La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
2017, Année terrible, une chronique d'Edouard Launet dans délibéré. Cette semaine: "Poireaux"
2017 Année terrible

Poireaux

Hugo : Savez-vous quel est mon souhait le plus cher, mon vieux Dumas ? / Alexandre Dumas : Sortir de cette crypte ? / Hugo : Non. Manger des poireaux. / Dumas : Là où nous sommes, c’est par la racine qu’il faudra les manger. Mais je m’étonne que vous me parliez de poireaux quand, dehors, le chaos et le populisme semblent s’installer partout. (Lire l'article)

Le nombre imaginaire, Sciences

Vers l’infini… et on s’arrête là

Dernière étape de notre voyage dimensionnel : celle des espaces à nombre infini de dimensions. Le premier que nous allons visiter est un espace de nombres. Chacune de ses dimensions correspond à un nombre premier – un nombre supérieur à 1 qui n’est divisible que par 1 ou par lui-même. Pour définir les points de cet espace, nous nous appuierons sur le fait bien connu que tout nombre entier supérieur à zéro peut s’exprimer d’une manière unique comme un produit de puissances entières de nombres premiers. Par exemple, 24 = 6x4 = 3x23. Nous pouvons alors assigner un point de notre espace au nombre 24, en utilisant la puissance de chaque nombre premier qui apparaît dans sa décomposition comme coordonnée sur la dimension correspondante. Ce qui peut donner quelques petites choses amusantes... (Lire la suite)

Choses revues, Détournements

Nettoyer le ciel

“Je veux défendre le droit d’admirer les nuages sans estafilades.” À la veille de la première manifestation pour l’interdiction des traces d’avions, entretien avec le fondateur d’ÉtherNu, qui nous raconte son combat.
Scarlatti, “Suites de pièces pour le clavecin”, édition Roseingrave. Si l'on en juge par le touchant petit mot laissé sur cette édition Roseingrave de sonates de Scarlatti, Cecilia Arne, célèbre soprano et grande amie de Händel, a dû passer de longues heures dessus : “I have often practiced these” écrit-elle : je les ai beaucoup travaillées...
Chroniques scarlattiennes, Musiques

La secte Scarlatti

Séjournant à Venise comme tant de musiciens du début du XVIIIe siècle, le jeune Irlandais Thomas Roseingrave est invité à montrer ses talents de claveciniste devant un parterre choisi. Il s'en tire plutôt bien mais n'a pas le loisir de se monter du col. Un jeune homme “à l'air grave, vêtu de noir et portant une perruque blanche” lui succède, et joue avec une telle virtuosité que, rapporte-t-il, “mille diables semblaient s'être emparés de l'instrument”. Pour Roseingrave, c'est une révélation. Subjugué par le talent de Domenico, il ne touche plus le moindre clavecin pendant un mois, et suit dévotement son héros à Naples et à Rome. De retour à Londres, “Rosy” fait partager son enthousiasme à plusieurs grands musiciens anglais. (Lire l'article)

Je me tais et je vais vous dire pourquoi

James Franco, salaud, le peuple aura ta peau

Il n’est pas question ici de défendre James Franco des accusations de harcèlement dont il fait l'objet. Que l'acteur-réalisateur soit jeté aux lions si la justice le juge coupable ! Mais peut-on éviter les « je condamne donc je suis », voire « je fais plus de bruit que vous donc je vous enterre tous » ? On pourrait par exemple faire un truc fou comme réfléchir, discuter de certains sujets en privé et choisir de ne pas les aborder sur les réseaux.
Rachel Elliott, Murmures dans un mégaphone, traduit de l'anglais par Mathilde Bach, Rivages, 2016. Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne dans délibéré
Livres, Ordonnances littéraires

Rachel Elliott pour Christine Boutin

Christine Boutin twitte beaucoup. Trop. Madame Boutin, il va falloir penser à lâcher votre téléphone, à réfléchir un peu avant avant de réagir à tout et à n’importe quoi tout le temps. Prenez du recul. Passez donc à la lecture, la lecture de livres. Aérez-vous l’esprit, lisez un roman, comme celui de Rachel Elliott, paru récemment en France, Murmures dans un mégaphone (Rivages, traduit par Mathilde Bach). C’est un roman anglais : les personnages boivent, avec application et constance, du thé, beaucoup de thé, à tout âge et à tout moment de la journée. Et ils passent leur vie les yeux rivés sur leur portable. (Lire l'article)

Chanson de gestes, Danse, Théâtre

Le voltigeur d’Avignon

Sauts de l’ange en altitude et à l’envers, très cher, vrilles, saltos, sauts périlleux avant, arrière, sur les côtés, en haut en bas,  voltiges au-dessus d’un cycliste ou d’une brochette de spectateurs... Farid Zitoun, prodigieux acrobate qui semble avoir développé sa propre technique n’a pas besoin de trampoline. Il est l’Acrobate bleu de Picasso ou celui de Chagall, le cirque de Pékin ou le groupe acrobatique de Tanger à lui tout seul. Un solo de l’ange, à voir à Avignon, dans le off du off du off, complètement in. (Lire l'article)

Footbologies, J14. Une chronique de la Ligue1 par Sébastien Rutés
Foot, Footbologies 2016-2017

J14 – L’art de la simulation

Contre Rennes vendredi, l’entraîneur de Toulouse a reçu un avion en papier sur la tête. Interloqué, Pascal Dupraz observe un instant l’objet volant non identifié avant de porter les mains à sa tête et de tomber à genoux pour le plus grand affolement de ses adjoints, plus habitués à ce genre de saynète de la part des joueurs que d’un entraîneur qui se fait par ailleurs le chantre de la sincérité. Un des plus grands paradoxes du football moderne est de prétendre promouvoir le spectacle tout en bannissant la simulation. Or, qui peut nier qu’ils soient liés ? La simulation relève de la performance. Pas la performance physique chère aux sportifs ; la performance artistique. Le geste de Pascal Dupraz est un happening au sens strict. (Lire l'article)