La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
Foot, Footbologies 2016-2017

J3 – “Jésus revient, Jésus revient”

Le football aime les retours. Le supporteur y voit renforcée sa foi dans le club et la fidélité comme vertu théologale de son rapport au monde. Que d’anciens joueurs ou entraîneurs y reviennent confirme que le club est l’alma mater, la maison de famille, le cimetière des éléphants où le supporteur aussi aura droit au repos un jour, parmi les siens. Pareils à Ulysse après l’odyssée d’une carrière itinérante, certains joueurs retrouvent Ithaque, comme Rod Fanni qui vient de résilier son contrat avec la formation qatarie d’Al Arabi pour s’engager avec Marseille, où il a joué de 2010 à 2015. Cependant, il en est un qui ne revient jamais : le messie. (Lire l’article)

Stéphane Mallarmé, Poésies, édition de Bertrand Marchal, préface d'Yves Bonnefoy, coll. Poésie/Gallimard, 1992. Une ordonnance littéraire de Sophie Rabau dans délibéré
Livres, Ordonnances littéraires

Mallarmé pour Emmanuel M.

Monsieur Emmanuel M., âgé de 45 ans, marié, ministre des Finances, se présente à la consultation du service de chronobibliopathologie, adressé par son médecin traitant suite à une histoire d’insomnie, retards, pertes de montres et agenda. À l’anamnèse, on retrouve des événements déclencheurs idiopathiques : désintérêt pour la lecture dès la puberté, tentative, au début de l’âge adulte, de faire entrer “26 heures dans une journée” selon l’expression du patient. Après réunion du staff, on propose un traitement allopathique à raison d’un voyage en bus sur le trajet Paris-Marseille avec lecture d’un sonnet tiré de la pharmacopée classique. (Lire l’article)

Jeffrey Eugenides, Des raisons de se plaindre, éditions de L'olivier, 2018
Ordonnances littéraires

Des Raisons de se plaindre pour Mary Poppins

La révolte des blouses roses s’est levée dans le service de médecine littéraire : malades et personnels sont tous unis contre l’augmentation des frais d’hospitalisation des malades étrangers. Cette réforme n’est que la face visible d’une politique néo et archéo libérale : après avoir presque réussi à détruire l’hôpital et la médecine médicale, le capitalisme triomphant s’en prend à la médecine non médicale. Heureusement que la plus grande ennemie de l’économie de marché arrive dans le service par la voie des airs. La Dr. Poppins est venue consulter car elle se languit : on n’exploite pas assez ses talents ; on la confine à la thérapie familiale alors qu’elle ne rêve que de faire s’effondrer toutes les bourses du monde. Avec l’aide de Jeffrey Eugenides, La Dr R. va lui trouver des Raisons de se plaindre. (Lire l’article)

BlaKkKlansman - Un film de Spike Lee
La branloire pérenne

Mon semblable

BlaKkKlansman, le dernier film de Spike Lee, sorti en salles le 22 août, traite sur le mode de la comédie du racisme purulent aux États-Unis. Adapté d’une histoire vraie, le film raconte comment un policier noir réussit à infiltrer le Ku Klux Klan à l’aide d’une ruse qui vaut bien celles d’Ulysse. L’action se situe dans les années 1970, époque du Black Power, époque aussi où le Ku Klux Klan, bien qu’il n’ait plus d’existence légale, continue de mener des actions d’intimidation à l’égard des Noirs. Pourtant au-delà du portrait féroce et burlesque des hommes de cette organisation raciste, suprémaciste et identitaire, c’est l’Amérique de Trump qui est directement visée par Spike Lee comme en témoignent les quelques “great America” que se lancent régulièrement les adeptes du Klan. L’occasion de s’interroger sur ce que nous appelons “mon semblable”. (Lire l’article)

Le nombre imaginaire, Pandémie, Sciences

Décomptes macabres

Cessons de comparer au jour le jour le nombre de décès dans des pays de population, de densité et de démographie différentes, à des stades différents de la pandémie ! Indécente et macabre caricature de Jeux olympiques où toutes les médailles reviennent in fine à la Camarde.
Le Caravage, L'incrédulité de saint Thomas
Mot à mot

Stigmates (II)

Le Dormeur du Val, avec ses deux trous rouges au côté droit, ne serait-il pas un saint ? Et d’abord, que sont donc ces deux trous ? Comme toujours, les mots en disent davantage que ce que l’on pense.