La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
“Big Bad Wolf chez Ibn al-Haytham”: Une chronique avéryenne de Nicolas Witkowski
Chroniques avéryennes, Écrans

Big Bad Wolf chez Ibn al-Haytham

Le regard, chez Tex Avery, c’est toute une histoire… On a déjà vu les yeux du méchant loup palper Droopy pour s’assurer de sa présence. Bien plus souvent, ils vont palper le petit chaperon rouge ou Cendrillon avec des buts moins avouables. Grande est la variété graphique des représentations du regard — de l’œil exorbité et “sonnant et trébuchant” à l’onde impalpable mais transportant de l’énergie. Cette obsession visuelle est-elle un simple fantasme avéryen ? Pas du tout. La fixation pathologique de Tex Avery sur le regard a, comme son homoncule sensoriel, de très anciennes racines historiques. (Lire l’article)

Dominique de Rivaz, “Rose Envy”, éditions Zoé, 2012
Livres, Ordonnances littéraires

Rose Envy de Dominique de Rivaz pour les auto-dévorants : tous cannibales !

Aux obtus qui pensent qu’on peut difficilement faire du beau avec de l’apparent dégueulasse et aux cannibales, présents et à venir ! À ceux qui grignotent les bulbes de leurs cheveux, à ceux qui picorent les peaux mortes de leurs bouches et se régalent de leurs cuticules, à ceux qui se rongent tout ce qu’ils peuvent se ronger, aux meurtriers victimes d’eux-mêmes, pris de troubles obsessionnels compulsifs des plus divers et des plus inavouables et particulièrement “du calvaire de l’auto-dévoration”, aux self-eaters et fiers de l’être, une prescription : Rose Envy, de la cinéaste et auteure suisse Dominique de Rivaz. (Lire l’article)

Chroniques scarlattiennes / Ramón Casas, Jeune décadente (1899), Musée de Montserrat
Chroniques scarlattiennes, Musiques

L’annuaire de Kirkpatrick

L’Américain Ralph Kirkpatrick, élève de Wanda et musicologue à Yale, est le principal biographe de Scarlatti. Son Domenico Scarlatti de 1953 est cependant à prendre avec des pincettes. La biographie est remarquable, mais la musicologie a souvent été remise en question. Non, toutes les sonates ne vont pas par paires, non, le point d’orgue de la sonate n’est pas la “crux” qu’il avait inventée, non Scarlatti n’a pas composé toutes ses sonates pendant les cinq dernières années de sa vie. Mais tout défricheur prend et assume le risque de faire fausse route. Son jugement sur l’évolution des sonates est parfois un peu énigmatique mais toujours d’une grande justesse. Il est l’auteur d’une classification “scientifique” des sonates. Mais la “vraie” classification chronologique reste à faire. (Lire l’article)

Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Quitter la ville

S’il y a un secteur qui n’a pas à se plaindre de l’apocalypse qui vient, c’est bien celui de l’édition. Les essais sur la collapsologie, l’effondrement, la fin du monde se vendent comme des petits pains, et gageons que le succès ira croissant tant qu’il y aura des éditeurs pour les relire (vaguement), du papier pour les imprimer et des angoisses à l’horizon. Le temps approche où les tribus réfugiées en Ardèche dans des yourtes connectées ne viendront plus en ville que pour se rendre chez les libraires, après quelques courses au Biocoop. À moins qu’elles ne préfèrent être livrées par Amazon.

Je me tais et je vais vous dire pourquoi

Jet Li vieillit, Twitter pleure

Internet adore les cris, les réseaux s’en nourrissent. On y perd gentiment son temps comme jadis avec les magazines dans les salles d’attente. Mais c’est autre chose quand le sujet nous concerne. C’est ainsi que j’apprenais la nouvelle suivante : le comédien Jet Li, atteint d’un trouble thyroïdien, ne serait plus, à 55 ans, le héros qu’on reconnaissait. 
Foot, Footbologies, Footbologies 2015-2016

J9 – Féodalité du football français (FFF)

Un championnat a ses dynamiques propres. Certaines sont provisoires. D’autres correspondent à des tensions sociétales plus profondes : enjeux de suprématie régionale, enjeux de classe ou économiques, identitaires ou idéologiques, rivalités historiques. Conséquence de l’hégémonie parisienne sur la Ligue 1, l’opposition entre le PSG et Marseille ne déchaîne plus les passions. La rivalité serait artificielle, récente, montée de toutes pièces par Bernard Tapie et les dirigeants de Canal+ à des fins commerciales. Soit. Mais son succès – qui provoqua dans les années 1990 les débordements que l’on sait – tient surtout au fait que cette rivalité fait échos à des symboliques profondément enracinées. (Lire l’article)

Choses revues, En bref

Panthéonisation

La panthéonisation de Marc Bloch offre à certain·e·s journalistes de nos radios nationales l’occasion de quelques acrobatiques exercices de prononciation. Dans un même journal du matin, nous eûmes droit à panthonisation, panthéosation, sans oublier panthénisation.

Notre-Dame de Paris par Edith Piaf
Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Notre-Dame de Paris

L’incendie de Notre-Dame, est-ce le début ou la fin de quelque chose ? Aujourd’hui les grandes transes collectives – celle qu’a provoquée l’incendie en était une de belle magnitude – sont des enterrements plus que des résurrections. Souvenez-vous : les grandes grèves de 1995 pour le service public, qui n’ont finalement été qu’un adieu. La belle unité nationale après l’attentat à Charlie, en janvier 2015 : elle s’est fissurée depuis comme jamais. En avril 2019, on nous dit que la reconstruction de la cathédrale sera le nouveau ciment de la Nation, quand tout porte à croire qu’elle n’en sera que le chant du cygne. (Lire l’article)

Aristote à Hollywood (2) ou Tex Avery par Nicolas Witkowski
Chroniques avéryennes, Écrans

Aristote à Hollywood (2)

Aux causes finales, explications commodes mais illusoires, Aristote adjoignait les causes “formelles”, celles qui sont censées expliquer la forme des choses, vivantes ou inanimées. Et c’est sans doute la partie de sa philosophie qui a le plus mal vieilli, puisque la forme, dans le cadre de la science moderne, s’explique entièrement par les propriétés de la matière, guidées par une éventuelle “information”, matérielle elle aussi. Pour les créatures vivantes, cette information est d’ordre génétique et codée chimiquement dans leur ADN. La forme d’Aristote, elle, était une “essence”, une “idée” venant d’un mystérieux monde extérieur pour informer la matière brute. Tex Avery, bien sûr, se saisit de cette notion surprenante. (Lire l’article)

Entretiens, Le coin des traîtres, Traduction

Le choix de la langue

Les essais spirituels et les romans picaresques où le zen tient la place de choix sont rares. C’est à Paris que se situent les romans de M.C. Dalley, pseudonyme de Philippe Rei Ryu Coupey, maître zen américain, vivant et enseignant le zen à Paris. Car c’est à Paris que s’est déroulée la rencontre qui a déterminé sa vie, celle avec son maître japonais Taisen Deshimaru. Dans ses livres comme dans son enseignement, la traduction et la transmission sont au cœur d’une vision singulière du monde. Il s’en entretient ici avec Agnès Villette. (Lire l’entretien)

délib'euro – l'Euro 2016 des écrivains, vu par Clo'e dans délibéré
délib'euro, Foot

Ukraine-Irlande du nord : audiogénie

L’histoire retint que l’Irlande du Nord remporta ce jour-là sa première victoire dans un championnat d’Europe (2-0) grâce, notamment, au défenseur central McAuley qui, en reprenant de la tête un coup-franc en début de seconde mi-temps, fut le deuxième joueur le plus âgé à marquer en phase finale (36 ans). McGinn assura la victoire dans le temps additionnel. Quant au jeu ukrainien, il s’avéra aussi attrayant que la perspective d’une escapade touristique dans la zone interdite de Tchernobyl… (Lire l’article)

Instagram
Courrier du corps

De l’instagrammatologie

Réussir son compte Instagram, ce n’est pas si facile. Parce que comme avec tous les instruments de création 2.0, le risque du “trop” n’est jamais loin. Vous avez dix mille filtres à dispo, des outils de recadrage, de réglage, etc. pour rendre une photo ratée acceptable. En général, une petite retouche suffit. Mais le syndrome “open bar” frappe régulièrement : on sature les couleurs, on ajoute un cadre vintage, et puis aussi un effet “vignette” qui fait trop mystérieux, tel un trait de kohl sous les yeux. Résultat : c’est plus un cliché, c’est un camion volé. À part ça, que montrer sur Instagram ? C’est en principe l’endroit où s’exprime votre créativité, votre voyeurisme s’exerçant quant à lui sur Facebook et votre sens du café du commerce sur Twitter. Comment accumuler les likes ou, au contraire, rater sa vie sur Instagram ? (Lire la suite)