En phrases courtes, sans une virgule, le voyage au bout de la nuit d’une jeune femme plantée un soir d’hiver devant la Comédie-Française. Rapide, précis et par moments glaçant, strié de citations (de Du Bellay à Apollinaire en passant par Racine et Marivaux), La Répétition, le roman de Gilles Pétel (collaborateur de longue date de délibéré) est un monologue intérieur, un dernier inventaire, où les jeux de l’amour et du hasard se paient cher. « Qu’est-ce que j’entends où suis-je. Je ne voyais pas aveugle aux autres au monde repliée resserrée sur moi-même j’imaginais les acteurs s’agiter sur les tréteaux. La comédie enfouie dans la tête logée sous l’os de mon crâne. Capable de me rappeler leurs tirades les yeux fermés à l’exception de quelques scènes peut-être. Des bribes de texte enfuis de ma mémoire comme le reste. Petits bouts de chair froide qui s’en vont corps perdu nageuse morte. »
La répétition de Gilles Pétel, éditions Métalepse.









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