La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Chroniques
Jacques-Louis David, La mort de Marat (1793)
La branloire pérenne

Fragments d’un discours politique

Dans les Fragments d’un discours amoureux, Barthes constate que “le discours amoureux est aujourd’hui d’une extrême solitude. Ce discours est peut-être parlé par des milliers de sujets (qui le sait ?) mais il n’est soutenu par personne; il est […] ignoré, ou déprécié, ou moqué…” Un peu plus loin, Barthes note que le discours amoureux est devenu inactuel. Le livre paraît en 1977. Les choses n’ont cependant guère changé. Peut-être en va-t-il de même du discours politique. Nos hommes d’État et leurs ministres donnent souvent l’impression de parler dans le vide, non qu’il n’y ait personne en face d’eux pour les applaudir mais parce que personne ne les prend plus vraiment au sérieux. Le discours politique est pourtant un des nerfs de la démocratie. Doit-on alors conclure qu’avec le déclin de la parole politique s’amorce celui de nos régimes ? (Lire l’article)

The Rolling Stones - It's All Over Now
Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

It’s All Over Now

Sarcelles, extérieur jour. Sur le parking d’un hypermarché, deux hommes sont assis sur les sièges avant d’une Ford Fiesta rouge. L’un d’eux roule un tarpé surdimensionné. Lent travelling avant vers les deux passagers.
L’un (enlevant subitement de ses lèvres le pétard qu’il était sur le point d’allumer).– Eh, je la vois maintenant ! Ça se rapproche vite, dis donc.
L’autre.– Ben j’imaginais pas du tout les choses comme ça. Je voyais quelque chose de plus spectaculaire… (Lire la suite)

Eric Vuillard, L'Ordre du jour, Actes Sud, coll. Un endroit où aller
Livres, Ordonnances littéraires

Éric Vuillard pour les enragés du réel

L’époque est pragmatique. On aime aujourd’hui plus que tout l’efficacité pratique, on veut que les choses soient d’une utilité palpable et évidente. C’est pourquoi on a tendance à vouloir mettre au rancard ce qu’autrefois on arborait fièrement dès qu’on le pouvait : les idées, les théories. Qui maintenant sont perçues comme des pertes de temps : c’est avec le réel qu’il faut interagir, le bon gros réel, celui qui abrite les vrais gens. Le dernier ouvrage d’Éric Vuillard pourrait permettre à certains de ces de ces enragés du réel de retrouver le chemin de la fiction, de ses fulgurances, de ses beautés, de ses vérités cachées sous la surface des faits. (Lire l’article)

Gilles Marchand, Une Bouche sans personne, Aux Forges de Vulcain, 2016. Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne dans délibéré
Livres, Ordonnances littéraires

Gilles Marchand pour François Hollande (oui, encore)

François Hollande défend le social-libéralisme parce que, voyez-vous, “c’est le libéralisme sans la brutalité”. Voilà qui rappelle vaguement ce qui se dit de l’édulcorant (le goût du sucre sans les calories), les plats allégés (le plaisir sans les kilos), les régimes miracles (la perte de poids sans les privations)… Notre Président en campagne s’arrange encore une fois pour passer à côté de la réalité et même des rêves. Qu’il lise donc le roman de Gilles Marchand, Une bouche sans personne. On ne sait jamais, il pourrait en tirer quelque chose sur le sens et la valeur des rêves, des espoirs et de la façon de contrer certaines réalités douloureuses. (Lire l’article)

Sciences du fait-divers, Zoologie

Sociologie avec chat et bougies

“Pau : une fête de famille finit en bagarre générale à cause du chat.” C’est l’anniversaire d’une jeune fille, la famille est réunie, l’alcool coule comme un torrent. Le chat du foyer monte sur la table. Le père de la jeune fille l’en fait prestement descendre. Ça ne plaît pas à l’oncle, qui frappe le père. La mère intervient, elle se fait gifler. Dans la mêlée, la grand-mère se retrouve avec un oeil poché. La nièce  attrape une bouteille et la fracasse sur la tête de l’oncle. À 22h45, les policiers débarquent pour siffler la fin de partie. Tout est mal qui finit mal, mais ç’aurait être pu être bien pire. (Lire la suite)

François Garde, L'Effroi, Gallimard, 2016
Livres, Ordonnances littéraires

François Garde, pour ceux qui se lèvent, à Sarcelles ou même ailleurs

La haine, la peur, le rejet. Face à cela, des jeunes de Sarcelles ont décidé, à leur échelle, de réagir, avec courage et générosité. Ils ont vu les images de ces gens jetés sur les trottoirs parisiens, en plein XXIème siècle, affamés, bousculés, ignorés. Ils ont donné un peu de leur poche et ils se sont mis à cuisiner. Cent cinquante repas et sandwiches. Qu’ils sont allés distribués à Stalingrad et à Porte de la Chapelle. Avant de lancer un “défi” aux autres quartiers de banlieue pour qu’ils fassent de même. Ils se sont levés, comme le protagoniste du dernier roman de François Garde, L’Effroi. Et comme ceux qui les imiteront. (Lire l’article)