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La branlette du Stabilo
Le geste était en tout point pareil, répétitif, allant de de gauche à droite. La main de notre voisine de train, pendant les deux heures que dura le voyage de Paris à Lyon, s’accrochait au marqueur. Elle soulignait comme elle effaçait. Les pages les unes après les autres devenaient jaune vif. Le noir disparaissait.
Belgique-Italie : proposition indécente
Lucien De Girolamo avait fait un rêve ; il avait rêvé que sainte Rosalie lui disait le résultat du match Italie-Belgique. Elle ne le lui avait pas vraiment dit : c’est lui qui avait eu une vision, la vision de la sainte avec sa couronne de roses sur la tête et, à côté d’elle, trois drapeaux de l’Italie qui claquaient au vent et d’innombrables drapeaux belges qui retombaient tout flasques sur leur hampe. Le lendemain matin, il avait raconté ce rêve à sa femme et Maria l’avait interprété pour lui : ça signifiait que l’Italie allait battre la Belgique par trois buts d’écart. (Lire l’article)
Doit-on réécrire le passé ?
En mars dernier, à la Sorbonne, le CRAN (Conseil représentatif des associations noires) et l’UNEF s’opposaient par la force à la représentation des Suppliantes d’Eschyle au motif que certains acteurs blancs portaient un masque noir : le délit de « blackface » leur semblait établi. Or, il s’agit d’une pièce sur la tolérance et l’accueil de l’étranger et le masque noir vient seulement ici rendre visible la différence de l’autre. Sans compter que le port du masque est une constante de la tragédie grecque où les rôles féminins étaient joués par des hommes travestis. S’élever contre une mise en scène « racialiste » est donc absurde. La censure exercée par le CRAN et l’UNEF est caractéristique d’une tendance lourde de notre époque : le désir de réécrire le passé afin de le rendre conforme à notre sensibilité ou à nos mentalités. (Lire l’article)
Mystère des algorithmes
À notre grande surprise, en ouvrant ce matin la boîte mail de la rédaction, nous avons découvert,...
Accès réservé
Stationnement interdit aux heures de battement. Accès réservé en permanence aux ventricules de secours
Débile profond
Par les temps qui courent, on se balance tant de noms d’oiseaux sur Internet et dans les assemblées parlementaires qu’il vaut mieux savoir à quoi l’on a affaire. Ça tombe bien : les insultes et injures font l’objet d’un nombre croissant de travaux de recherche.
Nulle et non avenue
À trois jours de la cérémonie d’ouverture des jeux paralympiques, la “plus belle avenue du monde“ (un poncif dont on ne se lasse pas !) est-elle en passe de devenir la plus étroite ?
Vidéo musicale et vomi (comparatif)
L’idée de départ était de regarder deux vidéos musicales un peu contemporaines, pas trop flan façon Adele. On choisit donc Tame Impala et Oneohtrix Point Never pour la musique, soit respectivement le collectif Canada et l’artiste Jon Rafman pour la vidéo, même si dans ce second cas, le compositeur Daniel Lopatin a codirigé le clip. On regarde. L’œuvre de Rafman et Lopatin, Sticky Drama, titre idoine signifiant “drame collant”, ou en l’occurrence gluant, n’a pas manqué de détracteurs pour noter que c’était un peu dégoûtant, toutes ces pustules, ce pipi et ce vomi. Dans The Less I Know the Better de Canada, le personnage masculin aussi vomit, mais de la peinture, qui vient recouvrir le corps de la jeune fille, change de couleur et suggère des menstrues tartinant un entrejambe. (Lire la suite)
Courte déclaration
Alors que la flamme olympique se rapproche de la capitale et que les discussions post législatives...
L’Odyssée, chant XII, pour les électeurs de Mélenchon coincés entre Charybde et Scylla
Comme vous, comme Ulysse, écrit le Dr Rabau, je suis un peu affolée. Comme vous, comme Ulysse, je vais tenter de passer dimanche par la route des deux monstres et de perdre le moins de femmes et d’hommes possible avec mon bulletin si petit quand je le compare à l’aboyeuse et à l’engloutisseur. Ce médicament commence au moment où Circé donne des consignes de vote à Ulysse, sous couvert de lui indiquer la route à prendre pour rentrer à Ithaque. (Lire l’article)
Centrifugeuse
Le projet porté par Ensemble! de remplacer l’hémicycle du palais Bourbon par une centrifugeuse qui...
Godwin, nom de Dieu !
Le chemin qui va du coronavirus à la Shoah est étroit, tortueux et improbable. Pourtant, la pandémie a vite atteint le point Godwin, ce moment où, dans tout débat, les adversaires finissent par s’injurier en se jetant à la figure des allusions à l’Allemagne nazie.
La voyageuse évanescente
J’étais parti à Paris à la recherche de l’inspiration. Impossible en effet d’en trouver dans la petite ville du Val-de-Marne – que, par charité, nous ne nommerons pas – où j’ai échoué depuis un peu plus d’un lustre…
Mal-chevelus: l’espoir renaît (1ère partie)
Première partie de l’entretien avec le capilliculteur paysagiste Horace Gratys, dont les créations décoiffantes avaient attiré notre attention. Il y revient sur son itinéraire et les dessous de sa profession.
Gestes déplacés
Finale de la coupe du monde de Rugby 2015 : l’occasion de revenir sur quelques gestes qui ne sont certes pas à la hauteur du coup de tête de Zidane ou des deux doigts flinguant les Toulousains de Zlatan Ibrahimovic, mais qui ont une classe certaine. (Lire la suite)
Divine surprise
Nous avons reçu ce matin à la rédaction – en avant première ! – le calendrier de l’Avent destiné à...
Commutation
L’idée de commuer l’humiliante peine du port d’un bracelet électronique (qui ne doit jamais être...
Léda sans cygne
Parmi les personnages hauts en couleurs du XXe siècle, Gabriele d’Annunzio est le plus contradictoire. Poète et guerrier, séducteur et solitaire, amateur d’art et de moteurs V12, ce héros borgne (accident d’avion) du nationalisme italien vit un peu sur la fortune de son père, davantage sur celle de ses amies, et entretient une meute de barzoïs blancs. Grand prêtre du modernisme décadent, il traite le futuriste Marinetti de “crétin phosphorescent”, et c’est sans doute pour échapper à une injure aussi géniale que Mussolini le fait enfermer dans son kitchissime Vitoriale du lac de Garde, où il meurt en 1938. Trente ans plus tôt, à l’occasion d’un concert, il avait découvert Scarlatti. (Lire l’article)














