La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Drone de drame (ou presque)
| 20 Nov 2022
(de notre envoyé spécial à Doha*)

Le secret avait été bien gardé. Ce devait être une des grandes nouveautés de ce Mondial. La première expérimentation lors d’une grande rencontre était prévue pour le match d’ouverture entre le Qatar et l’Équateur. Et bien, après le grave accident survenu hier au cours d’un entraînement, il faudra hélas y renoncer, et peut-être pour longtemps, tant que le système n’aura pas fait la preuve qu’il ne présente plus aucun danger. Dommage, l’idée était belle.

Sans plus tarder, rappelons-en le principe à nos lectrices qui commencent sérieusement à s’impatienter.

L’arbitrage du Mondial devait être assisté par des drones qui, grâce à un ingénieux système que nous ne détaillerons pas ici (trop technique pour nos lectrices), suivraient au plus près, à la même vitesse – et sans les quitter d’une semelle, si l’on peut dire – tous les déplacements des ballons. D’autres suivraient les joueurs qui profiteraient d’être loin du cœur de l’action pour préparer un mauvais coup.

Dotés de caméras et d’enregistreurs sonores, ils devaient permettre ainsi d’éviter toute contestation dans les phases de jeu… et de ne manquer aucun des échanges d’injures entre les joueurs. Avec un tel dispositif, le monde entier aurait entendu celle (…ta mère (?)) lancée par Materazzi à Zinédine Zidane pendant la fameuse finale de 2006 contre l’Italie.

Mais revenons à l’incident qui a – du moins provisoirement, espérons-le – mis fin à cette révolutionnaire innovation.

Au cours d’un entraînement de l’équipe de France, les drones avaient tout d’abord démontré hier soir leur impressionnante efficacité, jusqu’à ce que soit organisée une fatale séance de tirs au buts. Après plusieurs tirs ratés ou dans la lucarne, le drone accompagnant une balle lancée à près de 200 km/h (et brillamment détournée!) a fini sa course folle en pleine figure d’Hugo Lloris.

Conduit en toute urgence à l’hôpital, le malheureux  gardien de but en est ressorti quelques heures plus tard sonné, mais tiré (c’est le cas de le dire) d’affaire. Si l’on en juge par la couleur de son visage tuméfié, il n’aura jamais aussi bien porté son surnom de bleu.

Quant au drone, il est est irrécupérable.

* Pendant toute la durée du Mondial, afin de mieux informer nos lectrices, notre envoyé spécial Laurent Figouri gardera 24h/24 le Doha sur la gachette.
La rédaction (qui s’en lave les mains)

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