La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
Gérard Genette à l'honneur des chroniques avéryennes de Nicolas Witkowski
Chroniques avéryennes, Écrans

Métaphores et métalepses

À la fin de son Mystère Tex Avery, Robert Benayoun propose en vrac un “lexique succinct des métaphores texaveriennes”, en d'autres termes ces “trucs” qui prouvent que l'on se trouve bien dans l'univers avéryen. On y trouve l'effritement, propension des personnages maltraités à se retrouver en morceaux façon puzzle, la folie lubrique, de l'érection des globes oculaires à la mâchoire qui tombe sur le sol, la folie définitive, à coups de marteau, les “accélérations insanes”, les aphorismes, tel le kangourou sautant dans sa propre poche, ou le “sur-commentaire”, façon “Long isn'it ?” apparaissant sur un panneau devant une très longue voiture. Mais Tex Avery est surtout le roi de la “métalepse narrative”, au sens que lui a donné Gérard Genette. (Lire l'article)

délib'euro – l'Euro 2016 des écrivains, vu par Clo'e dans délibéré
délib'euro, Foot

France-Irlande : sa sieste avec Griezmann

Tandis que les deux équipes entrent sur le terrain lyonnais, tandis que son père et moi avons l’oreille aux hymnes français et irlandais, tandis que le monde entier vit l’instant sur écran plat, anti-reflet, 16/9ème, led, 3D ou juste l’écran au format timbre-poste d’un smartphone, tandis que la question est à savoir qui accèdera aux quarts de finale… l’enfant rêve. De quoi rêve-t-on à huit mois ? 
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Ordonnances littéraires

Wislawa Szymborska, pour les vivants et pour les autres

Où le service de médecine littéraire, jour après jour, se dote d’un support théorique important ; où, après des débuts tâtonnants et expérimentaux, il commence à se doter d’un arsenal thérapeutique plus étayé. Bref, nous avançons. L'ordonnance littéraire de la semaine : De la mort sans exagérer, poèmes écrits par Wislawa Szymborska, préfacés et traduits du polonais par Piotr Kaminski, parus chez Gallimard. (Lire l'article)

Le nombre imaginaire, Sciences

Logos

Comment reconnaît-on un logicien ? C’est celui qui, quand on lui demande s’il prendra du fromage ou un dessert, répond oui. C’est aussi celui qui croit fermement – non, qui sait en toute certitude – que s’il gelait en enfer les poules auraient des dents. Car le logicien, ironiquement, parle une langue bien différente de la nôtre (et qu’il considère souvent comme seule langue des dieux), alors même que sa science a pour objet la description du monde et le raisonnement sur le monde par le langage, la parole : le logos. (Lire l'article)

Gilles Pétel, Le métier dans le sang
Diogène en banlieue

Respect

Le respect est un mot à la mode et notre époque reproche souvent aux jeunes d’en manquer. Mais à l’égard de qui ou de quoi ? J’ai entendu dire que de jeunes banlieusards avaient manqué de respect à un Abribus en le détruisant. Ce sont sans doute les mêmes qui manquent de respect à l’égard de leurs professeurs. C’est du moins ce que racontent la plupart des gens. (Lire l'article)

Le nombre imaginaire, Pandémie, Sciences

Décomptes macabres

Cessons de comparer au jour le jour le nombre de décès dans des pays de population, de densité et de démographie différentes, à des stades différents de la pandémie ! Indécente et macabre caricature de Jeux olympiques où toutes les médailles reviennent in fine à la Camarde.
La branloire pérenne

Heumpty Deumpty

– La question, dit Alice, est de savoir si vous avez le pouvoir de faire que les mots signifient autre chose que ce qu’ils veulent dire.
– La question, riposta Heumpty Deumpty, est de savoir qui sera le maître… un point, c’est tout.
Les débats autour de l’écriture inclusive me rappellent cet étrange échange entre Alice et Heumpty Deumpty. La question est en effet de savoir qui est le maître, du langage ou de l’homme. (Lire l'article)

BlaKkKlansman - Un film de Spike Lee
La branloire pérenne

Mon semblable

BlaKkKlansman, le dernier film de Spike Lee, sorti en salles le 22 août, traite sur le mode de la comédie du racisme purulent aux États-Unis. Adapté d’une histoire vraie, le film raconte comment un policier noir réussit à infiltrer le Ku Klux Klan à l’aide d’une ruse qui vaut bien celles d’Ulysse. L’action se situe dans les années 1970, époque du Black Power, époque aussi où le Ku Klux Klan, bien qu’il n’ait plus d’existence légale, continue de mener des actions d’intimidation à l’égard des Noirs. Pourtant au-delà du portrait féroce et burlesque des hommes de cette organisation raciste, suprémaciste et identitaire, c’est l’Amérique de Trump qui est directement visée par Spike Lee comme en témoignent les quelques “great America” que se lancent régulièrement les adeptes du Klan. L'occasion de s'interroger sur ce que nous appelons “mon semblable”. (Lire l'article)