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Travaux à prévoir
| 14 Mai 2016

“Découverte de trois nouvelles planètes ’potentiellement habitables’.” (Le Figaro)

Lu de loin, cet intitulé semble relever des pages Sciences plus que de celles des faits divers. Erreur ! C’est le “potentiellement habitables” qui fait toute la différence. Car que nous annonce, prise au pied de la lettre, cette formule spectaculaire ? Elle dit en gros qu’une fois que nous aurons fini de cochonner la Terre, nous pourrons toujours aller nous replier sur une de ces trois patries de rechange, lesquelles semblent déjà disposer du téléphone et de l’eau courante. On a hâte.

C’est évidemment faux, pour de multiples raisons. Ces planètes plus ou moins similaires à la Terre sont situées bien en dehors du système solaire. Elles gravitent autour d’une étoile à 39 années-lumière de chez nous, ce qui fait un paquet de kilomètres. En embarquant sur une sonde interplanétaire voyageant à la vitesse de 17 km par seconde, il faudrait compter environ 700 000 ans pour couvrir la distance. Cela rend ces astres déjà nettement moins habitables, du moins tant qu’on ne saura pas voyager à la vitesse de la lumière (auquel cas il ne faudrait que trente-neuf petites années pour s’y rendre). Par ailleurs, les lots qui nous attendent là-bas sont loin d’être viabilisés. Tout au plus serions-nous susceptibles de trouver sur ces planètes “des traces chimiques de vie”, avance l’équipe de scientifiques qui a dévoilé sa découverte dans la revue Nature sous un titre bien plus prudent : “Des planètes tempérées de la taille de la Terre en orbite autour d’une étoile naine ultrafroide”. Ça donne tout de suite moins envie d’aller y voir, et encore moins de s’y installer.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’on repère des exoplanètes “potentiellement habitables”. Rappel à l’usage des collectionneurs : en avril 2013, deux planètes légèrement plus grosses que la Terre, situées à 1 200 années-lumière de notre système solaire, avaient été découvertes par la Nasa ; deux mois plus tard, l’Observatoire européen austral identifiait rien moins qu’une “zone habitable bien remplie” autour d’une étoile située à 22 années-lumière de notre système solaire ; enfin, en janvier 2015, six nouvelles planètes à cœur rocheux et “potentiellement habitables” avaient été découvertes grâce au télescope spatial Kepler.

La nouveauté, dans cette dernière moisson, c’est que les trois planètes gravitent autour d’une étoile dite “naine”. On ignorait jusqu’alors que des planètes telluriques, c’est-à-dire similaires à la Terre, pouvaient orbiter autour d’une étoile de cette taille et, à vrai dire, cela ne nous empêchait pas de dormir. Autre fait saillant : les planètes repérées autour de cette étoile baptisée Trappist-1 l’on été par un astronome … belge, Michaël Gillon. Tournée générale !

“Notre découverte ouvre un nouveau terrain de chasse, a déclaré ledit Michaël Gillon. À l’échelle de la Galaxie, cela représente des milliards d’endroits en plus où la vie aurait pu se développer.” Cet univers est plus “potentiellement habitable” qu’on ne le pensait. Mais pas par nous hélas.

Édouard Launet

Sciences du fait divers

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