La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
La branloire pérenne

Oxygène

France 2 a diffusé mardi 25 septembre la première partie d’un long documentaire consacré à l’histoire de l’immigration en France, intitulé Histoires d’une nation. Ce documentaire est une véritable bouffée d’oxygène dans l’atmosphère délétère que certains esprits obtus s’acharnent à faire régner dans l’hexagone, en agitant sans cesse le fantasme d’une identité française menacée par les vagues successives d’immigrations. Le film montre au contraire comment la France s’est construite et développée grâce à l’apport des différentes générations d’immigrés. L’occasion d’interroger la notion d’identité, qu’elle soit personnelle ou collective. Un individu possède-t-il réellement un moi bien défini, une nation a-t-elle une identité claire ? Qu’est-ce que l’identité ? (Lire l’article)

La branloire pérenne

Ritournelle

À écouter les actualités, nous éprouvons en ce moment l’impression que le monde bégaie.« Ce qui a été, c’est ce qui sera ; ce qui est arrivé arrivera encore. Rien de nouveau sous le soleil.«  affirme l’Ecclésiaste (traduction d’Ernest Renan). L’histoire de l’humanité ne serait ainsi qu’une longue et douloureuse répétition des mêmes souffrances, des mêmes rêves déçus, des mêmes folies. Le pessimisme de ce texte célèbre a régulièrement trouvé un écho aussi bien auprès des philosophes (tel Schopenhauer) qu’auprès du grand public qui se laisse volontiers aller à la fatalité quand le monde est en crise. Mais la fatalité est-elle vraiment une fatalité? (Lire l’article)

délib'euro – l'Euro 2016 des écrivains, vu par Clo'e dans délibéré
délib'euro, Foot

France-Albanie : crampons sur canapé

Parfois, il est bon de se surprendre soi-même. En acceptant de regarder un match de foot, par exemple. Jusqu’au bout. Et d’en faire une chronique. L’Homme-de-la-maison a validé ma présence sur le canapé. Une seule condition : ne pas poser les deux questions dont je suis coutumière, c’est qui contre qui ? et Qui c’est qui gagne ? sans en écouter les réponses. Va pour France-Albanie. Préparation du plateau télé, chiffonnade de Parme, roquette, tomates cerises, fromages. L’Homme ouvre une bouteille de Rioja en l’honneur de mon exceptionnelle présence à ses côtés pour ce genre d’événement. (Lire l’article)

Le coin des traîtres, Traduction

Cannibalisme et traduction : Dmitri Nabokov traducteur de Vladimir Nabokov

Dmitri Nabokov fut l’un des traducteurs les plus assidus de l’œuvre de Vladimir Nabokov. Il fut également un exécuteur testamentaire inspiré. Inspiré par son père qui, à ses dires, l’accompagna toujours, en lui soufflant les bonnes décisions à prendre. L’occasion d’aborder sous l’angle des rapports père-fils la question du cannibalisme en traduction.

Tex Avery fait-il (encore) rire? Nicolas Witkowski pose la question.
Chroniques avéryennes, Écrans

Tex Avery fait-il (encore) rire ?

Les dessins animés de Tex Avery ont fait rire dans les années 1940, 50 et 60. Et aujourd’hui ? Ont-ils rejoint l’humour 1900, qui ne passe plus, comme tant de comiques depuis, enfouis au cimetière de la rigolade ? Sur les 30 ans de création de Tex, bien des private jokes, des américanismes dont le sens s’est perdu, ainsi que nombre de vannes machistes ont mal vieilli. Tous les cartoons d’Avery ne sont pas excellents, loin de là. Pourtant, ils recèlent tous cette petite dose de piment indéfinissable qui fait son effet (explosif) à retardement. (Lire l’article)

Degré zéro, Un marcheur à Paris

Le chant des sirènes

Est-ce l’arrogance politique décomplexée, le réflexe garçon “Je-fais-du-bruit” au sein de la gente policière, la cote d’alerte anti-terroriste à son maximum, ou encore la démultiplication des présidents étrangers en visite, toujours est-il que les convois sirène hurlante qui traversent certains quartiers de la capitale ne m’ont jamais paru aussi nombreux. Va-t-on vers une “new-yorkisation” de Paris ? La ville vit dans un état de tension proche de la paranoïa et chacun est sidéré, médusé par sa propre acceptation passive de tant de martialité. La sirène dit un État qui se rêve de plus en plus ouvertement policier.
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Foot, Footbologies, Footbologies 2015-2016

J6 – Les beaux infidèles

En football, il n’est pas de crime assez grave que les performances d’un joueur ne puissent racheter, ou presque. Le but est rédempteur, il purifie de tout péché. Incarnation vivante de cette grâce : Evaeverson Lemos da Silva, dit Brandão. Accusé de viol en 2011 (non-lieu), condamné à un mois de prison ferme pour violence avec préméditation en 2014, il traîne aujourd’hui son club devant les prud’hommes pour réclamer les salaires impayés pendant les six mois de sa suspension. Et malgré tout Brandão joue toujours pour le FC Bastia, et ses buts pèsent dans la balance plus que tous ses écarts. On pardonne tout à l’attaquant qui marque : la violence, le dopage, la débauche, l’arrogance et l’appât du gain. Tout, sauf l’infidélité au maillot. (Lire l’article)

Traducteur tentant de décoller du texte d'origine. Strasbourg, 2012 © Olivier Mannoni
Le coin des traîtres, Traduction

“La traduction est un autre livre”

Le moins que l’on puisse dire, c’est que lorsqu’il porte des jugements sur la traduction et les traducteurs, Thomas Bernhard n’y va pas avec le dos de la cuiller. “Une traduction est un autre livre », affirme-t-il. Et celui-ci n’a plus rien à voir avec l’original. C’est un livre de celui qui l’a traduit.” L’occasion de revenir sur le personnage du traducteur en spectre et en auteur. (Lire l’article)