La voix de Florence Barbara, soprano

Voix de nectar, voix d’ambroisie, torrent charriant des roses de cannelle. Voix de la saveur des soirs que l’on voudrait boire, mâcher, sentir, la main sur la lumière comme sur une peau – voix je t’aime je te mange.

Les histoires des jours de fête, un jardin d’arc-en-ciel où le soleil a goût d’orchidée – l’herbe est une soie rose grave. C’est un matin d’anniversaire, un pays extraordinaire, royaume d’orgeat et d’érable, fais trois vœux il y a des féés. L’or est miraculeusement noir et c’est de l’or pourtant qui dore.

Pluie de chocolat vermeil, glaces à l’amour, à la jacinthe, à l’amarante, soir friandise, c’est la voix, pays des merveilles, c’est la voix de Florence Barbara, soprano.

Dans le jardin, la voix trace le chemin des framboises, une fille se cache à l’ombre du rose rougé, pense à la maison, pense au bois feu d’un café à Vienne, à la douceur, à la douleur d’un souvenir sur un trottoir de Manhattan quand il est trop tard pour pleurer le départ, mais humer l’odeur de la chaleur, on peut encore.

Voix chasseresse, souple, farouche, dessine dans la nostalgie des points d’exclamations infiniment élargies, sait la route des pommes d’or, de la mer bleu grenade d’Ulysse. Voix du retour à Ithaque – ma mère m’a-t-elle attendue ou son parfum dans les pins ?

Puis c’est le bleu-viens ! de la mer, la courbe de chaque vague, mer d’amande et de jasmin, de vanille, mer émeraude de coquelicots et de soie – voix sultane de diwan, Schariar tue les femmes, mais non, noli me tangere dit le Christ à Madeleine, mais il la touche, il sent sa peau, plaisir de ressuscité.

Voix pour les dieux, mais elle est là, voix de nectar mais elle est là, voix sur terre, voix de terre pour se baigner dans l’œil d’un volcan délicieux, pour se tourbillonner dans une explosion de fleurs, une déflagration au cœur de fruits, c’est la voix de Florence Barbara, soprano.

 

« Pace mio dio », Verdi, Forza del Destino
Récital donné à Bandol le 29 octobre 2017
Direction musicale : Olivier Padovani
Piano : Irène Oreggia

Lauréate des Bourses Lavoisier et Direction de la Musique, Florence Barbara entre dans la classe du Maestro Thiolas à Castelfranco Veneto (Italie). Finaliste des concours internationaux Mario Lanza (Filignano-Roma), Voix d’or et Béziers, elle débute sur la scène dans la Troupe du StudiOpéra dirigée par Elisabeth Navratil (Susanna, Donna Elvira, Micaëla). Remarquée par Guy Grinda et Jean-Louis Pichon, elle est engagée dans Die Walküre (Gerhilde) à l’Opéra de Toulon, puis dans Roma (Junia), La Reine de Saba (Benoni), Sapho (Irène) à l’Opéra d’Avignon), Die Zauberflöte (Papagena), Ariane (Eunöe) dans une création à l’Opéra Théatre de Saint-Étienne). Suivront La Vie Parisienne (Métella) au Trianon à Paris, Cyrano & Roxane (Roxane-doublure) à L’Opéra d’Athènes dans une création de Stavros Xarchakos) ; elle sera également Médée dans le Médée de Darius Milhaud au TDM à Paris. Elle est invitée dans de nombreux festivals – Gattières (Antonia), Avranches (Donna Elvira), Crest (Bess), Fontainebleau (Frasquita) –, par le Chœur lyrique de Paris à l’Église arménienne (Pamina), par la Compagnie Off. Elle interprète Tosca à l’Église de Bandol, dans une mise en scène de Philipe Padovani, sous la direction d’Olivier Padovani. Elle a également été dirigée par les chefs d’orchestre Hervé Niquet (Don Quichotte chez la Duchesse), Patrick Fournillier, Laurent Campellone, Giuzeppe Grazioli, Jacques Lacombe, Christian Segarici, Christian Mendoze, Jacques Chalmeau, Jean-Philippe Sarcos. Elle s’est produite dans les mises en scène de David Freeman, Jean-Louis Pichon, Éric Chevallier, Antoine Selva, dans des lieux tels que l’Arsenal de Metz, les Opéras de Dijon, Nancy, le Théâtre Impérial de Compiègne, ainsi que des sites historiques tels que la Villa Mateus (Portugal), le Château de Chaumont-sur-Loire, la cathédrale La Major à Marseille, l’église de la Madeleine et l’Hôtel de Lassay à Paris, l’église de Saint-Germain-en-Laye, entre autres.
Actualités
Florence Barbara s’est récemment produite en récital sous la direction d’Olivier Padovani, le 29 octobre 2017, à Bandol, avec des airs de Verdi et Puccini, et le 12 novembre, à Sanary-sur-Mer, dans un programme allant de Rameau à Bernstein. Le 22 décembre 2017, on pourra l’entendre à Paris, aux côtés de Catherine Manandaza, dans des airs et duos de Haendel, Mozart et Purcell, au Temple protestant du Luxembourg. Elle reviendra en récital à Bandol le 20 avril et le 25 mai 2018.
Sophie Rabau
Portraits de voix lyriques

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