La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Un baiser osé

Rien de tel qu’une apocalypse pour faire dérailler le train-train quotidien. Les factures en souffrance s’envolent au vent mauvais comme des feuilles d’automne, les problèmes de couple ne valent même plus que l’on casse la plus petite des assiettes à dessert. La perspective de la table rase balaye tous les soucis, sauf un : on va tous mourir, les amis. Last Night, du Canadien Don McKellar, est mon film apocalyptique préféré. Qui finit sur un baiser. Un premier baiser, n’est-ce pas le début d’un nouveau monde ? Ce n’est pas Alain Souchon qui me contredira. (Lire l’article)

Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Pierre Choderlos de Laclos et ses gros ciseaux

Comment est-il possible que Pierre Choderlos de Laclos  — homme rangé à la “conversation froide et méthodique”, époux fidèle, professionnel rigoureux, en rien un séducteur aux moeurs dissolues — ait réussi à produire un roman aussi dépravé que Les Liaisons dangereuses  ? Réponse d’une universitaire : Choderlos n’est tout simplement pas l’auteur du livre. Et toutes les lettres qu’échangent la marquise Merteuil, le vicomte de Valmont, Cécile de Volanges et les autres seraient de vraies lettres, que Laclos s’est permis d’“élaguer”, supprimant notamment les passages où les correspondants évoquent l’anatomie féminine. (Lire l’article)

François Garde, L'Effroi, Gallimard, 2016
Livres, Ordonnances littéraires

François Garde, pour ceux qui se lèvent, à Sarcelles ou même ailleurs

La haine, la peur, le rejet. Face à cela, des jeunes de Sarcelles ont décidé, à leur échelle, de réagir, avec courage et générosité. Ils ont vu les images de ces gens jetés sur les trottoirs parisiens, en plein XXIème siècle, affamés, bousculés, ignorés. Ils ont donné un peu de leur poche et ils se sont mis à cuisiner. Cent cinquante repas et sandwiches. Qu’ils sont allés distribués à Stalingrad et à Porte de la Chapelle. Avant de lancer un “défi” aux autres quartiers de banlieue pour qu’ils fassent de même. Ils se sont levés, comme le protagoniste du dernier roman de François Garde, L’Effroi. Et comme ceux qui les imiteront. (Lire l’article)

Théâtre

Le labo Dromesko

À qui n’a jamais assisté à un spectacle de la compagnie Dromesko, il ne faudrait rien dire sinon d’aller y voir, et pour les Parisiens ça tombe plutôt bien : la dernière création, Le jour du grand jour, est actuellement à l’affiche du Montfort avant d’être à celle du 104 en février. C’est parfois drôle, souvent émouvant, toujours juste. Chacune des scènes s’apparente au développement d’une photo. L’image reste longtemps dans le bain, car le temps de Dromesko prend son temps. Ce mélange de burlesque et de poésie fait monter progressivement chez le spectateur un mélange d’émotions dont il se demande laquelle est la bonne. La chute est rarement celle que l’on avait anticipée. Donc voilà, allez-y, vous ne le regretterez pas. (Lire la suite)

Ex Machina, Sciences

Ex Machina #37: Juste un coup d’œil

– Tu proposes, si je comprends bien, de remplacer notre notion de “sac” par un ensemble de concepts qui décrivent tous le balayage visuel séquentiel d’une même scène, et qui seront confondus subjectivement puisque conceptuellement équivalents.  C’est astucieux. Dire que deux formes sont identiques, c’est dire que rien ne change quand je déplace mon regard de l’une vers l’autre, quel que soit le chemin précis suivi par mon regard. J’aime ça.

Leon Bakst, Elysium (1906) - Tretyakov Gallery, Moscow
Le coin des traîtres, Traduction

Élysée

“La première étape qui doit conduire les Français à l’Élysée est franchie.” Que veut donc dire cette phrase prononcée par Marine Le Pen au soir du premier tour de l’élection présidentielle française ? Pour essayer de la comprendre, cherchons à savoir comment elle a été traduite. Mais dans la traduction anglaise qui circule sur les site d’information en ligne, elle a été omise. En espagnol, la traduction mot à mot ne nous rassure guère… (Lire l’article)

Théâtre

Histoires sans paroles

Samuel Achache au Cloître des Célestins et Marguerite Bordat et Pierre Meunier au Tinel de la Chartreuse de Villeneuve lez Avignon proposent deux formes de théâtre musical. Pour Fugue, Achache a puisé dans un répertoire essentiellement baroque. Forbidden di sporgersi est une tentative d’inventer une correspondance visuelle et sonore à l’œuvre de la poétesse Hélène Nicolas, dite Babouillec, “autiste sans paroles”. (Lire l’article)

Marie B. Schneider, Dans l'air, le fond, 2013, photographie, dim variables © Marie B Schneider
Arts plastiques, Expo

Faire salon

Changement de direction au Salon de Montrouge. Ami Barak, le nouveau commissaire, déclare son intérêt pour “le concept de scène émergente” et le traduit dans la scénographie de cette 61ème édition qui entretisse les travaux exposés. Deux conséquences à cela : l’œuvre survient avant le nom qui l’accompagne ; mais surtout, des airs de famille apparaissent, qui rassemblent des œuvres dont on découvre avec surprise qu’elles ne sont pas de la même main. À mesure qu’on avance dans le parcours, celui-ci s’enrichit rétrospectivement : un type de forme revient, un nom déjà aperçu fait retour… Ce qui permet de relever, chez des artistes d’une même génération, des points de cristallisation communs. (Lire l’article)

Square du Vert-Galant, 1931, René-Jacques
Expo, Photographie

René-Jacques, photographe de l’invisible

La galerie ARGENTIC à Paris nous offre l’occasion de voir ou revoir le travail de René-Jacques (1908-2003) via une sélection de « tirages vintages et modernes des photographies de Paris ». Vues de Paris, donc, rues, escaliers, gares, monuments, avec une prédilection pour la saison hivernales et ses féeries enneigées. Qui invitent à la rêverie, à la flânerie. À la découverte. À une interrogation subtile sur ce qui nous est montré. Ou plutôt à une forme d’étonnement qui n’est autre que l’intuition d’avoir affaire à quelque chose qui se cache sous la surface. Ville réelle, ville rêvée, on ne sait trop. (Lire l’article)

Foot, Footbologies, Footbologies 2016-2017

J21 – Le secret des dieux

Le football est partout. Matchs en direct, en différé, comptes-rendus : les images du ballon rond saturent la vidéosphère, sans parler des discours infinis qu’elles suscitent. L’imagerie du football imprègne notre imaginaire collectif : les footballeurs sont des icônes, ils deviennent acteurs de publicités, mannequins pour de grandes marques, ils nous envahissent. Conséquence : le supporteur n’ignore rien d’eux. Le football, c’est le triomphe de la société du spectacle, du tout-à-voir. Et pourtant, au cœur de cette exhibition constante survit l’étrange concept de “secret du vestiaire”. (Lire l’article)

Vivian Maier, Milwaukee, 1967
Arts plastiques, Expo, Photographie

Vivian Maier ou l’incertitude

La galerie parisienne Les Douches, qui, depuis 2013, a déjà réalisé plusieurs expositions des œuvres photographiques de Vivian Maier, présente jusqu’au 30 mars « The Color Work ». Pour l’essentiel, le travail de Maier sur la couleur, dans les scènes de rue dont elle est coutumière. Ce qui frappe dans une grande partie des œuvres présentées, ce sont les portraits. On ne cesse de s’interroger sur le rapport entre la photographe et ses modèles. Ceux-ci sont-ils partie prenante de la relation ? On pourrait croire qu’il n’y a rien entre l’image consentie et l’image dérobée. Pourtant, Vivian Maier réussit par moments le tour de force de se situer dans un entre-deux qui rend la chose indécidable. (Lire l’article)

Edogawa Ranpo - Un amour inhumain
Livres

Edogawa Ranpo ou la fascination de Méduse

Une jeune fille naïve qui épouse un homme à la réputation inquiétante. Un homme trompé qu’un regain de vie conduit à un sort terrible. Une curieuse épidémie de suicides. Un crime parfait. Autant de récits ciselés par ce maître du fantastique japonais et publiés sous le titre Un amour inhumain par les Nouvelles Éditions Wombat.
Traducteur tentant de décoller du texte d'origine. Strasbourg, 2012 © Olivier Mannoni
Le coin des traîtres, Traduction

“La traduction est un autre livre”

Le moins que l’on puisse dire, c’est que lorsqu’il porte des jugements sur la traduction et les traducteurs, Thomas Bernhard n’y va pas avec le dos de la cuiller. “Une traduction est un autre livre », affirme-t-il. Et celui-ci n’a plus rien à voir avec l’original. C’est un livre de celui qui l’a traduit.” L’occasion de revenir sur le personnage du traducteur en spectre et en auteur. (Lire l’article)