La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
délib'euro – l'Euro 2016 des écrivains, vu par Clo'e dans délibéré
délib'euro, Foot

Roumanie-Suisse : des femmes qui jouent

Je pense alors au superbe documentaire de la réalisatrice Carmen Butta. Des femmes qui jouent au foot à 4000 mètres d’altitude. Dans les Andes péruviennes, des femmes quechuas du village Churubamba allaitent leur bébé à la mi-temps puis retournent courir après le ballon sandalettes aux pieds. Elles dribblent avec une habileté réjouissante pendant que des lamas grappillent quelques rares pousses vertes dans la terre brune. Gagner le match c'est la possibilité de rapporter au village des cochons d'Inde ou des sacs de semence de pomme de terre que les maris espèrent avec fébrilité. (Lire l'article)

Le nombre imaginaire, Sciences

La vache imaginaire

Nous en sommes restés à ces drôles de questions qui se posent quand on considère rien comme quelque chose… et en voici justement une qui se détache comme un agio sur un relevé bancaire : zéro moins dix, ça fait quoi ? La réponse est vieille comme le commerce, comme la dette ; mais c’est pourtant encore un nombre imaginaire, et comme tel magique et fertile en rêve. (Lire la suite)

délib'euro – l'Euro 2016 des écrivains, vu par Clo'e dans délibéré
délib'euro, Foot

Pays de Galles-Belgique : la barbe des Gallois

Les joueurs montent et s’alignent, et la Brabançonne retentit. Des visages belges fermés. Concentrés. Courtois marmonne les paroles, peut-être un peu Meunier. Les autres fixent un point quelque part et la ferment. 20h58, Hen Wlad fy Nhadau, l’hymne gallois. Tous, Nedley, Ramsey, Williams, Bale, Robson-Kanu, ils chantent sans se retenir. Ça gueule, ça monte, ça rejoint quelques-unes des sources de la pluie très au-dessus des projecteurs du stade, très au-dessus des Hauts de France ! C’est très chaud ! Ce chant-là, il a été écrit par un barde au XIXème siècle, ça parle de la terre des pères. (Lire l'article)

Foot, Footbologies, Footbologies 2015-2016

J29 – Le travail du bonnet

Dominique Arribagé est le neuvième entraîneur de Ligue 1 à céder la place cette saison. Il laisse le souvenir d’une élégance fragile, dandy perdu sur les terrains boueux comme Antinoüs dans la fange du Nil, déjà parti avant d’arriver. Pour le remplacer au chevet d’un Toulouse FC aux portes de la relégation, Pascal Dupraz, qui n’a pas oublié son bonnet pour sa première séance d’entraînement. Les hivers toulousains sont parfois humides, mais le bonnet de Dupraz produit sous ces climats méridionaux le même effet décontextualisé que la chemise blanche d’Hervé Renard à Lille : un décalage porteur de sens, qui convertit le vêtement en symbole. (Lire l'article)

chroniques scarlattiennes domenico scarlatti
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Sonate pour Leibniz

L'arithmétique est un de ses outils de composition favoris : Scarlatti adore compter, remplaçant un motif de 13 éléments par un de 6 et un de 7, en divisant un autre par deux, soumettant la patience de l'auditeur à l'épreuve d'écouter 32 fois de suite le même élément, et pas 33, ou compensant, tel un apothicaire à sa balance, le déséquilibre de deux parties voisines. Cette conception arithmétique de la musique rejoint de toute évidence celle de Leibniz, qui était de la génération précédente et mourut peu avant que Scarlatti ne s'installe à Lisbonne, mais dont les œuvres étaient dans toutes les bibliothèques. (Lire l'article)

Ordonnances littéraires

“Gros” n’est pas un gros mot pour Babar

Il est vert, il est gras, mais ce n’est pas une des plantes que le Dr P. entretient soigneusement dans les couloirs du service de médecine littéraire. C’est Babar l’éléphant dans son costume vert. Babar croit souffrir d’obésité. Il souffre en fait de grossophobie et nous en souffrons tou.te.s. Heureusement, la Dr R., toujours au fait des dernières avancées de la médecine littéraire, lui propose un nouveau protocole mis au point Daria Marx et Eva Perez-Bello et intitulé “Gros” n’est pas un gros mot. Si vous n’êtes pas encore vacciné contre ce mal terrible et invisible, lisez vite cette ordonnance : un remède peut vous sauver de la haine contre soi et contre autrui. (Lire l'article)

Giotto, Lamentation sur le Christ mort (détail)
Sciences du fait-divers

Ils sont là

“Le passager d’un ‘cigare volant’ qui a donné l'accolade à un paysan corrézien n'avait rien d'anormal.” (Nord-Éclair) En 1954 s’est abattue sur la planète une véritable pluie d’ovnis. En France, plusieurs centaines de témoignages furent recueillis par la presse et la gendarmerie, en particulier durant l’automne. Si bien que les soucoupes et cigares volants se pointèrent presque quotidiennement dans les journaux et même dans le débat politique. Relire les journaux de ce fameux automne 1954 laisse pantois. La Croix allait jusqu’à annoncer le 2 novembre : “Un technicien américain révèle : ‘J'ai participé à la capture d'une soucoupe. Mais le pilote s'est échappé à bord d'un ’cigare’ de sauvetage !’ ” (Lire l'article)

Fuck Corona
Insultologie appliquée, Pandémie

Fuck the Corona

Le rap est certainement le champ artistique le plus réactif à l’actualité. Si ses mélodies sont rarement surprenantes, ses textes ont un caractère printanier qui sied à la saison et aux circonstances. En témoignent ces quelques sorties récentes...
An irish story, spectacle de Kelly Rivière au théâtre de Belleville
Le coin des traîtres, Théâtre, Traduction

Kelly Rivière remonte à la source

À partir d'un secret de famille (un grand-père irlandais disparu dont personne ne veut parler), Kelly Rivière, seule en scène, offre une hilarante pièce intime solidement construite. Dans sa quête des origines, elle passe sans cesse d'une langue à l'autre, jusqu'à brouiller les repères, comme si les barrières linguistiques étaient emportées par le flux de son histoire. Une incertitude linguistique qui fait écho aux incertitudes d'un final qui laisse beaucoup plus de questions que de réponses.

Judith Schalansky, Atlas des îles abandonnées (préface de Olivier de Kersauson), traduit de l'allemand par Elisabeth Landes, Arthaud, 2010
Ordonnances littéraires

Pour Manuel Valls, l’Atlas des îles abandonnées

S’il est bien quelque chose qu’on ne saurait reprocher à Manuel Valls, c’est d’avoir manqué de vision, d’ambition pour son pays. Malheureusement son génie n’a pas été reconnu à sa juste mesure. Les gens sont cruels, c’est ainsi. L’Atlas des îles abandonnées, de Judith Schalansky (Arthaud, 2010), propose un vaste choix de lieux propices à une traversée constructive du désert, à la refonte d’un destin trop tôt brisé. (Lire l'article)