Réforme des musées (suite)

Faits divers, carnets mondains, nécrologies, publicités, potins et autres bruits du monde…

La proposition de Roselyne Bachelot a semé la consternation chez certain-e-s de nos aîné-e-s et quelques farfelu-e-s.

Réactionnaires, retardataires, amishes, elles ou ils n’ont toujours pas de smartphones ! « Quel est l’intérêt de se rendre dans les musées pour contempler des QR codes, je vous le demande ? » nous a demandé un des protestataires les plus virulents. 

« J’ai téléphoné au Ministère et savez-vous ce qu’un sous-fifre m’a répondu ? » Nous ne le savions pas, il a donc poursuivi. « Si vous n’avez rien pour lire les QR codes, vous pouvez toujours en faire des copies. Nous pouvons vous fournir des chevalets. Ça vous occupera – vous vous rendez compte, ça nous occupera ! Quel toupet ! – et puis ça permettra d’alimenter les musées de province !  Et savez-vous ce qu’il a ajouté pour conclure ? » Devant notre mutisme, d’une voix étranglée il a achevé sa diatribe :

« Vous n’êtes pas le premier senior à critiquer le beau projet de Mme la Ministre. Nous ne sommes pas sourds en haut lieu aux revendications de celles et ceux qui refusent parfois – pardonnez-moi – un peu obstinément de sauter dans le monde d’après. Nous avons donc décidé de faire un geste en leur direction et allons prévoir, à côté des QR codes encadrés, des petits cartels où figureront des repro-ductions des œuvres. Ainsi personne ne sera oublié. Vous ne pourrez plus dire que nous ne sommes pas à votre écoute. »

« Voilà ! voilà ce que m’a dit le sous-fifre. Le monde d’avant marchait sur la tête. Et bien le monde d’après, c’est pareil, mais y a plus rien dedans ! »

On ne peut pas lui donner totalement tort. Nous nous en abstiendrons donc.

Propos recueillis par Simon Persavet
Choses revues