer à New York. “C’était comme si j’avais toujours été à la poursuite de quelque chose, quelque chose en mouvement – une voiture, un oiseau, une feuille qui s’envole – quelque chose qui pourrait m’amener vers un endroit mieux éclairé, une terre inconnue en aval”, écrit-il dans le premier volume de ses Chroniques, publiées en 2004. Lorsque l’un de ses profs lui dit que son fils a “la nature d’un artiste”, son père demande : “Un artiste, c’est pas un gars qui peint ?” Soixante ans plus tard, Bob Dylan est prix Nobel de Littérature. (Lire l’article)

délib'euro – l'Euro 2016 des écrivains, vu par Clo'e dans délibéré
délib'euro, Foot

Ukraine-Pologne : dans la ville électrique

Les deux Albanais étaient plus jolis que des Italiens. On a parlé encore jusqu’à épuiser notre vocabulaire international. Et puis on a regardé nos verres et nos mains. J’ai croisé les jambes, ils ont souri, ils appréciaient. Si Marco arrivait maintenant, ça m’éviterait d’aller plus loin, je me sais beaucoup trop gourmande quand ces regards-là me frôlent. (Lire l’article)

Choses revues, Détournements

Avant-goût de Noël

Il n’est pas rare que des artistes consacrent un album entier à des chansons de Noël, certains même qu’on n’attendait pas vraiment dans ce genre d’exercice – James Brown et Bob Dylan, pour n’en citer que deux. Nick Cave s’essaie à son tour à l’exercice.
Insultologie appliquée

Pauvre con

Tout a basculé le 23 février 2008. Ce jour-là, un président de la République en exercice — par ailleurs chef des armées, co-prince d’Andorre et chanoine d’honneur de la basilique Saint-Jean-de-Latran — gratifiait un de ses concitoyens d’un « Casse-toi, pauv’ con ! ».