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La guerre sans nom
Une “intervention militaire”, “une frappe ciblée”, “une opération de protection des populations civiles” : ce sont autant d’expressions, d’euphémismes au fond employés par les gouvernements d’ici et d’ailleurs pour requalifier ce qu’on appelait autrefois la guerre. Mais pourquoi aucun État ne déclare-t-il plus officiellement la guerre ? La question peut surprendre à une époque où les conflits armés se multiplient aux quatre coins de la planète. (Lire l'article)
La traduction impossible
Shakespeare pensait que nous étions faits de"l’étoffe des songes", mais nos rêves sont eux-mêmes tissés dans la trame du langage. Nous ne pouvons nous rappeler nos songes qu’en les exprimant. Rien de ce qui existe ou plus exactement rien de ce que nous percevons de façon consciente n’échappe à la langue. Mais n’existe-t-il pas une réalité extérieure au langage, un quelque chose, interne ou externe, qui ne serait pas verbal ? Qu’y a-t-il avant les mots ? Peut-être une sorte de sauvagerie antérieure à la mise en forme du réel par les mots. Une réalité précisément innommable à laquelle pourrait faire écho le titre de la très belle nouvelle de Conrad : Heart of Darkness. (Lire la chronique)
Chemin de croix
“Nu, Jesús vole une voiture de police.” Le type en question, Tarango de son nom de famille, était assis en tenue d’Adam dans une rue de Clovis, au Nouveau Mexique. Un policier arrive, sort de son véhicule et demande à Jesús Tarango d’aller s’asseoir ailleurs. Et de se couvrir un peu par la même occasion. Mais Jesús saute dans la voiture du flic et s’enfuit. Jésus (l’autre) aurait-il pu échapper à la crucifixion si les Romains avaient été aussi étourdis que la police du Nouveau Mexique ? Et le Messie était-il nu sur la croix ? (Lire l'article)
Allemagne-Slovaquie : en passant par l’Allée-vous-faire-foutre
Le bar Perlin n’est pas très loin de l’église Zionskirche et pendant le trajet, je croise partout des gens rassemblés pour voir le match, oubliés le Brexit, les immigrants noyés, les foyers de demandeurs d’asile brûlés, aujourd’hui tout va bien : soleil, bière, l’Allemagne remporte le championnat d’Europe. Le triomphe paraît si proche et ne connaît pas de limites. Au bar Perlin, on sert du mousseux avant le coup d’envoi et on trinque pendant l’hymne national. (Lire l'article)
American Cars
Pied de nez supplémentaire aux défenseurs de la planète, une nouvelle marque d'automobiles vient de voir le jour aux États-Unis. Immédiatement saluée par un tweet présidentiel : Make AMERICAN CARS great again!, cette marque ne fabriquera que des hummers.
Le papa d’Anaïs
“Le grand concert donné mercredi 27 par Joaquín Nin a été la plus savante fête musicale de la saison d'hiver. Dans un public de cent dilettanti, nous citerons Gabriele d'Annunzio” relate L'Avenir d'Arcachon en mars 1912. Ce soir-là, il joue Couperin, Rameau, Bach et Scarlatti. Pour d'Annunzio, Scarlatti est une révélation fulgurante. Quant à Nin, c'est le grand intercesseur : “Par l'art merveilleux de ses doigts et de ses esprits, il révélait en lui un vrai maître claveciniste digne du XVIIIe siècle, digne du divin Napolitain.” À ceci près que le clavecin était un piano, et que c'est précisément pour avoir dit que le second était préférable au premier que Nin a subi les foudres de Wanda. (Lire l'article)
Espèce de pangolin !
Il y a au moins un événement culturel dont la pandémie n’a pas eu la peau : la Journée Mondiale du Pangolin. Elle se tient chaque année le troisième samedi de février. En 2020, sa neuvième édition est tout juste passée entre les gouttes.
J10 – Terrain de manœuvres
La globalisation du football n’a rien d’un thème nouveau. En France, un joueur sur trois est étranger, pour environ cinquante nationalités représentées. Et pourtant, qui aurait imaginé que la Ligue 1 offrirait une modélisation aussi précise de la situation géopolitique internationale ? Dimanche se jouait PSG-OM. La saison passée, le Paris Saint-Germain s’était imposé grâce à deux pénaltys, car force devait rester à la loi. Hier, on s’est séparé sur un match nul et vierge, au bout de l’ennui. Est-ce parce que les États-Unis et le Qatar sont officiellement des alliés stratégiques qu’on s’est battu dimanche à fleuret moucheté ? (Lire l'article)
J3 – “Jésus revient, Jésus revient”
Le football aime les retours. Le supporteur y voit renforcée sa foi dans le club et la fidélité comme vertu théologale de son rapport au monde. Que d’anciens joueurs ou entraîneurs y reviennent confirme que le club est l’alma mater, la maison de famille, le cimetière des éléphants où le supporteur aussi aura droit au repos un jour, parmi les siens. Pareils à Ulysse après l’odyssée d’une carrière itinérante, certains joueurs retrouvent Ithaque, comme Rod Fanni qui vient de résilier son contrat avec la formation qatarie d'Al Arabi pour s’engager avec Marseille, où il a joué de 2010 à 2015. Cependant, il en est un qui ne revient jamais : le messie. (Lire l'article)
Bercy beaucoup
Notre envoyé spécial au pot de départ de Bruno Lemaire a trouvé ses adieux absolument...
Délices de l’hypnose
“Un homme hypnotisé sur son canapé par une émission de télé !” (France Bleu Gascogne). Ce soir-là, TF1 diffusait “Stars sous hypnose”, émission dont le titre résume à peu près l’ambition. À Parentis-en-Born, village des Landes, un homme de 51 ans et sa femme regardaient s’agiter sur leur écran l’hypnotiseur de foire connu sous le nom de Messmer ainsi que diverses personnalités connues pour leur célébrité. C’était un samedi soir, quoi. Mais soudain la femme s’aperçoit que son mari a l’air ailleurs, il n’a plus aucune réaction, il semble comme endormi les yeux ouverts. Coup de téléphone affolé au SAMU. Les secours arrivent et constatent ceci : la victime a été hypnotisée par le téléviseur. (Lire l'article)
Bref récapitulatif
Décembre 2015: Adoption de l’accord de Paris sur le climat. Octobre 2019: Constitution de la...
Toujours préférer le train
La saison d’été était finie depuis longtemps. Dans le train qui me ramenait de Nantes à Paris, je somnolais. Et pensais aux excuses qu’il me faudrait inventer une fois de plus pour justifier mon retour à l’agence avec plus d’un mois de retard.
Le poulet, cet incompris
Il suffit de taper “poulet” dans Vine ou “#poulet” et c'est la cataracte. Une jeune fille chante “j'ai pas mangé de poulet alors j'ai l'impression que je vais crever”. Des garçons se mettent à danser quand ils apprennent que leur “daronne” a fait du poulet. D'autres pleurent parce que le prix du poulet a augmenté. Une variante est possible avec le KFC, ce qui complique singulièrement la mise. En effet, on croyait avoir compris que ce délire gallinacé était le renversement d'un cliché raciste repris à leur compte par ceux qui en sont victimes. Bref, que les “renois”, en faisant toutes les variations possibles sur le poulet, se moquaient de ceux qui leur attribuent un goût particulier pour le poulet. Mais le poulet du KFC n'est plus exactement du poulet. C'est du poulet symbolique. (Lire la suite)
Réchauffer la banquise
Bill Vuzay, homme d’affaires multimilliardaire et philanthrope, a accepté de nous révéler le nouveau projet sur lequel il a travaillé de longs mois en secret avec ses équipes de chercheurs et d’ingénieurs.
Haute surveillance
Après le scandale provoqué par l’organisation (sic) au stade de France de la finale de la ligue...
Des chiffres qui font peur
74%. C’est l’accroissement relatif, en un an, du nombre d’actes antisémites recensés par le ministère de l’Intérieur. Encore ne parle-t-on que des actes graves ayant donné lieu à plainte ou poursuites ; la bêtise et la méchanceté ordinaires n’y sont pas comptabilisées. Pourtant, ce n’est pas vraiment ce chiffre-là qui devrait nous marquer : c’en sont d’autres, moins visibles et moins spectaculaires, mais qui reflètent une réalité peu reluisante dans laquelle nous vivons sans trop vouloir la regarder en face.
Question de principes
« On ne peut pas dire que les nations participant au Mondial du Qatar soient vraiment à...

















