La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
Choses revues, Détournements

Le Smart-Aphone

De même qu'il est important de se nourrir en privilégiant les circuits courts, de ne plus voyager loin, et de préférence en train, il est important de revenir au plus vite à des conversations de proximité.

délib'euro – l'Euro 2016 des écrivains, vu par Clo'e dans délibéré
délib'euro, Foot

France-Suisse : un peu de légereté dans un monde sans pitié

... Et autant le dire tout de suite, je pensais me positionner clairement dans ce débat du côté des pisse-vinaigre. Me draper dans une posture intellectuelle. Grave. Ou juste un truc d'écrivain. Je pensais commencer cet article en vous parlant du roman que je suis en train de lire, GB 84 de David Peace, et des propos qu'il reprend de Margareth Thatcher pendant les grèves du SNM cette année-là, propos qui ne peuvent que frapper aujourd'hui. Et cependant — ou peut-être à cause de cela, de ce climat de merde dans lequel mes enfants grandissent — j'aimerais plaider ce soir pour un peu de légèreté. (Lire l'article)

Le coin des traîtres, Traduction

Détournement : un choix pas comme un autre

Les logiciels de traduction automatique n'ont pas remplacé les traducteurs. Mais les humains sauront-il défier l'intelligence artificielle ? Il est un art qui donne à ces logiciels controversés un intérêt nouveau : le détournement. Ainsi en est-il de la traduction de Hamlet imprimée par L'Indéprimeuse, “imprimerie spécialisée dans l'imprimé inutile et le livre illisible”. Son Jambonlaissé est à inscrire sur la longue liste des pastiches, parodies et autres détournements littéraires, auxquels la traduction n'est pas étrangère parfois. (Lire l'article)

Courrier du corps

Montre ta b… et tu verras la tour Eiffel

Un homme, culturellement, a-t-il autre chose de caché que son pénis ? Chez la femme, chaque partie du corps étant investie par le désir et la pulsion scopique masculine, il y a tout à découvrir. Chez les mecs, à peine un slip. Tel usager de site porno a donc philosophiquement raison de dire“mon petit sexe” : le tout de l'homme est par définition réduit. L'homme pourra toujours demander à la femme de tout montrer sans être jamais satisfait, et la femme, devant l'homme qui “montre tout” n'aura jamais rien d'autre à dire que : “c'est tout ?” De fait, jemontremabite.com est d'un ennui mortel. Courtes, longues, trapues, pointues, rondes, bronzées, livides ou écarlates, on s'en fout. C'est, d'une certaine façon, toujours la même bite. Une explication de ce phénomène d'annihilation de l'intérêt a été tentée par les antimodernes de la fin du XIXe siècle. (Lire la suite)

Henri Bergson (1878)
Chroniques avéryennes, Écrans

Droopy chez Bergson

Comprendre le rire chez Tex Avery, c'est d'abord revenir aux grands classiques. En l'occurrence Le Rire de Bergson (1900), ouvrage qui, malgré sa petite taille et son âge avancé, n'a pris d'autres rides que celles qu'impriment les zygomatiques. Bergson, qui n'est pas un rigolo, balance d'emblée une hypothèse fracassante : "Le rire, c'est du mécanique plaqué sur du vivant". Ensuite, cela se gâte, car son sens moral lui inspire qu'au fond, le rire est peut-être un signal social adressé aux marginaux en situation irrégulière pour les inciter à rentrer dans le rang. La gravité d'un Buster Keaton, ou l'apathie de Droopy, seraient-elles les figures tragiques indiquant que le rire, au fond, n'est pas si drôle ? (Lire l'article)

Alain Barrière - Une autre vie
Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Une autre vie

Supposons que la date et l’heure de la fin du monde soit connue et qu’il n’y ait plus rien d’autre à faire que de s’y préparer. Dès lors, la grande question serait : avec qui vais-je passer mes ultimes minutes ? Avec ma chère épouse ou mon cher époux ? Avec mes enfants, s'ils ne préfèrent une fête entre copains ? Avec mon chat, mon chien, mon poisson rouge, mon iPhone ? Avec personne, puisque dans le fond chacun vit seul et meurt seul ? Ou avec une ou un ami(e) ayant assez d’humour pour transformer ces derniers instants en vaste blague. Ce type d’individu ne court pas les rues. À quoi ressemble-t-il ? À Deborah Mitford, alias la duchesse de Devonshire ? À Richard Gere ? À Alain Robbe-Grillet ? Et Alain Barrière, dans tout ça ? (Lire l'article)