La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Chroniques
Le nombre imaginaire, Sciences

Choisissez au hasard…

Si vous êtes comme moi, voici un jeu auquel vous n’avez guère joué depuis vos (très) jeunes années : le papier enveloppe la pierre ; la pierre casse les ciseaux ; les ciseaux coupent le papier. Je me suis amusé, il y a de nombreuses années de cela, à coder un programme d’ordinateur jouant à pierre-papier-ciseaux contre un humain. Sans tricher, ce programme en vint rapidement à battre son adversaire humain dans 70% des parties. Un programme fort simple, gagnant de manière statistiquement très significative contre son concepteur ! (Lire l’article)

2017 Année terrible, présidentielle 2017

Tweets

Jean-Luc Mélenchon et son directeur de campagne Manuel Bompard sont en train de lire Le Monde daté du 29 décembre en jubilant. En Une, ce titre : « Mélenchon, nouvelle star de YouTube ». Mélenchon : « Manuel, il me faut 500 000 abonnés avant le premier tour. Au boulot ! On fait comment ? »  (Lire l’article)

newton blake viol gravité physique fait divers
Sciences du fait-divers

Physique expérimentale

“Le présumé violeur se défend : ‘J’ai trébuché et je l’ai pénétrée par accident’.” À Londres, un riche promoteur immobilier saoudien passait la soirée avec des nymphettes lorsque soudain, c’est idiot, il a perdu l’équilibre et pénétré l’une d’elles en tombant. C’est du moins sa version, qu’il a soutenue mordicus. L’autre version, celle de la victime (et du sens commun), était qu’il s’agissait d’un viol pur et simple. Inutile de dire que l’affaire a régalé la presse britannique. Qu’en dit la science ? (Lire la suite)

Caricature de Victor Hugo, représenté assis sur le Théâtre français et l'Académie française. Dessin de Benjamin paru dans le Panthéon charivarique en 1841.
2017 Année terrible

Trahison

Au Panthéon, la semaine dernière. Une voix : Hugo, le saviez-vous, on parle encore de vous dehors. / Hugo : Qui va là ? / La voix : Jacques-Germain Soufflot, pour vous servir. / Hugo : On vous a casé là, vous aussi ? Eh bien Soufflot laissez-moi vous dire que votre bâtiment est bien mal foutu et que l’on y gèle. / Soufflot : J’avais fait les plans d’une église, pas d’une nécropole. Je n’y suis pour rien. / Hugo : Je vous pardonne. Vous disiez qu’on parlait de moi ? (Lire l’article)

Courrier du corps

Montre ta b… et tu verras la tour Eiffel

Un homme, culturellement, a-t-il autre chose de caché que son pénis ? Chez la femme, chaque partie du corps étant investie par le désir et la pulsion scopique masculine, il y a tout à découvrir. Chez les mecs, à peine un slip. Tel usager de site porno a donc philosophiquement raison de dire“mon petit sexe” : le tout de l’homme est par définition réduit. L’homme pourra toujours demander à la femme de tout montrer sans être jamais satisfait, et la femme, devant l’homme qui “montre tout” n’aura jamais rien d’autre à dire que : “c’est tout ?” De fait, jemontremabite.com est d’un ennui mortel. Courtes, longues, trapues, pointues, rondes, bronzées, livides ou écarlates, on s’en fout. C’est, d’une certaine façon, toujours la même bite. Une explication de ce phénomène d’annihilation de l’intérêt a été tentée par les antimodernes de la fin du XIXe siècle. (Lire la suite)

Max Ernst, La Forêt (1931) © ADAGP / Musée de Grenoble - Une chronique scarlattienne de Nicolas Witkowski
Chroniques scarlattiennes, Musiques

La forêt de Debussy

Dans ses épatantes chroniques musicales intitulées Monsieur Croche, Debussy s’élève contre une interprétation de Beethoven trop imitative et ne laissant aucun champ à l’imagination : “Rend-on le mystère d’une forêt en mesurant la hauteur de ses arbres ?” demande-t-il. Que faire devant la forêt Scarlatti aux 555 arbres, la jungle faudrait-il dire, remarquablement impénétrable aux techniques habituelles de la musicologie, laquelle s’interroge toujours, entre autres, sur la chronologie des sonates ? Et si l’on mesurait la longueur des sonates ? Ou plutôt le rapport des deux parties, qui permet de comparer des sonates de longueurs différentes. De façon totalement inattendue, il apparaît que ce nombre varie de façon cohérente d’un bout à l’autre du corpus, et que cette variation reflète l’évolution des stratégies de composition utilisées par Scarlatti… (Lire l’article)

Le nombre imaginaire, Sciences

Obscur Oracle

L’intelligence artificielle est partout ces temps-ci. Selon qui vous en parle, elle va révolutionner notre vie, nous piquer nos jobs, gouverner le monde à notre place, nous rendre surhumains ou obsolètes, assurer la sécurité de nos routes, mettre fin à nos libertés, nous faire rois ou esclaves, inventer son propre successeur (et le nôtre) dans une singularité récursive infinie… la boîte de Pandore est ouverte – mais que contient-elle de fantasmes, de mythes anciens modernisés, de réalité exaltante ou effrayante ?

Mollusque de Cécilia Castelli
Ordonnances littéraires

Mollusque de Cécilia Castelli, pour abréger les souffrances de Donald Trump (et les nôtres ?)

Toujours en convalescence et éloignée du service de médecine littéraire, le Dr. B. profite de son séjour en médecine traditionnelle pour parcourir la littérature burlesque et absurde. Après avoir attentivement examiné la notice de Mollusque, de Cécilia Castelli (Le Serpent à Plumes, 2019), elle suggère un diagnostic pour le cas énigmatique de Donald Trump, l’hyperréactif président des États-Unis qui semble souffrir d’une forme sévère de mollusquification incurable qui imposerait des décisions thérapeutiques radicales. (Lire l’article)

Le nombre imaginaire, Sciences

Des chiffres qui font peur

74%. C’est l’accroissement relatif, en un an, du nombre d’actes antisémites recensés par le ministère de l’Intérieur.  Encore ne parle-t-on que des actes graves ayant donné lieu à plainte ou poursuites ; la bêtise et la méchanceté ordinaires n’y sont pas comptabilisées. Pourtant, ce n’est pas vraiment ce chiffre-là qui devrait nous marquer : c’en sont d’autres, moins visibles et moins spectaculaires, mais qui reflètent une réalité peu reluisante dans laquelle nous vivons sans trop vouloir la regarder en face.